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Cal estimar els obstinats. Aquí és l'obstinació del cant. Quan Al vent ha ressonat la sala ha cantat greument. Per distracció un milè de segon he pensat en aquesta notícia d'Alvaro Mutis de la qual un personatge vol pintar el vent. Quan ha estat escrita Al vent no tenia per a funció primera de fer reflexionar o de fer efecte de fer arrufar les celles o de provocar fascinació de fer estrènyer els punys o els rangs. Acabo de parafrasejar Claude Roy de nou ell lloador pedagog dels arts expressant-se sobre una obra de Fernand Léger aquest altre obstinat Els Constructors. Quan ha estat escrita Al vent no era aparentment més que un vessament d'una sensació acumulada... Tornem cinquanta anys darrere en l'ombra d'un jove home de divuit anys. És un dia ordinari. De seguida baixat d'una moto que acaba de fer que rodar quaranta quilòmetres entre Xàtiva la ciutat natal i València la ciutat dels estudis pren espontàniament la ploma. Amb tres pàgines de Bachelard i un tros de neurociències se sap si ún no ho ha experimentat ell mateix allò que pot provocar la dinàmica de l'aire sobre la imaginació. Aquí el jove home gargoteja un text aparentment comú al seu començament «En el vent/la cara al vent/el cor en el vent/les mans en el vent/els ulls en el vent/en el vent del mon./ ... ». La continuació ho és menys en el context de l'època. El jove home arrenca les imatges que li proposa la realitat però més colpint és la simplicitat que roman com en algun gran poema curt de Guillevic o de Tortel «I tots/inflats de nit/buscant el dia/ ... ». El jove home que es veia ja en honorable professor de lletres serà per «haver buscat el dia» el cantant obstinat en camisa vermella una tarda de Barcelona o en camisa d’un gris serè un vespre de València. Tos els que com ell «buscaven el dia» el van entendre perquè a l'excés de mort respon l'excés de vida. I heus aquí com cristal·litza una cançó. Des d'un petit bar de València... Un francès pensa en la trobada entre La Montagne de Ferrat i la França de la fi del món rural. Raimon n'ha escrit algunes altres que han efectuat a l'idèntic i que són recuperades constantment pels públics d'edats heterogènies per exemple Diguem no cant de revolta o Com un puny cant d'amor. Extracte d'aquesta última «Vindrà el teu cos que suaument em poses/en el meu cos quan ens sentim ben junts/i floriran millor que mai les roses/ a poc a poc ens clourem com un puny». Això llança per la borda les melodies-lleixiu oi En la video proposada un concert antic es veuen passar les cares de Pete Seeger Paco Ibañez Michel Portal Joan Manuel Serrat Daniel Viglietti etcetera. Publié dans Non classé 3 commentaires 07 mai 2009 Rang A siège 12 Le 27 mai prochain Barcelone aura les yeux tournés vers Rome où le Barça jouera la finale de la Coupe d'Europe des Clubs champions de football. Auparavant le 13 mai l'équipe aura joué la finale de la Coupe d'Espagne. Ce dimanche elle pourrait être déclarée d'ores et déjà Championne d'Espagne un titre qui ne peut pas lui échapper. Ce texte aurait pu être écrit dans d'autres circonstances moins spectaculaires tant le Barça fait partie de l'ADN de la ville et de ses gens. On dit que le Camp nou a été construit entre une maternité La Maternitat et un cimetière Les Corts puisque la vie a été inventée pour souffrir. Vingt-cinq fois par an en moyenne portant au cou une écharpe écussonnée « FCB » sur le tricot de bleu et de grenat l’homme descend tranquillement deux longs escaliers dans le ventre du stade jusqu’à sa place à vie le siège 12 du rang A. Il regarde depuis le grand creux à trente mètres en dessous du niveau des rues son oeil rase la pelouse il est tellement près qu'il détaille les souliers cramponnés. Puis l’hymne retentit « Tout le stade est un cri nous sommes le peuple Barça... » Il se plait à cette place. Certes les jours d’hygrométrie chargée quelques odeurs remontent des canalisations intégrées dans l’humus. Arrosage. Crachin déposé sur l’herbe comme une pluie de Danaé pour bonifier la vitesse de la boule de cuir 430 grammes accélérés aussi par les passes par les frappes. La pluie cesse. Les joueurs courent sur le vert et sa rosée. Les projecteurs réchauffent les couleurs. Les gouttes on ne les distingue que depuis le rang A tout au plus depuis le rang B. Il se plait à son siège malgré le gueulard du rang C qui traite méthodiquement l’arbitre de fils de pute. Il veut l’ignorer. En revanche il proteste de courriels au « service d’attention de l’abonné » à cause d’une caméra qui réduit la vision du jeu et il n’obtient que des réponses de fonctionnaire invisible comme dans les sociétés de téléphonie. Il se dit à lui-même tu es peu comparé au veau d’or de la tévé. Entre maternité et cimetière le jeu nu directement devant lui se déroule il arrive que la jambe aimantée de Xavi on dit tchavi s’élève aspire le ballon dans les airs. À ce geste que l'on pourrait vouer à un relief il revient pour un court instant en arrière il songe aux boucles de Scott Hamilton sur la glace olympique dans une Sarajevo alors en paix et aux sauts de Vassiliev galbé en Spartacus en Avignon dans la cour d’honneur du Palais des Papes. Dans son dos au rang B la jeune handicapée demeure impassible pendant les quatre-vingt-dix minutes. Il lui lance par-dessus l’épaule deux ou trois fois par soir un sourire qui ne peut recevoir d’écho. Devant lui des hommes en marron surveillent la foule pour cinquante euros la soirée quand les hommes du grand rectangle courent à l’année pour quelques millions d’euros. Il compte que les hommes en marron sont une centaine quand lui et les autres spectateurs ne sont jamais moins de 59 900. Les jours de plein total les écrans affichent le chiffre 98 787 auquel probablement s’ajoutent quelques infiltrés. Tant de bouches sont ouvertes dans les façades bétonnées du grand navire qu’ils atteignent leur place comme ils la quittent rapidement et en toute tranquillité. Il s’est informé en 1957 Mitjans et Soteras étaient des architectes en avance sur leur temps comme l’est en ce moment le style de jeu de l’équipe. Il projette si n’était Berlin et Santiago si n’était aussi les excès de l’argent nous serions dans l'emballement pour ces théâtres dédiés à l’adresse et à la puissance. Il se souvient Delphes sur le mont Parnasse « Alors le fils d’Eupithès... » le marbre blanc d’Athènes l’entrée de Spiridon Holmenkollen les sauts de Nykänen dont il fut le témoin... L’habitude. Les hommes au vêtement marron ne font plus attention au type de la file C celui qui traite l’arbitre de fils de pute et occasionnellement de muñeca poupée. En fait les spectateurs qui l’entourent noient comme sans le vouloir son obsession maligne. En effet la force du maintien catalan s’exerce égal de modération et de circonspection à celui d’un bourgeois de Bruges ou de Rotterdam. Dans les bâillements des saisons pauvres en jeu et en performances cela arrive l’homme du rang A siège 12 a pu parfois penser qu’il marchait dans la plus janséniste des rues du monde la rue Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. C’est bien étrange lui dit un soir un Anglais de Liverpool assis au siège 10 avec au fond de la gorge les « carols » d’Anfield Road. Dans l’esprit de l’Anglais ce qui s’entendait ne pesait pas davantage que des murmures. Cependant deux fois dans la saison qu’il tramontane dans l’Empurdan ou qu’on enterre la sardine ça cantique à la truelle et ça gifle les murs du stade Alors l’homme du rang A siège 12 ne se reconnaît pas lui non plus de tenir si haut la note du tremblé intérieur qui lui vient du fond des gênes. Le peuple Barça... Cabossé par le sentiment il adresserait bien un nom dérivé de quelque chose comme Ménines aux blancs ludions du Real Madrid mais « fillette » ça ne se dit vraiment plus et lorsque les joueurs de l’Espanyol l'autre club de la ville qu'il répugne à qualifier de "grand" viennent pour saboter tout une esthétique il donnerait bien des coups de coude au foie comme dans les matches déréglés qu’il a pu voir là-bas dans les montagnes. 1973 derby Miremont-La Goutelle l’herbe en voie de dégeler et les cousins séparés de cinq kilomètres se rossant tant et plus c’était soule en Auvergne . Il se retient il noue son estomac qui finit par lâcher à la première "semelle" des bleu et blanc. Vous êtes l’homme du rang A siège 12 vous avez observé l’envahissement des stades par l’esprit mercantile et par le dopage. Vous aviez surpris un jour des seringues dans une valise chambre 6 au premier étage du petit d’hôtel d’Auzances accueillant des champions cyclistes. Vous êtes de temps à autre sceptique sur le sort qui attend le sport. Mais le Barça est un sentiment déposé en vous par vos pères. Mardi la tante Doroteia qui campe depuis 91 ans sur la morale et la tradition du moderato catalan vous lance « Visca el Barça » Vous ouvrez grandes les oreilles vous songez à l’amie qui vous écrit sa détestation sans nuances du foot. Barça et ADN depuis votre fenêtre l’idée ne vous effleure pas de ranger cette émotion parmi les « exagérations espagnoles » que d’une touche Stendhal évoque dans Le Rouge et le noir. Vu du rang A siège 12 le Camp nou est la bonbonnière déclarée d’héritage et le jeu qui s’y donne la fleur que vous aimez. La pivoine éclose a laissé l’autre soir six pétales vengeurs dans les buts du Real. Orgamisque. Je lis peu Vargas Llosa mais j'aime cette phrase trouvée dans le fond d'un livre « Avant de lancer le ballon le gardien de but dévisagea le terrain d’un regard d’arpenteur. » « Antes de lanzar la pelota el portero oteó el campo con mirada agrimensora. » Le « nôtre » se nomme Valdés un nom de péninsule. Front yeux et mâchoires il est jusqu’au cou dans l’obstination et comme sur la peau d’un félin noir dans la brousse la lumière gèle sur ses gants au moment de bloquer les 430 grammes que ses mains capturent au poids du plomb. Depuis le rang A siège 12 À la semaine prochaine. Publié dans Non classé Un commentaire 01 mai 2009 Danone en son palais diaphane Longtemps j’ai voulu parler de Danone car la marque naquit à Barcelone il y a quatre-vingt-dix ans... Parti dans la ville en quête de légèreté après quatre chroniques consacrées à des désolations de l’histoire et de l’existence j’ai obtenu du tout nouvel Espace Danone plus que je ne pouvais espérer. Écrans plats et digitaux colorés et frigorifiques textes minceur et slogan diurétique « La santé commence par ce qu’on mange et par comment on le mange. » le palais du yaourt annoncé à grands frais par la marque n’est en vérité qu’un stand blop blop logé en pied d’immeuble. Comme Madrid et Paris sont menacées du même avatar en cas de succès de l’expérience de Barcelone celle-ci confirmant ainsi sa réputation de ville-test chez les chasseurs de tendances cette chronique prévient c’est tout Plus avant j’évoquerai les aspects plaisants d’une saga industrielle commencée dans la rue Tallers la première à droite en descendant les Rambles. J’entrai. Je ne regarde jamais une hôtesse sans penser à sa patience de héron et à l’hypothèse probable qu’elle en a plein les pattes. L’une d’elles me sourit très professionnellement puis elle tenta de me détourner vers une glace au yaourt cerisé à 2 € 80 mais je n’avais d’yeux que pour le véhicule de livraisons exposé vestige couleur noisette des années 1910-1920 . C’est qu’en toute mémoire de garçon demeure ancrée sa première Majorette Une autre jeune fille m’indiqua l’existence d’un snack et son menu à 12 €. Les murs les chaises et les tables le tout également diaphane incitaient à reporter lors d’un voyage à Oslo des éventualités de sauces claires rehaussées de pointes d’aneth frais. J’aperçus fourchettant mécaniquement des cadres solitaires en socquettes beiges et quelques bourgeoises catalanes d’un certain âge dans leurs mises sobrement élégantes où domine fatalement le marron. Comme la Catalogne est selon une formule heureuse « l’Espagne sans être l’Espagne » il fallait bien qu’un élément vienne brusquer autant de lyophilisation prononcée au nom du yaourt. C’était arrosant les tables une douche sonore digne de la Feria de Abril la fête des Andalous de Catalogne en ce moment vers la plage du Forum prière de s’arrêter pour le fino et pour les sévillanes je n’ai pas écrit les Sévillanes mais se munir de boules Quiès... . Je partis donc vers un lieu voisin plus sûr le plus catalan des restaurants italiens de la rue du Comte d’Urgell Il Commendatore propriété de la famille Tarragó aucun lien de parenté dont le patriarche fut portier au Ritz de la place Vendôme avant de s’en retourner à Barcelone. Je le saluai dans le petit bureau perché au-dessus de la salle je commandai un riz noir puis un trio de calamars allongés sur un lit de champignons sautés le tout accompagné d’un Raimat Chardonnay doré comme un arpent du soir en Catalogne sèche. De retour chez moi j’ai dû expliquer mon absence de quelques heures à mon ami Panxeta prononcer panchetta avec accent tonique sur le « e » de cette équivalence au « pansou » occitan . Chaque jour que Dieu organise Panxeta mon gnome du Livre des gnomes que je recommande à chacun soupe dort dîne sur mon balcon sud les mains croisées sur son petit ventre. Panxeta mesure 60 centimètres hors son bonnet en pointe. Panxeta est ma conscience mon sage référent et tout près de lui sont alignées à l’abri cinq Majorettes. Panxeta m’a demandé pourquoi m’être rendu en première lisière du « Neuilly-Auteuil-Passy » local pour visiter le danonesque satellite de la Diagonal. Il m’a déclaré hors sujet lorsque j’ai évoqué mon projet de remonter à pied les dix kilomètres de cette oblique urbaine un dimanche à l’heure où s’endorment les travestis de la rue Trias Fargas et où se réveillent les perroquets argentins du parc Miró. Alors j’ai ouvert la porte du réfrigérateur où repose invariablement au moins un « Danone natural » pour fabriquer les soupes de courgettes. Il a souscrit à mon intention de chronique légère. Mais encore a dit Panxeta. Alors je lui ai lu Vosges Matin édition du 3 avril 2009 qui raconte cet épisode appartenant à la mémoire lactée de Barcelone et du monde « À 103 ans bon pied bon œil Daniel Carasso incarne le mythe de Danone marque créée en 1919 par son père à laquelle il a donné son nom avant de consacrer sa vie à faire de ce pionnier du yaourt industriel un grand groupe mondial. « Né en 1905 à Salonique dans une famille juive d'origine espagnole le petit Daniel surnommé "Danon" C'est plutôt un diminutif s'installe avec sa famille à Barcelone en 1916. « Au lendemain de la Première guerre mondiale son père Isaac Carasso est le premier à se lancer dans la fabrication industrielle du yaourt fabriqué artisanalement depuis toujours dans les Balkans et au Moyen-Orient. « S'appuyant sur les travaux menés au début du siècle par le savant russe Élie Metchnikoff sur les vertus des ferments lactiques Isaac Carasso créé la marque Danone Issac Carasso songe qu'à partir du diminutif de son fils on peut composer un joli nom de marque et commence à diffuser ses produits en Espagne d'abord à travers les pharmacies puis les crémeries. « Après des études à l'Ecole supérieure de commerce de Marseille c'est son fils Daniel qui lancera ensuite les yaourts Danone en France puis aux Etats-Unis. Fort d'une spécialisation à l'Institut Pasteur sur les pratiques bactériologiques il crée en 1929 la Société parisienne du yoghourt Danone. " Lors du lancement je ne me suis même pas rendu compte de la crise qui sévissait. J'étais plutôt occupé à chercher des crémeries pour vendre mes produits" raconte Daniel Carasso. Avec la Seconde guerre mondiale et l'occupation nazie Daniel Carasso quitte la France pour New York où il crée en 1942 la Dannon Milk Products. « Il revient en France après la guerre où sa société connaît un grand succès grâce à ses inventions comme les yaourts aromatisés aux fruits gélifiés et veloutés ou les fromages frais allégés. " Mon rêve était de faire de Danone une marque mondiale. J'en étais à ces réflexions lorsque j'ai rencontré Antoine Riboud à la tête du groupe BSN . Nos stratégies coïncidaient lui voulait étoffer son offre alimentaire nous voulions nous développer à l'international" explique M. Carasso. « La fusion intervient en 1973 avec Antoine Riboud à la tête de BSN-Gervais-Danone. Le groupe qui a changé de nom en 1994 pour devenir Danone produit désormais chaque année 6 milliards de pots de yaourts desserts et fromages frais. « Toujours élégamment vêtu en costume trois pièces et fou de technologie M. Carasso resté actif malgré son grand âge se rend très régulièrement à son bureau au siège de Danone pour s'informer des innovations et conseiller Franck Riboud le PDG du groupe. » Daniel Danon Carasso vit entre Paris et Barcelone et ses 103 ans d’âge disent bien plus sur le produit que le nommé « palais du yaourt » de la Diagonal. C’est ça « la tyrannie des marques »... Photo parue dans Vosges Matin Ça n’a rien à voir 1. Premier mai 8 12 16 degrés il pleut je n’ai jamais vu autant de bateaux de croisière dans le port. À quoi servent tous ces monstres blancs Je préfère les barques de L’Escala. 2. Lecture de La Vanguardia du 31 avril l’Espagne en tête du classement européen du chômage 17 3% moyenne européenne 8 3% . Il y a un an Zapatero proclamait que son pays rattraperait bientôt le PIB français et Le Nouvel Observateur écrivait son énième article sur « Le miracle espagnol ». 3. Lecture du Monde dans la semaine Daniel Bouton quitte sans indemnités la Société Générale dont il était le président mais la banque signale qu’il percevrait à son départ en retraite une pension de 730 000 euros par an. 4. Acharnement Julien Coupat est toujours en prison. 5. Sur le Port Vell un portable français à un autre portable français « On se retrouve sous la statue de Christophe Colombe. » 5. Bruit et droit du travail d’un coup jeudi trois marteaux piqueurs lacèrent le silence je regarde le corps des ouvriers tressauter sans casque à leurs oreilles... Cela a bien duré trois heures. 6. Entendu à la Fondation Miró devant une petite toile réaliste « Là au moins on voit qu’il sait peindre. » À la semaine prochaine. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 24 avril 2009 Départ de l’homme au billet bleu Toujours je n’ai pas aimé les départs. C’était un billet bleu de cinq francs qui avait atterri entre les rails sous une voiture du train en partance pour Paris. Dans le ressouvenir c’est un garçonnet de huit ans hors d’âge d’être hors de lui-même qui instinctivement avait balancé hors d’atteinte l’étrenne d’août qu’on venait de lui tendre. Dans l’air immobile de cinq heures la vertu d’un cri avait résonné jusqu’au dernier renfoncement de la grande verrière « M’en fous de ton billet ce que je veux c’est toi » Peut-être qu’on apprend à mourir dès les huit ans sur un quai de gare en déniant le départ d’un parrain pour Paris. « Ni le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement ». On filtre l’un avec des verrières à deux pans comme en gare de Brive et quand l’autre s’en vient on la pacifie avec les voix d’un passé qui s’est raccourci brusquement. C’est ainsi comme le garçonnet de huit ans fait irruption ce matin depuis les aciers gris et noirs de la gare corrézienne car aux heures tout récentes l’homme au billet bleu s’est éloigné cette fois pour de bon. Il fallait filmer la gare de Mauthausen lieu à demi réel à demi halluciné à cinq kilomètres du camp. On filme mais on demeure à mille kilomètres du témoin je retrouvai l’étrange paralysie du temps de la découverte en ces pères du deuil non transmissible des barbelés un point dur dans les tripes. Il fallait filmer les eaux lourdes du Danube. C’était l’année du nouveau siècle un jour de mai rieur. Il fallait filmer à l’intérieur de la forteresse. Il fallait se glisser dans le seul scénario acceptable celui du témoin. « Tu vois là c’était la chambre à gaz... » « tu vois là c’était les châlits... » Sur l’image on voit comment il enlève sa casquette devant la bouche du four crématoire « Tu vois là il y a beaucoup à dire... » Et dans la bouche de fonte noire s’engouffre le long silence qui a saisi l’homme au billet bleu. C’est un gros livre de 588 pages la liste des déportés républicains espagnols dans les camps nazis un tableau de 8700 noms au bout de chaque ligne soit un « F » « Fallecido » décédé soit un « L » « Liberado » libéré soit un « E » « Evadido » évadé et c’est une suprématie du « F » inscrit 5220 fois. Page 337 du gros cahier comptable apparaît l’homme au billet bleu Ayxendri Soliano José 21 juillet 1919 stalag VI-C Bathorn entré à Mauthausen le 22 juillet 1941 il faut compter c’est au deuxième jour de ses vingt-deux ans matricule 3188 passé au Kommando de Gusen matricule 43607. Au bout de la ligne le « L » et « 5 mai 1945 ». Il s’est éloigné cette fois pour de bon disais-je. J’ai prévenu son ami Jean Gavard lycéen arrêté à Bordeaux. Jean qui obtint le bac au retour de Mauthausen et qui fut ensuite inspecteur général de l’Éducation nationale a écrit quelques livres sur l’enseignement et celui qui porte ce titre Une jeunesse confisquée . Jean a aussitôt répondu « José mon Ami. Je n'ai pas pu réprimer un sanglot... José faisait partie de moi-même. Je le revois à Gusen poussant le wagon du pain dont il était responsable. Je l'entends me parler de la Guerre d'Espagne...” C’est dans un autre gros livre « Ayxendri et Pons... Ces deux déportés catalans faisaient partie du Kommando du pain de Gusen un Kommando qui devint célèbre pour les raclées qu’il recevait et pour les grandes quantités de pain volées pour l’organisation clandestine. » C’était sur les berges de la Corrèze sous l’arche du pont du Buis vers les touffes de joncs fleuris. Les enfants laissaient passer les goujons en sautant les grenouilles obscurcissaient l’eau claire les fins clapots étaient bien incapables de troubler la sieste des barques à fond plat. Au jardin sous le grand poirier les Rosita Simone Virtudes et Antonia dénouaient le petit drap protégeant une omelette de patates tandis qu’autour de la table faite de planches sous une toile cirée les José et son ami mon père Dominguez et Huch tous les quatre alignés dans le livre aux 588 pages et bien franchement je ne sais plus ce qu’il disaient... Voilà Josep Ayxendri est donc mort à Paris le lundi 20 avril 2009 à Paris. C’était mon parrain républicain. Un dictionnaire signale qu’en castillan on dit « padrino socialista ». Tiens Ouvrier chez Renault au temps des 4cv et des Dauphine il habitait alors rue du Cherche-Midi tout en haut d’un escalier étroit. Enfant j’ai dû croiser sur le trottoir Duras et Rodoreda. Puis devenu cadre je ne sais plus chez qui il continuait de monter des étages en ascenseur désormais dans un immeuble de l’avenue des Gobelins à l’endroit où celle-ci vient embrasser la rue Mouffetard. Au moment de Noël il y avait les bacchantes de René-Louis Lafforgue devant Saint-Médard et celui-ci chantait Julie la rousse en plein air pour les gens âgés de la Mouffe. Mercredi avant-hier la tribune du Parc des Princes s’est brusquement superposée à celle du Camp nou et François Heutte sous le maillot blanc et ciel du Racing à Leo Messi sous le maillot bleu et grenat du Barça. Il m’avait amené aussi voir jouer les « cocos » du Red Star à Saint-Ouen. Jeudi hier c’était Sant Jordi cette réjouissante fête catalane journée d’échange par dizaines de milliers de livres et de roses. Dans la bibliothèque j’ai soulevé les deux volumes de L ’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche édition de 1949 chez Gibert Jeune. La tranche du premier est usée la couverture se détache. L’homme au billet bleu me les avait offerts. Reste à porter vers lui la rose du pays confisqué. Jeudi 23 avril vers 20 00 sur les trottoirs de la Rambla de Poblenou Publié dans Non classé 2 commentaires 17 avril 2009 La Retirada au village 3 et fin Avec cette troisième partie s'achève la publication du document relatant la Retirada à Prats-de-Mollo village des Pyrénées-Orientales marqué dans sa mémoire par l'exode républicain espagnol de l'hiver de 1939. C'est un document exceptionnel précieux pour l'étude de l'exil. Nous avions présenté sa traduction en catalan El document de Prats editorial La Magrana Barcelone sur place en février. Au centre de la photo Thomas Faitg âgé de 18 ans au moment des faits. Aide-secrétaire de la mairie c'est lui qui avait copié le document dans le registre municipal sous la dictée du secrétaire de mairie Joseph Fite et du maire Joseph Noëll. ... L'évacuation vers le camp d'Argelés sur Mer a enfin commencé et c'est par centaines que les réfugiés y sont dirigés par camions Le flot ne diminue pas d'autant car à mesure des départs d'autres arrivées nombreuses nous viennent de la frontière. Le 13 février les troupes du Général Franco plantent leur drapeau à la frontière les sentinelles espagnoles franquistes prennent contact avec la troupe française L'exode espagnol est terminé. Cependant un nombre incalculable de fuyards des armées en déroute des familles entières fuyant la contrainte des camps d'accueil sont dispersés dans les bois environnant Prats de Mollo. La Garde-Mobile à un service très chargé pour diriger ces indisciplinés dans les centres d'accueil et cette tâche ne s'accomplit pas sans peines. Le nombre des réfugiés dépasse à présent 42.000 et ces camps d'accueil de notre commune étant plus qu'engorgés nous nous trouvons dans l'obligation d'en diriger 5.000 vers "Las Sitjas" commune du Tech où sera monté aussi un camp d'accueil provisoire. Les journées s'écoulent et n'apportent pas un changement notable à cette situation pénible et alarmante Nous avons nos services d'hygiène de la ville de ravitaillement de tueries d'animaux aux abattoirs de désinfection de soins médicaux qui tous fonctionnent à merveille et malgré les grandes fatigues endurées par nous mêmes et par tout notre personnel bénévole ou sédentaire l'on tient Les femmes et les enfants sont transportés vers l'intérieur de la France cependant il reste encore quelques miliciennes fanatiques ou amoureuses qui se cachent parmi les hommes des camps des Camps de Saint-Martin et que la police n'a pu dépister. Leur repérage est assez difficile étant habillées en soldats mais puisque ces femmes ne veulent pas quitter un mari un mari ou un amant avec lesquels elles ont souffert et combattu pour leur idéal nous ne serons pas trop sévères et n'auront pas à cœur de leur faire de la peine et des misères le moment de leur séparation viendra bien assez tôt. 19 février 1939 cette date nous apporte enfin une bonne nouvelle Le service du Ravitaillement des réfugiés sera assuré désormais par l'intendance Militaire et la Garde-Mobile. Tout arrive à qui sait attendre. Fourbus des énormes fatigues endurées nos requêtes ont été enfin entendues et nous pourrons étant déchargés d'un des plus gros soucis de l'exode prendre enfin un peu plus de repos dont nous avons tous besoin car les forces humaines ont des limites et nous sommes à bout Il existe encore dans les camps de Prats de Mollo 35.000 réfugiés. Dans la nuit du 24 au 25 février survient un brusque changement de température il neige à gros flocons et Prats de Mollo est bientôt recouvert d'une épaisse couche de neige les précaires abris construits par les réfugiés dans leurs camps sont insuffisants pour les garantir du froid et de l'humidité dans la nuit pendant que la bourrasque fait rage un baraquement s'est effondré au camp de Saint-Martin ensevelissant sous les décombres les miliciens endormis et nous avons un décès à déplorer l'homme a été écrasé par l'énorme tas de matériaux effondrés pour que pareils incidents ne se renouvellent il faut de toute urgence envisager toutes les mesures pour enlever ces hommes de cette dangereuse situation Les officiers Espagnols viennent plaider en faveur de leurs troupes pour qu'elles soient mises à l'abri dans la mesure du possible. Nous vivons maintenant le moment le plus critique de cette tragique période Les miliciens transis par le froid mouillés à bout de nerfs ne vont-ils pas envahir les maisons particulières et n'y aura-t-il pas quelque incident regrettable. Devant ce dilemme il faut prévoir immédiatement la réquisition de tous les locaux vacants disponibles pour abriter tous ces soldats Un appel est lancé et la population entière curé en tête offre de donner asile à ces troupes aux abois. Les trois églises de Prats de Mollo sont vite aménagées en asile de nuit les granges garages salles des usines salle de cinéma les appartements des particuliers disponibles l'ancien "Fort Lagarde" sont bientôt garnis de pauvres hères mis ainsi à l'abri des intempéries et quant tous sont casés l'on constate avec un peu d'ironie ce fait tout à fait paradoxal Ces miliciens de la Révolution Espagnole ces rojos-rouges comme on les dénomme communément qui d'après les racontars grossis à l'excés ont brûlé pillé saccagé les églises les sanctuaires espagnols avec leurs ornements pendant la tourmente espagnole ont eu une conduite exemplaire ont respecté la parole donnée par les Officiers pendant les 4 à 5 nuits qu'ils ont dormi dans nos églises et chez l'habitant. Ces Espagnols seront-ils à même de reconnaître le sacrifice consenti par nous tous Français en leur donnant cette marque de confiance …. Le beau temps est revenu et les espagnols sont réintégrés dans leur camp respectif Il semble cependant que c'est bien à regret que la population pratéenne voit s'éloigner de leur logis les miliciens qu'elle avait bénévolement hébergés combien d'actes d'humanité ont été accomplis par cette vaillante et compatissante population de notre commune combien de bonnes œuvres françaises et étrangères ont contribué à apporter un peu de soulagement à tant de misères et de souffrances "Front Populaire" Secours Catholique Société de Secours aux Prisonniers de Guerre Secours International d'aide aux Réfugiés espagnols dons faits par des anonymes dons des petits écoliers des Ecoles de France tous rivalisèrent de bon cœur et de générosité en apportant à Prats de Mollo des quantités de vivres et de vêtements chauds pour ces malheureux. Nos sincères remerciements leur sont dévolus pour leur esprit d'humanité de dévouement et de sacrifice. La vie de camp a repris et la dévastation des propriétés et des bois continue aggravèe encore par l'éparpillement sur le territoire des bêtes et des troupeaux qui ont échappé à toute surveillance. Il faut à présent s'adonner très sérieusement aux mesures d'hygiène car les abords des camps sont souillés par les matières fécales de toute cette masse d'hommes les environs de l'agglomération sont remplis de déchets de toute sorte Aussi les corvées de désinfection fonctionnent sans arrêt la chaux vive le crésyl la javelle le chlore sont employés en quantités énormes et ces travaux doivent être entrepris et surveillés avec toute l'attention voulue afin de prévenir toute épidémie possible. Commencement Mars 1939 arrivent les détachements de régiments de cavalerie et d'Artillerie français venus pour la récupération de mulets et mules aptes à rendre services à nos armées. Mais il reste encore un nombre important de bêtes réformées et les services de l'Intendance et de la Douane décident de procéder à leur vente la mortalité dans ce bétail a été très conséquente et c'est avec plaisir que cette mesure est attendue par nos services Des lots importants vendus aux enchères sont amenés vers l'intérieur. Il ne reste presque plus de solipèdes car les bovins et les troupeaux d'ovins ont été sacrifiés presque en totalité pour servir au ravitaillement en viande des camps d'accueil. Nous attendons toujours l'évacuation définitive de tous les Réfugiés Espagnols qui doivent être dirigés vers les camps de concentration. Cette décision est bien lente à être prise et nous ressentons de plus en plus la fatigue et le surmenage après l'effort auquel nous avons été soumis. Ce n'est que le 16 mars 1939 qu'arrive enfin l'ordre d'évacuation de Prats de Mollo vers l'intérieur. Les camions automobiles de l'armée républicaine espagnole récupérés après leur entrée en France arrivent par centaines chargés aussitôt de miliciens ils sont dirigés en longues files vers les camps qui leur sont assignés. Nous assistons à quelques scènes burlesques telle celle de cette milicienne qui a séjournée prés d'un mois dans le camp de Saint-Martin parmi tant d'hommes dont elle ne voulait pas se séparer et qu'un malheureux coup de vent dénouant sa brune et opulente chevelure fait repérer par la Garde-Mobile et qui doit la retirer de force de ses camarades d'exil masculins. Notre part de félicitations doit aussi être décerné au service des artificiers du Génie militaire français n'a-t-il pas travaillé avec beaucoup d'initiative d'opiniatreté et d'intelligence pour amener du Col d'Ares à la gare de Prats de Mollo douze autos-mitrailleuses et six petits camions de tranchée si l'on remarque que la route carrossable à son point terminus au col de la Guille et que de cet endroit à la frontière il reste encore quatre kilomètres à parcourir sur un étroit sentier muletier l'on peut aisément se rendre compte des difficultés sans nombre qu'a dû supporte ce petit détachement de débrouillards pour accomplir ce tour de force. Et en ce jour bienheureux jour du 24 Mars 1939 le cauchemar est fini Il ne reste plus de réfugiés politiques espagnols à Prats de Mollo et la vie trépidente de ces temps passés est enfin terminée. Dans le grand calme revenu nous pouvons à présent nous rendre compte de ce qu'a été l'exode espagnol car la dévastation de notre commune et de ses environs est complète Du ravin du Canideil à celui de l'Abadie toutes les châtaigneraies sont décimées jusqu'à plus de leur moitié de leur superficie elles ne l’aissent apparaître que des chicots de troncs coupés maladroitement à un mètre du niveau du sol et qu'il faudra faire recouper par de vrais bûcherons pour que le taillis repousse normalement. Les baraquements démolis montrent leurs espaces nus où l'herbe ne repoussera plus avant plusieurs années de travaux éclairés. Les animaux crevés sont épars dans la montagne et il sera nécessaire de nous occuper activement à faire procéder à leur enfouissement avant les grandes chaleurs si nous voulons prévenir toute épidémie grave à notre population. Le Conseil Municipal s'employera de son mieux à solutionner toutes les difficultés qui pourront surgir à l'avenir il prend l'engagement de faire procéder à l'érection d'une stèle en marbre dans le cimetière communal dédiée en souvenir aux trente six miliciens décédés dans notre commune pendant l'exode. Il félicite de tout cœur pour tous leurs efforts et leur dévouement tous les corps de troupe français qui ont séjournés à Prats de Mollo tous les pelotons de Garde-Mobile ayant assuré la police des camps et le ravitaillement des réfugiés tout le corps médical et Infirmier pour les soins éclairés qu'ils ont prodigué sans compter aux blessés et aux malades tous les services civils aussi bien ceux de l'Administration Préfectorale que ceux de la Police et de la Sureté Générale mais sa reconnaissance va tout particulièrement à la Population entière de Prats de Mollo qui s'est montrée sublime d'Abnégation magnifique de dévouement d'humanité et d'un calme tout à fait remarquable pendant cette période si troublée de l'exode espagnol qui ne s'effacera plus de la mémoire de ceux qui l'auront vécu. Fait à Prats de Mollo le 10 juin 1939. 38 Espagnols reposent ensemble dans le cimetière de Prats-de-Mollo 24 sont identifiés les autres ne portaient pas de papiers. À la semaine prochaine soit au col de Banyuls soit avec des pages de poésie. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 09 avril 2009 La Retirada au village 2 LU J'ai aimé cette observation de l'écrivain portugais Lobo Antunes quand Raphaëlle Rérole Le Monde des Livres 3 avril 2009 l'interroge à propos de l'écriture de ses chroniques dans un journal de Lisbonne " C'est un peu comme les piscines pour enfants vous savez on a de l'eau jusqu'à la ceinture quand il faudrait en avoir jusqu'au cou. ça oui c'est le roman " À LIRE On peut annoncer la parution du livre d'un ami simplement par amitié. Dans le cas précis il est bon d'ajouter qu'il s'agit d'amitié fondée. Je viens de recevoir de Michel C.Thomas son livre Rebeyrolle ou l'obstination de la peinture publié chez Gallimard dans la collection "L'un et l'autre" vous savez les couvertures tout de bleu de cobalt . Je me prépare donc avidement à connaître et à apprendre du lien entre Michel et Paul Rebeyrolle peintre qui "rêve de cette incessante fête ruminée la matière" Claude Roy Derrière le miroir Maeght Éditeur 1964 . Je reçus le choc Rebeyrolle un jour de 2000 en visitant à Eymoutiers Haute-Vienne l'Espace qui porte son nom http // espace-rebeyrolle /vitrine.htm . Dès lors une carte postale le représentant massif dans son atelier me suit ainsi que deux numéros de Derrière le miroir qui lui avaient été consacrés et dont la lecture régulière ainsi que l'observation des lithographies contenues m'emportent. Pourquoi cette passion Rebeyrolle Parce que la résistance au monde est là dans ses tableaux et qu'au final on ne saura jamais qui l'emporte. Prenez un jour la route d'Eymoutiers Vous risquez comme moi d'entendre une visiteuse dire "mais c'est dégueulasse" mais ne pas bouger durant un long moment figée par l'écho de cathédrale du tableau. J'ai ouvert le livre de Michel à la page 87 pourquoi pas c'est le numéro de la Haute-Vienne. On lit ceci de Politzer "Marx a dit une chose qui pour moi compte beaucoup il a dit que l'homme subjectif ne pouvait se saisir directement lui-même sinon par rapport à la résistance que le monde lui offre sinon par rapport à cette résistance qu'il rencontre." Sur ce retournons à La Retirada au village . *** J'ai commencé la semaine dernière la publication du document figurant dans le Cahier des délibérations du Conseil municpal de Prats-de-Mollo et relatant le désastre de la Retirada en février-mars 1939 dans ce village des Pyrénées-Orientales. Voici la suite du texte qui prendra fin dans le "trottoir" de la semaine prochaine. ... Ce même jour arrive la 3ème Compagnie du 126iéme Régiment d'Infanterie de Brives Note il s’agit en réalité de Brive-la-Gaillarde qui vient remplacer les Tirailleurs Sénégalais afin de mieux renforcer la surveillance de la frontière que la Garde-Mobile. Malgré ses onze pelotons d'effectif ne peut plus assurer. Note cette phrase est la continuation de la précédente . Les troupes du Général Franco poursuivent leur avance vers la frontière française la fuite des troupes républicaines espagnoles s'accentue et il faut prévenir toute éventualité de conflit et tout incident de frontière. L'on ignore si ces franquistes vont encore bombarder les fuyards et si un incident de frontière grave ne viendra pas envenimer cette douloureuse situation. Aussi les autorités républicaines espagnoles décident l'évacuation vers la France des Hôpitaux de Mollo et de Camprodon Le Génie espagnol s'adonne avec désespoir à la construction d'un semblant de route qui permettra aux véhicules espagnols d'avancer vers la frontière française les quatre mille blessés et malades en traitement dans ces formations sanitaires. Entre temps les 3.500 soldats espagnols de la "Garde d'Assaut" ont été dirigés vers le Boulou et les Autorités civiles s'occupent déjà d'aménager les salles de classe des écoles et le camp de vacances en infirmerie. Hôpital pour recevoir tous ces malheureux. Le 6 février les premiers blessés transportés jusqu'au Col d'Ares par les véhicules espagnols sont dirigés sur des brancards sur des civières improvisées portées par deux hommes espagnols valides et français dévoués vers le Col de la Guille point terminus de la route française du Col d'Ares. Piétinant une couche de neige de plus de cinquante centimètres brancardiers et blessés font preuve d'un courage surhumain pour fuir tout danger les plaies affreuses des blessures reçues pendant les combats meurtriers à peine cicatrisées s'ouvrent à nouveau le sang suinte à chaque cahot de cette chair déchirée meurtrie putréfiée ce ne sont que des plaintes continuelles qui montent de ces brancards maculés où gisent des épaves. C'en est trop vraiment l'on se rend compte des horreurs qu'engendre la guerre et de ses terribles conséquences Est-ce possible au XXème Siècle que pareil carnage se produise que pareilles atrocités soient permises le cœur éclate de contempler un si lamentable spectacle et des larmes silencieuses coulent dans bien des yeux. Il ne nous est cependant pas permis de trop nous pencher sur ces souffrances car il faut et de toute urgence faire panser ces plaies béantes sanguinolentes quelques unes déjà gangrenées et les services sanitaires français sont déjà prêts à faire leur devoir la besogne ne leur manquera pas. Avec un dévouement sublime toute la population de Prats de Mollo se déplace pour aider à cette évacuation vers les centres sanitaires Autos camions charrettes tous véhicules de jour et de nuit se dirigent ver le Col de la Guille et si tôt chargés rentrent à l'agglomération où le service chirurgical dirigé par M. Le Médecin Militaire Douat à fort à faire pour penser les blessés afin d'apporter un peu de soulagement à leur martyre les médicaments bandes coton Hydrauphile l'alcool l'eau oxygénée arrivent par camion d'Amélie les Bains car le stock de Monsieur Alis pharmacien du village est bientôt épuisé. Le nombre de malades augmente aussi de jour en jour et le service médical s'organise M.M. Rousso et Jeanjean Docteurs en Médecine de notre commune se multiplient aidés dans leur lourde besogne par les infirmières bénévoles de la Société de Secours aux Blessés Militaires et du Secours Rouge International Monsieur le Médecin Colonel Thomas Directeur Général du Service de Santé et d'Hygiène du Secteur Monsieur le Docteur Vernhes Médecin-Chef du Service d'Hygiène détaché à Prats de Mollo se dépensent sans compter. Ils doivent bientôt avoir recours à la bonne volonté des Médecins Espagnols réfugiés tous ces hommes d'élite bravant la contagion et ses dangers luttent de toutes leurs forces et de tout leur savoir pour sauver le plus possible des vies humaines menacées. Les privations l'eau mauvaise les fatigues sans nombre ont altéré la santé déjà déficiente des soldats Républicains espagnols Nous enregistrons les premiers décès. Les cadavres sont inhumés au cimetière communal malheureusement beaucoup ne possèdent aucune pièce d'identité et ils reposeront anonymes sur la terre française sans que leur famille puisse quand le grand calme sera revenu venir s'agenouiller sur leur tombe. La pitié est grande dans notre cité et les pratéennes au grand cœur compatissant mères épouses fiancées iront apporter sur la tombe de ces martyrs l'humble bouquet de fleurs qui représentera le symbole du souvenir de celles qui ne pourront plus jamais revoir leur fils leur mari leur fiancé dormant leur dernier sommeil loin de leur patrie déchirée sur la terre française toujours hospitalière. Et l'exode continue toujours. Les femmes et les enfants les civils ne rentrent plus si nombreux le 7 février l'armée Républicaine en déroute fuyant le front de l'Ebre est annoncée. Bientôt les premières colonnes constituées passent la frontière recouverte toujours d'une épaisse couche de neige. Nous sommes en plein désarroi Les blessés les malades sont encore en pleine évacuation et déjà les armées à leur tour arrivent. Du 8 au 12 février passent chez nous 37.000 hommes de troupes avec leurs cadres. L'on peut parfaitement se rendre compte que nous avons affaire à présent aux vrais soldats du front espagnol L'on constate aisément la différence de tenue de ces soldats et de celle des cohortes antérieures dans lesquelles le désordre régnait en maître. Ces troupes harassées de fatigue chargées d'un lourd paquetage défilent cependant Drapeaux de la République Espagnole déployés en traversant la ville les officiers et sous-officiers les commissaires d'armées tiennent leurs hommes bien en main et c'est au pas cadencé plus ou moins impeccable que défile cette colonne interminable. Tous ces militaires ont été désarmés ou ont jeté leurs armes à leur arrivée en France aussi le matériel de guerre fusils pistolets automatiques mitrailleuses grenades munitions de toutes sortes s'amoncellent en des tas impressionnants le rôle des troupes françaises et de la Garde-Mobile est loin d'être de tout repos Il faut désarmer fouiller tout ce monde recenser ce matériel de guerre récupérer le matériel épars sur toute la frontière et prévoir le plus tôt possible son acheminement vers les parcs d'artillerie de l'Intérieur. Mais les autorités civiles et militaires ne disposant plus de locaux vacants dans l'agglomération prévoient les prairies du "Cendréou" et de Saint-Martin pour recevoir tous ces réfugiés 12000 hommes sont cantonnés au Cendréou et 25000 à Saint- Martin le service du ravitaillement s'organise de son mieux à la mairie ce ne sont que communications téléphoniques entre le Maire et les Services de la Préfecture et du centre d'accueil d'Arles- sur-Tech pour faire activer l'envoi du pain et des denrées pour alimenter tous ces hommes. La tâche est ingrate car depuis les premiers jours de l'exode le Maire les Conseillers Municipaux le personnel Communal sont présents à la Mairie de 6 heures à 24 heures et parfois même jusqu'à 1 ou 2 heures du matin. Pourrons nous tenir à temps et de surmenage Heureusement qu'en cette première quinzaine de février le temps est splendide le soleil luit et réchauffe et malgré la couche impressionnante de neige qui recouvre les montagnes environnantes il fait presque chaud dans notre belle cité Il faut cependant tenir compte que nous sommes en plein hiver et en haute montagne ces changements de température sont brusques et les bourrasques de neige très mauvaises C'est en prévision des intempéries possibles que les réfugiés aménagent leurs camps en plein air et les baraques s'érigent rapidement Quelques unes sont vraiment confortables et montées avec goût les troncs de châtaigniers recouverts de branchages entrelacés et des mottes de terre peuvent abriter les hommes des ondées Il fait froid et il est nécessaire de faire du feu les espagnols s'en chargent les innombrables tas de bois de chauffage amassés avant l'exode par la population pratéenne pour leurs réserves d'hiver sont bientôt pillés et vite épuisés. C'est le tour à présent des rondins de châtaigniers et des piquets travaillés provenant des coupes qui servent à alimenter le nombre incalculable de ces feux de plein air la hâche fait bientôt des coupes sombres dans nos belles forêts environnant la ville le pillage et la destruction sévissent en plein les services de police ne sont plus maîtres de la situation et il nous arrive de craindre le pire car ces hommes exposés à toutes les intempéries n'étant nourris qu'assez sommairement depuis et à tous les points de vue et danger plus grave presque tous encore armés de pistolets automatiques cachés avec soin sur eux ou dans leurs malettes malgré les fouilles constantes faites peuvent se livrer à un mouvement de révolte. Personnellement M. Joseph Noëll Maire se voit dans l'obligation de se rendre dans les camps d'haranguer les soldats espagnols de leur prêcher le calme Moments anxieux et difficiles à passer pour le magistrat communal qui doit avant tout défendre aussi tous les habitants de sa commune Le ravitaillement est augmenté et les rations plus fortes en leur apaisant la faim les réfugiés calmés par les exhortations et les conseils de leurs officiers deviennent plus raisonnables. Quand commencera-t-on l'évacuation de ces troupes vers l'intérieur ... Question embarrassante. L'on parle bien que des camps de concentration sont montés à une rapide cadence à St Cyprien Argeles s/Mer le Barcarés etc.etc.... Jusqu'à ce qu'ils soient prêts à recevoir tant de monde il faut tenir nous nous y employerons de notre mieux ne ménageant pas nos efforts. Des décès assez nombreux se produisent parmi les blessés et les malades la situation se complique encore par l'énorme mortalité qui survient aussi dans le bétail Il est indispensable d'organiser les corvées d'enfouissement et ces travaux sont faits par des corvées de miliciens volontaires sous la direction des services de santé français. Une promenade à la tombée de la nuit sur les routes dominant les camps est un spectacle merveilleux et grandiose le coup d'œil est feerique au grouillement de cette fourmilière humaine s'ajoutent les flammes des milles feux éclairant le camp de leur rayonnement rougeâtre les volutes de fumées blanches montant en spirales vers le ciel et l'on a l'impression que l'on vit une période ancestrale tout ce panorama nocturne et original. Pour nourrir toute cette masse le pain nous est adressé d'Arles sur Tech et de Perpignan par quantités énormes 30.000 kgs nous sont journellement nécessaires viandes légumes secs graisses conserves ingrédients sucre café chocolat tout est à l'avenant. Les locaux des écoles et la salle de la Justice de Paix la salle de notre Mairie regorgent de provisions. Les distributions maintenant bien organisées se font normalement avec le nombreux personnel civil que nous nous sommes vus dans l'obligation d'embaucher. Aussi dans les camps d'accueil l'on entend parfois au crépuscule une vieille complainte espagnole accompagnée par les accords nostalgiques de guitares et ce chant dans la nuit grossi amplifié par des milliers de voix d'hommes jeunes et forts leur fait oublier pour un moment leur pénible aventure. Ces malheureux rêvent à leur patrie perdue dont ils sont actuellement exilés ne pouvant savoir le moment où ils seront autorisés à regagner leur foyer pour y reprendre leur vie commune. Et l'exode continue toujours. ... Suite et fin la semaine prochaine. Publié dans Non classé Un commentaire 03 avril 2009 La Retirada au village 1 Avant le sujet du jour il n'est jamais trop tard pour lire le discours de Doris Lessing lors de la remise du Prix Nobel le 7 décembre 2007 magnifique http //nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2007/lessing-lecture_fr.html La Retirada est le nom donné à l’exode républicain espagnol vers la France en février et mars 1939. Durant trois semaines en trois parties donc je me propose de vous présenter un texte très peu connu sur le sujet y compris des historiens spécialisés. Il s’agit d’un document figurant dans le Cahier des Délibérations du Conseil municipal de Prats-de-Mollo Pyrénées-Orientales . Ce village du Haut-Vallespir situé à douze kilomètres sous le col frontière d’Ares reçut entre le 27 janvier et le 16 mars 1939 de 90 000 à 100 000 personnes soit environ 25% de la masse totale des personnes déplacées durant toute la Retirada. Mais sur Prats tomba aussi « la longue plainte des bestiaux réveillés » André Malraux leurs 25 000 ombres transbahutées avec la clé des fermes sont également inventoriées dans ce rapport sur une brutalité de l’Histoire envahissant en tous sens une commune souffrant soudainement d’exiguïté. Le texte a été publié cette année en Catalogne en catalan chez La Magrana Barcelone sous le titre El document de Prats . J’en ai écrit le prologue où je souligne la solidarité du village en butte au flot des déplacés et à une Administration française qui n'avait rien anticipé elle était pourtant informée du désastre à venir. Cette image est la plus symbolique de la fuite des civils espagnols en France. Elle a servi de modèle à deux monuments l'un situé dans le village catalan espagnol de La Vajol l'autre situé à Toulouse. Elle fut publiée pour la première fois dans la revue L'Illustration édition du 18 février 1939. Elle était signée Safara nom inconnu des spécialistes de la photographie. Au premier plan on voit Mariano Grácia en compagnie de sa fille Alicia mutilée après un bombardement à Monzó province de Huesca . Derrière eux les deux fils Amadeo 5 ans également invalide dans les mêmes circonstances que sa soeur que tient par la main Thomas Coll un habitant de Prats-de-Mollo et Antonio le frère aîné. Lorsque Thomas Coll avait appris que des enfants mutilés comme lui ancien Poilu venaient de franchir la frontière il s'était empressé de leur porter secours et malgré son handicap il avait parcouru le chemin de douze kilomètres jusqu'au sommet du col d'Ares. Voici cette archive exceptionnelle. C’est une pierre brute par excellence dont j’ai respecté la syntaxe et l’orthographe. FIN DE LA REVOLUTION ESPAGNOLE 17 JUILLET 1936 au 13 FEVRIER 1939 Rapport de l'Exode de la population civile et des Armées Républicaines Espagnoles à Prats de Mollo du 27 Janvier 1939 au 16 Mars 1939 La fuite des armées Républicaines Espagnoles et de la population civile vers la France marque profondément dans la vie des habitants de Prats de Mollo un événement historique sans précédent que nous devons fixer sur le registre des délibérations de notre commune afin que dans l'avenir les générations futures puissent se faire une faible idée des misères et de la faim dont souffrait le nombre considérable d'hommes de femmes et d'enfants estimés approximativement de 90.000 à 100.000 personnes ayant pénétré en France par la Frontière de Prats de Mollo Col d'Ares Col Pragon Col Bizern . Si nous ajoutons à ce chiffre fantastique de gens de 15.000 à 25.000 têtes de bétail bovins ovins chevaux caprins et porcins nous serons à peu prés sûrs d'être encore au-dessous de la réalité car aucune statistique officielle n'a pu être dressée toutes les Administrations ayant été submergées et tous les services débordés par cet énorme flot de personnes et de bêtes qui ont envahi tout le territoire de notre commune. Après la défaite des armées républicaines espagnoles sur l'Ebre la chute sans défense de la ville de Barcelone tombée aux mains des franquistes et en tenant compte de l'avance rapide des armées du Général Franco il était à prévoir que la ruée vers la France des Républicains Espagnols était prochaine. D'après certaines rumeurs venues d'au-delà des frontières nous nous attendions à ce grand mouvement de recul mais il a par son ampleur dépassé toutes prévisions. Le 25 janvier 1939 trois personnalités fuyant Camprodon sont venues nous avertir que 10.000 civils espagnols se préparaient à fuir devant l'envahisseur et à rentrer en France. Elles nous ont en outre donné l'assurance que les hôpitaux de Camprodon seraient aussi évacués et qu'ils comptaient quatre mille blessés ou malades. Pourtant mais souvent en plein hiver et les montagnes sont recouvertes d'une épaisse couche de neige mais la cohorte de l'épouvante et de la peur est en marche et rien ni aucun obstacle ne l'arrêtera plus. Le 27 janvier 1939 vers 11 heures arrivent par le Pont Girard les premiers fuyards par groupes de quelques personnes vieillards femmes et petits enfants le défilé commence les arrivants sont exténués de fatigue ils ont très froid et très faim leur figure hâve démontre clairement les terribles souffrances endurées. Amenée dés leur arrivée dans notre ville cette foule affamée est conduite vers les préaux des Ecoles où une indéchiffrable y compris par le rédacteur Thomas Faitg qui hésite entre « crèmerie » et « crèche ». En tout cas le mot qualifie le lieu où ont été réunies les mères et leurs enfants afin de les nourrir et de les héberger provisoire a été aménagée par les soins des services municipaux. La distribution de café de lait de chocolat de boissons très chaudes de pain blanc viendra calmer les affres de la faim et l'immense fatigue de ces loques humaines il faut voir les yeux de convoitise de ces pauvres hères tenant en main leur bol de breuvage bouillant et mordant à belles dents un énorme morceau de pain frais Certains laissent couler des larmes de joie il y a si longtemps que pareille aubaine ne leur était arrivée il faut cependant se livrer à une surveillance sévère car les épaves de l'exode se gaveraient à satiété et tomberaient malades leur petit estomac émacié n'étant pas habitué à recevoir une nourriture si abondante Il est parfois difficile d'être très sévère quand on vit de pareils moments. Les habitant de Prats de Mollo se sont massés au foiral et contemplent l'interminable chaîne de silhouettes qui se dessine sur la crête des montagnes depuis la chapelle de Sainte Marguerite au Cendreu. Devant cette affluence énorme de personnes qui vont déferler sur Prats de Mollo il est urgent de prendre des mesures appropriées d'autant plus que la Sous-Préfecture de Céret ne nous est d'aucun secours aussi la Municipalité Maire en tête les Services Municipaux la population entière de l'agglomération dans un élan sublime d'humanité avec un dévouement digne de tous les éloges s'affairent à prendre toutes dispositions pour nourrir et loger cette avalanche humaine. Des ordres de réquisition sont remis aux boulangers pour fournir du pain en grande quantité les bouchers et charcutiers font cuire de la viande les épiciers fournissent toute leur provision de conserves les habitants de la commune font bouillir des pommes de terre le mouvement est donné les corvées de ravitaillement s'organisent et commencent bientôt à fonctionner. Avec beaucoup d'entrain de dévouement et de travail nous arrivons enfin à un résultat satisfaisant et chaque réfugié est ravitaillé. Quand leur première faim est calmée l'on voit déjà des figures plus réjouies les femmes les enfants sont encore apeurés et le moindre bruit d'un moteur leur fait involontairement lever les yeux au ciel qu'ils scrutent avec angoisse Ils ne se rendent pas encore tout à fait compte qu'ils sont sur la terre française si hospitalière et qu'ils n'ont plus à craindre la sauvagerie tragique des bombardements aériens. Du 28 janvier au 5 février le mouvement de retraite s'accentue de plus en plus et la cohue descend de plus en plus dense. Il se complique en outre par la rentrée de nombreuses têtes de bétail les espagnols amènent leur bétail qui passe la frontière et déferle aussi sur notre ville chevaux mulets troupeaux de moutons de chèvres de vaches bourricots envahissent aussi tout notre territoire et leur nombre peut être estimé à 25.000 têtes. Il faut aussi donner des directives pour donner à boire et nourrir ce bétail les services de la Douane n'ont ni trêve ni repos mais sont bientôt dans l'impossibilité absolue de maintenir tant d'animaux la tâche est complexe et rude pour nous et vient encore s'ajouter aux énormes tracas de toute sorte que les réfugiés espagnols nous imposent. Les réquisitions de foins et pailles sont ordonnées dans la presque totalité des fermes avoisinantes et bientôt s'amoncellent sur le foiral les fourrages indispensables mais cette énorme quantité s'avère encore insuffisante et le Maire a recours aux Services de la Préfecture qui à leur tour et par camions automobiles envoient la nourriture nécessaire à cet immense troupeau mouvant et indiscipliné. Mais la vague continue aussi et les écoles communales ne peuvent plus contenir cette marée humaine il faut prévoir leur logement dans les vastes locaux du camp de vacances de la Ville de Perpignan qui sont aussi bondés de soldats de la "Garde d'Assaut" espagnole. Le 5 février 1939 il pleut et il neige sur la montagne les réfugiés espagnols sont trempés et transis il est urgent de mettre tous ces malheureux à l'abri les classes les escaliers de service des écoles respectés jusqu'à ce jour se garniront de grappes humaines serrés les uns contre les autres les femmes dont la plus part allaitent de tous petits bébés les garçonnets et fillettes grelottent de tous leurs membres malgré les boissons brûlantes qui leur sont distribuées sans arrêt et les couvertures qui les recouvrent c'est un spectacle vraiment lamentable à contempler et des larmes coulent de nos yeux en voyant de si petits marmots à moitié nus souvent remplis de vermine tétant en vain le sein tari de leur jeune maman et pleurant de rage de ne pouvoir rien faire venir de cette source de vie. Les traits de tous ces êtres sont tirés vitreux et mères et enfants épuisés de fatigue dorment pêle-mêle inconscients veules vraies loques humaines martyrs de la méchanceté des hommes. Les Services de l'intérieur étant enfin aménagés peuvent recevoir les femmes et les enfants. Les autobus camions automobiles de tourisme sont réquisitionnés et leur transport à Arles sur Tech et le Boulou camps de concentration et de triage s'opèrent immédiatement ces départs brusqués augmentent encore la tristesse et le découragement de ces infortunés car femmes et enfants seuls sont momentanément amenés vers l'intérieur les services de police séparent avec tout le tact désirable les femmes de leurs maris les enfants de leur père et des scènes déchirantes se produisent au moment de ces séparations tous sans exception s'étreignent convulsivement se tendent les bras et l'on croirait qu'ils éprouvent l'intuition qu'ils se perdent à jamais. Se reverront-ils tous ces êtres chers Combien de familles séparées disloquées et qui resteront dans l'angoisse de ne plus avoir de nouvelles de ceux qu'ils aiment Pourtant et malgré ces déchirements il est nécessaire de faire de la place aux nouveaux arrivants dont le flot ne tarit plus ... Suite la semaine prochaine. Publié dans Non classé 2 commentaires 27 mars 2009 Marges 1. Jeûne Jean-Jacques Bozonnet correspondant du Monde pour l’Espagne avait écrit dans l’édition du mardi 24 février 2009 un article intitulé Le désastre des impayés . Un lecteur Claude Miroux professeur à l’Université d’Orléans lui a adressé cette note intéressante que Jean-Jacques m’autorise à communiquer « Vous mentionnez le cas dans votre article de ce petit patron espagnol qui s'est installé devant le siège de son débiteur et a jeûné jusqu'à ce qu'il obtienne ce qui lui était dû. Je vous signale à titre de curiosité que cette "méthode" était légalement reconnue dans la législature hindoue antique où elle portait le nom de "prayopavesana" ="attendre la mort" . Un créancier pouvait s'asseoir à la porte de son débiteur et y jeûner jusqu'à ce que celui-ci soit dans l'obligation de lui céder pour ne pas être responsable de sa mort. Une disposition quasi identique existait dans le droit irlandais ancien. » Le lecteur cite ses références - L. RENOU "Le jeûne du créancier dans l'Inde ancienne" in Journal asiatique 1943-1945 pp. 117 et suiv. - M. DILLON Ch. -J. GUYONVARC'H Les royaumes celtiques Ch. V Les institutions civiles les anciennes institutions irlandaises Crozon 2001 p.118. 2. Le foot les marcheurs et la Vierge il serait trop long d’en expliquer les tenants intimes mais en tant que supporter du Barça je me réjouis que l’Espanyol de Barcelone l’autre club de la ville évoluant en première division occupe actuellement la dernière position du classement. Dans un premier temps j’avais prévu avec quelques amis que nous célébrions leur descente très probable aux enfers. Dans un deuxième temps je me suis ravisé. L’Espanyol m’est utile pour concentrer sur lui ma part de mauvaise foi durant les dix mois que dure le championnat. Puisque l’Espanyol est mon bassin déversoir je ne peux omettre de signaler très ironiquement deux faits. Le président Daniel Sánchez Llibre a déclaré ce jeudi qu’en cas de maintien de son club en première division il irait à pied du stade olympique de Montjuïc le terrain de jeu actuel de l’Espanyol au stade tout neuf de Cornellà que le club attend comme son Acropole pour le mois prochain. Parenthèse Daniel Sánchez Llibre est le propriétaire des conserves Dani vous en avez certainement achetées dans les supermarchés de Palamos d’Elche ou de Cadix ce qui lui vaut le surnom de « L’almeja » « La Palourde » . Poursuivons avec les tribulations de l’Espanyol. L’entraîneur argentin Mauricio Pochettino a gravi ce mardi 24 mars la montagne de Montserrat douze kilomètres de très fort dénivelé. Il s’est rendu au chevet de la vierge noire La Moreneta « la brunette » « la noiraude » patronne de la Catalogne afin que celle-ci intercède pour ses joueurs au moment des penaltys et des corners. Pochettino a certes été reçu par la communauté bénédictine mais un seul des moines le père Josep Maria Cardona lui a ouvert les bras. Les autres soit avaient mieux à faire dans cet espace réputé de recherches spirituelle et intellectuelle soit sont des supporters déclarés du Barça. Si l’Espanyol reste en première division Pochettino refera le chemin à pied pour remercier la Vierge. Une prochaine fois j’évoquerai Montserrat montagne aux formes digitées extraordinaires berceau de l’idée nationale catalane au 19ème siècle centre de résistance culturelle sous le franquisme parmi d'autres caractéristiques. Je fus invité un jour à partager le déjeuner des moines. Malheureusement ce fut un vendredi. Si je me souviens bien je me nourris d’un poisson cuit à la vapeur de trois pommes de terre et d’un yaourt tandis qu’un moine lisait à haute voix des textes de Giordano Bruno et de Galileo. Le nom fut attribué par Christophe Colomb à une île des Antilles voisine de La Guadeloupe en 1493. 3. Télé fric les télévisions publiques espagnoles et catalanes nous tiennent épargnées d’un phénomène nouveau développé sur les chaînes privées espagnoles l’entretien exclusif négocié avec les « people » sortant de prison. Julian Muñoz ex-maire de Marbella auteur de détournements à zéros presque infinis a touché 350 000 € pour une apparition sur Telecinco. Parmi ses autres "collègues" le danseur de flamenco Farruquito embauché un soir pour 140 000 €. Le jeune homme avait été condamné pour avoir tué un piéton avec une voiture qu’il conduisait sans permis. 4. Andorre Nicolas Sarkozy menace de renoncer en tant que chef de l’État français à son titre de co-prince d’Andorre si la Principauté ne lave pas un peu plus blanc sa législation bancaire. Dans mon Puzzle catalan toujours disponible chez Autrement j’avais intitulé un chapitre Andorre air cru et argent frais . Combien de Catalans pratiquent l’évasion fiscale dans le confetti pyrénéen Dans un reportage du Monde mercredi 25 mars 2009 Yves Mamou indique qu’un dépôt régulier de 30 000 euros par mois en liquide dans une banque andorrane ne soulève aucune difficulté et que les quatre cinquièmes de ces dépôts proviennent de ce côté-ci de la frontière. * Tout ça n’empêche pas que la palourde fraîche cultivée est ce matin à 3 85 € le kilo le bar sauvage à 14 98 € et le colin pêché à la traîne à 5 33 €. À la semaine prochaine. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 20 mars 2009 Sur les planches Je farte au Beaufort Et j’ai l’Arc à babord. Plutôt que de rester en plan Mon Trottoir passe au blanc. C’est ma semaine blanche Ben oui je me déhanche. Nougaro dans l’i.pod A perdu le Mont Blanc Je branche mes anodes À l’humour de son chant. Impôt de mes vendredis Ma chronique est remplie. Je vous marue salie Des pentes de l’Iseran. * J’ai perdu le Mont Blanc dans la neige Claude Nougaro 2-01-jai-perdu-le-mont-blanc-dans-la-neige.1237539641.mp3 J'ai perdu le Mont Blanc dans la neige Celui que tu m'avais offert Tu n'imagines pas Nadège Sur le coup ce que j'ai souffert J'ai perdu le Mont Blanc dans la neige En slalomant du haut d'un pic Et maintenant sacrilège Je t'écris à la pointe bic Ce n'est pas le premier que je paume Mais celui-là j'y tenais tant Je le réchauffais dans mes paumes Le suçotais entre mes dents J'ai perdu le Mont Blanc dans la neige Il avait dû coûter bonbon L'ai-je perdu au télésiège Quand je l'ai enfourché d'un bond Tous mes beaux projets se désagrègent Je comptais sur ces sports d'hiver Pour te pondre un grand truc Nadège Un vrai hit un C.D. d'enfer Le succès me fuit d'habitude La chanson c'est du baccara Mais je sentais pointer le tube Dans sa plume quinze carats Pour trouver mon Mont Blanc dans la neige Je me suis mis au ski de fond L'encre ça se voit sur la neige Faut dire qu'il fuyait ce con J'y mettrais tout le temps Nadège N'oublie pas que la neige fond. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 13 mars 2009 laquo Calçots raquo à peindre Je vous ai laissé la semaine dernière déchargeant de mon coffre à trois heures trente du matin une grosse botte de « calçots » diminuée de ceux que nous avions dégustés quelques heures auparavant avec mes amis de Gelida. Ce végétal entre poireau et oignon tendre se déguste en février et mars. L’opération de marketing mise en oeuvre par les producteurs est de nature comparable à celle qui dirige le peuple de France vers les messes du Beaujolais nouveau. Ainsi les Barcelonais descendent volontiers à Valls la patrie du « calçot » pour sacrifier au rituel. Si un ami ou une relation les invite dans son mas encadré de palmiers au bout d’un chemin d’argile rouge c’est encore plus tentant. Les manuels indiquent que le « calçot » fut « inventé » à la fin du XIXème siècle par un paysan vallsien et qu’il ne tarda pas à devenir populaire au-delà de sa zone originelle de production. Par abus de fidélité je fais uniquement confiance aux « calçots » de l’oncle Albert et à ceux que vend la coopérative de Montblanc sur l’image . J’avais donc suivi dans l’après-midi l’oncle voir chronique de la semaine précédente jusqu’à sa « masia » un gros cabanon altier posé sur l’une des terrasses au nord de Vilaverd et qu’entoure une fraternité accumulative d’oliviers de noisetiers et d’amandiers. C’est l’époque où aux branches des amandiers psalmodient des choeurs de fleurs blanches aux rosissements subtils. Saisissant tableau que cette annonce de printemps claironnée dès après le passage du col de Cabra dans la courte plongée vers Montblanc Leur lumière marque le point d’entrée du regard dans le tableau de La Conca. À bord de la fourgonnette blanche nous avions franchi le pont sur le Francolí une dalle de ciment sans rambarde. J’avais entr’aperçu sur la gauche le souvenir d’un bassin de retenue et tout en longeant sous la falaise la rivière aux eaux ligotées par les toisons d’algues nous percions avec des mots élémentaires le liquide amniotique des origines. L’oncle s’était soudain mis à évoquer la mort à la manière d’un philosophe parvenu à la fin de son questionnement. J’écoutai car nous aurons tous 77 ans Il ne sert à rien non plus de repousser une pièce du paysage qui submerge l’âme. Celle-ci se proposa à hauteur d’un bosquet de pins en plan serré sur les inoubliés goûters de pain à la tomate que revigoraient l’eau de la source et les sollicitations d’enfants avec leurs prends-moi par la main. Avant que l’actualité du potager ne prenne le dessus la chaleur des goûters d’août n’éprouva aucune difficulté à se remémorer. Et j’en vins naturellement à reconstituer ce qui se produit en cette saison-là vers l’heure des vêpres au soleil déclinant sur la montagne de Prades la chemise frémit légèrement et un bout de brise levée de la mer entre par le tuyau des manches. On le doit à l’échancrure de la gorge de La Riba qui dévie le frais agent sur ce petit coin de terre. Tout en poursuivant ses commentaires l’oncle relèverait une cinquantaine de « calçots » de leur monticule de terre et je songerais à eux en dégustant plus tard dans l’amitié de Gelida ceux de la coopérative. On les absorbe sans couteau ni fourchette sortis du papier journal dans lesquels ils ont tiédi après avoir cuit au feu de bois. On épluche la première peau et bras tendu la main noircie par la cendre enlevée on tient le végétal au-dessus de la bouche ouverte. L’homme s’apparente alors au dauphin guettant le poisson tenu par son dompteur mais il s’oublie de cette condition dès que le palais accueille la texture amollie et tout suave. La texture est une chose mais le goût de la sauce « romesco » qui l’accompagne en est une autre. Délicatesse et tous les autres synonymes du mot en donnent la définition exacte. L’ail a été pilé dans le mortier contenant huile d’olive évidemment et en quantité vinaigre et sel. Les rejoignent les amandes grillées mixées peau enlevée et la mie de pain qui sert à épaissir et à adoucir la matière pour en faciliter la digestion. Au mélange formé l’oncle j’expose en réalité sa recette adjoint poivre rouge poivron rouge piquant écrasé. Il remue le tout jusqu’à ce que l’onctuosité lui paraisse satisfaisante. Alors on peut tremper la pointe du « calçot ». Je reste vague sur les proportions car elles appartiennent à l’artiste. En hiver sur sa table la sauce « romesco » accompagne les scaroles. À ce point de mon exposition d’un dimanche à la campagne je pense que le « calçot » mériterait une nature morte. Je ne lui connais pas de représentation mais je peux me tromper. Du poireau son grand frère je ne sais que la déstructuration picassienne dans Nature morte avec crâne poireaux et pichet mais dans l’histoire de l’art la volaille le citron les poissons et l’asperge ont compté bien davantage. Il se trouve que quelques jours après avoir photographié sur la table des amis de Gelida mon Calçots avec sauce je me retrouvais devant cette nature morte de Josep Mompou 1888-1968 dont on expose en ce moment 80 oeuvres à La Pedrera sur le Passeig de Gràcia. Il est recommandable de partir à la rencontre de ce peintre catalan http //obrasocial.caixacatalunya.es/osocial/main.html idioma=1 qui connut des heures de reconnaissance dans le Paris des années vingt et trente. C’était l’époque où les peintres de Barcelone cousinaient depuis quelque temps déjà avec Paris. Mompou s’y sentait encore plus chez lui sa mère Josefina Dencausse d’une forte influence éducative sur son fils appartenait à une dynastie française de fondeurs de cloches. Sa palette de blancs gris bleus se confond parfois avec celle de Nicolas de Staël. J’ai aimé les postures de femmes plus relâchées que celles de Ramon Casas les quelques nus ainsi que les natures mortes en catalan une « natura morta » en castillan un mot que je trouve joyeux "bodegones" . Les natures mortes de Mompou ne pouvaient pas ne pas me rappeler l’exposition inoubliable Les natures mortes de Manet au musée d’Orsay de fin 1999. Le Peix llimones enciam espàrrecs Poissons citrons salade asperges de Mompou 1930 est d’une candeur saisissante à côté du Nature morte avec poisson de Manet 1864. Chez ce dernier le rassemblement autour d’une carpe qui semble remontée des abysses est brutal et inquiétant. Les deux citrons de la toile de Mompou me renvoient aussi à cet autre Manet Le citron 1880 une toile prodigieuse aux dimensions très réduites à propos de laquelle j’ai lu un très beau texte d’examen du musée Critique de La Sorbonne http //mucri.univ-paris1.fr/mucri11/article.php3 id_article=164 . Je recommande aussi cet autre article captivant http //mucri.univ-paris1.fr/mucri11/article.php3 id_article=55 sur L’asperge également de 1880 moins sage que la botte d’asperges sur la toile de Mompou peintre de risques moindres ce qui ne lui enlève pas les mérites. Le monde vivant est tout de ramifications. Ainsi je ne peux pas manquer d’évoquer l’effet que produisit sur moi le Branche de pivoines blanches et sécateur accroché à Orsay. Leur déploiement brillant et distingué me signala la « présence » de celles elles sont toujours trois séparées solitaires au pommeau rouge rose encore fermé que je déniche aux derniers jours de mai dans la bordure broussailleuse du jardin abandonné de madame Plas sur les pentes du puy Saint-Romain en Auvergne. C’est dit la peinture tutoie le monde comme la peinture et moi nous nous tutoyons moi libre de « voir » comme les livres de Daniel Arasse y incitent dans son On n’y voit rien par exemple . L’an dernier j’avais demandé à la tante Antònia épouse de l’oncle Albert qu’elle employât de son temps à peindre pour moi la « masia ». Lorsqu’elle m’offrit le tableau la fourgonnette également demandée s’y trouvait naïve sous les murets mais je « vis » d’emblée les deux grands pins brûlés réminiscences de ce qui s’était passé l’été écoulé et de ce qu’on déteste éprouver c’est-à-dire la maladie de la mort apposée aux arbres qui vous accompagnaient. Pour conclure une ramification encore plus personnelle. Leur fille Ester dirige à Barcelone sa propre académie de peinture dans un atelier de l’Eixample. Je me suis inscrit au cours d’aquarelle qui ouvre le 3 avril peut-être un jour réussirai-je à peindre un Calçots avec sauce À la semaine prochaine. Publié dans Non classé Un commentaire 06 mars 2009 Les coffres se remplissent #8230 Si vous m’aviez vu en train de décharger la voiture sous l’immeuble à près de trois heures du matin Sur un banc en face huit jeunes filles parlaient fort en catalan et en castillan mélangés elles se levaient elles virevoltaient sur le morceau de Rambla affecté à leurs conciliabules elles s’asseyaient puis leur manège recommençait. J’avais de quoi surprendre les bras chargés successivement de pommes de terre de choux d’épinards de bouquets opulents de persil et j’en passe certainement produits cultivés et cueillis dans l’après-midi à Vilaverd par l’oncle Albert qui avait ajouté enveloppées dans du papier journal des bouteilles de son propre vin. Pris dans une agitation inhabituelle en cette heure de la nuit je m’attendais à recevoir de la part des jeunes filles une vanne gracieuse comme on en balance ici assez facilement mais rien Suivirent les conserves d’olives de La Masrojana et les huiles de la Coopérative de Montblanc élaborées avec la même variété les arbequines grosses comme le pouce d’un enfant de quatre ans et qui font en décembre au moment de la récolte des pluies de perles au vert cendré suspendues aux branches noires. Elles forment une AOC dite Siurana du nom d’un magnifique village aigle qui a inspiré plus d’un poème et a constitué un temps une centralité catalane intellectuelle autour de Joan Sales dont il faut lire Gloire incertaine non pas au motif que je l’aie publié en français à Tinta blava mais parce que c’est un grand roman polyphonique. Je jetai un regard vers les jeunes filles en goguette. Elles filèrent d’un coup vers la mer. Elles s’habillaient plus probablement chez Mango ou Zara que dans les boutiques aux jupes à trois euros qui pullulent en provenance des rafiots chinois à moitié planqués au fond du port. Leur caquetage s’éteignit à hauteur de la rue Perelló devant le petit campement du vagabond philosophe installé dans un terrain vague depuis quelques mois avec tout un arsenal d’art populaire pendu aux cimaises d’un mur branlant. J’avais pensé l’aborder l’autre jour mais à tort peut-être je ne m’y résolus pas indécis en pensant au dérangement que je pouvais provoquer dans cet appartement au plancher de terre nue cloisonné de bric et de broc et sans toiture. Il ne restait plus qu’à décharger les caisses du cava le nom du champagne catalan élaboré par Carles l’un des frères Andreu typique famille d’entrepreneurs catalans à lignée qui lisent tant et plus et collectionnent des oeuvres. Carles répond parfaitement à la définition du Catalan que donna Joan Miró au critique d’art américain James Johnson Sweeney « Le caractère catalan ne ressemble pas à celui de Malaga ou d’autres parties de l’Espagne. Il est très terre-à-terre. Nous autres Catalans nous pensons qu’il faut avoir les pieds solidement plantés dans le sol si l’on veut bondir dans les airs. Le fait que je redescends sur terre de temps en temps me permet de sauter plus haut ensuite. » Pour atteindre Carles Andreu et les bâtisses de briques et de verre de son Mas Celdoni il faut traverser entièrement le village de Pira où la couleur de l’argile grimpe comme un lierre jusqu’aux bords de toit des maisons tourner à droite et se garer devant les rangs de vigne. C’est au soleil couchant qu’on est le mieux à même de guetter la réalité et la profondeur de la nature et de considérer ici en observant la perfection des parcelles relevée par les rayons rasants combien Carles Andreu applique ce que dit Queneau « Il s’agit de faire et de faire bien toute chose qui vaille la peine d’être faite. » Le résultat de sa constance c’est au palais la vivacité des bulles de son Brut nature Réserve élevé en fût. Le débardage achevé une écharpe du Barça au cou pour repousser le bout de brume envoyé par la mer proche je m’assis sur le banc encore enivré par le croisement contradictoire des parfums des jeunes filles et songeai à ma fichue manie de remplir le coffre des produits de ma génétique afin de les partager voire de les distribuer "tras os montes" comme on dit en portugais. L’exil et ce qu’un enfant en fait attise les sens. Et ça perdure. Ainsi je conserve les effluves de tourons noisettes et amandes surgies des premiers voyages d’oncles et de cousines à Brive et aujourd’hui j’en mettrais la joue contre le quai 1 de la gare là où ces merveilles venaient se déposer au mitan de la nuit descendues dans les valises des convois arrêtés après avoir crissé de tous leurs freins. Ainsi à Noël je charge le coffre en tourons de chez Tio Che sur la Rambla et en amandes grillées de chez Gispert au 23 de la rue Sombrerers sous la gothique Santa Maria del Mar. Je remonte le tout vers le Nord. Le phénomène opère en sens contraire mais plus modérément car je l’ai constaté et c’est bien curieux les goûts remontent plus facilement du Sud vers le Nord. Dans l’autre sens ils sont moins admis le pire pour les populations que je fréquente est « les fromages qui puent » à moins de trouver des complices francophiles comme l’autre jour Àlex et Núria pour qui je descendis de chez Villerette la boucherie de Vic-le-Comte parcourue de parler auvergnat « J’y vois pas beau » en serait le plus frappant exemple tous les ingrédients pour composer un digne pot-au-feu. Les coffres se remplissent donc à l’aune du sentiment. En d’autres temps il y a 25 ans 30 ans peut-être quand je repartais de Vilaverd la femme de l’oncle Albert Antònia glissait un pot de verre contenant la farigoule écrasée qu’elle avait cueillie en fleurs dans les étendues des terrasses anciennement cultivées. Aujourd’hui si je le peux je ne manque pas de me rendre le jour de Pâques vers les murets aux couleurs de pie à moitié mangés car en considérant le calendrier des lunes auquel les Vilaverdans se réfèrent c’est le jour précis où les fleurs mouches grisonnantes sur la partie haute des tiges sont au zénith de leur arôme. À l’époque Albert bouchait les trous du coffre avec des pommes mais aussi avec des rouleaux de papier hygiénique Cela me rendait un peu nerveux car je songeais à la tête que ferait le douanier à la frontière alors sévèrement filtrée. Ouvrier dans une papeterie soucieux de se libérer de la dépendance d’un patron il avait monté une entreprise artisanale spécialisée dans le rouleau indiqué. Les machines avaient été inventées par lui-même et par son frère Narcís ingénieur à la Seat de Barcelone. Les deux avaient été formées aux cours du soir. Il pourvoyait je crois me souvenir les toilettes des hôpitaux et des maisons de retraite de la contrée. Cette anecdote me sert à signaler l'importance de la micro-entreprise dans le système économique catalan au moins jusqu'à ces dernières années. Qu’Albert écrivît des poèmes dans sa jeunesse et qu’Antònia peigne des paysages naïfs aujourd’hui n’étonnera que ceux qui ne connaissent pas la nature profonde du pays si je mets des guillemets ça peut être pris pour une offense . La poésie et la peinture irriguent depuis en gros un siècle une mens nationale bourgeoisie et classe ouvrière confondues fondée notamment sur l’art comme élément de l’identité et de la promotion sociale. De ces pratiques qui inclinent à l’introspection provient peut-être aussi le caractère tempéré d’un nationalisme café au lait plutôt que robusta. J’ai oublié l’autre nuit je sortis aussi du coffre des calçots. C’est la pleine saison. Les impatients se rendront sur Google pour savoir de quoi il s’agit les autres attendront la semaine prochaine. Gloire à leur patience Publié dans Non classé Laisser un commentaire 27 février 2009 Paris parenthèse 2 et fin Par où passer en descendant du 91 au début du boulevard Saint-Marcel Pour atteindre la fenêtre de Barbara qui donne sur les grilles du jardin des Plantes j’avais opté pour la rue Geoffroy-Saint-Hilaire mais avant de tourner pour remonter la rue Buffon juste à l’angle Jean Tibéri me salua sans me connaître. Je pouvais être un vrai électeur du 5ème ou bien un faux transféré depuis mon 13ème. Je répondis au compliment du maire tout en souriant à la conjoncture car en face le Muséum d’Histoire naturelle annonçait l’exposition de juin Incroyables cétacés . Les souvenirs marchent à nos côtés. En longeant les grilles deux d’entre eux se signalèrent une flânerie misanthrope dans la roseraie déclinant son latin odorant Pimpinellifolia Cinnamoneae ... et quelques courses à pied dominicales avec Martine et la pharmacienne de la rue Monge jusqu’au sommet du pic à l’altitude invérifiable monticule sombre derrière les serres en direction de la rue Cuvier. Loin presque au bout de Buffon je distinguai le petit drapeau de la République au-dessus de l’entrée de l’école où enseignait autrefois Christian. À une époque d’encore avant Centre-Presse le quotidien de Brive nous avait qualifiés de « trublions aux allures de poètes » nous et les autres jeunes gens du petit groupe poético-interventionniste on dira ça comme ça Braises que Jean-Paul Michel animait. La formule morsure d’un journaliste publiée dans la section des chiens écrasés me paraît aujourd’hui infiniment plus gracieuse qu’alors. Nos dix-huit ans sont loin Christian vit à Bordeaux Jean-Paul Michel aussi fondateur et animateur de William Blake amp Co. Édit. http // editions-william-blake-and-co / et mes soixante ans sont dans l’instant de Barbara à un mètre et de David en train de coudre le dernier fil de sa thèse. Barbara avait mis en scène Don Nadie au théâtre de Vidy-Lausanne voir les chroniques du 16 mai et du 23 mai 2008 . La petite chaise rouge de la pièce est accrochée à l’un des murs juste au-dessus de nos têtes. On n’en a pas encore fini avec cette histoire et avec l’Histoire qui ne se résout pas à descendre des tympans. Barbara « travaille » depuis assez longtemps la parole de Toni Negri et même au plus près avec le philosophe italien. J’ai trouvé cet extrait appartenant à Art et multitude et vous le recopie car ça en vaut la peine « Une fois que nous avons détruit découpé déconstruit le réel il nous reste ce réseau de fils métalliques forts construction humaine pleine de puissance. C’est ici que continue le travail. Nous nous saisissons de ces fils et nous les dédoublons se forment ainsi de nouvelles figures s’imaginent de nouvelles réalités. L’imagination libère. Dans l’horizon de l’être la liberté est supérieure la puissance s’approche de la possibilité. De cette manière on peut entrevoir de nouvelles subjectivités de nouveaux champs d’action de nouvelles synthèses de coopération. » Dans l’horizon de l’être... Nous décidons avec Barbara d’une « suite » à Don nadie en vérité c’est exercer un travail de suite à ce qui est sien mien à tous et appartient aussi aux passés formés déformés reformés. Le dessin tracé pour les mois à venir commence par une reprise de l’exploration de ma mémoire j’enregistrerai quelques-uns de ses pans au magnétophone et elle les transformera en « scènes » si tant est que ce mot convienne bien au théâtre de Barbara. Un ciel d’anisette est soudé à la fenêtre. La chaise conserve son rouge Barbara est en noir et les yeux de Barbara sont la voix qui répète qu’il faudrait la mienne ce qui veut dire concrètement mon corps rien que ça pour porter notre affaire sur les tréteaux. Bon Soudain je me vis en vieil homme comme ceux qui marchent le soir au bord des rivières et que des jeunes gens tirent par la manche en faisant sonner le timbre du monde. Plus tard au Saint-André-des-Arts de la rue Gît-le-Coeur ce serait une vieille dame madame Varda qui m’emporterait d’emblée conquis dans les miroirs de son film Les Plages d’Agnès. Je fus content que cet éloge de la vie par un cinéma frisant à des moments le surréalisme en appelât à la forme du puzzle que j’affectionne tant. Plus tard encore le monde entrerait aussi par la rue des Écoles... Je préfère l’attraper par le square Paul-Langevin à l’intersection avec la rue Monge et la remonter sur le trottoir de gauche. On croise les deux salles du petit Action Écoles puis les vitrines en désordre de L’Harmattan. Par l’échappée de la rue des Carmes sous l’effet de la contre-plongée le Panthéon paraît soulevé. Assez de temps s’est écoulé depuis que je l’ai croisé pour que Jean Tibéri ait rejoint son appartement situé ironie cocasse devant le monument des grands hommes inhumés. Il doit préparer son procès. En changeant de trottoir devant le square Paul-Painlevé j’ai frôlé une chausse du bronze de Montaigne jambes croisées face à l’imposante Sorbonne. J’ai embrassé Christophe le fils de Christian qui tient la section du livre policier à La Compagnie qui est à dix mètres. C’est la librairie la plus ordonnée de Paris et la mieux achalandée en revues de pensée. Au rez-de-chaussée on ouvrait des cartons et à la couleur jaune foncé de la couverture je reconnus une livraison de chez Verdier. Il s’agissait irruption inopinée et amicale de la dernière production de Pierre Bergounioux Une Chambre en Hollande où il est question de Descartes quand il se jette vers le Nord et dans la rédaction du Discours de la méthode . À n’en pas douter le nom de Brive apparaîtrait — il apparaît effectivement —. Quelque présence de Pierre survienne se réaniment en moi les aubes communes dans notre biotope pré-aquitain et aussitôt s’impose l’odeur des tissus dans la boutique de son père que le mien fréquentait pour des palabres d'adultes autour d'anciens combats. Pas très loin mais il faut revenir en arrière et remonter sur la Montagne Sainte-Geneviève une inscription orne la maison de Descartes au 14 de la rue Rollin « Me tenant comme je suis un pied dans un pays et l’autre en un autre je trouve ma condition très heureuse en ce qu’elle est libre. » Lettre à la princesse Elisabeth de Bohême Paris 1648 . La première fois que je la lus je crus en raison de ma situation pouvoir me l’approprier. Les livres s’étaient amoncelés dans les sacs. Je réservais pour mon passage chez Torcatis à Perpignan l’achat du très lourd Amis américains de Bertrand Tavernier dont L’Horloger de Saint-Paul demeure présent malgré le long temps écoulé. J’y trouverais les deux nouvelles formidables quelques pages chacune récemment découvertes de Claude Simon Nord et Archipel . Sur le chemin je lirais d’un trait Dix jours en Espagne d’Elsa Triolet texte de 1937 complété par J’ai perdu mon coeur au Boulou . Ce serait l’occasion de rebondir vers L’Oeuvre poétique d’Aragon dans les volumes VII VIII et IX semés de graines espagnoles parmi lesquelles le voyage qu’évoque Elsa « En bas la France dont on voit la ville frontalière et les lacets de la route en montant la route à une cinquantaine de pas un tournant. Après celui-ci l’Espagne. Aragon court autour du fonctionnaire en colère va à droite va à gauche agite les bras et essaye patiemment de le convaincre. » Il existe sur cette terre une Elsa d’or brun qui sait pourquoi ce prénom lui fut accordé. Barbara m’avait offert l’ouvrage. D’un autre livre devenu cher à son coeur et tout en joie parce qu’elle savait qu’elle allait me surprendre elle avait tiré un dessin original de Music glissé là par son père voir la chronique du 9 mai 2008 Le choc Music . À la Maison de la Radio où m’attendait studio 117 Mariannick productrice à France Culture pour Surpris par la nuit j'avais à réfléchir à comment agissent les lieux sur la mémoire. Telle était au fond la question posée. Pour rendre la réponse il nous avait fallu un peu plus de deux heures dans le grand studio calfeutré. Il n’avait pas été question de la rue des Écoles mais au commencement de trois virages d’une route longeant des terre-pleins parsemés d’oliviers jusqu’à une chapelle entourée de pins. Dès lors ce n’avaient été qu’assauts de l’éblouissante mémoire... En sortant les eaux de la Seine passaient tous feux éteints sous le pont de Beaugrenelle auquel rien ne convient mieux qu’un petit bout de vent. À la semaine prochaine. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 20 février 2009 Paris parenthèse Paris parenthèse 1 J’ai changé de trottoir cette semaine aussi voici un peu de mon Paris rencontré. En ce lundi la pluie est plus belle qu’ailleurs sur les pavés du quai ouest du port de l’Arsenal. Tardi dessine les mêmes reflets compris dans ses adaptations des romans de Léo Mallet. L’impensé de Fabrice y est amarré. La vocation initiale du bateau fut le transport des brebis sur les canaux du Nord. Fabrice a installé à son bord quel nom magnifique n’est-ce pas que L’impensé l’antenne parisienne de son artisanat de lutherie. Deux jeunes femmes du quatuor Ardeo font réviser l’une un violoncelle l’autre un violon. Il est aussi question de tournées et de chômage et quand la violoniste ouvre sa boîte apparaît une vue de Jérusalem depuis le Mont des Oliviers. L’or des dômes a le même éclat que celui qui recouvre le Génie de La Bastille hissé sur sa colonne au-dessus de nos têtes or si souverain qu’il renomme la pluie. Mon amitié avec Fabrice date réellement de la réalisation d’un documentaire de 52’ pour la télévision Des Racines et des notes . J’y découvris la lutherie j’y appris les dynasties de Crémone les Amati les Guarneri les Stradivari les passerelles avec l’art des cathédrales me furent ouvertes je constatai la vitesse du son de l’épicéa et toutes choses qui dans le soir royalement silencieux de l’atelier s’ajoutent et se rabotent s’arrangent et se composent sous des mains en proie à une pensée concentrée dans le halo des lampes pâles. Le hasard ce gentilhomme a aussi apporté Pierre le premier violon du Quatuor Ébène. Il est question de la prochaine tournée aux Etats-Unis des Victoires de la Musique. La pluie frappe au carreau elle troue l’eau du canal. Nous avons un projet ensemble. Il compose j’écris Amati c’est pas un costume/C’est le prénom du chat-luthier/Le chat-luthier dans la lune/À bord de L’Impensé/... Vous écouterez la suite je l’espère nous l’espérons un jour. Plus tard du côté de la place d’Italie Pierre a décrypté à mon intention una bossa nova de sa composition. Elle est destinée à une chanteuse de jazz je dois plaquer des paroles c’est intimidant comme devant toute figure imposée j’aimerais connaître la personne son univers alors j’ai fait mon enquête sur youtube c’est elle pâle et enjoué roseau j’entends sa voix cristalline impeccable mais je ne lui vois que la belle eau de ses yeux eau transparente mais eau de torrent sans cailloux. Aller à sa rencontre lors de sa prochaine tournée en France Il me plairait aussi d’écrire sur l’une des musiques existantes de Pierre et que j’ai à l’oreille ce serait une traversée de Paris où l’on suivrait Akiko. Akiko se laisserait accompagner par le Génie de la Bastille. Akiko est absente. Mais le piano d’Akiko soliste s’est distrait sous les mains de Pierre à décrypter la bossa. Akiko c’est d’emblée trois notes toutes faites trois notes encourageant la répétition sans qu’on se lasse. Pierre et Akiko vont se marier bientôt. Voyez comme le monde peut-être magique quand les rencontres ne se terrent pas dans un désordre fixe Au premier jour où je vis Akiko et son visage tulle je me souvins aussitôt des légèretés et des galets blancs ordonnés des jardins de la villa Katsura à Kyoto. Au premier jour où je l’entendis dans le téléphone je songeai à Atsuko le nom de l’épouse de Pierre Barouh. J’avais rencontré ce dernier je l’ai raconté en détail je crois au bas d’une scène de Cournon la Baie des Singes. Le Pollen est un disque produit par Barouh au Japon et dont le succès a été mince en France. Le Pollen est la chanson-titre avec ces quatre vers uniques Aujourd’hui je suis ce que je suis/Nous sommes qui nous sommes/Et tout ça c’est la somme/Du pollen dont on s’est nourri. En rouvrant la pochette je retrouve un détail que j’avais oublié. La chanson est dédiée à Jean Cormier. Remontent alors à la surface les soirées passées à Sarajevo Jean costaud affectueux Basque jusqu’à la plus petite veine écrivait pour Le Parisien moi pour Le Monde et pour L’Équipe . C’étaient les Jeux Olympiques d’Hiver de 1984 la neige recouvrait les minarets nous parlions fort sur les bords de la Miljacka aux eaux brunâtres qui plus tard traîneraient des cadavres. La pluie fait des claquettes et la vie fait des boucles Barouh introducteur de la bossa nova en France au début des années 60 Pierre avec sa bossa Barouh qui voulait enregistrer un de mes textes il y a dix ans cela ne se fit pas Pierre qui vient de donner une musique à ce même texte... Maintenant il ne me reste plus qu’à sélectionner les pollens destinés à la chanteuse mystère pour vous . Boulevard de l’Hôpital il prend la Seine à Austerlitz et il la remonterait bien jusqu’à Place d’Italie n’était la pente devant La Salpêtrière. À hauteur de Campo-Formio deux ou trois soirs plus tard Raphaël le violoncelle d’Ébène m’a dit « Il faut garder ce que nous avons de République. » L’intonation intimait une majuscule. Le sarkozisme est-il soluble dans la France qui gronde Le violoncelle de Raphaël est un Andrea Guarneri des années 1680 probablement. Une mécène a déposé récemment ce cadeau dans sa hotte et je ne trouve pas les subtilités de langage pour traduire comme il le faudrait l’expression de la sève montée dans ses yeux au moment où je lui ai posé la question de savoir s’il jouait désormais « autrement ». Autrement est un joli mot que Dougier prénom Henry décline depuis trente-trois ans à la tête de sa maison d’édition transdisciplinaire. Nous procédons d’univers totalement différents mais comme nous avons soif du monde autant l’un que l’autre nous nous aimons bien. Henry peut débarquer à tout moment. C’est une chance. L’été dernier il était arrivé à Barcelone pratiquement à l’improviste et nous avions pris la route de la vall de Boí sanctuaire de l’art roman dans les Pyrénées catalanes. Henry était reparti aussi vite qu’il était arrivé. Nous préparons trois livres sur la Catalogne La Catalogne collection « Junior-Histoire » Barcelone collection « Villes en mouvement » Atlas historique de la Catalogne collection « Atlas » . Nous en parlons au 77 de la rue du Faubourg-Saint-Antoine au siège de Autrement avec une partie de l’équipe avec aussi Carles et Marc venus tout exprès de Barcelone. Nous préparons aussi le « retour » sur la scène littéraire de Tinta blava la maison d’édition que je transporte dans mon sac à dos comme il m’arrive de le dire. Ce sera désormais Tinta blava/Autrement premiers titres en février 2010. La rue du Faubourg-Saint-Antoine fut le paradis des barricades dans l’histoire de Paris. J’ai marché des livres collés à la poitrine comme ces jeunes filles qui sortent du lycée. Au bout de la rue m’attendait le Génie de la Bastille. L’Impensé tenait aussi sa place le nez contre le pontage de l’Arsenal. Pierre et Raphaël volaient avec Mathieu et Gabriel vers l’Italie un concert à Venise puis d’autres en Italie Fabrice peignait probablement un archet à Clermont je longerais bientôt la grille du Jardin des Plantes je sonnerais chez Barbara rue Buffon et là nous parlerions de théâtre... Paris est un oxygène. À suivre la semaine prochaine. . Publié dans Non classé 2 commentaires 13 février 2009 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 9 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Dimanche 2 À l’Aliança voir semaine dernière on donnait ce dimanche-là une « sarsuela » Los gavilanes . Public à première vue homogène âgé bonnes coupes visages du quartier aucun immigré. Mais les apparences trahissent une division subtile. La dame catalane a le cheveu platiné le bijou discret et le port affirmé l’homme l’accompagne un quart de pas en arrière cravate dans les tons de celle d’un présentateur des journaux de France 3 Franche-comté. L’Andalou lui a plaqué un soupçon d’or à ses boutons de manchette et à la pince de cravate une sècheresse mate lui fait l’os saillant et la femme l’escorte décolleté italien.Tout un clivage par le style. Un million d’Andalous sont arrivés en Catalogne dans les années cinquante-soixante lorsque le franquisme a engagé l’Espagne sur la voie du développement. Le terme «les autres Catalans» leur est appliqué dans les ouvrages sur l’immigration dans les années soixante-dix un best-seller écrit par Paco Candel l’un des leurs journaliste et écrivain portait ce titre qui fut aussitôt transformé en catégorie sociologique. L’ex-président de la Catalogne Jordi Pujol un nationaliste de droite à l’envergure d’homme d’État avait ensuite construit en fin politique une définition qui sert encore aujourd’hui « Est Catalan toute personne qui réside et travaille en Catalogne. » Cette déclaration n’avait pas été sans conséquences psychologiquement positives sur l’intégration de personnes qui contribuaient à la richesse de la région. Pasqual Maragall socialiste fédéraliste mais imprévisible lui a succédé et le temps de l’accès de l’immigration andalouse au pouvoir a maintenant sonné avec José Montilla l’actuel président socialiste gestionnaire et partisan à mots couverts et dé-soutenus ses discours endormiraient un mort d’une Catalogne différemment catalane. Curieusement le « différemment » ne provoque guère de réactions de fond de la part des nationalistes qui ont perdu le pouvoir. Politiquement anesthésiés ils crient fort de temps en temps avant de retomber pour cause d’absence de vision de rechange dans des teufs teufs de caboteur. Étrange Catalogne politique j’y reviendrai un jour. * Enfant en visite estivale j’avais été marqué par le mouvement demeuré tout en tremblé dans mon souvenir de ces familles voûtées sous le poids des valises en carton entourées d’une ficelle marchant pressées sur les quais de la gare de Francia et dans les jardins de la Ciutadella. Cette émigration massive depuis une autre Espagne a produit tout un pan de culture foisonnant lequel pour parler seulement d’un domaine que je fréquente complique la définition de la littérature catalane. Cette dernière est-elle celle écrite en langue catalane ou bien est-elle celle produite en Catalogne soit en langue catalane soit en langue castillane Il est plus d’un débat parfois surréaliste autour de cette question. Je détache arbitrairement trois représentants parmi les plus fameux de cette âme dont les traces populaires circulent dans les petits bars du quartier d’Horta et du Guinardó où le « fino » est celui de Séville et les petites anguilles celles du Guadalquivir • Juan Marsé l’auteur de Teresa l’après-midi de L’Amant bilingue d’ Un jour je reviendrai ouvrages parmi d’autres en français chez Bourgois est un géant de la littérature. • Miguel Poveda né dans les faubourgs ouvriers de Badalona est un extraordinaire et jeune « cantaor » de flamenco de dimension internationale. En plus des bulerias et autres sevillanas il chante aussi bien les plus grands poètes andalous Albertí etc. que catalans Verdaguer etc et dans chacune des deux langues ce qui lui vaut de vivre un « entre deux » parfois délicat. Se définissant comme Catalan il lui a fallu vaincre des préjugés dans le Sud du « chant profond ». Il y a réussi. Le voici avec Chicuelo Le voici encore chantant a capela images mauvaises mais... • Les frères Muñoz nés dans la banlieue à Cornellà forment Estopa un duo très actuel de pop rock imprégné de rumba catalane cette formidable invention des gitans de Barcelone. Un phénomène mondial. Le 21 novembre 2005 date de la sortie de Voces de Ultrarumba 200 000 exemplaires du disque avaient été écoulés en une journée Écoutons Cuerpo triste . Le site d’Estopa http // estopa / * J’écris au mitan de ce dimanche de février. Sur la Rambla réveillée depuis peu les deux Catalognes doivent probablement déjà cohabiter dans le hall de l’Aliança pour le concert dominical. Ajoutons une troisième Catalogne celle du « melting pot » autour du rond-point épicerie indienne restaurant pakistanais bazar chinois un écrivain hollandais vient de s’installer au premier où je viens de croiser la Catalane et le Japonais du deuxième mariés deux beaux garçons. Je ramenais du kiosque El Punt La Vanguardia El Pais El Periòdico . Ces quatre journaux gonflés de suppléments pèsent réunis trois kilos les petites annonces de La Vanguardia occupent à elles seules 78 pages. J’entends sur leur balcon Pepita parler en catalan et son mari Antonio lui répondre en castillan. Le cuisinier madrilène de La Mar Bella s’échauffe avant sa première paella de 14 heures trente. Ce n’est pas le temps entièrement suspendu des dimanches à la campagne d’un recoin de Lot calcaire mais même les mouettes semblent concernées par le ralenti général. Laissons dormir les mouettes À la semaine prochaine. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 06 février 2009 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 8 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Dimanche 1 Si j’en crois le dictionnaire catalan consultable en ligne Alcover i Moll dont je signale régulièrement l’existence le mot « casino » ou « cassino » désigne « une société d’hommes qui se réunissent pour jouer boire ou pour se livrer à d’autres loisirs moyennant une cotisation périodique fixe. » Le casino de l’Aliança les messieurs de la photo se trouvent dans son hall est un lieu de la Rambla où les hommes mais aussi toute la société du quartier se donnent rendez-vous pour suivre des spectacles ou des cours de danse et pour tenir des réunions amicales. Les concierges élégants lui fine moustache elle dans des mises sûres ont des airs de propriétaires balzaciens en promenade. Tout le quartier les connaît et ils en font usage. Avec un aplomb de colons exerçant leur domination au-delà de leur terre ils ont pris mon tour la semaine dernière dans une boutique. Le casino de l’Aliança est un lieu symbolique. Bon nombre de récitals interdits y furent donnés sous le franquisme avec parfois des manifestations réprimées par la police. Autrefois sur le rond-point en vis-à-vis se tenait une fontaine imposante la fontaine des Trois Grâces dite aussi du Surtidor « le jet d’eau » . Elle fut amenée de la Plaza Reial en 1907 elle y fut ramenée en 1926. Elle trône toujours au centre de ce haut lieu touristique au bas des Ramblas. Pauvre fontaine humiliée Longtemps on y a pissé les soirs d’été sous la couleur des drogues mais depuis deux étés si j’ai bonne mémoire un fourgon de la police autonomique catalane stationne à l’ombre des palmiers. La pollution sonore et les miasmes des rues environnantes suffisent amplement aux habitants de ce quartier. À Poblenou la fontaine coule dans la mémoire des grand-mères. On en voit trace dans le décor intérieur de la boulangerie « el forn » du rond-point nommée « El forn del surtidor » juste en face de l’Aliança. Les biscuits et les gâteaux traditionnels sont excellents mais pour qui a connu la maison Vacher sur la place des Beaux-Arts à Clermont-Ferrand le pain laisse fortement à désirer. Comme partout ailleurs dans la ville on y sert des croissants badigeonnés de sucre et si l’on n’y prend garde comme ils collent aux doigts on suce l’encre du journal qu’on est en train de feuilleter tranquillement le dimanche. C’est probablement pourquoi je n’ai encore croisé aucun auteur catalan qui vante le croissant du dimanche comme le fit Philippe Delerm dans son insupportable La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules . Ce livruscule m’était tombé des mains. La portée de cette littérature de la routine et du fait banal est résumée dans cet aphorisme « Mouiller ses espadrilles c’est connaître l’amère volupté d’un naufrage complet. » Ma rancune est immense et tenace je m’étonne toujours de ce retour de vinaigre. La déroute du pain et du croissant est généralisée à Barcelone. Je viens de visiter en vain la thèse de l’amie Rose Duroux Les Auvergnats de Castille Renaissance et mort au XIXème siècle pour savoir si dans un recoin de sa recherche il était indiqué si les Cantaliens en descendant vers Madrid avaient comme dans la capitale espagnole pris le contrôle absolu de la boulangerie. Il n’y est point question de Barcelone. J’imagine déjà un conte où un Auvergnat nommé Alexandre Pidedome rachète le « forn del surtidor » et allonge des tourtes d’un mètre avec la farine du moulin de Graveyroux près de Saint-Dier 1 et déroule l’or d’une pâte à croissants. Dimanche tel est le titre de cette chronique. Je m’en suis écarté. Enfin pas tant que ça Regardons la photo de Julien prise dans le hall de l’Aliança ce jour-là. Elle se marie au verbe « s’endimancher ». Si le Français dit populairement « se mettre sur son trente-et-un » le Catalan dit « anar de vint-i-un botó » « porter vingt-et-un boutons » . Cédant aux fantaisies du langage je signale concernant les jours de la semaine que « faire le ménage » se dit « fer dissabte » soit « faire samedi ». Nous parlerons la semaine prochaine de ces messieurs portant beau vous vous en souviendrez car nous aurons aussi une image de leurs dames. Cette semaine dans l’émission du mardi de Pascale Casanova sur France Culture Les Mardis littéraires ont été lues quelques douces phrases de Robert Walser sur le dimanche. Ce dernier aimait quand il parvenait à éprouver le même sentiment de creux les autres jours de la semaine Morceaux de prose Éd. Zoé . La phrase de Kafka à sa fiancée Felice Bauer est connue « Le dimanche est un miracle dont je vois la lueur dès le lundi matin au réveil... » Qu’écrire alors que c’est vendredi 1 Parmi les trois documentaires que j’ai réalisés pour la télévision il en est un sur les moulins du Livradois-Forez dont je conserve à l’oreille le bruit des roues à aubes et celui des tamiseuses au-dessus des sacs de farine alignés debouts et promesses de crêpes fabuleuses. À suivre la semaine prochaine. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 30 janvier 2009 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 7 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Sardane André Masson qualifia la sardane d’une phrase magnifique « La musique est comme un chant éclatant d’insectes caniculaires. » La danse collective des Catalans est encore vivante. Il n’est pas de dimanche sans sardane sur la place de la cathédrale à Barcelone et il n’est pas de fête votive sans elle. Il est un endroit où elle vibre de façon particulière c’est à Port-Bou le premier village qu’on trouve après Cerbère juste après avoir franchi la frontière. Là où Walter Benjamin choisit de se suicider. Sur la Rambla de dimension réduite qui conduit à la crique les platanes composent un joli couloir d’ombre et à rester enfermées sous la cloche des frondaisons les notes de la « cobla » l’orchestre roulent sur les bras des danseurs jusqu’au sommet de leurs mains jointes sans se laisser aspirer par le vent de la mer. Je vois encore ma mère entrer dans cette ronde et danser en espadrilles bleues sur le ciment clair... Dans Le Crève-coeur Louis Aragon a donné à l’un des poèmes le nom de Santa Espina . Il s’agit du titre d’une sardane considérée par les Catalans depuis la Guerre civile espagnole comme leur deuxième hymne national après Els Segadors . La Santa Espina fut interdite sous le régime du général Franco. Le poème est de 1940 et pour tout savoir sur les raisons et les circonstances de sa création entrez dans cette page passionnante en français de l’Université allemande de Münster http // uni-muenster.de/LouisAragon/artikel/espina_f.htm En attendant voici le poème de Louis Aragon Je me souviens d'un air qu'on ne pouvait entendre Sans que le coeur battît et le sang fût en feu Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre Et l'on savait enfin pourquoi le ciel est bleu Je me souviens d’un air pareil à l’air du large D’un air pareil au cri des oiseaux migrateurs Un air dont le sanglot semble porter en marge La revanche de sel des mers sur leurs dompteurs Je me souviens d’un air que l’on sifflait dans l’ombre Dans les temps sans soleils ni chevaliers errants Quand l’Espagne pleurait et dans les catacombes Rêvait un peuple pur à la mort des tyrans Il portait dans son nom les épines sacrées Qui font au front d’un dieu ses larmes de couleur Et le chant dans la chair comme une barque ancrée Ravivait sa blessure et rouvrait sa douleur Personne n’eût osé lui donner des paroles À cet air fredonnant tous les mots interdits Univers ravagé d’anciennes véroles Il était ton espoir et tes quatre jeudis Je cherche vainement ses phrases déchirantes Mais la terre n’a plus que des pleurs d'opéra Il manque au souvenir de ses eaux murmurantes L’appel de source en source au soir des ténoras 1 Ô Sainte Épine ô Sainte Épine recommence On t’écoutait debout jadis t’en souviens-tu Qui saurait aujourd’hui renouer ta romance Rendre la voix aux bois chanteurs qui se sont tus Je veux croire qu’il est encore des musiques Au coeur mystérieux du pays que voilà Les muets parleront et les paralytiques Marcheront un beau jour au son de la cobla Et l’on verra tomber du front du Fils de l’Homme La couronne de sang symbole du malheur Et l’Homme chantera tout haut cette fois comme Si la vie était belle et l’aubépine en fleurs. 1 La « tenora » est un instrument de musique à vent de la famille des hautbois. Cet instrument fait partie de la « cobla » l’ensemble de douze musiciens dont le rôle principal est d’accompagner la sardane encore qu’il existe un répertoire joué en concert. Parmi les curiosités de la « cobla » figure la contrebasse à trois cordes et le « flaviol » apparenté à la flûte à bec et au flageolet. Pour les musiciens et les amateurs de musique je signale l’ouvrage de Max Havart publié en 1999 par l’Institut catalan de recherche en Sciences Sociales Université de Perpignan Cobles Sardanes Danses Musiques Catalanes. On peut entendre la « tenora » seule en concert dans cette video ou en « cobla » justement dans une interprétation de la Santa Espina dansée À la semaine prochaine. Publié dans Non classé Un commentaire 23 janvier 2009 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 6 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Mon ballon rouge suite et fin Tenant un petit sac contenant l’équipement nécessaire j’avais franchi la porte d’entrée du stade Le Clère l’âme et le pas querellés par le tiraillement qu’on éprouve lorsqu’on change d’univers. Puis mon père m’avait laissé aux soins d’un homme fluet portant une moustache chaplinesque. Monsieur André Pestourie croisait les modes sans les voir. Il portait un béret. Il donnait le la de la séance d’entraînement dans un costume de couleur anthracite. Le bas du pantalon était serré par des pinces à vélo et ajusté à la hauteur de l’herbe. On pouvait imaginer qu’il sortait d’une gravure des premiers Jeux olympiques modernes. Le jour où nous fîmes connaissance il m’avait fait ranger dans la catégorie des « poussins » en rang sous la tribune bleue. À Brive le rugby faisait pourtant office à la fois de clocher et d’horizon mais le ballon ovale n’avait déclenché aucune sorte d’intérêt chez mes parents Catalans d’Espagne. Les costauds en noir et blanc du Club Athlétique Briviste nous traitaient de « manchots » et de « pousse-cailloux ». Pour eux nous faisions rouler une « gonfle » tandis que eux caressaient « l’olive ». Ils se sentaient consubstantiels au nom de la cité. Pardi Brive-la-Gaillarde Ils nous considéraient donc comme des poules mouillées. Au lycée Cabanis j’avais payé le prix de cet opprobre. Le surveillant général un butor n’en tenait que pour le rugby. Un jour arbitrairement il échangea mes deux heures de colle contre une après-midi d’entraînement avec l’équipe de l’établissement baptisée « Les Muguets de Brive » Il m’avait fait placer au poste de talonneur c’est-à-dire au front de la mêlée à l’endroit où les godasses frôlent le nez et où l’œil distingue parfaitement une fourmi dans l’herbe. Le butor m’avait demandé si on se sentait bien dans « la cage » le mot en dit long Ma première leçon avec Monsieur Pestourie s’était faite sous les platanes de la berge aux côtés d’autres marmots. C’est que nous ne pouvions fouler l’herbe de la pelouse sans avoir au préalable appris à lacer les souliers. Le nœud des lacets devait tomber sur le flanc extérieur de la chaussure moins souvent utilisé que les deux autres faces pour ajuster les passes. Parfaitement dégagés le flanc intérieur et l’empeigne pouvaient alors diriger sans encombre le ballon. Ainsi se forma et se ferma pour plusieurs années le triangle des semaines. Dans notre cuvette placée au déversoir des orages du Massif central je tournais entre le « deux-pièces » de la rue Montaigne l’école de la République et la pelouse du stade Le Clère vert miroir d’un territoire libre parcouru avec une ardeur de poulain de Pompadour. Au bout de deux saisons d’apprentissage nous avions été admis les dimanches de championnat dans un autocar aux fauteuils de skaï de couleur rouge bordeaux qui collait aux cuisses quand la chaleur entrait par les fenêtres. Nous apprenions l’esprit de compétition et en prime nous découvrions la géographie taillée en pièces du département. Mon estomac lui résistait tant bien que mal. Le pire se produisait dans le labyrinthe du Meyssacois et le pire du pire malgré les doses de Notamine avait deux noms Lapleau et Treignac. Nous craignions ces deux endroits. Après la consommation de virages nous entrions sur le pré les jambes molles mais surtout pendant le match des femmes de l’âge de nos mères nous promettaient une déculottée ce qui ajoutait à notre inquiétude de gosses de treize ans. Dans cette guerre de terroirs entre le haut et le bas du département de la Corrèze nous restions année après année quels que fussent les résultats des rencontres les « petits cons » venus d’en bas de la ville-carrefour dotée et insolente ouverte sur le monde civilisé de la blonde Aquitaine. Une infinité de sensations tambourinaient sur nos têtes lorsque par contraste avec le sombre couloir des vestiaires nous apparaissions dans la clarté du terrain de jeu. Ces sensations augmentèrent avec la taille des stades et avec l’âge. L’entrée dans l’arène marquait un temps particulier où l’on ressentait remontant des pieds la différence tranchée entre le ciment et l’humus. L’oreille aussi captait la différence au son des crampons réduits au silence comme s’ils foulaient soudain une laine molle. Lorsque j’entends à la radio « les équipes pénètrent sur la pelouse » je respire à nouveau l’air fulgurant de la sortie du boyau grillagé des tribunes. Les haut-parleurs énonçaient à ce moment-là nos numéros avec nos noms. A la mi-temps on rentrait invariablement au vestiaire sous les deux ondées sonores de réclames publicitaires non subliminales par excellence «Achetez votre Vélosolex chez Beinex en face du Rex » et « Lisez La Montagne le journal qui monte Lisez La Montagne le journal des sportifs ». Une nuit un ballon accompagné d’un oncle que je ne connaissais que par des photographies était entré dans ma vie. Le ballon était rouge il était descendu du train de minuit au milieu de tourons provenant de Barcelone. Pendant que la grappe des adultes se serrait dans la chaleur des retrouvailles j’avais tapé jusqu’à l’aube dans le ballon en cuir rouge contre un mur de la rue Montaigne vaguement éclairée. Du pied gauche. À force je réussis à devenir gaucher comme mon idole Omar Sivori l’italo-argentin de la Juve. L’oncle Pepito avait amené aussi la photographie d’un cousin qui venait de faire une apparition dans l’équipe du Barça ce qui à mes yeux donnait davantage de consistance aux disputes entre mon père et Martin López voir chronique précédente et ce qui aussi me rendait définitivement sensible à ce qui touche le Barça. La pelouse nous donnait l’heure des saisons. Il n’existait rien de plus revigorant que l’herbe neuve de septembre. Elle n’avait pas été foulée pendant deux mois. Le jour des retrouvailles nous posions énergiquement le pied sur son continent nous adoptions des postures de plage allongés sur le dos ou à plat ventre nous effectuions des roulades nous humions la terre. C’était le retour des rêves sur ce bord de la Corrèze. Nous faisions rouler le ballon qui circulait de l’un à l’autre sur l’étendue rasée de frais. Le sevrage estival incitait chacun à le conserver le plus longtemps possible dans ses pieds à jongler. Au bout d’un moment ce n’était pas du goût des copains. Au troisième cri de protestation on avait compris. La verte saison était enfin engagée pour de bon. Sous les platanes encore là la silhouette perdue de Monsieur Pestourie nous recommandait de bien lacer les souliers. J’ai tout ça dans le sac quand je franchis la porte du Camp nou. Traduction en catalan/Traducció en català Aquesta sèrie «una foto/uns mots» que va començar el 5 de desembre del 2008 ha estat feta a la Rambla del Poblenou. “Parla” la Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / i jo m’hi afegeixo. La pilota vermella seguit i final Agafant una bosseta amb tot l'equipament necessari vaig creuar la porta d'entrada de l'estadi Le Clère l'ànima i el pas atacats pel recargolament de panxa que s'experimenta quan es canvia d'univers. Després el meu pare em va deixar a cura d'un home primet que duia un bigoti chaplinesc. El senyor André Pestourie es creuava amb les modes sense veure-les. Portava un barret. Donava el la de la sessió d'entrenament amb un vestit de color antracita. La part baixa del pantaló quedava estrenyida amb pinces de bicicleta i arranada a l'herba. Semblava sortit d'un gravat dels primers Jocs Olímpics moderns. El dia que ens vam conèixer em va fer alinear a la categoria dels « alevins » en renglera sota la graderia blava. A Briva tanmateix el rugbi feia alhora de campanar i d'horitzó però la pilota ovalada no havia provocat cap mena d'interès a casa dels meus pares catalans d'Espanya. Els cepats vestits de negre i blanc del Club Atlètic Brivista ens tractaven de «manxols» i de
« Toca pedres ». Per a ells nosaltres fèiem rodar una « bola tonta» mentre que ells acaronaven «l'oliva». Ells se sentien consubstancials al nom de la ciutat. És clar Brive-la-Gaillarde Ens consideraven gallines mullades. Al liceu Cabanis vaig pagar el preu d'aquest oprobi. Al prefecte un totxo només li agradava el rugbi. Un dia arbitràriament va canviar les meves dues hores de càstig per una tarda d'entrenament amb l'equip de l'establiment batejat «Les Muguets de Brive». Em va fer posar al lloc del taloner és a dir al davant de la melé el lloc on les sabates freguen el nas i l'ull distingeix perfectament una formiga a l'herba. El totxo em va preguntar si m'hi trobava bé a «la gàbia» el mot ho diu tot La meva primera lliçó amb el senyor Pestourie va tenir lloc a sota els plàtans de la vora del riu al costat d'altres marrecs. No podíem trepitjar la gespa sense haver après abans a cordar-nos les sabates. El nus dels cordons havia de caure cap el costat exterior del calçat menys utilitzat que les altres dues bandes per ajustar les passes. Perfectament lliures la banda interior i l'empenya aleshores podien dirigir la pilota sense cap destorb. Així es va formar i es va tancar durant diversos anys el triangle des les setmanes. A la nostre palangana situada al sobreeixidor de les tempestes del Massís Central jo girava entre el «dos-peces» del carrer Montaigne l'escola de la República i la gespa del estadi Le Clère mirall verd d'un territori lliure recorregut amb l'ardor de poltre de Pompadour. Al final de dues temporades d'aprenentatge vam ser admesos els diumenges de campionat en un autocar de seients d'eskay de color vermell bordeus que s'enganxava a les cuixes quan la calor entrava per les finestres. Apreníem l'esperit de competició i primer descobríem la geografia tallada en peces del departament. El meu estómac ho resistia així així. El pitjor es produïa en el laberint del Meyssacois i el pitjor del pitjor malgrat les dosis de Notamine equivalent a la Biodramina tenia dos noms Lapleau i Treignac. Temíem aquests dos indrets. Quan s'acabaven els revolts entràvem al prat amb les cames toves però sobretot durant el partit les dones de l'edat de les nostres mares ens prometien una baixada de pantalons cosa que s'afegia a la nostra inquietud de nanos de tretze anys. En aquesta guerra de territoris entre la banda alta i la baixa del departament de la Corresa nosaltres quedàvem any rere any fossin quins fossin els resultats dels encontres com els «petits capsigranys» arribats de baix de la ciutat-cruïlla dotada i insolent oberta al món civilitzat de la rossa Aquitània. En els nostres caps hi tamborinaven una infinitat de sensacions quan per contrast amb el corredor fosc del vestidors apareixíem a la claredat del terreny de joc. Aquestes sensacions augmentaven amb la talla dels estadis i amb l'edat. L'entrada a l'arena assenyalava un temps particular on se sentia aixecant els peus la diferència marcada entre el ciment i l'humus. L'orella també captava la diferència de so dels tacs reduïts al silenci com si de sobte trepitgéssim una llana tova. Quan a la ràdio sento «els equips entren a la gespa» torno a respirar l'aire fulgurant de la sortida del carrerany enreixat de les graderies. En aquell moment els altaveus anunciaven els nostres números amb els nostres noms. A la mitja part tornàvem invariablement al vestidor sota les dues onades sonores d'anuncis publicitaris no subliminals per excel·lència «Compreu el vostre Vélosolex a can Beinex davant del Rex » i «Llegiu La Montagne el diari que puja Llegiu La Montagne el diari dels esportius » Una nit una pilota acompanyada d'un oncle que només coneixia per les fotografies va entrar a la meva vida. La pilota era vermella havia baixat del tren de mitjanit enmig de turons procedent de Barcelona. Mentre el botim d'adults s'abraçava en la calor de la retrobada vaig colpejar fins l'alba la pilota vermella contra el mur del carrer Montaigne feblement il·luminat. Amb el peu esquerra. A base d'insistir vaig aconseguir ser esquerrà com el meu ídol Omar Sivori l'italo-argentí de la Juve. L'oncle Pepito també va portar una fotografia d'un cosí que acabava de fer una aparició amb l'equip del Barça cosa que als meus ulls donava més consistència a les discussions entre el meu pare i Martín López veure la crònica precedent i també em feia definitivament sensible pel que fa al Barça. La gespa ens mostrava el pas de les estacions. No hi havia res més reconfortant que l'herba nova de setembre. Durant dos mesos no havia estat trepitjada. El dia del retrobament posàvem enèrgicament el peu damunt del seu continent adoptàvem postures de platja estirats panxa enlaire o de boca-terrosa ens rebolcàvem ensumàvem la terra. En aquesta vora de la Corresa retornaven els somnis. Fèiem rodar la pilota que passava de l'un a l'altre damunt l'estesa recent segada. El deslletament estiuenc empenyia cadascú a conservar-la als peus el màxim de temps possible a fer malabarismes. Al cap d'una estona als companys no els agradava. Al tercer crit de queixa quedava entès. L'estació d’herba verda començava de debò. Sota els plàtans que encara romanien allà la silueta perduda del senyor Pestourie ens recomanava cordar-nos bé les sabates. Tot això ho porto a la bossa quan travesso la porta del Camp Nou. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 16 janvier 2009 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 5 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Mon ballon rouge premier épisode Cet homme célèbre un but du Barça dans la salle de télévision du Monopol au 76 de la Rambla une maisonnette à la façade au bleu pâle couleur de base du club centenaire du quartier. Le Barça est un roman. À la maison loin de Barcelone nous lui volions des chapitres. Le meilleur ami de mon père Martin López était un Madrilène échappé d’un train qui filait vers la déportation. Il avait réussi à désolidariser le plancher du wagon et il s’était laissé glisser à pleine vitesse. Cela me faisait frémir car avec les copains de la rue Auguste-Comte nous jouions à nous faire peur en descendant sur le ballast à la sortie du tunnel à un kilomètre de la gare de Brive. Au passage des convois l’air violent rabattait nos paupières et il gonflait nos poches. Mon père avait certainement raconté à Martin López ce à quoi il avait échappé lui qui avait connu l’enfer de Mauthausen. Leur destin séparé formait-il le noeud de cette amitié Celle-ci connaissait cependant une parenthèse les jours de match entre le Real de Madrid et le Football Club Barcelone c’est-à-dire le Barça. Ils écoutaient ensemble la retransmission sur un poste où reposaient des numéros clandestins du Mundo Obrero l’un et l’autre alors à mille lieux du marxisme ambiant. Selon les circonstances ils en arrivaient même à se bouder durant quelques jours. Le 13 décembre dernier « nous » recevions au Camp nou le Real et au deuxième but celui de « notre » victoire définitive j’ai jailli aussi spontanément que le fait cet homme sur la photo de Julien. Celui à qui j’expliquai l’autre jour cette échappée hors de soi me regarda comme si j’étais un demi demeuré qui plus est frappé d’une crise aigue de nationalisme Il ne faut pas avoir honte de son enfance et il n’est pire dédain que celui de ses origines comme l’a écrit je crois Régis Debray. J’avais renoncé à formuler une réplique qui aurait emprunté les chemins de la sociologie du sport et ceux de la dialectique entre le foot et l’identité. Et puis mince J’ai choisi aujourd'hui de parler de mon « ballon rouge » deux mots qui font référence au film d’Albert Lamorisse primé à Cannes en 1956 un cadeau cinématographique fait à Paris et aux enfants de Ménilmontant. 1 * Je me souviens de l’île rectangulaire bordée de lignes de craie blanche entre lesquelles nous courions. Je nous revois sur la pelouse tandis que chacun dans sa cage deux garçonnets attendent vingt autres s’époumonent. Marquer est le désir qui les gouverne ils courent après le grand frisson qui suit le filet fouetté par le ballon avant qu’il ne s’immobilise dans la cage. Le ballon était un soleil dru. Je courais après lui il courait après moi comme « le ballon rouge ». Il m’arrivait la même chose qu’à Prévert mais lui c’était avec la mer « Elle changeait les gens. A peine arrivés ils n’avaient plus la même couleur ni la même façon de parler. » Un jour parce qu’il s’exprimait en français bien mieux qu’elle il appartint à mon père plutôt qu’à ma mère de me conduire à l’endroit où l’Etoile Sportive Briviste tenait jeu. Le stade Le Clère embrassait la Corrèze au but nord et au but sud il tutoyait des villas. Les hauts grillages empêchaient le ballon de tomber dans la rivière ou bien dans les potagers et d’une tribune en métal lourd de Fives-Lille qui faisait vingt-cinq rangs peut-être les spectateurs suivaient le jeu les dimanches. Je n’étais jamais las de courir. Désigné d’emblée à la position d’ailier en raison de ma taille je longeais la touche. Le fin talus de craie écrasée constituait une ligne de vie qui illuminait l’existence morne d’une ville encerclée par une ruralité cachée dans les collines. Un autre plaisir s’épanouit alors dans cet écrin. Il relevait du langage. En raison de ma position en lisière de pelouse j’entendais distinctement les « piaillantes » provenant des spectateurs accoudés à la rambarde. J’en entendais qui étaient encourageantes mais j’en recevais aussi des vertes dans un français fleuri parfois dévergondé dilaté qu’il était par l’adrénaline. Mais tout avait commencé avec ce mot « la soque ». C’était à mes débuts j’apprenais à amortir le ballon de la poitrine À ce moment de l’exposé il me faut énoncer un point d’ordre on ne saisit rien à la subtilité du foot si l’on ne sait pas que ce geste tout de velours emporte l’apprenti dans une dimension nouvelle une fois qu'il l’a maîtrisé. En quoi consiste-t-il C’est quand le ballon vient du ciel et que freiné par un bombement du thorax suivi d’un repli instantané du tronc il descend droit dans les pieds comme un plomb… J’étais en train de me livrer à cet exercice isolé dans un angle du terrain. « Tu la balances la soque ouais » c'était la sommation d’un copain qui réclamait le ballon. La « soque »… Je ne connaissais pas alors ce mot. Je conserve le souvenir d’une piqûre à mon cerveau et le plongeon qu’opéra ce dernier dans le cercle du « o » ouvert en grand par l’inflexion traînarde caractéristique de notre contrée ouvrant sur le Midi. D’instinct il avait enregistré l’oméga de l’occitan version limousine. C’était beau porté par le même accent qui rissolait sur les langues les samedis au marché au-dessus du caquètement des poules enfermées dans les cagettes à claies. « Tu viens à la soque demain » me dit un autre jour le même garçon croisé sur la place Thiers. En réalité je n’entendis jamais plus cette expression après avoir quitté notre cuvette entourée de collines. Plus tard composant un « langage des stades » je me demandai s’il fallait apparenter puisque nous jouions avec les pieds «soque» à «socque» le sabot il s'en fabriquait beaucoup à Brive ou à «socquette». Auquel cas le « soque » du copain devait s’écrire «socque». Et faut-il rappeler qu'en anglais « football » se dit « soccer » Deuxième et dernier épisode du "ballon rouge" la semaine prochaine. 1 Le Ballon rouge TRADUCCIÓ EN CATALÀ Aquest home celebra un gol del Barça a la sala de televisió del Monopol al 76 de la Rambla una caseta de façana blau clar color base del club centenari del barri. El Barça és una novel·la. A casa lluny de Barcelona li vam robar alguns capítols. El millor amic del meu pare Martín López era un madrileny escapat d'un tren que circulava cap a la deportació. Va aconseguir dessoldar el terra del vagó i es va deixar caure en plena velocitat. Això em feia estremir ja que amb els companys del carrer Auguste-Comte jugàvem a espantar-nos baixant al balast a la sortida del túnel a un quilòmetre de l'estació de Briva. Al pas dels combois l'aire violent ens girava les parpelles i ens inflava les butxaques. Es molt probable que el meu pare li hagués explicat al Martín López de què s'havia escapat ell que havia conegut l’infern de Mauthausen. Era el seu destí separat el que formava el nus d'aquella amistat Aquesta només tenia un parèntesi els dies de partit entre el Reial Madrid i el Futbol Club Barcelona és a dir el Barça. Escoltaven la retransmissió en un aparell on hi descansaven números clandestins del Mundo Obrero l'un i l'altre aleshores a anys llum del marxisme ambiental. Segons les circumstàncies fins i tot se'ls acudia empipar-se durant uns quants dies. El passat 13 de desembre «nosaltres» vam rebre al Camp Nou al Reial i al segon gol el de la «nostra» victòria definitiva vaig esclatar tan espontàniament como ho fa aquest home de la foto del Julien. L'altre dia explicant-li a algú aquesta sortida de mi mateix aquest em va mirar como si jo fos curt de gambals i per per si això fos poc va pensar que estava atacat per una crisi aguda de nacionalisme No cal tenir vergonya de la pròpia infància i no hi ha pitjor menyspreu que el dels origens com ha escrit crec Régis Debray. Aquell dia vaig renunciar a formular una rèplica que hauria pres els camins de la sociologia de l'esport i els de la dialèctica entre el futbol i la identitat. Què caram Avui he triat parlar de la meva «pilota vermella» referència a la pel·lícula d'Albert Lamorisse Le Ballon rouge premiat a Cannes el 1956 magnífic regal a París i al infants de Ménilmontant. 1 * Recordo l'illa rectangular vorejada de línies de guix blanc entre les quals corríem. Ens veig damunt la gespa mentre cadascun a la seva gàbia hi ha dos vailets que esperen els altres vint a s'esgargamellen el desig que els governa és marcar corren darrere del gran remoreig que segueix el filet fuetejat per la pilota abans no s'immobilitzi dins la gàbia. La pilota era un sol atapeït. Jo corria al seu darrera ell corria darrera meu com «la pilota vermella». Em passava el mateix que a Prévert però a ell amb el mar «El mar canviava les persones. A penes arribades ja no tenien el mateix color ni la mateixa manera de parlar.» Un dia perquè ell s'expressava millor en francès que no pas ella li va tocar al meu pare més que no pas a la meva mare de portar-me al lloc on jugava l'Etoile Sportive Briviste. L'estadi Le Clère besava la Corresa al gol nord i el gol sud tutejava les torres. Els enreixats alts impedien que la pilota caigués al riu o als horts i els diumenges els espectadors seguien el joc des d'una tribuna de metall pesat de Fives-Lille d'unes potser vint-i-cinc fileres. Jo mai no em cansava de córrer. Designat inmediatament a la posició d'extrem a causa de la meva talla jo vorejava la banda. El fi talús de guix aixafat constituïa una línia de vida que il·luminava l'existència ensopida d'una ciutat envoltada d'una ruralia amagada pels turons. Un altre plaer s'eixamplava aleshores en aquest estoig. Sorgia del llenguatge. Per la meva posició al límit de la gespa sentia clarament les «xiuladisses» procedents dels espectadors recolzats a la barana. En sentia d'encoratjadores però també en rebia de verdes en un francès florit de vegades desvergonyit de tan dilatat com estava per l'adrenalina. Però tot va començar amb aquest mot «la soque ». Va ser quan jo començava estava aprenent a amortir la pilota amb el pit En aquest moment de l'explicació em cal enunciar un punt d'ordre no es pot captar la subtilitat del futbol si no se sap que aquest gest de vellut s'endú l’aprenent a una nova dimensió una vegada es domina. En què consisteix És quan la pilota ve del cel i frenada amb el tòrax bombat seguit d'un doblec instantani del tronc baixa dreta als peus com un plom... M'estava lliurant a aquest exercici aïllat en un angle del terreny. «Redeu envia “la soque” » Era l’ordre d'un company que reclamava la pilota. La «soque»... No coneixia aquest mot. Conservo el record d'una punxada al meu cervell i la capbussada que va operar aquest darrer en el cercle de la «o» ben oberta per la inflexió lenta característica de la nostra contrada oberta cap al Sur. el Midi francès. D'instint havia enregistrat l'omega de l'occità. Era bonic portat pel mateix accent que sofregia a les boques els dissabtes al mercat per damunt del cloqueig de les gallines tancades en petites gàbies de canyís. «Vindràs a la soque demà » em va dir un altre dia el mateix noi que m'havia trobat a la plaça de Thiers. Realment després d'haver marxat de la palangana envoltada de turons mai no havia tornat a sentir aquesta expressió. Més tard component un «llenguatge dels estadis» em preguntava si calia emparentar «soque» a «socquette» 2 ja que jugàvem amb els peus. Si fos així O.K. «soque» s'hauria d'escriure «socque». En anglès «football» es diu «soccer» oi Fins la setmana que vé amb un segon episodi de "la pilota vermella". 1 « Le Ballon rouge » 2 Socquettes significa mitjonets. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 09 janvier 2009 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 4 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. MétéoTrottoirs Me voici de nouveau sur les trottoirs de Barcelone. Depuis le 19 décembre date de la dernière chronique j’ai marché sur ceux de Sète Collioure Brive et Clermont-Ferrand accompagné en permanence par le mauvais temps. À Collioure à l’aller depuis la corniche au-dessus du Racou aux dernières lueurs de je ne sais plus quel jour ce fut une apothéose d’écume concentrée en vagues très courtes milliers de bouches avec un bec de lièvre. Parenthèse juste avant en passant la frontière et d’être donc éloigné de Barcelone d’être donc reposé soudain du bras de fer permanent et si compliqué avec le gouvernement central à propos du financement autonomique j’avais pensé le nationalisme peut-il rendre joyeux Amos Oz dans Imaginer l’autre éditions de l’Aube-France Culture 2008 entretiens avec Clémence Boulouque évoque son nationalisme linguistique. De plus en plus je m’en tiens aussi à celui-là. Naïveté C’est à voir. Au deuxième passage celui du retour une des catalanes colliourencques du port La Fraternité Saint-Pierre reposait sur une joue dans le lit sec du torrent sauvée de la tempête mais lacérée et vrillée. Un peu plus tard on aurait cru que le Canigou pointes érodées par un assaut de nuages indécis voulait ressembler à ces montagnes norvégiennes cernées par les brumes incertaines des fjords. À Barcelone ce lundi soir le ciel était si bas qu’il entrait par les cheminées d’ailleurs le lendemain une fuite d’eau venue du toit empêchait le voisin de voir le troisième but de Lionel Messi devant l’Atletico de Madrid. J'ai pensé très fort au jour où Julien avait pris cette photo au bout de la Rambla.Mais j’en avais vu bien d’autres tous ces jours. Vers Leucate précisément à hauteur de Fitou un nom qui sent le fût de chêne et le surnom qui proviendrait des Corbières la tramontane s’engouffrait dans les balises de vent cornets tendus au dessus de l’autoroute. Aux portes de Béziers sous un vent à peigner les sorcières le canal du Midi avait perdu ses airs de dimanche à la campagne. À Sète ç’avait duré toute une nuit autour du pont Tivoli dont les ferrailles étaient demeurées imperturbables. Vers le viaduc de Millau dans la trouée d’un bois de bouleaux les traces fraîches d’une voiture dans la neige d’un chemin départemental... À cet instant sur le plateau une vache devait meugler sous l’ampoule blafarde d’une étable. Dans le brouillard du Val d’Allier un trésor bondissant venait de la gauche les tourbillons de la Couze Pavin en provenance du Sancy blanc où avec le froid s’arrêtaient probablement de mûrir les Saint-Nectaire. Au col de La Moreno dans la nuit un énorme tuyau de brume parfaitement isolé du reste de l’univers rappelait depuis sa position juste à la frange des sapins que le puy de Dôme juste au dessus provoque souvent des excès météorologiques aussi inattendus que stupéfiants. À Brive-la-Gaillarde Briva Lemovici inferioris caput qu’on se le dise l’hiver c’est toujours la même histoire dans la cuvette en amande tranchée par la Corrèze la nuit tombe avec des perles claires sur le bitume des rues et le jour se lève avec la rosée déposée sur les foies gras du marché. N’était la puissance du souvenir et une maison située au 90 de l’avenue Pompidou un long tuyau urbain sinistre oublié par le maire peut-être fuirait-on pour revenir aux beaux jours. Au cinéma Le Rex j’ai vu Caos calmo . Voici l’affiche C’est une histoire magnifique principalement jouée par Nanni Moretti autour d’un banc. En ouvrant cette chronique je voulais juste signaler cette image pour établir une liaison commode avec celle du 19 décembre où j’évoquais le banc enlevé au 26 de ma Rambla. Mais j’ai été happé par ce MétéoTrottoirs. Amos Oz il m’intéresse parce qu’il place des mots au coeur de la claustrophobie israélienne dit dans le livre que j’ai signalé « Le besoin de raconter c’est le besoin de se relier à autrui et d’atteindre autrui à un niveau qui n’est pas un niveau intellectuel qui n’est pas simplement le niveau des idées mais aussi celui des sentiments. » J’ai reçu il y a quelques jours ce mot presque sans points virgules et majuscules « tu mets des liens entre les gens tu mets des gens entre les liens c'est juste beau donne envie de vivre donne sens à tous ces visages paysages kilomètres parcourus. tout ce temps passé et tant de mots... » En relisant je ne m'étonne pas que M. danse à travers l'Europe tout en portant en elle son Chili. Ce mot précieux pour moi m’a fait penser à cet autre alphabet qu'est la danse art recouvert de points virgules. Mais c'est une autre histoire. À la semaine prochaine. Traducció en català MeteoVoreres Aquesta sèrie «una foto/uns mots» que va començar el 5 de desembre del 2008 ha estat feta a la Rambla del Poblenou. “Parla” la Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / i jo m’hi afegeixo. Ja torno a ser a les voreres de Barcelona. Des del 19 de desembre data de l'última crònica he caminat per les voreres de Sete Cotlliure Briva-la-Gallarda i Clermont-Ferrand acompanyat permanentment pel mal temps. A Cotlliure a l'anada des de la cornisa damunt del Racou a les últimes lluïssors de no sé quin dia va ser una apoteosi d'escuma concentrada en onades molt curtes milers de boques amb un bec de llebre. Parèntesi just abans passant per la frontera i d'estar allunyat de Barcelona d'haver descansat de sobte del braç de ferro permanent i tan complicat amb el govern central pel que fa al finançament autonòmic. Vaig pensar el nacionalisme pot fer feliç Amos Oz a Imaginer l'autre éditions de l’Aube-France Culture 2008 entrevistes amb Clémence Boulouque evoca el seu nacionalisme lingüístic. Cada vegada més m'inclino per aquest. Ingenuitat S'ha de veure. Quan de tornada hi vaig passar per segona vegada una de les catalanes cotlliurenques del port La Fraternité Saint-Pierre descansava amb una galta a la llera seca del torrent salvada de la tempesta però esquinçada i recargolada. Una mica més tard s'hauria pogut creure que el Canigó puntes erosionades per un assalt de núvols indecisos volia semblar-se a aquestes muntanyes noruegues envoltades per les boires incertes dels fiords. A Barcelona dilluns passat a la tarda el cel estava tan baix que entrava per les xemeneies d'altra banda l'endemà una fuita d'aigua que venia de la teulada va impedir al vei veure el tercer gol de Lionel Messi davant l'Atlético de Madrid. Però jo n'havia vist d'altres tots aquests dies. Cap a Leucate concretament a l'alçada de Fitou un nom que sent la bóta d’alzina i el sobrenom procedent de les Corberes la tramuntana s'engolia en les balises de vent paperines tibades damunt de l'autopista. A les portes de Beziers sota un vent per pentinar les bruixes el canal de Midi havia perdut els seus aires de diumenge al camp. A Sete va durar tota una nit al voltant del pont Tivoli del qual les ferralles s'havien mantingut impertorbables. Cap al viaducte de Millau en el forat d’un bosc de bedolls les marques fresques d'un cotxe a la neu d'un camí departamental... En aquell moment a l'altiplà una vaca devia barmolar sota el llum esgrogueït d’una quadra. En la boira del Val d'Allier a l'esquerra venia un tresor botant els remolins de la Couze Pavin que venia del Sancy blanc on amb el fred devien certament parar de madurar els formatges de Saint-Nectaire. Al coll de La Moreno a la nit una enorme canonada de boira perfectament aillada de la resta de l'univers recordava des de la seva posició a la franja dels avets que el puig de Dôme just a sobre sovint provoca excessos metereològics tan inesperats com sorprenents. A Briva-la-Gallarda Briva Lemovici inferioris caput que es digui l'hivern és sempre la mateixa història en la palangana en forma d'ametlla tallada per la Corresa la nit cau amb perles clares sobre l'asfalt dels carrers i el dia comença amb la rosada depositada damunt dels foies gra s del mercat. Si no fos el poder del record i una casa situada al 90 de la avinguda Pompidou un llarg tub urbà sinistre oblidat per l'alcalde potser un fugiria per tornar als bells dies. Al cinema Le Rex he vist Caos calmo . Aquí teniu el cartell Es una història magnífica principalment interpretada per Nanni Moretti al voltant d'un banc. Obrint aquesta crònica volia assenyalar aquesta imatge per establir un lligam amb la del 19 de desembre on evocaba el banc suprimit al 26 de la meva Rambla. Però m’ha enganxat aquest MeteoVoreres. Amos Oz m'interessa perquè posa els mots al cor de la claustrofòbia israeliana diu en el llibre que he esmentat « La necessitat d'explicar és la necessitat de conectar-se a altri i d’assolir altri a un nivell que no és pas un nivell intel·lectual que no és simplement el nivell de les idees sinó també el dels sentiments.» Fa uns dies vaig rebre aquest text sense gairebé punts comes i majúscules «tu estableixes lligams entre les persones tu estableixes les persones entre els lligams es un punt bonic dóna ganes de viure dóna sentit a totes aquestes cares paisatges quilòmetres recorreguts. tot aquest temps passat i tants mots...» Això m'ha fet pensar. Fins la setmana que ve. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 19 décembre 2008 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 3 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Texte en catalan après le texte en français-Text en català més avall. LE BANC DU 26 La photo de Julien Mignot est depuis quinze jours du ressort des archives. Le banc a disparu devant la porte du 26. La mairie l’a enlevé. Il a été échangé contre une terrasse de bar. Une de plus. Ainsi la main de la Barcelone-balnéaire opère. Elle vient nous saluer chaque jour d’un peu plus près bien que nous nous situions à cinq cents bons mètres du rivage. Comme un autre signe adressé au 24 de la Rambla jusqu’à présent occupé par une agence immobilière on tient commerce de glacier. Du tout frais L’inauguration date de jeudi dernier. Depuis en gros cinq ans la main de Barcelone tend un millefeuilles marchand vers l’homo turisticus en vue de combler la panoplie de ses désirs la Ville-Gaudí la Ville-homosexuelle la Ville-multiculturelle la Ville-Méditerranée la Ville-football la Ville-architecture et j’en oublie certainement. Parlons plus on fréquente Barcelone plus on la voit se transformer et sauf à se contenter de constater simplement l’ampleur de l’offre et ses singularités plus la question de la marchandise se pose. Pour bien comprendre ce qu’est une marchandise à notre époque d’hyper consommation on gagne du temps de réflexion à se rendre directement au chapitre célèbre Le caractère fétiche de la marchandise et son secret dans Le Capital de Marx au chapitre 1 de la première section du livre premier. On lira ou on relira La société du spectacle de Guy Debord. Par ailleurs je découvre que « Jean Baudrillard a développé le concept de Marx pour expliquer les sentiments subjectifs qu'éprouve le consommateur envers les biens de consommation » qu’il « s'est intéressé à la mystique culturelle qu'ajoute la publicité sur les produits qu'elle vante et qui encourage le consommateur a les acheter dans l'illusion de s'approprier ses vertus. » Si quelqu’un sait dans quel ouvrage me procurer le ou les textes concernés me les signaler merci *** Cette semaine j’ai traversé la ville en tous sens. On continue de tomber toutes les cinq minutes sur un marteau-piqueur ce complément local à l’abus prononcé des sonorités des bars et des boutiques. On a le sentiment qu’il faudrait au moins six crises pour que cesse l’orgie de travaux. De ce point de vue la place de Lesseps est un poème mieux une saga Si bien que ami e lecteur lectrice t’intéressant au concept d’ « économie informelle » prends ce raccourci comme base de réflexion l’économie souterraine espagnole est insubmersible Et si je dis souvent que la Catalogne c’est l’Espagne sans être l’Espagne de ce point de vue c’est l’Espagne complètement. Fermez le ban . *** Ban pour banc je retourne à celui du 26 que nous savons désormais absent. Ce n’est pas que mon besoin de consolation soit impossible à rassasier 1 car au rond-point situé à vingt mètres il en est huit presque en cercle où se tiennent en dehors des rares jours de pluie les palabres des retraités et des grands-mères celles-ci se montrant les plus volubiles. Quand une poussette approche il faut entendre comme elles montent alors dans les aigus... Je regrette de ne pas connaître un livre sur les bancs qui serait aussi parfait à lire que celui de Georges Haldas sur les cafés La légende des cafés L’Âge d’homme Lausanne 1976 . Le banc comme le café peuvent mettre également en état de poésie et la terrasse est leur plaisant intermédiaire frais comme un Perrier menthe du Wepler. S’il y avait à inscrire quelque part des singularités barcelonaises comme le fait Pierre Nora pour la France dans Les Lieux de mémoire avec le café ou la vigne et le vin le banc serait l’une d’elles. Au moment de donner il y a quelques mois un titre général à cette chronique j’avais songé à Les Bancs de Barcelone . Mais en le traduisant au catalan cela ne me convenait pas. Dans cette langue le même mot désigne « le banc » et « la banque ». *** S’il représente un abrégé de Barcelone le banc partout ne cesse d’être un concentré de souvenirs à l’épaule duquel on passe généralement le bras avec tendresse. • C’est le banc de maman à Collioure sous les platanes quand les vignes descendent vers la baie rencontrent les eaux d’agate et s’aveuglent dans les rouges de Derain aux hanches des catalanes démâtées. Assise maman regardait toujours en face comme si devait apparaître à un moment ou à un autre au bout de la grosse patte schisteuse du cap quelque ombre échappée de derrière la frontière. • C’est le banc de papa toujours à Collioure sous les oliviers au pied du château quand justement il n’y avait plus rien à espérer de derrière la « ligne » quand le regard se perdait vers le clocher magnifique pivoine en pierre rose où se consoler de l’Histoire avec dans ses mains plus jeunes que son corps un épi assemblé présence de femme plus avenir de garçonnets. • C’est le banc d’Hélène à Saillagouse contre la grille du terrain de tennis quand le mince vent cru peignait les herbes hautes devant la gare et s’arrêtait aux genoux nus quand un sein tiède rondelet de treize ans palpitait à vouloir vite finir de naître. Mais le banc peut être aussi celui des accusés. C’est alors une tout autre histoire. Ainsi avais-je été chargé en octobre 1968 de chroniquer le procès de deux tueurs Barany et Marcucci. Comme pour effrayer davantage on ne dit généralement pas les prénoms. C’était le jeudi 3 la nuit venait de tomber alourdissant le cérémonial des assises. Lorsque la double sentence de mort avait été prononcée la salle entière s’était tournée vers le banc des accusés. Je vois encore les gendarmes bondir sur eux ils avaient tué l’un des leurs et j’entends encore le bruit des chaînes dans cet orage de silence. A vingt ans ce fut probablement ma première vraie rencontre avec la mort donc la vie. J’avais passé une partie de la nuit à errer dans les rues jusqu’à un buffet de gare. *** Je te salue feu banc du 26 avec la chanson de Georges Brassens... * Un ami vient de m’offrir comme le fit une amie il y a juste quinze ans le livret de dix pages oeuvre de Stig Dagerman Notre besoin de consolation est impossible à rassasier réimprimé sans interruption depuis 1981 par Actes Sud. C’est un grand classique on me pardonnera donc d’avoir emprunté la formule à l’occasion de mes retrouvailles avec ce texte cela permet aussi d’inciter vivement à sa lecture. Il n’y aura pas de chronique les vendredis 27 décembre et 2 janvier. Bonnes fêtes sur tous les trottoirs du monde Aquesta sèrie «una foto/uns mots» que va començar el 5 de desembre del 2008 ha estat feta a la Rambla del Poblenou. “Parla” la Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / i jo m’hi afegeixo. La foto de Julien Mignot ha passat des de fa quinze dies en el món dels arxius. El banc del davant del número 26 ha desaparegut. L'Ajuntament l'ha tret. L'han canviat per una terrassa de bar. Una més. Per tant actua la mà de la Barcelona-balneari. Cada dia ens saluda d'una mica més a prop tot i que estem situats a cinc-cents metres de la riba. Al número 24 fins ara hi havia una agència immobiliària des d'aquest dijous hi ha una gelateria ben fresca Des de fa aproximadament cinc anys la mà de Barcelona estira una pasta fullada de mercaderies cap a l'homo turisticus amb la idea d'omplir la panòplia dels seus desitjos la Ciutat-Gaudí la Ciutat-homosexual la Ciutat-multicultural la Ciutat-Mediterrània la Ciutat-futbol la Ciutat-arquitectura i segur que me'n oblido d'altres. Com més es sovinteja Barcelona com més transformada se la veu i tret que que es quedi embadalit davant la grandària de l'ofrena més es planteja el fet d’entendre el que és una mercaderia. Per entendre-ho a la nostra època d'hiper consumisme es guanya temps de reflexió si es va al famós capítol El caràcter fetitxe de la mercaderia i el seu secret d' El Capital de Marx capítol 1 de la primera secció del primer llibre. Es llegirà o rellegirà La societat de l'espectacle de Guy Debord text a http //ca.wikisource.org/wiki/La_Societat_de_l%27Espectacle. Descobreixo que «Jean Baudrillard ha desenvolupat el concepte de Marx per explicar els sentiments subjectius que experimenta el consumidor cap els béns de consum» que ell «es va interessar per la mística cultural que afegeix la publicitat en els productes que lloa i que encoratja el consumidor a comprar-los amb la il·lusió d'apropiar-se'n de les virtuts.» Si algú sap a quin llibre de Baudrillard puc trobar les citacions esmentades digueu-m'ho gràcies *** Aquesta setmana he creuat la ciutat en tots els sentits. Se segueix ensopegant cada cinc minuts amb una piconadora aquest complement barceloní de les sonoritats ja exagerades dels bars i de les botigues. Es té el sentiment que com a mínim caldrien sis crisis per parar l'orgia de les obres. Des d'aquest punt de vista la plaça Lesseps és un poema o millor una saga Si tu amic/amiga lector/a t'interesses pel concepte d'«economia informal» pren aquesta drecera com a base de reflexió l'economia soterrada espanyola és insubmergible I si sovint dic que Catalunya és Espanya sense ser Espanya des d'aquest punt de vista és totalment Espanya. Punt i final. *** Torno al banc del número 26 que d'ara en endavant sabem absent. No és que la meva necessitat de consol sigui impossible de recuperar 1 ja que en el giratori situat just a vint metres gairebé n'hi ha vuit de cercle on xerren tret dels escassos dies de pluja els jubilats i les àvies aquestes darreres mostrant-se i de lluny les més loquaces. Quan s'acosta un cotxet de nadó aleshores se sent com s'eleven els seus sons aguts. Lamento no conèixer un llibre sobre els bancs que seria tan perfecte per llegir com el de Georges Haldas sobre els cafès La légende des cafés L'Age d'homme Lausana 1976 . El banc com el cafè poden fer entrar igualment en estat de poesia i la terrassa es el seu agradable entremig fresc com una Perrier menta del Wepler. Si les particularitats barcelonines s'haguessin d'inscriure en alguna banda com Pierre Nora ho va fer per França a Les Lieux de mémoire amb el cafè o la vinya i el vi el banc en seria una. Fa uns mesos en el moment de posar un títol general a aquesta crònica vaig pensar en aquest Els bancs de Barcelona. Però traduït al català no em convenia pas. En aquesta llengua la mateixa paraula serveix per banc per seure i per banc de diners. *** Si és un resum de Barcelona el banc arreu no deixa de ser un concentrat de records per l'espatlla dels quals s'hi passa el braç amb tendresa. · És el banc de la mare a Cotlliure sota els plàtans quan les vinyes baixen cap a la badia retroben les aigües d'àgata i s'enceguen en els rojos de Derain a les barques desarborades. Asseguda la mare mirava sempre al davant com si d'un moment a l'altre hagués d'aparèixer al fons de la llarga pota esquistosa del cap alguna ombra escapada de darrere de la frontera. · Es el banc del pare a Cotlliure sota les oliveres al peu del castell quan justament no hi havia res a esperar ade darrere la «línia» quan la mirada es perdia cap el campanar magnífica peònia de pedra rosa on consolar-se de la Història amb una espiga aplegada a les seves mans més joves que el seu cos presència de dona més futur de noiets. · És el banc d'Hélène a Sallagossa a la reixa del camp de tennis quan el vent lleuger i cru pentinava les herbes altes davant de l'estació i s'aturava als genolls nusos quan un pit tebi rodanxó de tretze anys declarava que volia acabar de néixer aviat. Però el banc també pot ser el dels acusats. Aleshores és una altra mena d’història. L'octubre de 1968 em van encarregar la crònica del judici de dos assasins Barany i Marcucci. Era dijous dia 3 acabava d'instal·lar-se la nit fent encara més pesant el cerimonial del tribunal. Quan es va pronunciar la doble sentència de mort tota la sala es va girar cap als acusats. Encara veig els gendarmes saltar-los-hi al damunt ells n'havien matat un dels seus i encara sento el soroll de les cadenes en la tempesta de silenci. Als vint anys això va ser probablement la meva auténtica primera trobada amb la mort és a dir amb la vida. Vaig passar una part de la nit caminant a l’atzar pels carrers fins a un bar d’estació. *** Et saludo banc difunt del número 26 amb la cançó de Georges Brassens. 1 Un amic acaba d'oferir-me com ho va fer una amiga ara fa quinze anys el llibret de deu pàgines obra d'Stig Dagerman Notre besoin de consolation est impossible à rassassier publicat sense parar des de 1981 per Actes Sud. És un gran clàssic em perdonareu doncs haver manllevat la fórmula amb motiu de la meva retrobada amb aquest text això em permet també de recomanar-ne vivament la lectura Nuestra necesidad de consuelo es insaciable editorial etcétera. El text també es troba a internet http // sindominio.net/oxigeno/archivo/consuelo.pdf Els divendres 27 de desembre i 2 de gener no hi haurà crònica. Bones festes per totes les voreres del món Publié dans Non classé Laisser un commentaire 12 décembre 2008 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 2 Cette série « une photo/des mots » commencée le 5 décembre 2008 est réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Aquesta sèrie «una foto/uns mots» començada el 5 de dezembre del 2008 ha estat feta a la Rambla del Poblenou. “Parla” el Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / i jo m’hi afegeixo. Texte en catalan ci-dessous-Text en català més avall. La bicyclette J’ai en moi le parfum des vélos bleus au fond des cours. On passait des journées à ne rien faire sinon à laisser éclater entre le majeur et l’index la petite poche de graminées des impatiences. Celles-ci formaient des fourrés légers et verts elles poussaient sans relâche au pied des murs lépreux où se logeait toute l’humidité de Brive-la-Gaillarde. Les vélos bleus nous descendaient à la rivière la Corrèze aux barques endormies aux goujons tressaillants et dans l’assemblée des coureurs de plomb rangés sur le sable la bicyclette de Jacques Anquetil éclatait du rouge de La Perle tandis que le cadre violine des Mercier nous parlait de Raymond Poulidor. J’ai été un passager éphémère du Tour de France au temps de Bernard Thévenet et de Luis Ocaña. Se retrouver parmi les suiveurs représente un privilège. C’est s’évader de l’ordinaire. Le suiveur se distrait y compris de lui-même dans le sillage du peloton. Enivré par le ruban chamarré des coureurs il oublie les impôts les devoirs de son fils la concierge et le cholestérol 1 . S’il est l’envoyé spécial d’un journal il écrit le soir à l’usage des absents et des gens des bords des routes qui peuvent se consoler ainsi d’avoir vu passer les champions fugacement. De la bicyclette je pourrais vous parler longtemps. Mais ce serait dédaigner celle de la Rambla on la voit attachée à la laisse d’un réverbère presque en fin de fond d’après-midi selle nue au sec du soleil couchant. Les ombres de son double composent une nature morte ignorée de l’enfant. *** Bicyclette n.f. 1880 de bicycle appareil de locomotion se déplaçant en équilibre à l’intersection des systèmes techniques la roue la chaîne le pneu l’alliage... symboliques la liberté l’enfance l’effort le temps... et sociaux le sport le travail le tourisme l’urbanisme... . *** La littérature sur la bicyclette est abondante. Je peux au moins recommander La bicyclette numéro 5 premier semestre 1998 des Cahiers de médiologie édités chez Gallimard et fondés par Régis Debray. Et le roman vrai Le Roi René de Louis Nucera sur le champion niçois René Vietto à qui quand il roulait on aurait pu ajouter un bol de lait sur le dos tant le torse demeurait en ligne. Tant que j’y suis coureur à pied de légende Émile Zatopek « la locomotive tchèque » est le personnage central du roman de Jean Échenoz Courir qui vient de paraître chez P.O.L. C’est passionnant. Le style est tellement parfait qu’on est pris de lui réclamer de dérailler de temps en temps comme on réclame aux grands champions de se laisser battre par leurs dauphins une fois tous les deux ans afin qu’on les sente plus proches. *** La chanson À bicyclette a été composée par Pierre Barouh que rendit célèbre sa chanson Un homme et une femme écrite avec Francis Lai pour le film du même titre réalisé par Claude Lelouch où on le voit en tant qu’acteur . Un soir au bar de La Baie des Singes une salle de spectacles il m’avait demandé d’où sortait mon prénom. À la fin de mon explication liée à l’histoire de mon père dans les camps des larmes coulaient sur son visage. Il se rappelait avoir été caché enfant en Vendée pendant la guerre. Yves Montand chantait souvent À bicyclette comme ici sur la scène de l’Olympia en 1981 *** 1 J’y pense à cause du mot cholestérol où doit bien être aujourd’hui Paul Robbins journaliste free lance américain nous étions les meilleurs copains sur le circuit de la Coupe du Monde de ski nordique des ciels écrasés de Falun aux soleils endurcis d’Anterselva Un jour nous étions tombés dans les bras l’un de l’autre à Montréal dans la Boutique du Père Noël où j’accompagnais ma petite Elsa. Pur hasard. Il effectuait un aller-retour depuis le Vermont. Sur sa carte de visite on lisait « Paul Robbins free lance writer no cholesterol. » Du Paul pur sucre Je viens de taper son nom sur Wikipedia et j’ai la réponse en date du 28 février 2008 « Internationally renowned ski journalist Paul Robbins was 68 as he died of an apparent heart attack in his home in Weathersfield Vermont USA . Paul Robbins’s wit humor and vast knowledge are legendary. » Oui intelligence humour et compétences anéantis par une crise cardiaque. Un sourire a adouci ma tristesse en retrouvant la bouille de Paul sur le site du Boston Globe http // boston /bostonglobe/obituaries/articles/2008/02/25/paul_robbins_journalist_backer_of_us_ski_team/ Traducció Teresa Artigas La bicicleta Conservo dins meu el perfum de les bicicletes blaves al fons dels patis. Passàvem dies sense fer res tan sols deixant esclatar entre el polze i l'índex la bosseta de llavors de les balsamines. Aquestes formaven fundes lleugeres i verdes pujaven sense repòs al peu dels murs leprosos on s'allotjava tota la humitat de Brive-la-Gaillarde. Les bicicletes blaves ens baixaven al riu el Corresa de barques adormides de gòbits estremidors i en l'assemblea de corredors de plomb arrenglerats a la riba la bicicleta de Jacques Anquetil esclatava de vermell de La Perle mentre que el quadre violeta de les Mercier ens parlava de Raymond Poulidor. He estat un passatger efímer del Tour de France a l'època de Bernard Thévenet i de Luis Ocaña. Trobar-se enmig del seguidors és un privilegi. És evadir-se de l'ordinari. El seguidor es distreu fins i tot d'ell mateix en el deixant del peloton. Embriagat per la cinta guarnida de corredors s'obliden els impostos els deures del fill la portera i el colesterol 1 .Si és l'enviat especial d'un diari escriu al vespre per als que no hi son i per a la gent de les vores de la carretera que així poden consolar-se d'haver vist passar els campions fugaçment. Us en podria parlar llargament de la bicicleta però seria menysprear la de la Rambla es veu lligada a la corretja del fanal gairebé al final del fons de la tarda sella nua al sec del sol de ponent. Les ombres del seu doble componen una natura morta ignorada per l'infant. *** Bicicleta n.f. 1880 de bicicle aparell de locomoció que es desplaça en equilibri per la intersecció dels sistemes tècnics la roda la cadena el pneumàtic l'aliatge... simbòlics la llibertat la infància l'esforç el temps... i socials l'esport la feina el turisme l'urbanisme... . *** La literatura sobre la bicicleta és abundant. Com a mínim puc recomanar La bicyclette número 5 primer semestre del 1998 dels Cahiers de médiologie editats per Gaillimard i fundats per Regis Debray. I la novel·la auténtica Le Roi René de Louis Nucera sobre el campió nicenc René Vietto all qui quan corria se li hauria pogut afegir un bol de llet a l'esquena de tant com el tors es mantenia en línia. I ja que hi sóc corredor a peu de llegenda Émile Zatopek «la locomotora txeca» és el personatge central de la novel·la de Jean Echenoz Courir que acaba de publicar P.O.L. És apassionant. L'estil és tan perfecte que venen ganes de demanar-li que descarrili de tant en tant com es reclama als gran campions de deixar-se apallissar pels seus delfins una vegada cada dos anys per sentir-los més propers. *** La cançó À bicyclette va ser composta per Pierre Barouh que va esdevenir famòs amb la cançó Un homme et une femme escrita amb Francis Lai per a la pel·lícula del mateix títol realitzada per Claude Lelouch on se'l veu d’actor . Una nit al bar de La Baie des Singes una sala d’espectacles em va preguntar per l’origen del meu nom. Quan vaig acabar de donar-li l’explicació que té a veure amb l’història del meu pare als camps les llàgrimes li rodolaven galtes avall. Va recordar que durant la guerra va ser un nen amagat a Vendée. Yves Montand cantava sovint À bicyclette com aquí en el escenari de l’Olympia en el 1981 *** 1 Hi penso a causa de la paraula colesterol on deu ser avui Paul Robbins periodista free lance americà érem els millor companys en el circuit de la Copa del Món d'esquí nòrdic des dels cels esclafats de Falun fins als sols endurits d'Anterselva Un dia ens vam abraçar a Montreal a la Botiga del Pare Noel on acompanyava la meva petita Elsa. Pur atzar. Ell feia un anada-tornada des de Vermont. A la seva tarjeta es llegia «Paul Robbins free lance writer no cholesterol.» Típic del Paul Acabo de picar el seu nom a Wikipedia i en tinc la resposta amb data del 28 de febrer de 2008 « Internationally renowned ski journalist Paul Robbins was 68 as he died of an apparent heart attack in his home in Weathersfield Vermont USA . Paul Robbins’s wit humor and vast knowledge are legendary.» «Reconegut periodista d'esquí internacional Paul Robbins tenia 68 anys quan va morir segons sembla d'un atac de cor a casa seva a Weathersfield Vermont USA . La intel·ligència l'humor i l'extens coneixement de Paul Robbins són llegendaris.» Un somriure ha endolcit la meva tristesa en retrobar la cara de Paul al web del Boston Globe http // boston /bostonglobe/obituaries/articles/2008/02/25/paul_robbins_journalist_backer_of_us_ski_team/ Publié dans Non classé Laisser un commentaire 05 décembre 2008 Une photo/des mots Rambla Poblenou 1 — Una foto/uns mots Rambla Poblenou 1 Aujourd’hui commence la série « une photo/des mots » réalisée sur la Rambla du Poblenou. Parole au Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / je m’ajoute. Texte en catalan ci-dessous-Text en català més avall. Je me tiens à ma fenêtre concentré et orphelin du jour. Totems solitaires les deux tours du port olympique éveillent un souvenir d’efflorescence nocturne en vrilles éclatantes celui des tours de La Défense depuis une fenêtre de Puteaux. Ici aucune irradiation lyrique dans le ciel rien que deux colonnes plutôt absentes. Je tiens moins à ces deux pâles verticales qu’à la maison au col haut avec ses joues serrées six étages de briques soixante centimètres de largeur de couloir quand on monte probablement on peine. Quand je l’observe montent en moi l’une des compositions de la série Les Constructeurs de Fernand Léger et le poème écrit par lui-même ... Nos mains sont les étoiles de notre drapeau Nous avons conquis notre toit le toit de tous Et notre coeur monte et descend dans l’escalier Flamme de mort et fraîcheur de naissance Nous avons construit des maisons ... Les vingt-cinq empans de façade c’était la mesure artisanale au temps des carrioles et des fumées de la Manchester méditerranéenne concentrée dans le quartier. Avant que les dents des bulldozers déchirent l’ancien tissu urbain on suivait la lèvre unique des toits sur des rues entières. Maisonnettes au même visage un seul étage et deux balconnets... Que s’était-il passé au numéro 17 de la Rambla Quelque maçon de Fuengirola avait dû être pris de haussements d’échelle. Au front ont poussé une poutre et sa boucle. La corde hissait les meubles ou descendait les cercueils. On ne voit jamais ni mouette ni perroquet sur le fer scellé. Dans les ombres hétéroclites de la terrasse de la senyora Àngels sèche la machine à laver. Je devine l’oeil de son hublot mais vous Rien ne remue sauf à l’est au bord de mer la grappe de lampadaires. Je me trouvai là-bas au réveil de ces lucioles. Le bourdonnement de vagues était monté d’un ton. Il ne faisait plus jour. À la semaine prochaine. Text en català traducció Teresa Artigas Avui comença la sèrie «una foto/uns mots» feta a la Rambla del Poblenou. “Parla” el Leica de Julien Mignot http //julienmignot.canalblog / i jo m’hi afegeixo. M'estic a la meva finestra concentrat i orfe del dia. Tòtems solitaris les dues torres del port olímpic desperten un record d'eflorescència nocturna en espirals esclatants el de les torres de La Défense des d'una finestra de Puteaux. Aquí cap irradiació lírica al cel tan sols dues columnes més aviat absents. Tinc menys sentiments per aquestes dues pàl·lides verticals que per a la casa del coll alt amb les galtes premudes sis pisos de maons seixanta centímetres d'amplada de corredor quan s'hi puja probablement es pateix. Quan l'observo dins meu pugen composicions de la sèrie Les Constructeurs de Fernand Léger i el poema escrit per ell mateix ... Nos mains sont les étoiles de notre drapeau Nous avons conquis notre toit le toit de tous Et notre coeur monte et descend dans l’escalier Flamme de mort et fraîcheur de naissance Nous avons construit des maisons ... Les nostres mans són les estrelles de la nostra bandera / Nosaltres hem conquistat el nostre sostre el sostre de tots / I el nostre cor puja i baixa per l'escala / Flama de mort i frescor de naixença / Nosaltres hem construït cases. Els vint-i-cinc pams de façana era la mesura artesanal en el temps de les tartanes y de les fumeres de la Manchester del Mediterrani concentrades al barri. Abans que les dents dels bulldozers esquincessin l'antic teixit urbà se seguia l'únic llavi de les teulades en carrers sencers. Casetes amb la mateixa cara un sol pis i dos balconets... Què va passar al número 17 de la Rambla Algun paleta de Fuengirola es devia encongir d'espatlles. Al davant han crescut una biga amb la seva arracada. La corda alçava els mobles o feia baixar els fèretres. Mai no es veu ni gavina ni lloro damunt del ferro precintat. En les ombres heteròclites del terrat de la senyora Àngels s’està assecant la màquina de rentar. Endevino l’ull de la seva portalera i vostès Res no es belluga tret a l'est a la vora de la mar del penjoll de fanals. Jo era allà baix en despertar-se aquestes cuques de llum. El murmuri de les onades havia pujat un to. El dia havia tencat les portes. Fins la setmana vinent. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 28 novembre 2008 Changement — Canvi Depuis le 28 mars 2008 chaque semaine nous marchons ensemble sur Les Trottoirs de Barcelone . Mais voici qu’un manuscrit commencé il y a quelques semaines me tire par la manche et réclame une attention exclusive pour quelques mois. Comme je ne me résous pas à une fermeture momentanée pour travaux ne serait-ce que pour le plaisir d’échanger avec des lecteurs parfois inconnus nous allons marcher à partir de la semaine prochaine avec les photos réalisées par Julien Mignot sur ma chère rambla de Poblenou. En 2004 dans l’esprit de l’exposition Calle 19-La Habana que j’avais imaginée dix années auparavant avec les photographes André Lejarre du collectif Le Bar floréal bar-floreal et Jean-Robert Franco actuelart.fr/spip.php article5 et avec le collectif de créatifs « Nous Travaillons Ensemble » noustravaillonsensemble.fr tous toujours aussi vivants – la visite de leurs sites est stimulante - nous avions engagé Julien et moi un travail d’association photo en noir et blanc + texte bref ou pas. Les photos dormaient et les textes végétaient. Nous réveillerons tout ça à partir de la semaine prochaine en commençant par cette photo. On peut se rendre sur le lieu où Julien s’expose-expose http //julienmignot.canalblog . Donc à la semaine prochaine. Canvi Traducció Teresa Artigas Des del 28 de març de 2008 cada setmana caminem plegats per Les voreres de Barcelona. Però vet-ho aquí que un manuscrit començat fa unes setmanes m'estira la màniga i em reclama una atenció exclusiva durant alguns mesos. Com que no hem decideixo un tancament temporal per obres només pel plaer d'intercanviar amb els lectors de vegades desconeguts a partir de la setmana vinent caminarem per la meva entranyable rambla del Poblenou amb les fotos de Julien Mignot. El 2004 en l'esperit de l'exposició Calle 19-La Habana que vaig idear deu anys abans amb els fotògrafs André Lejarre del col·lectiu Le Bar floréal bar-floreal i Jean-Robert Franco actuelart.fr/spip.php article5 i amb el col·lectiu de creatius « Nous Travaillons Ensemble » «Treballem junts » noustravaillonsensemble.fr tots sempre tan vius – la visita als seus webs és estimulant – Julien i jo vam emprendre una feina d'associació de foto blanc i negre + text. Les fotos dormien i el textos vegetaven. Despertarem tot això a partir de la setmana que ve començant per aquesta foto. Es pot anar al lloc on Julien s'exposa-exposa http //julienmignot.canalblog / . Així doncs fins la setmana que ve. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 21 novembre 2008 Esperanza suites — Esperanza continuacions Suites du sujet de la semaine dernière... 1.- L'amie Martine Silber qui fut la correspondante du Monde à Madrid pendant plusieurs années m'a écrit "Je n'oublierai jamais lors de l'ouverture d'une fosse commune près de Burgos au début des années 2000 en pleine campagne y con un sol de justicia cet homme qui m'en présentant un autre lui a dit " tu peux parler" tant la peur est encore grande... Racontant cela à une amie espagnole et journaliste elle me dit qu'elle-même continuait à parler "codé" sur les sujets "dangereux". Lesquels El sexo y la política ...On n'efface pas si vite la mémoire." 2.- À la télévision publique catalane le mercredi 19 novembre reportage sur les sites où se déroula la bataille de l’Ébre deux cents mille combattants la caméra accompagne des personnes chargées de ramasser les ossements des morts abandonnés depuis 1938 dans le maquis et sur les chemins afin de leur donner une sépulture. 3.- Je me souviens. De Bertrand Poirot-Delpech Le Monde 26 avril 2000 « L’écrivain Jacques Chardonne qui sortit son plus vieux cognac pour les Panzer de 1940 écrit en 1953 au lieutenant Heller l’ancien adjoint littéraire de l’ambassade d’Allemagne à Paris « L’oubli est un des besoins des hommes comme le sommeil » Ben voyons Logique–alibi « Laissons les morts enterrer les morts » m’écrivait contre la tenue du procès Papon un monarco-pétainiste fidèle à...la messe annuelle pour la mort de Louis XVI. » 4.- Le mardi 18 novembre à 20 55 comme chaque soir sur Cuatro chaîne espagnole privée l’éditorial d’Iñaki Gabilondo traduit en français par Enrique Urraca « Le juge Garzon abandonne le procès pénal contre le franquisme Voir chronique de la semaine dernière . L’affaire des disparitions est transférée aux tribunaux territoriaux où sont situées les fosses. Ces tribunaux devront décider quant aux exhumations celles en cours et celles à venir. Garzon abandonne il se retire. Le procureur Zaragoza et l’Audience Nationale ont gagné. « Il est possible que le procureur et l’Audience Nationale aient raison juridiquement comme il est vrai aussi que Garzon est enclin à en faire trop. Mais c’est une amertume de constater que tous les efforts pour réprouver institutionnellement le franquisme s’avèrent infructueux. La rébellion illégale la guerre la dictature sont sorties indemnes de toutes et de chacune des étapes du processus démocratique. « Le reproche se limite à quelque texte timide obtenu au Parlement et accompagné par la résistance obstinée de la droite. Trois fois rien mais toujours les accusations de revanchisme de vengeance et de trahison à l’esprit de la Transition. L’esprit de la Transition n’empêche pas certains de réécrire l’histoire et d’exhumer blanchie la figure de Franco. Et d’injurier à partir de ce passé la démocratie actuelle. « ... Indalecio Prieto Negrín Largo etc. sont fusillés chaque matin dans les medias de la nouvelle CEDA* le national catholicisme rénové. Les mêmes chantent aujourd’hui victoire et se moquent de Garzon avec des rires gras. « Un pays n’a pas de futur s’il ne gère pas bien la mémoire et l’oubli. Et dans l’Espagne actuelle ce n’est pas qu’il y ait trop de mémoire historique c’est qu’il y a trop d’oubli. C’est pourquoi il a pu se produire le fait par exemple que les restes d’Alphonse XIII exilé après la victoire de la République dans les urnes puissent retourner de l’exil en 1980 et être enterrés avec les honneurs à l’Escurial tandis que les restes de Manuel Azaña* président démocratique renversé par un coup militaire poursuivent leur exil à Montauban. » * CEDA Confédération Espagnole des Droites Autonomes parti fondée en 1933 considéré comme l’un des ancêtres de l’actuel Parti Populaire. * Manuel Azaña dernier Président de la République espagnole de 1936 à 1939 mort en exil à Montauban en 1940. 5.- Un décret royal Journal Officiel en date du 18 novembre accorde la nationalité espagnole aux anciens combattants des Brigades internationales tout en leur demandant de jurer obéissance et fidélité au roi. Réponse des associations de brigadistes « Nous étions venus défendre une République. » 6.- Dernière minute El Períodico de ce vendredi 21 novembre. José Luis Rodrigo Zapatero allume un nouvel incendie en prônant publiquement l'oubli il affiche sa satisfaction de ce que "la majorité des Espagnols" ne se souvient plus de ce que représente le 20 novembre date de la mort de Franco . Les partis de l'autre gauche répliquent. Les nostalgiques du franquisme ont été empêchés hier par la Guardia Civil de fleurir la tombe de Franco au Valle de los Caidos. Ils manifesteront ce samedi sur la Plaza Colón de Madrid. Le Chef de la Phalange explique que le Valle de los Caidos doit être "un symbole de réconciliation." À ce mot venant d'un fasciste on... http // elperiodico /default.asp idpublicacio_PK=46 amp idioma=CAS amp idnoticia_PK=563965 amp idseccio_PK=1008 amp h= À la semaine prochaine. Texte en catalan traduction Teresa Artigas. Continuacions del tema de la setmana passada... 1.- L'amiga Martine Silber que fou corresponsal de Le Monde a Madrid durant uns quants anys m'ha escrit "No oblidaré mai en motiu de l'obertura d'una fossa comuna a prop de Burgos a les primeries dels anys 2000 en ple camp y con un sol de justicia aquell home que em va presentar un company seu li va dir "pots parlar" la por és encara tant forta... Li vaig explicar aquest fet a una amiga espnyola i periodista i em va respondre que ella seguia parlant amb "clau" sobre els temes "perillosos". Quins El sexo y la política... La memòria no s'esborra tant de pressa com això." 2.- A la televisió pública catalana el dimecres 19 de novembre reportatge als indrets on es va produir la batalla de l’Ebre dos cents mil combatents la càmera acompanya les persones encarregades d’aplegar els ossos dels morts abandonats des del 1938 en els matolls i pels camins per donar-los-hi sepultura. 3.- Recordo. De Bertrand Poirot-Delpech Le Monde 26 abril del 2000 « L’escriptor Jacques Chardonne que va treure el seu conyac més anyenc per brindar pels Panzers de 1940 el 1953 escriu al lloctinent Heller ex- adjunt literari de l’embaixada d’Alemanya a Paris « L’oblit és una necessitat dels homes el mateix que la son » I tant Lògica-coartada « Deixem que els morts enterrin els morts » m’escrivia en contra de l’organització del judici Papon un monàrquic-petainista fidel a...la missa anual celebrant la mort de Lluís XVI. » 4.- El dimars 18 de novembre a les 20 55 com cada nit a la cadena Cuatro l’éditorial d’Iñaki Gabilondo "El juez Garzón abandona el juicio penal contra el franquismo. La causa de las desapariciones queda en manos de los juzgados territoriales en donde están las fosas. Dichos juzgados habrán de decidir sobre las exhumaciones las que están en curso y las futuras. Garzón lo deja se retira. El fiscal Zaragoza y la Audiencia Nacional ganan. Posiblemente el fiscal y la Audiencia tenían la razón jurídica y es también cierto que Garzón tiende a la sobreactuación. Pero es muy amargo comprobar lo infructuosos que resultan todos los esfuerzos por reprobar institucionalmente al franquismo. La rebelión ilegal la guerra la dictadura han salido ilesas en todos y cada uno de los pasos del proceso democrático. El reproche se limita a algún tímido texto logrado en el Parlamento con la resistencia contumaz de la derecha. Apenas nada y siempre bajo acusaciones de revanchismo venganza traición al espíritu de la transición. El espíritu de la transición no está impidiendo a algunos reescribir la historia y exhumar blanqueada la figura de Franco. Y denostar desde ese pasado la actual democracia. Porque regresar al franquismo será pecado de lesa transición pero Indalecio Prieto Negrín Largo etc. son fusilados cada amanecer en los medios de la nueva CEDA el nacional catolicismo renovado. Esos mismos hoy cantan victoria y se burlan de Garzón con grandes risotadas. Un país no tiene futuro si no administra bien memoria y olvido. Y en la España actual no es que sobre memoria histórica es que sobra olvido. Por eso ha podido ocurrir por ejemplo que los restos de Alfonso XIII exiliado tras la victoria de la República en las urnas pudieran regresar del exilio en 1980 y ser enterrados con honores en el Escorial mientras que los restos de Manuel Azaña presidente democrático derribado por un golpe militar siguen en el exilio de Montauban." 5.- Un decret reial BOE del 18 de novembre atorga la nacionalitat espanyola als antics caombatents de les Brigades internacionals tot i exigint-los de jurar fidelitat i obediència al rei. Resposta de les associacions de brigadistes « Vam venir a defensar una república ». 6.- Ùltima hora llegir http // elperiodico /default.asp idpublicacio_PK=46 amp idioma=CAS amp idnoticia_PK=563965 amp idseccio_PK=1008 amp h= Fins la setmana que vé. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 14 novembre 2008 Esperanza et le centre aéré — L #8217 Esperanza i l #8217 esplai Je ne sais pas qui est très précisément Esperanza auteure de la lettre qui arrive de Galice et que je publie ci-dessous. Il s’agit d’une jeune femme petite-fille d’un républicain disparu durant la guerre d’Espagne. Je sais mieux qui est le récipiendaire de cette lettre Fabien Garrido fils de républicain espagnol installé en France. Inlassablement il diffuse des informations et des documents précieux à ceux qui labourent le champ de l’Histoire contemporaine espagnole. Je publie la lettre d’Esperanza parce qu’elle éclaire admirablement le débat provoqué en Espagne par la décision prise le 16 octobre dernier par le juge Baltazar Garzón d’ouvrir une instruction sur la disparition des 114 266 républicains pendant la guerre civile et les premières années de la dictature franquiste c’est-à-dire entre 1936 et 1952. C’est ainsi qu’il y a deux semaines a été ouverte la première des 19 fosses communes citées dans l’acte du juge. Parmi elles celle près de Grenade où se trouve pense-t-on le cadavre de Federico Garcia Lorca. Mais le 7 novembre la justice espagnole a décidé de bloquer les ouvertures de fosses communes le temps qu’elle se prononce sur le bien fondé juridique de l’enquête de Garzón. La Generalitat gouvernement de Catalogne avait déjà engagé ce travail délicat. Sur l’ensemble de ce sujet on peut lire mon Puzzle catalan la nation fiévreuse Autrement Paris 2007 chapitre La mémoire sous tension page 89 . S’y trouve en incipit ces vers à lumière droite de Claude Roy Chemins croisés 1994-1995 Tous les morts sont morts Mais il y a des morts qui sont plus morts que d’autres ceux dont on ne sait plus s’ils sont morts ou vivants si on ne les voit plus parce qu’ils ne sont plus là ou parce qu’ils sont absents. Le débat espagnol tourne en permanence autour de la question « Faut-il rouvrir les blessures du passé ». Elle est posée en ces termes par les partis de droite en particulier le Parti Populaire qui tout à la fois abrite les anciens franquistes recyclés cache une extrême droite sans parti officiel et est gouverné par la droite dite « moderne » qui justement ne parvient pas à se débarrasser du passé fangeux. Le Parti Socialiste n’est pas l’ange d’un thème qui agite l’Espagne depuis le tournant du siècle son slogan ambigu « Ni vainqueurs ni vaincus » a toujours fait grincer des dents. Cependant la loi dite de « la mémoire historique » votée en 2007 sous sa majorité a enclenché un processus sans lequel le juge Garzón l’homme par qui Pinochet connut son arrestation de 1998 à Londres n’aurait sans doute pas pu s’engouffrer. La droite rappelle qu’en 1977 deux ans après la mort du dictateur avait été votée unanimement une loi d’amnistie excluant les crimes politiques commis avant le 15 décembre 1976*. Ce « pacte du silence » avait permis une transition démocratique avec ulcère à l’estomac. C’était laisser un cadavre dans le placard et empêcher le travail du deuil par toute une société y compris par les bourreaux face à une guerre civile ayant laissé entre cinq cent mille et un million de victimes dans les cimetières et dans des fosses communes jamais ouvertes aux portes de villages et de villes. La lettre d’Esperanza est éloquente de ce qui frémit et qui ne cesse de battre dans la mémoire collective espagnole. Toute cette affaire c’est d’abord le droit d’enterrer les morts enfouis au bord d’une route derrière une oliveraie au hasard du caprice des assassins. Avant de lire Esperanza. Samedi dernier une petite Maria douze ans d’âge est venue tirer ma sonnette. J’ai écouté ébahi « Monsieur vous savez ce que c’est que la guerre civile On peut vous poser des questions Nous demandons aux gens. » C’était l’exercice de la fillette et de ses petits camarades à l’heure du centre aéré. Mémoire collective... * Dans son article publié dans Le Monde 19 oct. 2008 Jean-Jacques Bozonnet écrit « Ce dernier le juge Garzón anticipe l'argument « L'Etat ne peut ni ne doit effacer ses propres crimes ni ceux de ses agents quand ils ont été dirigés contre ses propres citoyens » écrit-il dans son acte judiciaire précisant que « toute loi d'amnistie qui cherche à effacer un crime contre l'humanité qui ne peut être assimilable à un crime ou délit politique sera nulle de plein droit. » Les deux textes ci-dessous sont traduits du castillan par Enrique Urraca Cher Fabien Bien que nous ne nous connaissions pas je sais qui tu es et je connais l’histoire de ton père et je sais aussi combien tu travailles en mémoire de tous ceux qui ont subi des représailles. Tu ne peux pas imaginer l’émotion qui a été la mienne en recevant ton courrier. Nous les fils et les petits-fils de cette génération nous savons mieux que quiconque ce par quoi eux et leurs familles ont dû passer. Nous le savons parce que jamais on ne nous l’a caché même si par peur cela se fit entre les quatre murs des maisons. Jamais la vérité ne nous a été cachée une vérité sanglante et pleine de douleur qui cependant nous a été déposée nette de haine et de vengeance parce que nous nous ne savons pas haïr. Eux si. Ils purent tuer assassiner violer torturer ils purent en finir avec les vies de milliers de personnes mais ce qu’ils n’ont pu et ne pourront jamais défaire c’est notre dignité et celle des victimes. Bien entendu je t’autorise à diffuser l’histoire de mon grand-père auprès de tes amis et je te remercie beaucoup de ton intérêt pour elle. Je reste à ta disposition en cas de besoin de données sur mon grand-père ou sur mon oncle José Casas Otero frère de ma grand’mère qui se trouvait dans le même camion avec mon grand-père mais qui a été criblé de balles avec Juan Alvarez « O Grañeiro » et José Costas Mascato « O Panxón ». Une forte étreinte républicaine depuis O Grove. Esperanza L’histoire de mon grand-père Ricardo Figueiro Pesada « O Chiquitin » La nuit du 29 août 1936 jour de la fête de La Lanzada on le sort de chez lui avec l’excuse qu’ils seraient vite de retour et ils le montent dans un camion en compagnie de Juan Alvarez «Grañeiro» José Costas Mascato « Panxón » et José Casas Otero frère de ma grand-mère Esperanza. Ils les amènent à Xunca Blanca Dena tout près d’ici et là-bas ils les criblent de balles. José Casas José Costas et Juan Alvarez tombent morts assassinés et ils laissent mon grand-père pour mort. Mon grand-père avait fait le mort il avait eu la chance que la balle entre par la nuque et ressorte par la bouche. Quand il avait vu que les assassins s’éloignaient il s’était traîné jusqu’à une maison proche et il avait demandé de l’aide. La maison appartenait à Madame Lola Caamaño une femme très courageuse à qui mon grand-père doit la vie. Elle le cacha à l’arrière de la maison sous une sorte de hangar et elle le couvrit avec les voiles d’un bateau où il demeura durant plusieurs heures. Pendant ce temps les phalangistes et la Garde Civique s’étaient rendus compte qu’il manquait un cadavre ils déduisirent qu’il pouvait être dans cette maison. Madame Lola mit sa vie en danger mais elle évita qu’ils entrent pour le tuer une deuxième fois. Heureusement la nouvelle était parvenue à O Grove qu’il y avait un blessé du village à Dena et deux ou trois personnes d’ici accompagnées d’un médecin l’avaient recueilli chez madame Lola et porté à un hôpital de Pontevedra. Ce fut une question de minutes car en roulant avec la voiture où se trouvait mon grand père moribond ils croisèrent une automobile avec encore plus de phalangistes se déplaçant avec l’intention de le tuer. Ceci est un résumé des événements de cette nuit sanglante et chaque fois que je l’évoque je ne peux retenir mon émotion. Mon grand père mourut en novembre 1985 trop jeune. Il a toujours su qui lui avait tiré dessus et bien sûr aussi qui l’avait emporté de chez lui. Maintenant nous le savons aussi mais par peur il avait mis beaucoup d’années à nous le dire. Jusqu’à ce que commencent les études sur la mémoire Historique et les recherches on nous avait toujours dit qu’ils avaient enlevé mon grand-père par « confusion » avec un cousin mais plus les recherches avancent et plus d’informations nous parviennent plus augmente notre conviction que c’est lui qu’ils venaient chercher et lui n’était qu’un de plus dans liste infinie de « promenés » que les phalangistes tenait au chaud. Esperanza. Texte traduit en catalan par Teresa Artigas. No sé exactament qui és l'Esperanza autora de la carta que arriba de Galícia i que publico aquí sota. Es tracta d'una jove néta d'un republicà desaparegut durant la Guerra d'Espanya. Coneixo millor el receptor d'aquesta carta Fabien Garrido fill de republicà espanyol instal·lat a França. Difon incansablement informacions i documents valuosos per als qui treballen en el camp de la Història contemporània espanyola. Publico la carta de l'Esperanza perquè aclareix admirablement el debat provocat a Espanya per la decisió que el 16 d'octubre va prendre el jutge Baltasar Garzón d'obrir una instrucció sobre la desaparició dels 114.266 republicans durant la Guerra Civil i els primers anys de la dictadura franquista és a dir entre el 1936 i el 1952. És per això que fa dues setmanes es va obrir la primera de les 19 fosses comunes citades en l'acte del jutge. Entre aquestes a prop de Granada hi ha segons es creu el cadàver de Federico García Lorca. El 7 de novembre però la justícia espanyola va decidir paralitzar les obertures de fosses comunes mentre es pronuncia sobre el fonament jurídic de la investigació de Garzón. La Generalitat ja havia endegat aquesta feina delicada. Pel que fa a aquest tema llegiu el meu llibre El puzle català. Crònica francesa d'una descoberta La Magrana Barcelona 2008 el capítol La memòria sota tensió pàg. 101 . Al començament hi ha aquest vers portat per una llum que tira pel dret de Claude Roy Chemins croisés 1994-1995 Tous les morts sont morts Mais il y a des morts qui sont plus morts que d'autres ceux dont on ne sait plus s'ils sont morts ou vivants si on ne les voit plus parce qu'ils ne sont plus là ou parce qu'ils sont absents. Tots els morts són morts Però hi ha morts que són més morts que d'altres aquells que no se sap si són morts o vius si no se'ls veu més perquè no hi són o perquè estan absents. El debat espanyol gira al voltant de la qüestió «Cal obrir les ferides del passat » Així és com ho planteja la dreta en particular el Partit Popular que alhora inclou antics franquistes reciclats i amaga una extrema dreta sense partit oficial i el governa la dreta dita «moderada» que justament no aconsegueix a desfer-se del passat pantanós. El Partit Socialista no és l'àngel d’un tema que remou Espanya des de les primeries del segle el seu eslògan ambigu «Ni vencedors ni vençuts» sempre ha grinyolat. Amb tot la llei anomenada de «la memòria històrica» votada el 2007 amb majoria seva ha desencadenat un procés sense el qual el jutge Garzón l'home pel qual Pinochet va quedar arrestat el 1998 a Londres sens dubte no hauria pogut tirar endavant. La dreta recorda que el 1977 dos anys després de la mort del dictador es va votar per unanimitat una llei d'amnistia excloent els crims polítics comesos abans del 15 de desembre de 1976*. Aquest «pacte de silenci» va permetre la transició democràtica però amb úlcera d'estómac. Amb una guerra civil que ha deixat entre cinc-cents mil i un milió de víctimes als cementiris i a les fosses comunes mai obertes a les portes dels pobles i ciutats era deixar un cadàver a l'armari i impedir el "treball del dol" per part de tota una societat inclosos els botxins. La carta de l'Esperanza és eloqüent pel que fa a tot allò que estremeix i que no deixa de bategar en la memòria col·lectiva. Tot aquest tema és en primera instància el dret d'enterrar els morts que van desaparèixer a la vora d'una carretera darrere d'un olivar a l'atzar i pel caprici dels assassins. Abans de llegir l'Esperanza. Dissabte passat una petita Maria de dotze anys d'edat va venir a trucar el timbre de casa. Vaig sentir sorprès «Senyor vostè sap què és la Guerra Civil » Li podem fer preguntes Ho preguntem a la gent.» Era per a un treball que la petita Maria i els seus companys feien en el marc de l'esplai. Memoria col·lectiva... *En un article publicat a Le Monde 19 oct. 2008 Jean-Jacques Bozonnet escriu «Aquest últim el jutge Garzón anticipa l'argument «L'Estat no pot ni ha d'esborrar els seus propis crims ni els dels seus agents quan han estat dirigits contra els seus propis ciutadans» escriu en la seva acta judicial precisant que «tota llei d'amnistia que busca esborrar un crim contra la humanitat que no pot ser assimilable a un crim o delicte polític serà nul de ple dret.» La carta de l'Esperanza Querido Fabien Aunque no nos conocemos sé quien eres y conozco la historia de tu padre y también sé lo mucho que trabajas por la memoria de todos los represaliados y no te imaginas cuánto me ha emocionado recibir tú correo. Nosotros los hijos y nietos de esa generación sabemos mejor que nadie lo que ellos y sus familias han pasado lo sabemos porque nunca se nos ocultó aunque por miedo fuera dentro de las paredes de las casas. Nunca se nos ocultó la verdad esa verdad sangrienta y llena de dolor pero que se nos entregó limpia de odio y de venganza porque nosotros no sabemos odiar ellos sí. Pudieron matar asesinar violar tortutar pudieron apagar las vidas de miles de personas pero con lo que nunca pudieron ni podrán es con nuestra dignidad y con la de todos ellos. Por supuesto que te autorizo a la difusión de la historia de mi abuelo entre tus compañeros y te agradezco muchísimo tu interés por la misma. Quedo a tú disposición por si necesitas algún dato sobre mi abuelo o mi tío José Casas Otero hermano de mi abuela que iba en el mismo camión que mi abuelo pero al que acribillaron a balazos junto con Juan Alvarez "O Grañeiro" y José Costas Mascato " O Panxón". Otro abrazo republicano desde O Grove Esperanza La historia de mi abuelo Ricardo Figueiro Besada "O Chiquitín" La noche del 29 de agosto de 1936 día de la Fiesta de La Lanzada lo sacan de casa con la disculpa que estaría pronto de regreso y lo meten en un camión junto con Juan Álvarez "Grañeiro" José Costas Mascato "Panxón" y José Casas Otero hermano de mi abuela Esperanza. Los llevan a la Xunca Blanca Dena muy cerca de aquí y allí los acribillan a balazos. José Casas José Costas y Juan Álvarez caen muertos asesinados y a mi abuelo lo dejan por muerto. Mi abuelo se hizo el muerto pero tuvo la suerte que la bala le entró por la nuca y le salió por la boca. Cuando vio que los asesinos se alejaban se desplazó arrastrándose a una casa cercana y pidió ayuda. La casa era de Sra. Lola Caamaño una mujer muy valiente a la que le debe la vida mi abuelo. Ella lo escondió en la parte trasera de la casa en un especie de cobertizo y lo cubrió con las velas de una embarcación y allí permaneció varias horas. Durante este tiempo los falangistas y la Guardia Cívica se dio cuenta que faltaba un cadáver y dedujeron que podía estar en esa casa. Sra. Lola puso su vida en peligro pero evitó que entraran a rematarlo. Por suerte ya había llegado al Grove la noticia de que había un herido del pueblo en Dena y dos o tres personas de aquí junto con un médico lo recogieron en la casa de Sra. Lola y lo llevaron a un hospital de Pontevedra. Fue cuestión de minutos porque cuando iban en el coche con mi abuelo moribundo se cruzaron con otro coche donde iban más falangistas para intentar matarlo. Este es un resumen de lo acontecido aquella noche sangrienta y siempre que escribo o hablo sobre ella no puedo evitar el emocionarme. Mi abuelo falleció en Noviembre de 1985 demasiado joven siempre supo quién fue el que le dio el tiro y por supuesto quien lo sacó de casa. Nosotros ahora también lo sabemos pero por miedo tardó muchos años en decirlo. Hasta que empezaron los estudios sobre la memoria Histórica y las investigaciones siempre habíamos oído que a mi abuelo lo había llevado por "confusión" con un primo pero cuánto más avanzan las investigaciones y más información nos llega cada vez tenemos más seguro que iban a por él y él era uno más de la infinita lista de paseados que tenían preparada los falangistas. Esperanza Publié dans Non classé Un commentaire 07 novembre 2008 La pluie et l’énergie renouvelable — La pluja i l #8217 energia renovable Mercredi 29 octobre... Il pleut depuis hier. C’est une expérience que d’écrire par temps de pluie quand le front ne perle plus sous un climat où pendant des mois il peut ne tomber ni goutte. J’aimerais retrouver mon dossier consacré à la pluie. Le déménagement l’a déclassé. Les annotations qu’il contient excitent ma mémoire instantanément... Les déferlements tombés des toits autour de la cathédrale rigides comme des baguettes de tambour je les entends sur le cahier. Sur la Temuco mouillée de Pablo Neruda et de Gabriela Mistral ma réserve d’évocations est telle que je vois le ciel d’acier tremper la gare en bois. Tampere ses vents siffleurs de pluie oblique m’entrent encore dans l’oreille c’était un matin de juin en sortant de Vapriikki ... *** À ce rythme les lacs de barrage pyrénéens seront probablement gavés en quelques jours. Nous devrions donc être délivrés du tintamarre provoqué cette année par « la guerre de l’eau » voir chronique du 11 avril . Mon amie M. vient d’envoyer un message depuis sa campagne où d’ordinaire le soleil découpe des ombres jusque sous les mottes d’argile sèche à se râper les doigts « Aujourd’hui le jour est gris le ciel est une immense mer blanche épaisse qui semble appuyer sur les têtes. » Je sors sur le balcon c’est exactement ça mieux dit que par mon regard appauvri par le sommeil Les mouettes sont restées au garage la gorge des perroquets marque « pause » il ne reste dans la rue qu’un livreur pakistanais trempé mais imperturbable occupé à conduire sa carriole de bouteilles de butane taches d’orange sur le bitume noir. Plus tard mon ami T. m’a entraîné au café. Il a demandé au hurleur du comptoir de baisser d’un ton. L’Espagne met du sirocco dans le verbe. Même les mots d’amour des mères secouent parfois les poussettes. Certaines rues de Barcelone c’est des boîtes de nuit huit mois sur douze entre 18 00 et 22 00 l’assassinat des milongas. Aussitôt dans le bar orage XXL Le hurleur a invoqué sa liberté en hurlant encore plus fort. Il est peu de jours sans manifestation visible ou souterraine de réactions plus ou moins refoulées aux quarante années de dictature. Il en surgit une dans le discours du hurleur. Quand ce dernier assène « liberté liberté liberté » entendons qu’il est interdit d’interdire. L’exemple vient de haut. Lors de la grande crise dite de « l’incivisme » qui se produisit l’été 2005 les touristes pissaient et déféquaient tranquillement dans Ciutat Vella c’était un joyeux bordel sous les banderoles « On veut dormir » alors le maire de l’époque avait produit cette déclaration ubuesque « Nous avons suffisamment souffert d’interdictions par le passé pour ne pas en infliger nous-mêmes. » Du coup et comme en plus le pays n’est pas encore guéri de la corruption les mafieux comme les petits faiseurs de fric ou d’intégrisme sont plus à l’aise ici qu’ailleurs. Il suffit de lire de temps en temps le journal le numéro 3 de la mafia russe en Espagne possède onze restaurants et bars sur les Ramblas on a pu lire ça dans El País. Un voisin affréteur de bateaux de commerce m’a raconté devant un jambon ce qui se passe au port c’est gratiné. La ville est aussi une base de repli des mafieux italiens. On les arrête parfois comme on passe aussi les menottes à des membres d’Al-Quaida. Ville-polar sous le manteau coloré de la ville-top model Je pourrais en raconter des pleins seaux sur la permissivité locale. Depuis hier soir la pluie mon amie la pluie gendarme la rue. La terrasse du bistrot en dessous n’a pas donné son concert habituel de canettes jusqu’à deux-trois heures du matin. Ce soir calme plat aussi. La pluie est plus efficace que la loi. *** Longtemps j’ai regardé sur TV3 chaîne de télévision publique catalane une émission rieuse intitulée Un pais extrany Un pays étrange où les immigrés racontaient ce qui les étonnait le plus de la Catalogne. Ils auraient dû m’inviter. Je leur aurais raconté la suite de ma journée... J’allume la radio par désoeuvrement. Il est 20 30 commence sur Catalunya Radio société de service public une émission quotidienne intitulée Le Métier de vivre. On me l’avait signalée comme un abus. Je confirme. Remarquez l’ami T. serait content les trois animateurs font messes basses. Mais il élèverait le ton en écoutant la suite d’incantations d’inspiration clairement bouddhiste. Et c’est tous les jours Ce soir les trois prieurs du service public parlent un quart d’heure au lieu d’une demi-heure. Ils ont le temps de nous expliquer que « l’amour c’est une énergie renouvelable... ». Ah bon L’Espanyol de Barcelone joue ce soir à Vigo en Coupe du Roi. Priorité à la retransmission du match La Galice habituellement c’est le pot de chambre de l’Espagne. Pour une fois il n’y pleut pas. Il y a des journées comme celle-là où tout bascule dans le ciel. Le football supplante tout la réelle « victime » de ce soir est Le Café de la République une émission intelligente qui contraste dans le panorama . Je n’écoute pas longtemps. Je suis du Barça. Je n’aime évidemment pas l’Espanyol. Ils jouent mal ils ne gagnent jamais rien qu’on puisse garder en mémoire ils se plaignent tout le temps. À Glasgow on ne demanderait pas à un membre du Celtic de poser un oeil doux sur les Rangers n’est-ce pas Ici c’est pareil Une blague « Juste avant de mourir un socio du Barça réclame qu’on lui achète un carnet de socio de l’Espanyol. La famille est abasourdie. Le fils lui demande « mais que se passe-t-il papa ». Ce dernier répond « ça leur fera un socio de moins ». Avant de fermer le poste j’entends le journaliste réciter des publicités Je n’ose imaginer qu’un journaliste français détenteur de la carte professionnelle vanter Conforama ou La Redoute à l’antenne. Ici pas de barrière entre « l’information » et « le commercial ». Éthique-tac Il est 21 00 et le sommeil commence déjà à me tomber dessus. Il pleut sur Barcelone très fort il pleut même sous les parapluies j’écoute Barbara chanter Il pleut sur Nantes Plus tard une insomnie. On est déjà le 30 octobre. Je regarde Melinda Melinda de Woody Allen. Premier plan la pluie battante rebondit sur le store de la terrasse d’une brasserie new yorkaise Aurai-je un jour le temps de vous parler de Vicky Cristina Barcelona À la semaine prochaine. Text en català traducció Teresa Artigas Dimecres 29 d'octubre... Des d'ahir plou. En temps de pluja és tota una experiència escriure quan al front ja no queda perlat en un clima en què pot no haver caigut ni una sola gota durant mesos. M'agradaria trobar el meu dossier dedicat a la pluja. La mudança l'ha desclassificat. Les anotacions que conté revifen la meva memòria instantàniament... Damunt del quadern sento els esberlaments caient de les teulades al voltant de la catedral rígides com baquetes de tambor. Sobre la Tamuco mullada de Pablo Neruda i de Gabriela Mistral la meva reserva d'evocacions és tal que veig com el cel d'acer mulla l'estació de fusta. Tampere els seus vents xiuladissos de pluja obliqua encara m'entren a l'orella era un matí de juny sortint de Varpriikki... *** A aquest ritme els envasaments pirinencs probablement estaran empapussats en uns quants dies.Haurien d'alliberar-nos de l'enrenou que aquest any ha provocat «la guerra de l'aigua» vegeu la crònica del 11 d'abril . La meva amiga M. acaba d'enviar-me un missatge des del camp on habitualment el sol esquartera les ombres fins a sota els terrossos d'argila tan secs que esgarrapen els dits « Avui el dia és gris el cel és un immens mar blanc i gris espès que sembla pressionar els caps. » Surto al balcó és exactament això més ben dit que per la meva mirada empobrida per la son Les gavines s'han quedat al garatge la gola dels lloros marca «pausa» al carrer només hi queda un repartidor paquistanès xop però impertorbable traginant el seu carretó d'ampolles de butà taques taronges damunt de l'asfalt negre. Més tard el meu amic T. m'ha arrossegat cap al cafè. Ha demanat a l'udolador del taulell que baixés un to. Espanya impregna el verb de xaloc. Fins i tot les paraules d'amor de les mares de vegades sacsegen els cotxets. Entre les 18 00 i les 22 00 h alguns carrers de Barcelona són sales de festa vuit mesos sobre dotze l'assassinat de les milongas. De seguida al bar tempesta XXL. L'udolador ha invocat la seva llibertat encara més fort. Hi ha pocs dies sense manifestació visible o soterrada de reaccions més o menys contingudes lligades als quaranta anys de dictadura. En sorgeix una en el discurs de l'udolador. Quan aquest darrer llança un «llibertat llibertat llibertat» hem d’entendre que està prohibit prohibir. L'exemple ve de dalt de la societat. L'estiu de 2005 quan es va produir la gran crisi anomenada de «l'incivisme» els turistes pixaven i cagaven tranquil·lament als carrers de Ciutat Vella era com un terrabastall joiós sota les pancartes de «Volem dormir» aleshores l'alcalde de l'època va fer aquesta declaració ubuesca «Ja vam patir prou prohibicions en el passat perquè ara les hàgim d'infligir nosaltres.» De sobte i com a més a més el país encara no està curat de la corrupció aquí tant els mafiosos com els carteristes o l'integrisme estan més còmodes que enlloc. Només cal llegir de tant en tant el diari el número 3 de la màfia russa a Espanya és propietari d'onze restaurants i bars a la Rambla això s'ha pogut llegir a El País. Un veí noliejador de vaixells de comerç m'ha explicat davant d'un pernil el que passa al port algo molt fort. La ciutat també és una base de replegament de mafiosos italians. De vegades els detenen com també posen les manilles a membres d'Al-Quaida. Ciutat-novela negra sota l'abric acolorit de la ciutat-top-model Podria explicar un munt de coses sobre la permissivitat local. Des d'ahir al vespre la pluja la meva amiga pluja patrulla pel carrer. La terrassa del cafè de sota no ha ofert el seu concert habitual de gerres de cervesa fins a les tres de la matinada. Aquest vespre també calma absoluta. La pluja és més eficaç que la llei. *** Durant una època vaig mirar a TV3 la cadena de televisió pública catalana un programa divertit titulat Un país estrany en el que els immigrants explicaven el que més els sorprenia de Catalunya. M'haurien d'haver convidat. Els hauria explicat com va seguir la meva jornada... Encenc la ràdio per indolència. Són les 20 30 a Catalunya Ràdio empresa de servei públic comença un programa diari titulat L'ofici de viure . Me l'havien descrit com un abús. Ho confirmo. L'amic T. estaria content els tres animadors fan misses resades. Però elevaria el to si escoltés el seguit d'indicacions d'inspiració clarament budista. I això cada dia Aquest vespre els tres predicadors del servei públic parlen un quart d'hora en comptes de mitja hora Tenen temps d'explicar-nos que «l'amor és una energia renovable...» Ah bé Aquest vespre l'Espanyol de Barcelona juga la Copa del Rei a Vigo. Prioritat per a la retransmissió del partit Habitualment Galícia és l'orinal d'Espanya. Per una vegada no plou. Hi ha dies com aquest en què al cel tot es capgira. El futbol ho substitueix tot la «víctima» real d'aquest vespre és El cafè de la república una emissió intel·ligent que sobresurt dins del panorama habitual . No l'escolto gaire estona. Sóc del Barça. Evidentment no m'agrada l'Espanyol. Juguen malament mai guanyen res que es pugui guardar en la memòria sempre es queixen. A Glasgow no es podria demanar a un membre del Celtic que es mirés els Rangers amb tendresa oi Aquí és semblant Un acudit «Just abans de morir un soci del Barça demana que li comprin un carnet de soci de l'Espanyol. La família està estupefacte. El fill li pregunta «però què passa pare ». Aquest últim respon «això els suposarà un soci de menys ». Abans d'apagar la ràdio sento el periodista recitant anuncis No puc imaginar un periodista francès posseïdor d'un carnet professional lloar Conforama o La Redoute per antena. Aquí no hi ha barrera entre «la informació» i «la publicitat». Ètica-tac Són les 21 00 i la son ja se'm comença a apoderar. Plou sobre Barcelona molt fort fins i tot plou sota els paraigües escolto la Barbara cantar Il pleut sur Nantes Plou sobre Nantes Més tard insomni. Ja som a 30 d'octubre. Miro Melinda Melinda de Woody Allen. Primer pla el xàfec rebota damunt el tendall de la terrassa d'una braseria novaiorquesa Tindré temps algun dia de parlar-vos de Vicky Cristina Barcelona Fins la setmana que ve. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 01 novembre 2008 1er novembre — 1 de novembre Cimetière du Poblenou matin du 1er novembre 2008. Cementeri del Poblenou matí del 1 de novembre 2008. Le Baiser de la mort/El petó de la mort sculpture de Jaume Barba 1930 Publié dans Non classé Laisser un commentaire 31 octobre 2008 Si le vent vient du Nord #8230 — Si el vent vé del Nord #8230 Je viens d’honorer un rendez-vous avec le lactaire délicieux. Ce champignon est aux papilles du Catalan ce que le bolet de Bordeaux est au palais du Corrézien. Mais comme en Catalogne on exagère beaucoup les choses la télévision va jusqu’à proposer chaque semaine à la saison une émission hebdomadaire intitulée Els caçadors de bolets Les Chasseurs de champignons ce que je n’imagine pas à FR3 Limousin. Le prix au kilo des premiers lactaires est à deux chiffres élevés et au comptoir des cafés comme aux caisses des supermarchés on entend des « j’y vais demain » dont on saisit immédiatement le motif. Comme la gestion immédiate de la pénurie et la satisfaction tout aussi immédiate des frustrations est l’apanage de nos temps modernes quand surviennent des automnes aphasiques Mercabarna le Rungis barcelonais reçoit des tonnes de lactaires en provenance des pays de l’Est. La folie est telle que personne ne leur soulève les jupes pour leur voir les lamelles plus pâles que celles du végétal autochtone. Toujours dans le sens du pire dans cette partie de l’Europe où les OGM et les pires pesticides valsent dans un azur général permissif le boutiquier ne craint pas de pratiquer l’omission d’origine. Vue de la campagne profonde le transformation d’un rite séculaire en névrose provoque de l’ironie détachée mais quand même aussi de l’irritation quand les « pixapins » les « pisse-pins » autrement dit les Barcelonais envahissent les sous-bois. Je me souviens que c’était un peu pareil en Haute-Corrèze du côté de Lapleau jusqu’à ce qu’on légifère l’économie de cueillette champignons et petits fruits . Puisque je n’échappe pas à l’évocation de mes collines originelles là-bas le lactaire sortait la tête sous les pins mais les ramasseurs lui manifestaient le même égard que pour un voisin qui emmerde. Hop Un coup de tatane. Moi ça me faisait bien un tout petit peu mal Papa racontait que c’était succulent cuit au grill et même plus que ça incomparable Malheureusement il ne pouvait pas courir les bois un chien-loup nazi ça vous casse les pattes pour toujours. Enfin pour la petite histoire les Corréziens les appelaient des catalans et non pas des lactaires. C’était une deuxième raison pour que ce dédain mycologique m’écorchât légèrement. Plus âgé ç’avait été pour moi une sorte de réhabilitation du lactarius deliciosus que de lire dans Forêt voisine de Genevoix « ... pour peu qu’une tiède averse ait filtré sous l’aiguillée les champignons soulèvent leur chapeau. Le lactaire délicieux laisse couler son sang ... » Je l’avais relu plusieurs fois avec satisfaction et finalement notée dans un carnet. *** J’en viens à mon rendez-vous récent avec les chapeaux oranges à lamelles et leurs reflets incomparables de verts qui sont de ceux qui s’abandonnent dans les cuivres verts des bassines à confiture une fois qu’elles sont délaissées par le chiffon et le Miror « Il n’y a pas mieux que ça pour les nettoyer me dit en riant ma chère Yvette au téléphone depuis Saint-Maurice loin des trottoirs de Barcelone. Les trucs de vieux on ne fait pas mieux » Rien n’eût été possible sans l’oncle Albert. Je ne suis pas assez sot pour entrer dans les bois sans un maître de même qu’il me paraît pertinent de me lancer sur les pistes de Bessans avec les skis de fond accompagné de l’ami Pierre qui en connaît tous les pleins et tous les déliés. Albert donc. Albert est comme on dit ici un "boletaire" et je crois que ça se passe de traduction. Un vrai de vrai il ne part pas dans les bois à sept heures de crainte qu’on lui passe devant. Adoué à la nature et au grand écrin sauvage des montagnes de Rojals il file droit vers le bon ubac comme vers le bon adret. Il tient les clés de ses forêts. Il m’avait promis depuis longtemps de m’en ouvrir les portes. Sacredieu ses parcours éliminent toute concurrence éventuelle Entre deux traversées de broussailles dans les pentes torturées au fond d’abîmes d’où un mât de cent mètres n’atteindrait pas le premier ciel j’avais la réponse à mon étonnement de notre heure de départ vers le mitan du jour. Seuls les sangliers étaient passés avant nous. D’un abus de langage je viens d’écrire que l’oncle file droit alors que c’est tout le contraire. Ce ne furent que jeux d’obliques avec les courbes de niveau. D’abord partis depuis Montblanc nous avions abandonné les murailles de la ville. La camionnette blanche ne révélait rien de nos intentions malgré ses amples ouvertures de vitres en regardant la bâche recouvrant paniers et ustensiles je finissais de savoir que le "boletaire" trempé d’expérience est voué à la discrétion comme le moine à la prière. Le "boletaire "est une ombre qui cavale sans crainte jusqu’au plus épais au plus sombre et jusqu’au plus décisionnaire pour sa récolte. Ce n’est pas que nous ayons rempli jusqu’au bord les paniers de lactaires et de charbonniers mais j’en avais bien assez pour rejoindre Papa suggérant le goût qui lui était resté soudé. En fait j’avais été prévenu que nous effectuerions une opération de reconnaissance dans l’attente de « la tiède averse » de Genevoix. Or la pluie dort depuis des mois Elle s'est réveillée il y a deux jours Quand le vent se leva au bord d’un a-pic l’oncle Albert lâcha une prévision « Si vient le vent du nord ça ne sera pas encore des grands jours pour les champignons. C’est le pire qui peut se passer ». En passant à hauteur de Rojalons l’oncle Albert avait émis un « Rojalons set cases i vuit forns » « Rojalons sept maisons et huit fours » très joli à entendre. Comme une marguerite à notre conversation sur des essieux bondissants. Rojals Rojalons la branche maternelle de ma mère a poussé parmi ces noms ajourés de la prononciation marquée du « s ». Après trois heures de marche sous le jour qui tombait sur les chênes-verts courtauds et sur les grottes nous avons frotté le pain à la tomate bu le vin de sa vigne les pommes de son verger les noisettes et les amandes de son petit mas la masia que sa femme Antònia a peinte il y a quelques semaines pour moi au petit nord de la montagne penchée sur Vilaverd versant serti de souvenirs avec aussi à trois rangées d’oliviers le poirier de La Pointe chez Pau et Maria Dolors au bout du chemin rouge. J’ai passé tout le chahut du relief dans le sillage de l’oncle. Ça rassurait sous les lèvres fendues de rochers galetés et dans la végétation déchiquetée par les sangliers. À Paris sa fille Marta était peut-être en train de composer un poème comme celui qui lui avait valu un prix Cirrus d’ovella/el matalasser adoba/llits per l’insomni Cirrus des moutons/Le matelassier tanne/les lits pour l’insomnie . À Barcelone son autre fille Ester était certainement en train d’enseigner les beaux-arts comme elle le fait avec sa mère. Je viens de relire mon texte. Il gagnerait à être arrosé d’un mince filet d’huile de l’huile des olives de la masia bien sûr. Les mots j’en suis sûr frémiraient sous les gouttes d’un pareil ambre. Comme le sel en train de fondre dans la pellicule... *** Je n’ai pas parlé cuisine. Juste dire à ceux qui voudraient s’aventurer chez Régis Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid en Haute-Loire grand cuisinier des champignons qu’on peut déguster ceci le poupeton de girolles Cantharellus cibarius aux queues d’écrevisses sabayon au goût grillé l’omble chevalier étuvé aux mousserons Marasmius oreades association artichauds et amandes le couci-couça d’agneau de Saugues au praliné de cèpes fricot de légumes. C’est encore meilleur que ne le suggère la carte. À la semaine prochaine. T ext en català traducció Teresa Artigas -Fotos de l'autor en el text francès Acabo d'honorar una trobada amb el rovelló. Aquest bolet és a les papil·les del català el que el cep de Bordeus és al paladar del corresià. Però com que a Catalunya les coses s'exageren molt durant la temporada la televisió fins i tot proposa cada setmana un programa titulat Caçadors de bolets cosa que no imagino a FR3 Limousin. El preu del quilo dels primers rovellons és de a dues xifres altes i al taulell dels cafès així com a les caixes dels supermercats se sent algun « Demà hi vaig» del que immediatament s'entén el motiu. Com la gestió immediata de la penúria i la satisfacció també immediata de les frustracions es patrimoni dels nostres temps moderns quan de sobte arriben tardors afàsiques Mercabarna el Rungis barceloní rep tones de rovellons procedents dels països de l'Est. La bogeria és tal que ningú no els aixeca les faldilles per veure les làmines més pàl·lides que les del vegetal autòcton. Encara més en aquesta banda d'Europa on els OGM i els pitjors pesticides dansen en un atzur permissiu general el botiguer no te por de practicar l'omissió de l'origen. Vist des del camp profund la transformació d'un ritual secular en neurosi provoca ironia distant però també causa irritació quan els pixa-pins és a dir els barcelonins envaeixen el sotabosc. Recordo que a l'Alta Corresa a la banda de Lapleau passava una cosa semblant fins al punt que es va legislar la collita bolets i fruits del bosc . Ja que no m'escapo del record dels meus turons originaris allà baix el rovelló treia el cap sota els pins però els collidors li feien el mateix cas que a un veí emprenyador. Hopa Una puntada de peu. A mi això em feia una mica de mal el pare explicava que fet a la brasa era suculent encara més incomparable Per desgràcia ell no podia córrer pel bosc un gos-llop nazi et trenca les cames per sempre. Finalment per a la història petita els corresians els anomenaven catalans i no rovellons. Aquesta era una segona raó del perquè aquest menyspreu micològic em feria lleument. De més gran va ser una mena de rehabilitació del lactarius delicIosus quan vaig llegir a Bosc veí de Genevoix « ... per poc que un xàfec tebi s'hagi filtrat sota la pinassa els bolets aixequen barret. El lactari deliciós deixa rajar la seva sang ... » El vaig rellegir diverses vegades amb satisfacció i finalment ho vaig anotar en un quadern. *** Vaig dret a la meva cita recent amb els barrets taronges de làmines i els seus reflexos de verds incomparables d'aquells que s'abandonen als coures verds dels gibrells de confitura quan deixen de ser mimats pel drap i el Miror* «No hi ha res millor per netejar-los em diu rient al telèfon la meva estimada Yvette des de Saint-Maurice lluny de les voreres de Barcelona. Els vells trucs són els millors » Res no hauria estat possible sense l'oncle Albert. No sóc prou beneït com per anar a un bosc sense un mestre de la mateixa manera que em sembla adient llançar-me a les pistes de Bessans amb els esquís de fons acompanyat per l'amic Pierre que coneix totes les espessors i totes les primeses del lloc. Així doncs l'Albert és com diuen aquí un boletaire i crec que no cal traducció. Un bo de debò no dels que va al bosc a les set del matí per por que algú li passi al davant. Aparellat amb la natura i amb el gran guardajoies format per les muntanyes de Rojals enfila dret tant cap al bon obac com cap a la bona solana. Té la clau dels boscos. Feia molt temps que m'havia promès que me n'obriria les portes. Per Déu els seus recorreguts eliminen qualsevol competència eventual Entre dues barreres de malesa en els pendents torturats al fons d'abismes des d'on un pal de vaixell de cent metres no arribaria a tocar el primer cel tenia la resposta a la meva sorpresa de l’hora de la sortida al migdia. Només havien passat els senglars. Amb un abús de llenguatge acabo d'escriure que l'oncle enfila dret quan és tot el contrari. No van ser més que jocs oblics amb els revolts de nivell. Per començar vam sortir de Montblanc vam abandonar las muralles de la vila. La camioneta blanca no revelava les nostres intencions malgrat les obertures amples de vidre mirant el maleter que amagava els cistells i utensilis vaig acabar d’entendre que el boletaire amarat d'experiència es dedica a la discreció com el monjo a la pregària. El boletaire és una ombra que corre sense por fins al més fosc i fins al més decisiu per a la seva collita. No vam omplir els cistells a vessar de rovellons i fredolics però en vaig tenir prou per retrobar el pare suggerint el gust que li havia quedat soldat. De fet m'havia previngut que faríem una operació de reconeixement a l'espera del «xàfec tebi» de Genevoix. Ara bé la pluja dorm des de fa mesos S'ha despertat fa dos dies . Quan el vent es va aixecar a la vora d'un penya-segat l'oncle Albert va deixar anar una previsió «Si ve el vent del nord vol dir que encara no tindrem grans dies per als bolets. És el pitjor que pot passar » En passar a l'alçada de Rojalons l'oncle Albert va emetre un «Rojalons set cases i vuit forns» molt bonic de sentir. Com una margarida en la nostra conversa entre sotracs. Rojals Rojalons la branca materna de la meva mare a empès entre aquests noms decorats per la pronuncia de la «s». Després de tres hores de caminada sota el dia que queia damunt de les alzines robustes i de les coves vam sucar pa amb tomàquet vam beure el vi de la seva vinya les pomes del seu hort les avellanes i ametlles del seu maset la masia que la seva esposa l'Antònia va pintar fa unes setmanes per mi al petit nord de la muntanya inclinada damunt de Vilaverd vessant assortida de records a la distància de tres rengleres d'oliveres el perer de La Punta a casa del Pau i la Maria Dolors al final del camí vermell. Vaig passar tot el rebombori del relleu darrere les passes de l'oncle. Això em tranquil·litzava sota els llavis tallats dels penyals codolats i la vegetació esmicolada pels senglars. A París la seva filla Marta potser estava component un poema com el que li va valdre un premi Cirrus d’ovella/el matalasser adoba/llits per l’insomni. A Barcelona la seva altra filla Ester segur que estava ensenyant belles arts como ho fa amb la seva mare. Acabo de rellegir el meu text. Guanyaria si s'amanís amb un filet d'oli d'oli de les olives de la masia és clar. Les paraules n'estic segur s'estremirien sota les gotes d'un ambre semblant. Com la sal fonent-se en la pellerofa. *El miror es el netol d’aqui. *** No he parlat de cuina. Només dir a aquells que vulguin aventurar-se a can Régis Marcon a Saint-Bonnet-le-Froid a la Haute-Loire gran cuiner de bolets que es pot tastar això el poupeton de pinetells Cantharellus cibarius amb cues de gamba sabayon al gust de brasa truita Salvelinus alpinus alpinus ofegada amb moixernons Marasmius oreades associació de carxofes i ametlles el així-així de xai de Saugues amb praliné de ceps i estofat de verdures. Encara és millor del que suggereix la carta. Fins la setmana vinent. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 24 octobre 2008 Picasso à Horta 2 #8211 Picasso a Horta 2 Suite et fin de la chronique de la semaine dernière consacrée à Picasso et Horta avec des photos de Christian Guy . Un ami m’écrit qu’il vient de voir l’une des expositions de Paris que je signalais « C’est passionnant mais on n’y parle pas de Horta ». Effectivement en France on évoque peu Horta ce qui justifie ces quelques lignes. Pour s’y rendre à 210 kms de Barcelone compter trois heures de route. Sur le parcours avant d’atteindre la huerta sublime de Horta on frôle Mont-roig le village de Miró ainsi que Tarragone on traverse le Priorat aux magnifiques vignobles puis les grands sites de la bataille de l’Èbre voir Gandesa l’ancien village-fantôme au-dessus du nouveau . ... À Gósol village de haute Catalogne autre solitude autre étape créatrice au cours d’un séjour en 1906 Picasso s’imprègne de l’ocre et donne le départ à son primitivisme reconnaissable dès Fernande à la mantille . Cent ans plus tard les édiles locaux nourrissent un projet de tourisme culturel dans un secteur catalan tonique grâce surtout au mécénat intense des Caisses d’épargne phénomène palpable expositions temporaires catalogues au contenu soigné . La fièvre culturelle ne s’arrête pas aux portes de la capitale. Il suffit d’étudier la programmation permanente d’une ville importante comme Gérone ou d’une ville moyenne comme Vic ou des gros centres urbains de Tarrassa et Sabadell. Les Catalans demeurent les héritiers du goût pour les arts inculqué à La Renaixença. Je ne connais pas le « % culturel » alimenté par les rivières d’argent en circulation mais il est presque ostentatoire en tout cas diffus et réfléchi. Dans la liste des sites picassiens catalans ayant abrité la fécondation du cubisme s’ajoutent Cadaquès où il créa notamment La Femme à la mandoline et surtout Céret dans la Catalogne française d’où il s’écrie à la fin de l’été 1954 cité par Palau i Fabre son « Pierre Daix catalan » « Pourquoi faut-il qu’il y ait ici une frontière Tout cela est une même terre un même peuple une même langue ». Je me demande pourquoi les formations et les groupes porteurs du concept « Països catalans » ne s’en sont pas emparé. Nous avons fait de Picasso un Français. Je crois que les Catalans le tiennent avant tout pour un Espagnol à moins qu’ils ne le considèrent comme purement universel. La lettre de 1905 envoyée depuis Paris à Jacint Reventós est touchante « Dis-moi si tu connais Rabelais Gargantua tu le connais en espagnol…mais quelle différence Un de ces jours je vais t’envoyer un livre de Pascal. » Bien sûr Barcelone… Le musée Picasso établi dans cinq magnifiques palais de la rue Moncada et voulu par le peintre est l’apparat opulent des années de formation du Malagueño. Au retour du premier voyage à Horta en janvier 1899 Picasso se mêle à l’avant-garde réunie dans la taverne d’Els Quatre Gats Les Quatre Chats de la rue Montsió. Utrillo Rusiñol Nonell Casas Mir Casagemas avec qui il fera le premier voyage de Paris sont là dans une ville dont les élites intellectuelles et artistiques sont à l’écoute de Schopenhauer Nietzsche et Wagner... et de l’Europe. Il s’installe véritablement. Il partira reviendra sa dernière visite est de 1934 le costume de Barcelone où il a découvert la modernité est alors devenu trop étroit. J’ai amené ma filleule « apprendre à voir » devant les premiers dessins « Marianne la mère de Picasso rapporte que les premiers mots de son fils furent piz piz pour réclamer son crayon lápiz en espagnol » puis nous avons avancé vers Les Ménines de 1957 où en cinquante-huit toiles « Picasso est simplement Velázquez riche des connaissances que son aîné n’a pas acquises avant sa mort » Pierre Daix . *** En retournant à Horta quelques mois plus tard j’ai vu sur le petit monument aux morts planté sous le nez du porche de l’église qu’on avait enfin élargi la liste des chagrins de la mémoire. « En mémoire à toutes les victimes 1936-1939 » a remplacé la phrase du bréviaire franquiste « Caídos por Dios y por la Patria José Antonio Primo de Rivera ¡ Presente » Le nouvel énoncé est une variante du « Ni vainqueurs ni vaincus » non admis par ces derniers. Comment le hasard peut-il dicter aussi parfaitement sa sentence Au pied des marches du grand escalier du couvent de Sant Salvador Joachim Ferràs le pharmacien d’Horta s’est présenté aimablement à moi avec trois lueurs de sueur au front. Il débouchait de l’allée de cyprès dans la côte. « Vous êtes venu pour Picasso » « Oui surtout. »… L’honorable monsieur Ferràs m’a raconté une très longue histoire de celles à qui on coupe les veines en la résumant. Au milieu des années soixante il fait accepter par le Conseil municipal que soit attribué un nom de rue à Picasso « Je recevais des revues et de temps en temps je lisais qu’il parlait du village. J’ai pensé que risquaient de mourir avec lui ses souvenirs d’Horta. » Une autre idée lui vient faire proclamer Picasso « fils adoptif » du village. En septembre 1969 apprenant que Pallarès est à Notre-Dame-de-Vie monsieur Ferràs comptant sur son aide forme une délégation avec le maire et une de ses belles-sœurs parlant le français. Arrivés à Cannes ils apprennent que Pallarès a quitté les lieux la veille. Ils tirent tout de même la sonnette de Notre-Dame-de-Vie. Miguel le secrétaire du peintre repart avec leur requête et les rappelle le lendemain. Monsieur Ferras a conservé la retranscription qu’il avait établie le soir même de l’après-midi passée en compagnie de Picasso et de Jacqueline devant un album d’Horta. « Picasso parlait en mélangeant l’espagnol le catalan et le français. « Vous connaissez ça nous dit-il en montrant un cadre dans la pièce voisine. C’est votre montagne. Pallarès avec Picasso sur la photo "retravaillée par Picasso l’a peinte quand il était jeune et je la garde près de moi. Dans quel état est le couvent Je demande toujours pour lui et on me dit qu’il s’effondre ». Nous lui répondîmes que des Franciscains voulaient le réhabiliter. Il eut un « Ah Quelle bonne nouvelle » En partant il nous dit « Regardez ce paysage on dirait qu’il est de chez vous. Il est en pente et couvert de pins. Et ces oliviers… Dominguín mon ami le torero me recommande de les couper pour avoir de la vue. Mais moi je ne veux pas ils me rappellent Horta. » Puis il a demandé à Jacqueline de nous prendre en photo mais comme nous n’étions pas sûrs de la recevoir nous avons fait signer nos passeports afin que les gens d’Horta nous croient. » La photographie arriva monsieur Ferràs me la montra le lendemain dans sa pharmacie. Elle est signée du 16 octobre 1969 « Para mis amigos de Horta de Ebro Picasso ». Texte en catalan traduction Teresa Artigas Continuació i punt final de la crònica de la setmana passada dedicada a Picasso i Horta amb fotos de Christian Guy . Un amic m’escriu que acaba de visitar unes de les exposicions de Paris que jo assenyalava “És apassionant però no s’hi parla de Horta ”. Efectivament a França no es fa gaire cas d'Horta cosa que justifica aquestes ratlles. Per anar-hi a 210 kilòmetres des de Barcelona es necessiten tres hores en cotxe. Durant el recorregut abans d’arribar a l'horta sublim d’Horta es passa arran de Mont-roig el poble de Miró també a Tarragona es travessa el Priorat amb les seves vinyes magnífiques després els grans escenaris de la batalla de l’Ebre visiteu Gandesa l’antic poble-fantasma al damunt del poble nou . A Gòsol poble de l’interior hi ha una altra solitud una altra etapa creativa durant el sojorn de 1906. Picasso es va amarar de l’ocre i va començar amb el primitivisme que es pot reconèixer a partir de Fernande à la mantille . Cent anys més tard els edils locals alimenten un projecte de turisme cultural sector tònic sobretot gràcies al mecenatge de les caixes d’estalvis exposicions temporals catàlegs de contingut cuidat . La febre cultural no s’atura a les portes de la capital. N’hi ha prou d’estudiar la programació permanent d’una ciutat com Girona d’una població mitjana com Vic o dels grans centres urbans de Terrassa i Sabadell. Els catalans mantenen l’herència del gust per les arts que se’ls va inculcar durant la Renaixença. Dels molts diners que es veuen circular a Catalunya no sé quina és la inversió exacta en l’àmbit cultural però aquesta és gairebé ostentosa estesa arreu i ben pensada. A la llista de llocs catalans picassians que han allotjat la fecundació del cubisme s’hi afegeix Cadaqués on va crear L a Femme à la mandoline i sobretot a Ceret a la Catalunya francesa on el 1954 s’exclamava segons explica Palau i Fabre «Per què cal que aquí hi hagi una frontera Tot això és la mateixa terra el mateix poble la mateixa llengua». Em pregunto per què les formacions i els grups protectors del concepte "països catalans" no se n’han emparat. El francesos hem fet de Picasso un francès. Crec que els catalans abans que res el tenen per un espanyol tret que el considerin senzillament universal. I per descomptat Barcelona... El museu Picasso volgut pel pintor es va establir en cinc magnífics palaus del carrer de Moncada i és l’aparell esplèndid dels anys de formació del malagueny. Quan torna delprimer viatge a Horta el gener de 1899 Picasso es barreja amb l’avant- guarda que es reuneix a Els Quatre gats del carrer Montsió. Utrillo Rusiñol Nonell Casas Mir Casegemas amb el qual va fer el primer viatge a París són allà en una ciutat en la qual les elits intel·lectuals i artístiques estan atentes a Schopenhauer Nietzsche Wagner i també a Europa. Llavors s’instal·la de debò a Barcelona. Marxa torna la seva última visita la fa el 1934 però aleshores el vestit de la Barcelona on hi havia descobert la modernitat li va massa estret. Acabo de portar a la meva fillola «a aprendre a mirar» davant dels primers dibuixos —«Marianne la mare de Picasso explica que els primers mots del seu fill van ser piz piz per reclamar un lápiz una paraula castellana».Després hem seguit amb Les Menines de 1957 on en cinquanta-vuit teles «Picasso és senzillament Velázquez posseïdor d’uns coneixements que el seu avantpassat no havia adquirit abans de morir» Pierre Daix . *** De tornada a Horta unes hores més tard en el monument als morts quehi ha sota el nas del portal de l’església vaig veure que la llista de tristeses de la memòria s’havia allargat. «En memòria de totes les víctimes 1936-1939» havia substituït la frase del breviari franquista «Caídos por Dios y por la Patria José Antonio Primo de Rivera ¡Presente ». El nou enunciat és una variant del «ni vencedors ni vençuts» que aquests últims no admeten. Com és possible que l’atzar dicti sentència amb tanta perfecció Al peu dels graons de la gran escala del convent de Sant Salvador Joaquim Ferràs el farmacèutic d’Horta se’m va presentar amablement amb tres lluentors de suor al front. Va sortir de l’avinguda de xiprers «Ha vingut per Picasso » —«Sí sobretot»... L’honorable senyor Ferràs em va explicar una història molt llarga que resumida perd una part de substància. A meitat dels anys seixanta ell va fer que el consell municipal acceptés donar el nom de Picasso a un dels carrers «Rebia revistes i de tant en tant hi llegia que ell parlava del poble. Vaig pensar que el seus records d’Horta corrien el risc de morir amb ell». Va tenir una altra idea proclamar Picasso «fill adoptiu» del poble. El setembre de 1969 quan va saber que Pallarès era a Notre-Dame- de-Vie el senyor Ferràs pel seu compte va formar una delegació amb l’alcalde i una de les seves cunyades que parlava francès. Quan van arribar a Cannes va assabentar-se que Pallarès havia marxat. Tot i això van trucar a la porta de Notre-Dame-de-Vie. Miguel el secretari del pintor va atendre la seva sol·licitud i li va trucar l’endemà. El senyor Ferràs ha conservat la transcripció que va establir aquella tarda que van passar en companyia de Picasso i Jacqueline davant d’un àlbum de fotos d’Horta "Picasso parlava barrejant l’espanyol el català i el francès. «Coneixeu això —ens va dir ensenyant-nos un quadre de l’habitació del costat—. És la vostra muntanya. Pallarès la va pintar quan era jove i la guardo a prop meu. En quin estat es troba el convent Sempre ho pregunto i em diuen que s’enfonsa.» Li vam respondre que els franciscans volien rehabilitar-lo. Va dir «Ah Quina bona notícia.» Parlant ens va dir «Mireu aquest paisatge es podria dir que sembla casa vostra. Està en pendent i cobert de pins. I aquestes oliveres... Dominguín el meu amic torero em recomana que les talli per poder tenir vista però jo no ho vull pas em recorden Horta.» Després li va demanar a la Jacqueline que ens fes una foto però com que no estàvem segurs de rebre-la li vam fer signar els passaports perquè la gent d’Horta ens cregués. La fotografia va arribar el senyor Ferràs me la va ensenyar l’endemà a la farmàcia. Estava signada el 16 d’octubre de 1969 «Para mis amigos de Horta de Ebro Picasso». Publié dans Non classé Un commentaire 17 octobre 2008 Picasso à Horta 1 #8211 Picasso a Horta 1 À Paris depuis le 8 octobre et jusqu’au 2 février 2009 trois expositions « Picasso et les maîtres » présentent les reprises les variations et les métamorphoses réalisées par Picasso 1881-1973 à partir des toiles des plus grands peintres anciens de Titien à Goya en passant par Rembrandt et beaucoup d’autres. C'est l'occasion d'évoquer Horta un des lieux majeurs dans la vie et l’oeuvre de Picasso arrivé à l’âge de treize ans à Barcelone. La visite de la Barcelone picassienne est un incontournable mais celle d’Horta de Sant Joan à 210 kms au sud de la capitale catalane est hautement recommandable. Je reprends le chapitre paru dans mon Puzzle catalan la nation fiévreuse Autrement Paris 2007 . Voici la première partie deuxième partie la semaine prochaine. Les photos sont de Christian Guy réalisées lors de notre séjour en mai 2006. HORTA Où PICASSO A TOUT APPRIS Dans le registre des phrases qui revenaient dans la bouche de Picasso celle-ci «Tout ce que je sais je l’ai appris à Horta». Horta de Ebro disait-il pour marquer la différence avec le nom du quartier alors perdu dans les pentes de Barcelone. Mais le nom exact est Horta de Sant Joan. Il est des lieux qui nous laissent à leur périphérie et d’autres qui nous embrasent à la première seconde plateau de l’Aubrac alentours de Bariloche Mont Mac Kinley sont quelques-unes des perles d’un collier auquel s’ajoute maintenant Horta. Panorama grandiose abordé avec les meilleures intentions du monde tant la route interminable conduisant au village dégrise de la ville et du bord de mer. C’est étonnant comme de prime abord Horta chuchote et se prélasse dans son isolement cru au fond de la Terra Alta terroir doté de vignes et d’oliviers pour uniques essences vitales. Il faut monter dans le matin sec sous le ciel complètement déployé pour faire siennes depuis le belvédère les molaires géantes d’Els Ports. C’est au cœur de cette géométrie hautaine de forteresse calcaire dans l’une des profondes dépressions mouillées par les torrents que Picasso s’enfonça durant plusieurs semaines de l’été 1898 afin de vivre en pleine nature et de peindre en liberté les miracles d’un prodige alors dans ses dix-sept ans.C’était son premier séjour à l’invitation de Manuel Pallarès son ami d’études à La Llotja l’École des beaux-arts de Barcelone depuis le cours de 1895-1896 quand Picasso n’avait que quatorze ans et Pallarès originaire d’Horta six ans de plus. Un champ inattendu on croirait un paillasson jaune sur le parquet vert de la huerta nous détache de ces sommités séparant la Catalogne de l’Aragon et du Pays valencien. Plus tard nous irions à lui et croiserions « Le parot » « Le patriarche » olivier deux fois millénaire trônant parmi ses presque semblables au bout d’un chemin long à débusquer. Un panneau lui attribue 7 45 mètres de tour de tronc alors on spécule sur quelque lointain Ibère monté sur la sombre souche aujourd’hui torturée comme un nœud de serpents. Quand tout alentour est couché sous le feu du soleil et que les rues ont constitué leur réserve d’ombre le moment vient de marcher dans les pas d’un Picasso installé avec Fernande Olivier dans l’Hostal del Trompet aux fenêtres duquel un soir des femmes viennent leur jeter des pierres en apprenant qu’ils ne sont pas mariés. C’était au cours du deuxième séjour en 1909 quand il peint L e Moulin d’Horta Portrait de Fernande L’usine les chefs-d’œuvre du premier cubisme… Depuis le belvédère encore et sous le ciel maintenant blanc donnant à tout plus de hauteur on n’a d’yeux que pour la puissance immédiate en vis-à-vis de la montagne de Santa Barbara triangulaire forme désaccordée à l’arrière-plan du grand ordre de la huerta. Elle est d’un seul pan avec une bouche insolite l’arche d’entrée du couvent de Sant Salvador fiché à ses pieds. Sur une photographie prise dans l’atelier de l’avenue de Clichy en 1912 un petit tableau occupe le mur au-dessus de Picasso assis à côté d’un luth. C’est La montagne de Santa Barbara peinte par Pallarès. Sur une autre photographie prise à Notre-Dame-de-Vie en 1966 la même œuvre est dans le dos d’un Picasso en peignoir et debout. L’amitié entre les deux hommes a duré soixante-dix-huit ans sans une ombre. Les trois photographies des deux hommes prises à Cannes en 1960 transformées aux crayons de couleur en bacchanales par Picasso et dédiées à « mi amigo de siempre » réveillent des jeux d’autrefois. Pallarès est mort un an après Picasso en 1974. Tout fut dit mais peu fut expliqué de la période initiatique de Barcelone notamment quand Pallarès entraînait Picasso enfant précoce chez les « demoiselles » de la rue d’Avinyó*. Dans le dos du belvédère maintenant le centre Picasso ouvert en 1992. Les relations d’un village avec une célébrité de passage sont rarement productifs mais Horta qui avait longtemps oublié Picasso un jour s’est souvenue. Les techniques modernes de reproduction font parfois des miracles les œuvres présentées « parlent » avec parfois la profondeur du tableau Les quatre-vingt-treize toiles esquisses croquis et dessins de 1898 couvrent les murs aux dimensions des originaux. Les quarante-trois œuvres du séjour de 1909 sont également de ce recensement ainsi que les dix-neuf autres peintes ailleurs mais liées au nom d’Horta. La phrase de Picasso « Tout ce que je sais je l’ai appris à Horta » court dans l’édifice de l’ancien hôpital du XVIème siècle restauré et Josep Palau i Fabre poète essayiste et dramaturge catalan un des spécialistes les plus reconnus de Picasso cautionne le joli travail accompli. On peut y respirer un moment en visiteur heureux mais il manque quelque chose à cette approche légitimement locale. Solliciter Pierre Daix spécialiste de Picasso. Lui saura mettre en perspective Horta dans l’œuvre picassienne… Pierre est l’ami de déportation de mon père à Mauthausen « Cher Pierre je voudrais savoir à travers un texte que tu aurais écrit ou une opinion que tu me livrerais si Picasso découvre bien le cubisme à Horta comme je le lis ici. Je t’embrasse. » Réponse « Cher Llibert Pablo n’a pas “découvert” le cubisme à Horta. Il s’y est retrempé. Ses premiers découpages des formes datent de l’hiver 1908 après le début de sa “cordée” avec Braque. Il a pris confiance en ses innovations durant son séjour à Barcelone en avril 1909 qui précède le départ pour Horta et on peut dire que c’est à Horta tant dans les paysages du lieu que dans les portraits de Fernande qu’il a réalisé les chefs d’œuvre de la première manière de son cubisme. Je t’embrasse.» Addendum « Tu peux publier l’article sur Horta de mon Dictionnaire Picasso . » Cet ouvrage incomparable et très utile est publié aux Editions Robert Laffont Paris 1995 Suite la semaine prochaine... * Elle aboutit au plus joli carrefour piétonnier de Barcelone en pleine Ciutat Vella où j’explique aux amis de passage que Les demoiselles d’Avignon n’ont rien à voir avec notre cité française. Pierre Daix rapporte ce propos de Picasso « Les demoiselles d’Avignon ce que ce nom peut m’agacer. Vous saviez bien que ça s’appelait Le Bordel d’Avignon au début. » Cette semaine je vous recommande un livre L'Amour des Maytree d'Annie Dillard et cet article http // nonfiction.fr/article-1610-nonfiction.htm Texte en catalan traduit par Teresa Artigas A París des del 8 d'octubre fins al 2 de febrer del 2009 tres exposicions « Picasso et les maîtres » "Picasso i els mestres" presenten les recuperacions les variacions i les matamorfosi que Picasso 1881-1973 va fer a partir de les teles dels grans pintor antics des de Tizià a Goya passant per Rembrandt i molts altres. En aquesta ocasió evoco Horta un dels llocs més importants en la vida i la obra de Picasso que va arribar a Barcelona als tretze anys. La visita de la Barcelona picassiana es inedudible però la d'Horta de Sant Joan a 210 km. al sud de la capital catalana es altament recomanable. Reprodueixo el capítol aparegut en el meu Le Puzzle catalan la nation fiévreuse El puzle català. Crònica francesa d'una descoberta RBA Barcelona 2008 . Aquí trobareu la primera part la segona serà per a la setmana vinent. Els dos articles van acompanyats de fotografies de Christian Guy que les va realitzar durant la nostra estada en el maig de 2006. HORTA ON PICASSO VA APRENDRE TOT Entre el registre de frases pronunciades per Picasso hi ha aquesta «Tot el que sé ho vaig aprendre a Horta». «Horta de Ebro» deia per assenyalar la diferència amb el nom del barri aleshores perdut als vessants de Barcelona. El nom exacte però és Horta de Sant Joan. Hi ha llocs que ens deixen freds i altres que ens sedueixen a l’instant. L’altiplà de l’Aubrac els voltants de Bariloche i el mont McKinley són algunes de les perles d’un collaret en el qual es podria afegir Horta. Qualsevol aborda el panorama grandiós amb les millors intencions del món ja que de sobte neteja dels excessos de la ciutat i de la costa. És sorprenent com d’entrada Horta xiuxiueja i descansa en el seu aïllament cru al fons de la Terra Alta terra de vinyes i oliveres com essències vitals úniques. Cal anar-hi de bon matí sota un cel completament ras per veure les moles gegants d’Els Ports des del mirador. Va ser al cor d’aquesta geometria altiva de força calcària en unade les profundes depressions regades pels torrents on l’estiu de 1898 Picasso es va endinsar durant unes quantes setmanes per viure en plena natura i pintar en llibertat els miracles quan aquest home prodigiós només tenia 17 anys. La primera estada a Horta la va fer convidat per Manuel Pallarès amic d’estudis a la Llotja de Barcelona des del curs 1895-96 quan Picasso tan sols tenia 14 anys i Pallarès originarid’Horta en tenia sis més. Un camp inesperat com un pelfut groc damunt del parquet verd de l’horta es desenganxa d’aquests cims que separen Catalunya d’Aragói el País Valencià. Més tard vam anar cap allà i vam creuar el parot l’olivera bimil·lenària que sobresurt d’entre totes al final d’un camí difícil de trobar. Un rètol li atribueix 7 45 metres de perímetre de tronc és el moment d’especular sobre algun iber llunyà enfilat al tronc avui torturat com un nus de serps. Quan al voltant tot està ajagut sota el foc del sol i els carrers són l’única reserva d’ombra una veu recomana seguir els passos d’un Picasso instal·lat amb Fernande Olivier a l’Hostal del Trompet a les finestres del qual les dones en saber que no estaven casats hi van anar a llençar pedres. Durant la segona estada el 1909 va pintar Le Moulin d’Horta Portrait de Fernande i L’Usine obres mestres del primer cubisme...Des del mirador estant i sota el cel ara blanc que encara dóna més alçada a tot ens trobem en un cara a cara els ulls es deixen hipnotitzar pel poder immediat de la muntanya de Santa Bàrbara triangular forma discordant situada en últim terme del bell ordre de l’horta. És d’unasola cara amb una boca insòlita l’arc d’entrada del convent de Sant Salvador fixada als seus peus. En una fotografia feta el 1914 al taller de l’avinguda de Clichy hi ha un quadre petit que penja d’una paret damunt de Picasso que està assegut al costat d’un llaüt. És La Montagne de Santa Barbara pintada per Pallarès. En una altra fotografia feta a Notre-Dame-de-Vie el 1966 es veu la mateixa obra darrere de Picasso vestit amb una bata i dret. L’amistat entre aquests dos homes es va mantenir impertorbable durantsetanta-vuit anys. Les tres fotografies dels dos homes fetes a Cannes el 1960 que els llapis de colors de Picasso van transformar en bacanals i va dedicar a «mi amigo de siempre» revifen el jocs d’antany. Pallarès va morir un any després que Picasso el 1974. S’ha dit tot però no s’han explicat gaires coses del període iniciàtic a Barcelona particularment quan Pallarès arrossegava Picasso nen precoç a casa de les «demoiselles» del carrer d’Avinyó. Ara a l’esquena del mirador el centre Picasso obert el 1992. La relació d’un poble amb un famós de passada rarament és productiva no obstant Horta que feia temps que havia oblidat Picasso un bon dia se’n va recordar. Les tècniques modernes de reproducció de vegades fan miracles les obres exposades sovint «parlen» amb la profunditat del quadre Les noranta-tres teles i esbossos falsos croquis falsos de dibuixos de 1898 de la mateixa dimensió que els originals cobreixen els murs. Les quaranta-tres obres de l’estada de 1909 també són a l’inventari així com les dinou pintures que no va fer allà però que estan lligades al nom d’Horta. La frase de Picasso «Tot el que sé ho vaig aprendre a Horta»és a l’edifici de l’antic hospital del segle XVI ara restaurat i Josep Palau i Fabre poeta assagista i dramaturg un dels especialistes de Picasso més reconegut garanteix aquesta feina preciosa. Quan es visita s’hi pot respirar un moment de felicitat però a aquesta aproximació legítimament local li falta alguna cosa. Ho he de preguntar a Pierre Daix especialista en Picasso. Ell sabrà posar Horta en la perspectiva de l’obra picassiana... Pierre és l’amic de deportació del pare a Mauthausen "Estimat Pierre Voldria que em donessis la teva opinió sobre si Picasso va descobrir realment el cubisme a Horta tal com he llegit aquí. Una abraçada." Resposta "Estimat Llibert Pablo no va «descobrir» el cubisme a Horta. Allà s’hi va submergiruna mica més. Els primers intents els va fer l’hivern de 1908 després de la presentació de la seva cordée cordada amb Braque. Va anar agafant confiança en les seves innovacions durant la seva estada a Barcelona l’abril de 1909 abans de la segona visita a Horta i es pot dir que va ser a Horta tant en els seus paisatges com en els retrats de Fernande que va fer les obres mestres del seu primer cubisme. Una abraçada." PD "Pots publicar l'article Horta del meu Diccionari Picasso." Aquesta obra incomparable i molt útil està publicada a Editions Robert Laffont Paris 1995 Segueix la setmana que vé... Publié dans Non classé Un commentaire 10 octobre 2008 L #8217 île verte — L #8217 illa verda Avis comme le sport n’est pas soluble dans le cerveau de tous mes lecteurs j’en appelle à l’amitié des quelques réfractaires à la patience de ceux pour qui le sport est l’avenir du con. Ma petite aventure sera pliée en cinq minutes. Top chrono Fièvre Photo lt/ Jean Giraudoux supputait que « les Scandinaves ont trouvé un moyen d’élever la température dans leur pays le sport. ». Comme j’ai pu le constater s’y ajoute l’alcool. Je songeai à cet aphorisme un récent soir quand par un hasard trop long d’expliquer j’avais les pieds dans la terre grasse d’un stade de Perpignan rempli comme un oeuf. Principe toute pelouse enceinte de tribunes est séparée d’elles par des lignes blanches en dehors desquelles le ballon meurt. Souvenirs c’est une île verte où nous gambadions comme les poulains. De l’entre-deux où je me trouvai on avait à la fois l’endroit où agrandissent leurs efforts vingt-six jeunes gens il s’agissait de rugby à treize et l’espace où se haussent de joie et s’amenuisent de peine en très peu de temps des milliers de personnes zélées envers leurs couleurs. Que ce stade se nommât Brutus n’encombrait de crainte régicide ni les locaux fidèles ni les supporteurs de Wigam. Équidistante de Manchester et de Liverpool leur ville est l’hésitation même. Dans la tribune ses habitants savaient en revanche de quel côté pencher employant à fond leurs poumons jusqu’à la victoire qui finit par leur échoir. Depuis la lisière du pré les athlètes de Wigam impressionnaient moins que le nom qu’ils portent les Warriors « les guerriers » . Distingués ils marquaient des points sans se pendre au cou du copain. De chacun d’eux s’élevait un Saint-Georges ils avaient devant eux les Dragons nom de l’équipe de Perpignan. Je ne comprenais pas bien que des Catalans se placent d’eux-mêmes et par avance dans la position du perdant. Le jour de la fête nationale exportée chaque 23 avril par Barcelone au Castillet le dragon n’est-il pas terrassé par Saint-Georges justement Sant Jordi le saint patron des Catalans et des Anglais ma foi Je n’aperçus aucun visage méchant comme on en voit au rugby à quinze dans le four des mêlées. Ce dernier va plus vite et paraît moins monocorde mais le rugby est le rugby. Joué à quinze comme à treize il est aux autres sports ce que les déjeuners sur l’herbe sont à la peinture. La vitesse du souvenir est foudroyante je me revis enfant à Carcassonne accroché à Laurent Roldos alors international à treize sur sa Vespa. C’était à l’occasion d’une de ces visites entre exilés où à chaque fois une absence pique malgré la joie des retrouvailles. La maman de Laurent Carmeta est de Tarragone. Papa avait vu mourir son frère à Mauthausen. Laurent se trouvait peut-être dans la tribune officielle. Il est le président de l’Amicale des Anciens Internationaux. Je ne trouvai pas. Je me retournai vers l’île verte sa terre chaude à un parfum de mon nez. Avant d’entrer dans le stade j’avais vu arriver sur moi un clochard au visage rubicond. Le banc où je m’étais assis devait lui appartenir « Les Britiches on va les manger à la sauce catalane » Comme je n’étais pas encore dans le match le souvenir de bouche de la veille ressurgit aussitôt dans son intégralité de saveurs les « boles de picolat* » cuisinées par Brigitte Coste. Elle tient la librairie Torcatis rue Mailly avec son époux Roger expert en sorties littéraires comme en vins de l’Agly. De l’assiette au gosier les boulettes sublimes semblaient ajouter un post-scriptum profondément catalan à l’air délicieux que l’on respirait à trois pas de Serrabona monastère taillé aux ciseaux du roman le plus pur. Dans le stade la foule en attente ne semblait savoir lancer rien d’autre qu’un cri à trois syllabes vers le ciel d’un bleu dur « Catalans Catalans Catalans » Le S très prononcé . Dans les gradins fauvistes de tant de sang et or sur les bannières on entendait notables et gitanes nins et grands-pères entonner les chants communs jusqu’à Els Segadors l’hymne constitutionnel de la Catalogne voisine espagnole du Sud on ne sait jamais comment dire pour ne pas réveiller des susceptibilités Je ne sais pas lequel aurait été le plus médusé face à cet enthousiasme symbolique d’un Préfet jacobin ou bien d’un Catalan de Barcelone habité du dolorisme nourri par la caractéristique que je cite souvent « La Catalogne c’est l’Espagne mais ce n’est pas l’Espagne. » Pendant que le ballon ovale allait de main en main sur la pelouse et que le cri à trois syllabes rebondissait dans les tribunes je pensais au paradoxe catalan du point de vue de la perception des tempéraments. Dans la perception française le Catalan est un jovial fort en gueule Nous en avions sous les yeux l’illustration . Dans la perception espagnole le Catalan est l’Écossais de la Péninsule froid et calculateur. Restons dans la parabole sportive l’atmosphère du Camp nou de Barcelone est la plus tempérée de tous les grands stades du monde. Toute histoire est nationale. Toute perception l’est aussi. Depuis que le Traité des Pyrénées de 1659 a séparé en deux la Catalogne des hommes qui n’en sont pas moins frères se sont façonnés différemment. * Les "boles de picolat" sont des boulettes de hachis en sauce. Olive Photo lt/ En català traducció Teresa Artigas Avis com l'esport no és soluble en el cervell de tots els meus lectors faig una crida a l'amistat d'alguns reticents a la paciència d'aquells per a qui l'esport és el futur de l'ase. La meva petita aventura s'acabarà en cinc minuts. Endavant crono Jean Giraudoux calculava que "els escandinaus han trobat la manera de fer pujar la temperatura al seu país l'esport." Com he pogut comprovar s'hi afegeix l'alcohol. Fa poc un vespre pensava en aquest aforisme quan per un atzar massa llarg d'explicar tenia els peus a la terra rica d'un estadi de Perpinyà ple com un ou. Principi tota gespa envoltada de graderies queda separada per línies blanques fora de les quals mor la pilota. Records és una illa verda on saltàvem com els poltres. A l'entre dos on em trobava hi havia alhora l'indret on vint-i-sis joves engrandien els seus esforços es tractava de rugbi de tretze i l'espai on s'alçaven de joia o s'enfonsaven de pena en molt poc temps millers de persones deleroses envers els seus colors. Que aquest estadi s'anomenés Brutus no omplia de temor regicidi ni els fidels locals ni els seguidors de Wigam. Equidistant de Manchester i Liverpool la ciutat es la indecisió en si mateixa. A les grades en canvi els seus habitants sabien cap a quina banda decantar-se fent servir els seus pulmons a fons fins a la victòria que finalment els va tocar. Des de la vora del prat els atletes de Wigam impressionaven menys que el seu nom el Warriors els guerrers . Distingits marcaven punts sense penjar-se del coll del company. De cadascun d’ells sorgia un sant Jordi tenien al seu davant els Dragons nom de l'equip de Perpinyà. Jo no entenia ben bé que els catalans es col·loquessin tot sols i per avançat en la posició del perdedor. El dia de la festa nacional que Barcelona exporta cada 23 d'abril al Castillet no és el drac l'abatut per Sant Jordi justament Sant Jordi el sant patró dels catalans i dels anglesos per cert No vaig percebre cap cara dolenta com es veuen en el rugbi de quinze en el foc de les melés. Aquest darrer és més ràpid i sembla menys monocord però el rugbi és el rugbi. Tant si es juga amb quinze com amb tretze és als altres esports el que els dinars a l'herba són a la pintura. La velocitat del record és fulminant em vaig reveure nen a Carcassona enganxat a Llorenç Roldos aleshores internacional de tretze a la seva Vespa. Va ser en motiu d'una d'aquestes visites entre exiliats on cada vegada una absència punxa malgrat la joia dels retrobaments. La mare del Llorenç la Carmeta és de Tarragona. El pare havia vist morir el seu germà a Mauthausen. El Llorenç potser era a la tribuna oficial. És el president de l'Amicale des Anciens Internationaux Amical dels Antics Internacionals . No el vaig trobar. Em vaig girar cap a l'illa verda la seva terra calenta a un toc de perfum. Abans d'entrar a l'estadi vaig veure com arribava damunt meu un pòtol de cara vermella. El banc on m'havia assegut li devia pertànyer «Ens menjarem els britiches* amb salsa catalana » Com que encara no havia entrat en el partit el record de boca de la vigília va ressorgir de seguida amb tota la seva integritat de sabors les «boles de picolat*» cuinades per Brigitte Coste. Ella porta la llibreria Torcatis al carrer Mailly amb el seu marit Roger tan expert en novetats literàries com en vins de l'Agly. Del plat a la gola les mandonguilles sublims semblaven afegir un post-scriptum profundament català a l'aire deliciós que es respirava a tres passos de Serrabona monestir tallat amb els cisells del romànic més pur. A l'estadi la gentada a l'espera no semblava saber llançar altra cosa que un crit de tres síl·labes cap el cel de d’un blau ferm "Catalans catalans catalans" La S molt pronunciada . A les grades fauvistes de tanta sang i or a les banderes se sentien personalitats i gitanes nins i avis entonar els cants comuns fins Els Segadors l'himne constitucional de la veïna Catalunya espanyola del sur mai no se sap ben bé com dir-ne per no despertar susceptibilitats No se pas qui hauria quedat més estupefacte davant d'aquest entusiasme simbòlic si un Prefecte jacobí o un català de la Barcelona amarada de victimisme que alimenta la característica que sovint cito «Catalunya és Espanya però no és Espanya.» Mentre la pilota ovalada anava de mà en mà damunt de la gespa i el crit de tres síl·labes rebotava a les grades jo pensava en la paradoxa catalana des del punt de vista de la percepció dels temperaments. En la percepció francesa el català és un alegre baladrer Nosaltres teníem la Il·lustració davant dels ulls . En la percepció espanyola el català és l'escocès de la Península fred i calculador. Seguim en la paràbola esportiva l'atmosfera del Camp Nou de Barcelona és la més temperada de tots els grans estadis del món. Tota història és nacional. Tota percepció també ho és. Des de que el Tractat dels Pirineus de 1659 va separar Catalunya en dues els homes que no deixen de ser germans s'han tornejat de manera diferent. • Britiche manera mig despectiva d'anomenar un anglès der. de British • Boles de picolat mandonguilles a la manera de la Catalunya Nord. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 02 octobre 2008 Biel et Jean – Biel i Jean Plus bas la traduction en catalan. Més avall la traducció en català. La mort est un fouet qu’on détourne en écrivant. Biel Oliver était ce cousin ami et Catalan sans ambajes enfant du Poblenou et cuisinier occasionnel dont je vous communiquai la recette du riz aux châtaignes dans la chronique Riz d’automne . Jean Rome était ce libraire de la rue des Gras à Clermont-Ferrand qui expliquait aux touristes que la cathédrale située à tomber sur sa porte est noire non pas par oubli mais parce qu’elle est en pierre de Volvic. Dans les quelques mètres carrés de Jean on entendait les livres se plaindre qu’ils ne fussent pas assez lus. On trouvait Jean le plus souvent assis écoutant France Culture caché derrière les piles des nouveautés griffonnant au crayon noir un cahier bombé de notes. Un désir de vous dire combien on pouvait se sentir bien dans son faux désordre me pique. En entrant on levait l’oeil vers la gauche. Gracq était toujours là comme une déclaration de joie sévère pensez que du haut de ce rayon la littérature française vous contemple Les oeuvres de Michon et de Bergounioux se tenaient dans son dos. Durant leur période clermontoise Michel Foucault et Michel Serres fréquentaient l’endroit. Jean restera aussi le libraire de Ma Nuit chez Maud. Certes le plan dure une seconde mais un plan d’une seconde quand il est d’Éric Rohmer*... Avec Jean comme avec Biel nous parlions souvent et longtemps. Avec Biel c’était jusqu’à ne plus pouvoir tenir les yeux ouverts les miens . Le dessert n’arrivait jamais avant minuit sur la table de la rue Guipuzcoa ou sur celle Vilaverd « notre » village. Avec Jean c’était sous les ampoules pâles à l’heure où la rue des Gras en pente avait déjà fermé ses boutiques. Hommes du soir. Jean s’interrogeait sur la jouissance de mes mouvements vers la Catalogne. Il m’interrogeait tellement sur mon entre-deux que je me demandais s’il lui paraissait étrange ou exotique. Lui ne s’éloignait pas de son biotope d’herbe de vent et de chemins l’Auvergne plus le Massif central. Toutes ces années il semblait accepter que les livres se vendent moins mais j’en doutais. Avec Biel s’était établie immédiatement une sincérité de cousinage. L’amitié de sa conversation m’avait permis dès mon arrivée sur les trottoirs de Barcelone d’intégrer des connaissances cardinales. Il résolvait chacun des mystères qui ne manquaient pas de se présenter. Le plus frappant était l’agressivité constante et brutale entre hommes des partis locaux autour de l’interdépendance avec l’Espagne il m’aida à comprendre que la Catalogne très divisée est sans projet national malgré les roulements de tambour. Mais Biel c’était aussi la présence permanente de l’histoire dans l’âme catalane « Ce temps qui ne passe pas. » J.-B. Pontalis . Chez lui et Roser un tableau conserve la trace d’un éclat des bombardements de 1938 sur Barcelone. En lui habitait une percée noire dans le bleu du paysage de son Nord la rambla du Poblenou. Quand nous passions devant l’ancien commissariat sa voix s’abaissait systématiquement. Il ne s’en rendait pas compte. Je le lui avais fait observer. Je savais que durant de nombreuses années son père avait dû venir signer un registre chaque semaine après que sa peine de mort eût été commuée. « Oui ce doit être ça » Il avait souri avec une pointe acceptée d'acidité. Biel n’a pas pu finir de peindre pour moi le tableau de la petite chapelle au-dessus de la gare de Vilaverd. Jean ne me tendra pas ma commande récente et je ne répondrai pas à son insistance la dernière fois que nous nous sommes vus à déjeuner. * Extrait de Ma Nuit chez Maud dans Six Contes moraux Éric Rohmer coll. Ramsay poche cinéma L’Herne Paris 1974 « Un jour dans une librairie où je cherchais des ouvrages sur le calcul des probabilités j’ai jeté un coup d’oeil sur le rayon des livres de poche et j’ai acheté les Pensées de Pascal. ... » La maison natale de Pascal aujourd’hui détruite occupait un emplacement contigu au bâtiment où se trouve la librairie de Jean créée en 1962 à la place de la boutique de dentelles de la mère de Jean. J’aime penser au triangle Rohmer Rome Pascal... Photos Claude Borne. Traducció al català Teresa Artigas. La mort és un fuet que s'aparta escrivint. El Biel Oliver era el meu cosí amic i català sense embuts fill del Poblenou i cuiner ocasional del que us vaig donar la recepta de l'arròs amb castanyes a la crònica Arròs de tardor . El Jean Rome era aquell llibreter del carrer des Gras de Clermont-Ferrand que explicava als turistes que la catedral situada a tocar de casa seva no és pas negra a causa d’una deixadesa sinó perquè és de pedra volcànica. En els escassos metres quadrats del Jean es sentia el lament dels llibres per no ser prou llegits. Gairebé sempre es trobava el Jean assegut escoltant France Culture amagat darrere les piles de novetats guixant amb un llapis negre un bloc ple a vessar de notes. Em mou el desig de dir-vos com s'estava de bé en el seu fals desordre. Entrant l'ull s'aixecava cap a l'esquerra. Gracq era sempre allà com una declaració de joia severa Penseu que des de dalt d'aquesta lleixa la literatura francesa us contempla Les obres de Michon y de Bergounioux es mantenien a la seva esquena. Durant el seu període clermontès Michel Foucault i Michel Serres freqüentaven l'indret. Jean restarà també com el llibreter de Ma nuit chez Maud . Certament el pla dura un segon però un pla d'un segon quan és d'Éric Rohmer*... Amb el Jean de la mateixa manera que amb el Biel parlàvem sovint i llargament. Amb el Biel ho fèiem fins que no es podien mantenir els ulls oberts els meus . Les postres mai no arribaven abans de mitjanit a la taula del carrer Guipúzcoa o a la de Vilaverd « el nostre » poble. Amb Jean ho fèiem sota les bombetes tènues a l'hora en què el carrer des Gras en pendent ja havia tancat les seves botigues. Homes del vespre. Jean es preguntava sobre el gaudi dels meus moviments cap a Catalunya. Em preguntava tant sobre el meu entre dos que jo em demanava si li semblava estrany o exòtic. Ell no s'allunyava del seu biòtop d'herba de vent i de camins l'Alvèrnia i el Massís Central. Tots aquests anys semblava acceptar que els llibres es venguessin menys però jo dubtava. Amb el Biel es va establir immediatament una sinceritat de cosinatge. L'amistat de la seva conversa em va permetre des de que vaig arribar a les voreres de Barcelona d'integrar coneixements cardinals. Ell resolia cadascun dels misteris que no deixaven de presentar-se. El més colpidor era l'agressivitat constant i brutal entre els homes dels partits locals al voltant de l’interdependencia amb Espanya em va ajudar a entendre que Catalunya dividida no té projecte nacional malgrat els repics de tambor. Però el Biel era també la presència permanent de la història en l'ànima catalana « Aquell temps que no passa. » J-B. Pontalis . A casa seva i de la Roser un quadre conserva el traç d'un dels esclats dels bombardejos de 1938 a Barcelona. En ell hi vivia una escletxa negre en el blau del paisatge del seu nord la Rambla del Poblenou. Quan passàvem davant de l'antic comissariat la seva veu baixava sistemàticament. No se n'adonava. Li vaig fer observar. Sabia que durant molts anys el seu pare havia hagut d'anar-hi a signar el registre cada setmana després que li haguessin commutat la pena de mort. « Sí deu ser això ». Va somriure amb un punt d'acidesa acceptada. El Biel no m'ha pogut acabar de pintar el quadre de l’ermita que domina l'estació de Vilaverd. El Jean no em tindrà a punt la comanda recent i jo no contestaré a la seva insistència la última vegada que ens vam veure per anar dinar plegats. * Extracte de Ma Nuit chez Maud de Six Contes moraux Éric Rohmer col. Ramsay poche cinéma L’Herne París 1974 « Un dia en una llibreria on buscava llibres sobre el càlcul de probabilitats vaig fer una ullada al prestatge dels llibres de butxaca i vaig comprar Pensées de Pascal. ... » La casa natal de Pascal avui enderrocada estava al costat de l’edifici on hi ha la llibreria de Jean creada el 1962 on abans hi havia la botiga de puntes de la seva mare. M’agrada pensar en el triangle Rohmer Rome Pascal... Publié dans Non classé Laisser un commentaire 19 septembre 2008 11 septembre/11 setembre 11 septembre. Dans le bar en bordure de la N II au nord de Figueres un nouveau nuage de poussière soulevée par un camion - il faut voir les vitres - et la fille qui est en charge du comptoir qui amène mon café noir qu’en cas de coup dur elle dit qu’en cas de coup dur avec cette fichue crise je ferai mieux de porter le tchador si je veux que le gouvernement me protège Dehors la terre échappée d’une nuit sans rosée semble encore plus sèche que la veille et le garçon de salle qui vient de rappliquer à la sonnerie du téléphone je dirais un Équatorien qui a fini de prendre une commande en français le garçon de salle explique à la fille décidément acide elle n’a pas arrêté de râler qu’il va chercher un deuxième boulot payé au noir. « Va voir Henry au Barça Qu’est-ce qu’on est allé acheter des millions cette nullité de l’autre côté de la frontière » La fête nationale de la Catalogne c’est aujourd’hui Je vais manquer les cérémonies bonhommes du Parc de la Ciutadella devant la grande fontaine de Gaudi. Quelle autre nation célèbre ainsi sa propre défaite Le 11 septembre 1714 elle perdait son indépendance contre les troupes de Philippe V dans le cadre de la Guerre de Succession d’Espagne. Elle forme aujourd’hui une Région Autonome espagnole avec un Président et un Parlement mais la nostalgie et la revendication remuent au bout de la cuillère dans la tasse d’un nationalisme « café au lait » alternant l’acceptation et le rejet de ce que Madrid décide tasse tenue par une bourgeoisie d’héritiers opulente et politiquement molle comparée à celle d’il y a un siècle. J’ai laissé la fille continuer de parler de la crise et du football sur son granit d’idées. Elle venait d’enchaîner sur la mauvaise période que traverse le Barça. À l’entrée de La Jonquera des tissus à quatre bandes ostensiblement pendus aux façades. Les journaux évoquent « la guerre des drapeaux » près de deux cents mairies de Catalogne arborent aujourd’hui la bannière indépendantiste certaines refusent le drapeau espagnol. On célèbre quelques résistants illustres du siège de Barcelone parmi lesquels le général Josep Moragues exécuté en 1715 dont la tête puis le crâne resta dans une cage de fer en place publique au Portal del Mar douze années durant. En pages intérieures des nouvelles inattendues de Josep Andreu le maire de Montblanc un homme que j’estime la veille il a été acquitté par le tribunal. Trois membres de la Guardia Civil de sa propre commune avaient porté plainte contre lui parce qu’il s’était adressé à eux uniquement en catalan. Le procès a duré trois minutes. La Loi est du côté du maire au nom du bilinguisme officiel. Ajoutant à la confusion le commandant des trois gardes civils déclare au journaliste « je ne comprends pas mes hommes. » Il doit être le seul à ne pas comprendre. Quand j’explique des histoires de ce genre il en vient tous les quatre matins je raconte le quotidien de Pepita et d’Antonio mes voisins directs depuis quarante ans qu’ils partagent leur existence Antonio parle en castillan à Pepita et Pepita parle à Antonio en catalan. Leur harmonie vole de leur balcon jusqu’au mien. Dictionnaire « Harmonie dérivé du grec armonia signifiant « arrangement » « ajustement » et désignant plus précisément la manière d’accorder la lyre. » Je n’ai pas encore osé leur demander dans la posture distanciée du linguiste comment cette « négociation » affecte leur idiolecte amoureux. En clair si dans l’arrondi d’un sein Antonio ne s’est pas égaré parfois dans les pages de l’Alcover-Moll* et si en mordillant un lobe d’oreille Pepita n’a pas ouvert le Diccionario de la Real Academia Española. Prochaine chronique le vendredi 3 octobre. * L’Alcover-Moll est ce dictionnaire intense et merveilleux de la langue catalane et de ses variantes valenciennes et baléares. Nota la dernière chronique sur le riz aux châtaignes a déclenché un activisme culinaire parmi mes lecteurs. J’ai beaucoup aimé le coup de téléphone de mon amie de Sète Marie-Christine me demandant une précision depuis sa cuisine au moment même où je posais les fesses sur mon siège du Camp nou à l’occasion de Barça-Santander. Cheminement interculturel il est probable que j’explique bientôt à des managers français qu’ils se trompent en manageant leurs employés catalans avec des méthodes au beurre alors que ces derniers fonctionnent exclusivement à l’huile d’olive. Ah Et si je proposais à la Guardia civil de Montblanc quelques sessions sur le dialogue interculturel 11 de setembre. En el bar a la vora de la N II al nord de Figueres un altre núvol de pols aixecat per un camió –cal veure els vidres – i la noia encarregada de la barra que em porta el cafè diu que en cas de desgràcia ho diu ella que en cas de desgràcia amb aquesta fotuda crisi el millor que podria fer es portar el txador si vull que el govern em protegeixi A fora la terra que s'ha escapat d'una nit sense rosada encara sembla més seca que la vigília i el cambrer de la sala que acaba d’arribar perquè ha sonat el telèfon diria que és equatorià que ha acabat de prendre nota d'una comanda en francès el cambrer li explica a la noia decididament àcida no ha parat de protestar que es buscarà una segona feina pagada en negre. « Ves a veure Henry al Barça Per què han anat a comprar amb tants milions aquesta nulitat de l'altra banda de la frontera » Avui és la festa nacional de Catalunya No podré ser a les cerimònies amables del parc de la Ciutadella davant de la gran font de Gaudí. Quina altra nació celebra així la seva desfeta L'11 de setembre de 1741 Catalunya va perdre la independència contra les tropes de Felip V en el marc de la Guerra de Successió espanyola. Avui és una regió autònoma espanyola amb un president i un Parlament però la nostàlgia i la reivindicació es barregen a l'extrem de la cullera a la tassa d'un nacionalisme de «cafè amb llet» que alterna l'acceptació i el rebuig del que Madrid ha decidit tassa mantinguda per una burgesia d’hereus opulenta i políticament tova si es compara amb la de fa un segle. Deixo que la noia segueixi parlant de la crisi i del futbol en el seu granit d'idees. Acabava d'enllaçar amb la mala època que travessa el Barça. A l'entrada de La Jonquera banderes amb les quatre barres ostensiblement penjades a las façanes. Els diaris recorden « la guerra de les banderes » a prop de dos-cents ajuntaments de Catalunya arboren avui la bandera independentista alguns rebutgen la bandera espanyola. Es recorda alguns resistents il·lustres del setge de Barcelona entre el quals hi ha el general Moragues executat el 1715 el cap del qual i després el crani va romandre en una gàbia de ferro en un indret públic al Portal del Mar durant dotze anys. A les pàgines interiors notícies sorprenents de Josep Andreu l'alcalde de Montblanc un home a qui jo aprecio la vigília va ser absolt pel tribunal. Tres membres de la Guàrdia Civil del seu propi municipi van presentar una denuncia contra ell perquè se'ls adreçava només en català. El procés va durar tres minuts. La llei està del costat de l'alcalde atenent al bilingüisme oficial. Afegint confusió el comandant dels tres guàrdies civils declara al periodista «no entenc als meus homes.» Deu ser l'únic que no els entén. Quan explico històries d'aquesta mena cada dos per tres n'hi ha unes quantes explico la quotidianitat de la Pepita i de l'Antonio els meus veïns comparteixen la seva existència des de fa quaranta anys l'Antonio li parla el castellà a la Pepita i la Pepita li parla a l'Antonio en català. La seva harmonia vola des del seu balcó fins al meu. Diccionari « Harmonia derivat del grec armonia que significa arranjament ajust i designa més concretament la manera d'afinar la lira ». Encara no he gosat preguntar-los des de la postura distanciada del lingüista com afecta aquesta « negociació » al seu idiolecte amorós. Parlant clar si en la corva d'un pit l'Antonio no s’ha anat a perdre de vegades a les pàgines de l'Alcover-Moll* i si mossegant-li un lòbul un lòbul de l'orella la Pepita ha obert el Diccionario de la Real Academia Española. Propera crònica el divendres 3 d’octubre. *L'Acover-Moll és aquest diccionari intens i meravellós de la llengua catalana i de les seves variants valenciana i balear. Nota l'última crònica sobre l'arrós amb castanyes ha desencadenat una gran activitat culinària entre els meus lectors. M'ha agradat molt la trucada de la meva amiga de Sète Marie-Christine demanant-me una precisió des de la cuina de casa seva en el mateix moment en què jo posava el cul damunt el meu seient del Camp Nou per veure el Barça-Santander. Caminada intercultural es probable que expliqui aviat a uns empresaris francesos que s'equivoquen gestionant els seus empleats catalans amb mètodes amb gust de mantega quan aquests darrers funcionen exclusivament amb oli d'oliva. Ah I si li proposés a la Guàrdia Civil de Montblanc unes quantes lliçons de diàleg intercultural Traducció Teresa Artigas. Publié dans Non classé Un commentaire 05 septembre 2008 Riz d #8217 automne/Arròs de tardor Photo LT Au bout du bout du fleuve roulant depuis le grand Est de la Péninsule le delta de l’Èbre... Le premier document attestant de la culture du riz dans le delta remonte à 1697. Dans quelques jours ici comme à Pals dans le nord de la Catalogne autre sanctuaire de cette production la récolte sera ouverte 90 000 tonnes sont escomptées dans la région de l’Èbre. De la maison aux pieds dans l’eau photo s’élanceront les ramasseurs. Le grain est court en particulier celui de la variété « bomba » très absorbant idéal pour la cuisson lente des paellas dont la meilleure des meilleures je n’en démords pas est celle de légumes. Une amie intervient elle préfère celui de Pals parce que chaque grain reste bien détaché quand le point de cuisson parfait est atteint . Mais « le riz » que j’attends pour cet automne est celui que confectionne mon cousin Biel le riz aux châtaignes. Je les ferai venir de mon Limousin car il n’est pire dédain que celui de ses origines et de la terre qui vous a vu naître. En limousin la châtaigne c’est la « pualado ». J’entendais ce mot au marché de Brive. Sans plus attendre voici la recette appliquée à partir du Lladonosa El gran llibre de la cuina catalana Josep Lladonosa i Giró editorial Empùries mais attention Exclusivement avec du riz rond sinon c’est trahir... Ingrédients pour six personnes riz 600 grs châtaignes 500 grs côtes de porc 350 grs oignons 2 tomates mûres 6 aulx 3 gousses lard 150 grs safran pignons 25 grs sel. Élaboration trancher les côtes de porc en petits morceaux les saler les placer dans une cassole casserole en terre cuite francisation du mot occitan caçòla avec le lard. Après qu’ils ont roussi ajouter l’oignon finement coupé. Quand l’oignon a pris de la couleur ajouter les tomates épluchées et écrasées. Laisser le tout prendre consistance et se mêler. Ajouter le riz. Le mouiller avec environ un litre et demi d’eau bouillante et laisser cuire de 15 à 18 minutes. Autre intervention de l’amie mieux vaut ajouter le riz après pour s’assurer que l’eau est bien bouillante. En outre l’eau prend bien le goût de tout ce qui a été cuit . À part écraser ensemble les pignons les aulx et le safran puis délayer avec un peu d’eau de la cassole avant d’y jeter le hachis qu'on ajoute cinq minutes avant la fin de la cuisson. À part également préparer les châtaignes Précision les blanchir les faire cuire. On peut les acheter prêtes évidemment les ajouter à la cassole dix minutes avant d’éteindre.Vérifier le point de sel puis servir le riz dans sa cassole. Note désormais la chronique sera publiée toutes les deux semaines le vendredi. Prochaine chronique le vendredi 19 septembre. Photo LT Al final de tot del riu que roda des del gran Est de la Península el delta de l’Ebre... El primer document que testimonia la cultura de l’arròs al delta es remunta a 1697. D’aquí a uns dies tant aquí com a Pals al nord de Catalunya un altre santuari d’aquesta producció començarà la collita s’esperen 90.000 tones a la regió de l’Ebre. Els recol·lectors es llançaran des de la casa foto que te el peus dins de l’aigua. El gra es curt en particular el de la varietat « bomba » molt absorbent ideal per a la cocció lenta de paelles entre les quals la millor de les millors sens dubte per mi es la de verdures. Una amiga intervé prefereix el de Pals perquè una vegada ha arribat al seu punt de cocció cada gra queda molt solt . Però l’arròs que espero per aquesta tardor és el que fa el meu cosí Biel l’arrós amb castanyes. Les faré portar del meu Llemosí perquè no hi ha pitjor menyspreu que els dels orígens i de la terra que us ha vist néixer. En llemosí la castanya es la « pualado ». Sentia aquest mot al mercat de Brive. Sense esperar més aquí teniu la recepta inspirada del Lladonosa El gran llibre de la cuina catalana Josep Lladonosa i Giró Editorial Empúries però atenció Exclusivament amb arrós rodó si no seria trair... Ingredients per a sis persones arròs 600 g castanyes 500 g costella de porc 350 g cebes 2 tomàquets madurs 6 alls 3 grans llard 150 g safrà pinyons 25 g sal. Elaboració es tallen les costelles de porc en trossos petits se salen es posen en una cassola cassola de terra afrancesament de la paraula occitana caçòla amb llard. Un cop rossos s’afegeix la ceba picada finament. Quan prengui color s’hi posen els tomàquets pelats y picats. Es deixa que prengui consistència i es barregi bé. S’afegeix l’arròs. Es mulla amb un litre i mig d’aigua bullint i es deixa coure 15-18 minuts una altra intervenció de la meva amiga és millor afegir l’arròs després per assegurar que l’aigua bull. A més així l’aigua pren millor el gust de tot el que s’ha cuit . A part es piquen els pinyons els alls i el safrà es deixata amb una mica d’aigua de la cassola abans de posar la picada cinc minuts abans el final de la cocció . A part es preparen les castanyes Precisió es blanquegen es fan coure. Es poden comprar preparades evidentment i s’afegeixen a la cassola deu minuts abans d’apagar el foc. Comprovar el punt de sal i servir l’arròs amb la mateixa cassola. Traducció Teresa Artigas Nota de l'autor a partir d'ara la crònica serà quinzenal cada dos divendres. Propera crònica el divendres 19 de setembre. Publié dans Non classé Un commentaire 29 août 2008 Été 8 Costa Brava #8211 Estiu 8 Costa Brava Au loin le Cap Norfeu photo LT Le nom de Costa Brava a été homologué officiellement en 1965 mais c’est en 1908 qu’il apparaît dans un article de Ferran Agulló du 12 septembre publié dans La Veu de Catalunya et titré “Per la Costa Brava” . Jusqu’alors cette partie du littoral était nommée « La marina de la Selva » ou bien « la Marina de l’Empordà ». La veille un article de Duran i Ventosa titré “Les costes catalanes” s’était extasié sur la beauté de la côte et réclamait qu’on y organisât des voyages simples et économiques pour la contempler depuis la mer. Ferran Agulló écrit "Oh notre costa brava sans équivalent dans le monde “Celle de Mallorca Nda une côte de cette île des Baléares portait alors ce nom est plus dure plus fantastique plus grandiose elle est ouvragée par les tempêtes que le golfe attise contre l’île depuis des milliers d’années la Côte d’Or que se partagent l’Italie et la France est plus douce plus rêveuse une levée de fleurs. Nda pourtant l’appellation Côte d’Azur s’appliquait depuis 1898 . Mais la nôtre depuis La Tordera jusqu’au cap de Creus et ensuite de Port de la Selva jusqu’à Banyuls est tout courageuse Nda « brava » en catalan et rieuse fantastique et douce ciselée à coups de vagues par les tempêtes comme un haut-relief brodée par les baisers de la bonté comme un délice de nonne patiente pour qui les heures les jours les années ne comptent pas. En aucun autre lieu ami Duran toi qui a vu avec moi toutes ces côtes il n’y a un tel mariage de mer et de terre de caps et de baies de criques et de pics l’emballement des rocs de toutes les formes et de toutes les couleurs les tons la transparence de l’eau et surtout la lumière claire vive plus belle que partout ailleurs. » L’inspiration de Ferran Agulló trouva aussi sa source dans Costa Brava de Mallorca un poème de Costa i Llobera publié en 1903. Dans l’article Agulló décrit aussi le panorama depuis le couvent de Blanes où il passait ses étés. Mais l’idée de l’article aurait surgi dans son esprit à Fornells près de Begur ou à Sant Elm de Sant Feliu de Guixols où se trouve le petit monument racontant cette histoire. À la semaine prochaine. Baie de Portitxol Photo LT El nom de Costa Brava va ser homologat oficialment el 1965 però havia aparegut el 12 de setembre de 1908 en un article que Ferran Agulló va publicar a La Veu de Catalunya titulat «Per la Costa Brava». Fins aleshores aquesta part del litoral s’anomenava la «marina de la Selva» o bé la «marina de l’Empordà». La vigília a l’article titulat «Les costes catalanes» Duran i Ventosa s’extasiava davant la bellesa de la costa i reclamava que s’hi organitzessin viatges senzills i econòmics per contemplar-la des del mar. Ferran Agulló escriu «Oh nostra Costa Brava sense equivalent al món ». I continua "La de Mallorca NdA una costa de l’illa que aleshores es deia Costa Brava és més dura més fantàstica més grandiosa és feta pels temporals que el golf atia contra l’illa fa milenars d’anys la Costa d’Or que es parteixen Itàlia i França és més dolça més somniosa una faldada de flors NdA i això que el nom de Côte d’Azur s’aplicava des del 1898 però la nostra des de La Tordera al Cap de Creus i seguint el Port de la Selva fins a Banyuls ho és tot és brava i rienta fantàstica i dolça treballada pels temporals a cops d’onades com un alt relleu i brodada pels besos de la bonança com una exquisidesa de monja pacient per qui les hores els dies i els anys no tenen valor de temps. Enlloc com aquí amic Duran tu que amb mi les has vistes totes aquestes costes existeixen el maridatge del mar i la terra els caps i les badies les cales i els penyalars els esbojarraments de penyes de tots colors i formes els tons la transparència de les aigues i sobretot la llum aquesta llum clara més viva més bella que enlloc del món..." Ferran Agulló es va inspirar en Costa Brava de Mallorca un poema de Costa i Llobera publicat el 1903. A l’article Agulló descriu també el panorama des del convent de Blanes on passava els estius. Però la idea de l’article podria haver estat inspirat a Fornells a prop de Begur o a Sant Elm a Sant Feliu de Guíxols on hi ha un petit monument que explica aquesta història. Fins la setmana vinent. Traducció Teresa Artigas Publié dans Non classé Laisser un commentaire 22 août 2008 Été 7 Peinture noire #8211 Estíu 7 Pintura negra Église de Ronda une des capitales de la faïence valencienne province de Castellon de La Plana un citoyen de la ville a dû s'insurger contre la non application dans sa ville de la loi sur l'élimination des symboles franquistes. La peinture noire appliquée à la va-vite en catimini tente de recouvrir les deux symboles que le régime avait fait apposer systématiquement à la façade des églises « José Antonio Primo de Rivera » et la croix avec la mention « caïdos por dios y por España » « Tombés pour Dieu et pour l'Espagne » . Josep Maria m'accompagne. « Bueno » "Ouais " . Il file. Gêné Je me mets dans ses pas. On se tait tous les deux. Je reviens en arrière pour faire la photo. Précisions Franco est mort le 20 novembre 1975. La Constitution démocratique est entrée en vigueur le 29 décembre 1978. Les opposants à la loi d'exigence mémorielle parmi lesquels Felipe Gonzalez figure du socialisme espagnol ont parlé de combat d'arrière-garde et souligné que les monuments franquistes font partie de l'héritage espagnol pour le meilleur et pour le pire Cette anecdote de voyage rapidement évoquée m'a incité à rouvrir La mémoire l'Histoire l'oubli de Paul Ricoeur Le Seuil 690 pages auquel fait écho Le Monde de ce vendredi 22 août. Comment aboutir à la "politique de la juste mémoire" à laquelle aspirait le philosophe À la semaine prochaine... Traduction en catalan Teresa Artigas Església de Ronda una de les capitals de la ceràmica valenciana provincia de Castelló de la Plana un ciutadà es deu haver revoltat contra la no aplicació de la llei sobre l’eliminació dels símbols franquistes a la seva ciutat. La pintura negra aplicada a corre-cuita d’amagat intenta cobrir els dos símbols que el règim va fer posar sistemàticament a la façana de les esglésies “José Antonio Primo de Rivera” i la creu amb la menció “Caídos por Dios y por España”. M’acompanya el Josep Maria. “Bueno ” I segueix. Molest Jo el segueixo. Tots dos callem. Torno enrere per fer la foto. Dades Franco va morir el 20 de novembre de 1975. La constitució democràtica va entrar en vigor el 29 de desembre de 1978. Els opositors a la llei d’exigència memorialista entre ells Felipe González figura del socialisme espanyol han parlat de combat de rereguarda i han subratllat que els monuments franquistes formen part de l’herència espanyola per al millor i per al pitjor Aquesta anècdota de viatge evocada ràpidament m'ha incitat a tornar a obrir La Mémoire l'Histoire l'oubli de Paul Ricoeur Le Seuil 690 pàgines al qual fa referència Le Monde d'aquest divendres 22 d'agost. Com arribar a la "poítica de la memòria justa" a la que aspirava el filòsof Fins la setmana vinent... Publié dans Non classé Laisser un commentaire 14 août 2008 Été 6 Lluçà #8211 Estíu 6 Lluçà. Au Musée épiscopal de Vic ouvert en 1891 sous l’impulsion d’intellectuels et de clercs de l’époque de La Renaixença il ne faut pas longtemps pour aimer parmi les pièces de la collection unique de peintures sur bois l’autel de Santa Maria de Lluçà peinture à la détrempe sur panneau de peuplier du deuxième quart du XIIIème siècle. Sa puissance prescrit de prendre la route qui conduit à son lieu d’accrochage originel. Ouvert aux quatre vents couvertes de croix de terme patrie du chêne et du chêne-liège le plateau du Lluçanès conserve la discrétion naturelle aux terres de transhumance. Rentre-t-elle à la bergerie cette longue et large écharpe de laine qui traverse le chaud bitume presque à hauteur d’Olost Le « xai » prononçons « chaï » en appuyant sur le « a » l’agneau est la plus noble conquête du Lluçanès qui réclame le titre de comarque - elle est rattachée actuellement à celle d’Osona - qui s’enorgueillit de deux restaurants « une étoile » et s’amuse à notifier que ses 8400 habitants occupent paisiblement une superficie égale à celle de Barcelone. Lluçà enfin Le hameau fait boule sur la lande sèche. Il signale son joyau à 200 mètres. L’ensemble plombé par les rayons de midi paraît sur la réserve et un seul visiteur est en train d’en picorer l’âme dans le petit cloître aux 22 colonnettes nues. Ce n’est pas un chapiteau qui est passé à chacun de ces doigts fins mais une bague au chaton large serti de figures et d’animaux de motifs entrelacés et de feuilles d’acanthe toute une orfèvrerie comme j’avoue n’en avoir jamais vue d’aussi habilement trempée. Le cloître de 1160 est associé artistiquement à celui du monastère de Ripoll centre culturel de la riche époque comtale catalane dont la bibliothèque égalait celle de Tolède. Par l’effet de la profonde Crainte marcher juste au-dessus des tombes anthropomorphes empêche de parler avec de grands gestes. Elles sont dix douze peut-être plus disséminées et figées sous plaque de verre dans le sol du cloître et dans celui de l’église érigée en 905. Lluçà ne cesse de se modifier de croître et d’embellir jusqu’au dix-huitième siècle donc en superposant les styles. Bienheureuse visite on demeure longtemps dans le souvenir de l’affolement esthétique si bien que de quelque lieu qu’on évoque Lluçà réapparaissent les dentelles du cloître la copie de la Vierge Marie disparue lors des révoltes antiecclésiastiques de 1936 l’original de l’autel qu’on a laissé à Vic sa copie près des murs ornés de fonds italianisants ocres pâlis supportant les rumeurs presque exubérantes de la vie de Saint Augustin. Parmi les arêtes vives du voyage catalan demeurera Lluçà pur petit phare du Roman catalan. Extrait de Le Puzzle catalan la nation fiévreuse Autrement Paris 2007. Auteur Llibert Tarragó . Al Museu Episcopal de Vic obert el 1891 gràcies a l’impuls d’intellectuals i del clero de l’època de la Renaixença no cal gaire temps per admirar d’entre les peces d’una col·lecció única de pintures sobre fusta l’altar de Santa Maria de Lluçà pintura a l’aiguada sobre un tauló de salze del segon quart del segle xiii. La seva força empeny a agafar la carretera per anar al seu lloc d’origen. Oberta als quatre vents coberta de creus de terme i pàtria de roures i alzines sureres la plana del Lluçanès conserva la discreció natural de les terres de transhumància. Torna a la quadra aquesta bufanda llarga i ampla de llana que travessa l’asfalt calent gairebé a l’alçada d’Olost El xai és la més noble conquesta del Lluçanès que reclama el títol de comarca —actualment forma part de l’Osona— s’enorgulleix de dos restaurants amb una estrella Michelin i li fa gràcia notificar que els 8.400 habitants ocupen tranquil·lament una superfície igual que la de Barcelona. Lluçà per fi El veïnat fa pinya en una terra seca. La seva joia és a 200 metres. El conjunt emplomat pels raigs de sol del migdia sembla estar en guàrdia i un únic visitant ronda l’ànima en el petit claustre de vint-i-dues columnes nues. En cada un d’aquests dits fins és com si s’hagués posat un anell amb la pala encastada de figures i d’animals de motius entrellaçats i de fulles d’acant tota una orfebreria que confesso no haver vist mai tan hàbilment trempada. El claustre de 1160 està associat artísticament al del monestir de Ripoll centre cultural de la rica època comtal catalana la biblioteca del qual s’igualava a la de Toledo. Per efecte del Gran Temor caminar just per sobre les tombes antropomòrfiques impedeix parlar amb grans gestos. N’hi ha deu dotze potser més escampades pel terra del claustre i de l’església erigida el 905 petrificades sota d’una placa de vidre. Lluçà no va deixar de modificar-se de créixer i d’embellir-se fins al segle XVIII superposant estils. Benaurada visita et queda durant molt de temps el record d’aquest embogiment estètic. Siguis on siguis sempre que recordis Lluçà tornaran a aparèixer les puntes de coixí del claustre la còpia de la Mare de Déu desapareguda durant les revoltes anticlericals de 1936 la còpia de l’altar l’original és a Vic situada a la vora dels murs ornamentats de fons italianitzants ocres pàl·lids acollint els rumors gairebé exuberants de la vida de sant Agustí. Enmig de les arestes vives del viatge català hi romandrà Lluçà far menut i pur del romànic català. Extracte de El puzle català crònica francesa d’una descoberta La Magrana Barcelona 2008. Autor Llibert Tarragó traducció Teresa Artigas . Crédits photos Panoramique OT Lluçà Peinture rétable Museu Episcopal de Vic Cloître Jordi Domenech-Panoramio Publié dans Non classé 3 commentaires 08 août 2008 Été 5 Mafalda #8211 Estiu 5 Mafalda Le thermomètre vient de frapper à quarante. Je lis Mafalda. Je ne connaissais pas Mafalda. Lire Mafalda au petit-déjeuner est recommandable. Combien de fillettes malicieuses ont-elles été au moins une fois ainsi surnommées dans le monde hispanique Des millions me dit-on depuis qu’elle est apparue en 1964 des mains du dessinateur argentin Quino. En 1932 à Mendoza Argentine apparaissait un bébé baptisé Joaquín Salvador Lavado Tejón « Quino » de parents andalous. Sur son site en français on lit qu’il est né au son de cette berceuse « Un noir se lamentait au bord de la mer si seulement j’étais blanc pleurait-il quitte à être Catalan. » Je vous raconterai un jour la place du Catalan dans l’imaginaire hispanique. Je n’ai pas le courage. Ce n’est pas un sujet d’été. Profitez de Malfada qu’on trouve en français pour tout savoir http //fr.wikipedia.org/wiki/Mafalda . Mercredi. Le thermomètre vient de frapper à quarante. La malice de Mafalda rafraîchit l’esprit. Maman puis-je te dire que cette soupe est un affreux breuvage Ehé / Et que c'est la cochonnerie la plus immonde que j'ai jamais goûtée de toute ma vie /La critique constructive te gêne Le monde vu par Mafalda/El mon vist par Mafalda El termòmetre acaba d'arribar als quaranta. Llegeixo Mafalda. No la coneixia la Mafalda. Llegir Mafalda a l'hora d'esmozar és recomanable. Quantes nenes dolentotes hi ha hagut en el món hispànic a les quals les han anomenat així si més no una vegada Milions em diuen des de que va aparèixer el 1964 de la mà del dibuixant argentí Quino. El 1932 a Mendoza Argentina va aparèixer un nadó batejat Joaquín Salvador Lavado Tejón « Quino » de pares andalusos. A la seva web en francès es pot llegir que va néixer al so d'aquesta cançó de bressol « Un negre es planyia a la vora de la mar si almenys fos blanc plorava tret de ser català.» Un dia us explicaré el lloc del català en l'imaginari hispànic. Ara no m'hi veig amb cor. I d'altra banda aquest no és un tema d'estiu. Aprofiteu Mafalda que podeu llegir en francès per saber-ho tot http //fr.wikipedia.org/wiki/Mafalda . Dimecres. El termòmetre acaba d'arribar als quaranta. La malícia de Mafalda refresca l’esperit. Publié dans Non classé 2 commentaires 28 juillet 2008 Été 4 Muet #8211 Estiu 4 Mut Muet. La chaleur de Barcelone laisse muet. Où se replier quand en plus la ville ne semble plus que songer à ramasser l’argent des touristes et qu’on a grand peine à trouver une trace de silence Allez septembre nous lavera de tous ces abus Tout en rêvant à « une très lente neige de cristal » Philippe Jaccottet placé depuis trois jours sous perfusion d’air conditionné je vous adresse une recommandation visiter deux sites qui évoquent le photographe espagnol Luis Ramon Marin 1884-1944 auteur de cette image insolite de l’aviatrice Carmen Peche au pied de son appareil de l’armée républicaine pendant la guerre d’Espagne. Malheureusement je n’ai trouvé aucun Google du monde pour me dire au moins un peu de cette moderne Carmen sur laquelle Louise Brooks semble s’être penchée. Le premier site en français http //pariscorreze.canalblog /archives/2008/05/05/9065324.html raconte notamment comment 18 000 des négatifs de Luis Ramon Marin ont été retrouvés derrière le mur de la cuisine de sa veuve. Le second http // fundacion.telefonica /arte_tecno/marin/fotografias.html montre une partie des photos exposés récemment à Valence Espagne . Entrer dans ce diaporama accompagné par un Adagio de Haydn c’est regarder la beauté des figures absentes http //video.google.fr/videosearch q=luis+ramon+marin amp hl=fr amp sitesearch=# Muet. La chaleur de Barcelone laisse muet. Le bruit pèse. Fermer les fenêtres. Réécouter et regarder à nouveau le diaporama de Luis Ramon Marin. Puis monter le son de Two a day Chet Baker ... À la semaine prochaine. Mut. La calor de Barcelona deixa mut. On replegar-se quan a més a més la ciutat sembla que només pensa a arreplegar els diners dels turistes i a penes es troba un indici de silenci Bé setembre ens netejarà de tots aquests abusos Tot somiant en « une très lente neige de cristal » una lentíssima neu de cristall Philippe Jaccottet després de tres dies sota els dolls d’aire condicionat us adreço una recomanació visitar dos webs que recorden al fotògraf espanyol Luis Ramón Marín 1884-1944 autor de la insòlita imatge de l’aviadora Carmen Peche al peu del seu aparell de l’exèrcit republicà durant la Guerra Civil. Desgraciadament no he trobat cap Google al món per informar-me una mica més d’aquesta moderna Carmen sobre la qual Louise Brooks sembla haver-se inclinat La primera web en francès http //pariscorreze.canalblog /archives/2008/05/05/9065324.html explica com es van trobar 18.000 negatius de Luis Ramón Marín darrere d’una paret de la cuina de la seva vídua. La segona http // fundacion.telefonica /arte_tecno/marin/fotografias.html ensenya una part de les fotos exposades recentment a València. Entrar en aquest diaporama acompanyat per un Adagio de Haydn es mirar la bellesa de les figures absents http //video.google.fr/videosearch q=luis+ramon+marin amp hl=fr amp sitesearch=# Mut. La calor de Barcelona deixa mut El soroll pesa. Tancar les finestres. Tornar a escoltar el diaporama de Luis Ramón Marín. Després apujar el so de Two a day Chet Baker ... Traducció Teresa Artigas Fins la setmana vinent. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 25 juillet 2008 Été 3 l #8217 honneur de Queralbs #8211 Estiu 3 l #8217 honor de Queralbs Le nartex de Queralbs photo anonyme sur internet À la sortie de Ripoll où l’élévation du bâtiment monastique roman de première importance surgit de la ligne brisée des toits une vache était installée dans le paysage. Elle portait la robe marron clair de celles du Limousin. À mon arrivée à Queralbs les clochettes d’une troupe réduite de moutons soutenaient un air de société rurale en phase terminale. D’en bas quand la route se retrouve d’un coup accompagnée par les rails du train à crémaillère grimpant au Vall de Núria on craint que le village lâche dans la pente vertigineuse ses maisons chapeautées de lauze. Une fois qu’on est entré dans les rues corridors cette impression se renverse. On marche dans un ordre stable on toucherait presque en étirant les bras les deux côtés du passage murs de schistes gris noir empilés. Dans la montée la lecture du panneau « Pardines » m’avait immédiatement transporté dans le Puy-de-Dôme. On lit exactement le même du côté de Vic-le-Comte. Ce hasard est organisé par notre fonds commun latin pardinæ « les murs écroulés ». ... À l’écart du village les restes d’un château deux murs instables et un reliquat de tour. Les avis divergent l’un me dit que le château eut à pâtir d’un tremblement de terre dont Queralbs aurait été l’épicentre. L’autre m’explique qu’en 1680 les Français descendirent du Puigmal pour le détruire et éliminer ainsi un site de défense ennemi. Cette montagne plantée à trois jets de pierre de Queralbs dicte la limite franco-espagnole depuis le Traité des Pyrénées. Àlex le premier qui m’ouvrit les portes de la Catalogne actuelle est par intermittences de l’une de ces maisons avec son jardinet de poche en suspens au-dessus d’une spirale de petits pacages arrêtée par le vide. Nous marchons. Nous croisons des touffes de buis des rangs d’aubépine et des hêtres. Une orchidée sauvage s’est levée sans doute depuis peu car une odeur de neige flotte encore sur les cimes. Nous attendons en vain l’isard. Le chant d’un coucou prend l’air ascendant pour arriver jusqu’à nous qui tendons des jumelles vers le trou du torrent. Nous ne saurons rien de plus de l’oiseau monocorde. Retournés à Queralbs Àlex va d’effusion en effusion. À la catalane on prend les nouvelles de tous. On mesure le degré d’intimité et de sympathie à la tension du cou et à la position des joues le degré d’amitié à la force de l’accolade. L’épicerie est amplement approvisionnée une jeune femme d’origine latino-américaine occupe l’arrière du comptoir à l’intérieur de la boulangerie le patron laisse entrevoir un corps de grimpeur et la patronne est vêtue d’une blouse aussi blanche que celle d’une pharmacienne. On se croit transporté dans la série à succès de TV3 El ventdelpla Leventduplat . Ingrédients les problématiques actuelles immobilier prévarication municipale logement et emploi des jeunes immigration mémoire langue sur fond de stéréotypes bons sentiments famille amitié concorde et solidarité . Du médecin au paysan en passant par l’ouvrier les personnages affichent une propreté de sou neuf les femmes sont coquettes et tous semblent descendre des rayons « habits » du Corte Inglés. ... Sur le comptoir de la boulangerie un lot de morilles fraîches est à la vente. Elles sont ramassées du matin. Elles finiront dans nos assiettes mélangées par Núria à des œufs brouillés. Le suc onctueux prend une couleur claire de châtaigne. Les estomacs catalans éprouvent une tendresse insoupçonnée pour les champignons. Ils en connaissent tout un répertoire et le pays s’enflamme d’une manière joyeusement névrotique à l’automne dès les premières poussées de « rovellons » lactaires délicieux dans les bois de Prades et du Montseny. Ils suivent à la télévision l’émission hebdomadaire de saison Caçadors de bolets Chasseurs de champignons . Je me souviens que les Corréziens obnubilés par le cèpe et la girolle balançaient des coups de tatane aux lactaires. Ils les appelaient… les catalans Les morilles de Queralbs sont belles et pas plus grosses que le poing de Clara menue assise devant son assiette. Leur chapeau paraît celui d’un abat-jour alvéolé dans un jardin de gnomes. Clara charge de suc sa cuillère… Le dessert est offert par le paysage. Nous marchons. La montée courte vers l’église romane disposée est-ouest à flanc dans un renfoncement va nous ragaillardir. La ruelle faite avec les mêmes pierres que celles des maisons débouche sur une orchestration élémentaire d’eau d’herbe et de pierres. Derrière le petit lavoir une fontaine met au jour un filet d’eau qui la berce de son paisible murmure. Pourquoi rien n’est raté pourquoi rien ne semble manquer sur et autour des églises romanes escamotées dans les escarpements des Pyrénées et du Massif central Plus que la grande marche d’une terrasse herbue à gravir et nous avons le nez sur l’avancée du nartex qui est l’honneur de Queralbs. Il est unique en Catalogne. Seule la galerie suspendue du monastère de Serrabona lui ressemble un peu. Les six arcs sont portés par cinq colonnes de marbre surmontées de chapiteaux. Le sculpteur a taillé dans la pierre différents motifs végétaux dont des feuilles d’acanthe des oiseaux aux pattes triongulées apposées à un cercle concentrique en relief un curieux homme-bouc et une série de personnages aux yeux en plomb. Le nartex est situé plein sud. À six heures de l’après-midi dans l’ombre portée à son zénith nous entendîmes les échos d’une messe dite en catalan. C’était l’une des messes de Pâques. Nous avions poussé sans bruit la porte parée d’une ferronnerie polie par les siècles. Cent personnes peut-être étaient debout dans les travées. Au fond sur les murs des fresques… Des copies seulement les peintures originales ont été déplacées en 1932 au MNAC Musée National d’Art de la Catalogne . Pourquoi rien n’est raté pourquoi rien ne semble manquer C’était mon interrogation. En remuant des papiers ma question a trouvé réponse. Xavier Kawa-Topor directeur du Centre européen d’art et de civilisation médiévale de Conques au temps où Soulages venait de composer les vitraux de la basilique m’avait préparé un long article pour un livre. Il se fermait sur ces mots « L’architecture romane n’est ni passée ni présente. Elle recèle cette qualité d’immanence qui la rend disponible ouverte comme une maison qui désigne le ciel. C’est une évidence qui résulte de la vérité de la matière et du très profond accord de la forme et de la fonction. » Il fallait tôt ou tard quitter Queralbs. Nous nous étions attardé sur le flanc droit de l’église où barrant une autre terrasse en herbe le cimetière se résume à un simple mur haut et blanc enchâssé de niches. Un rideau de cyprès le toise. En rentrant nous étions passés sous la maison de Ko Tazawa traducteur en japonais de littérature catalane. En guise d’au-revoir j’avais recopié ce poème d’Àlex Du cimetière j’aperçois chaque maison avec son toit de vieille ardoise argentée tel un religieux en capuche de l’ordre des impénitents qui prierait ou qui rêverait ébahi de tant de montagne altière et bourrue indifférente — qui la regarde depuis des siècles embastillée dans son mutisme de plus en plus infranchissable — mais nimbé de sa propre haleine comme les bêtes à l’étable qui narquoises sont couchées en attendant des temps plus cléments… Extrait de Le Puzzle catalan la nation fiévreuse Llibert Tarragó Autrement 2007 À la semaine prochaine... A la sortida de Ripoll on l’elevació d’un edifici monàstic romànic de primera magnitud sorgeix de la línia trencada de les teulades s’hi havia instal·lat una vaca. Portava el vestit marró clar de les del Llemosí. Quan vaig arribar a Queralbs les esquelles d’un ramat reduït de bens mantenien un aire de societat rural en fase terminal. Des de baix quan la carretera es retroba de sobte amb els rails del tren cremallera grimpant cap a la vall de Núria es tem que el poble de cases cobertes de lloses hagi de caure pel pendent vertiginós. Una vegada s’ha entrat als carrers corredors la impressió es capgira. Es camina per un ordre estable i només d’estirar els braços gairebé es poden tocar els dos costats del corredor de parets de pissarra apilada de color gris-negre. A la pujada la lectura del rètol que indica Pardines em va transportar immediatament al Puy-de-Dôme. Al costat de Vic-le-Comte es pot llegir exactament el mateix. Aquest atzar està organitzat pel nostre fons comú del llatí pardinae «els murs enderrocats». ... Apartades del poble hi ha les ruïnes d’un castell dos murs inestables i les restes d’una torre. Les opinions divergeixen l’una em diu que el castell va patir un terratrèmol l’epicentre del qual hauria estat a Queralbs. L’altra m’explica que el 1680 els francesos van baixar del Puigmal per destruir-lo i eliminar així un lloc de defensa de l’enemic. Aquesta muntanya plantada a tret de pedra de Queralbs dicta el límit franco-espanyol des del Tractat dels Pirineus. Àlex Susanna el primer que em va obrir les portes de la Catalunya actual va de manera intermitent a una d’aquestes cases amb un jardinet de butxaca suspès damunt d’una espiral de petites pastures que només atura el buit. Caminem. Creuem mates de boix fileres d’arços blancs i faigs. Una orquídia salvatge s’acaba de llevar als cims encara s’hi flaira l’olor de neu. Esperem l’isard en va. El cant d’un puput enfila l’aire ascendent i ens arriba mentre dirigim els prismàtics cap al sot del torrent. No en tornarem a saber res més de l’ocell monocord. De tornada a Queralbs l’Àlex va d’efusió en efusió. A la catalana demanar per tothom. El grau d’intimitat i de simpatia es mesura segons la tensió del coll i la posició de les galtes el grau d’amistat segons la força de les abraçades. La botiga està ben assortida darrere el taulell hi ha una dona jove d’origen llatinoamericà a l’interior de la fleca l’amo deixa entreveure un cos d’escalador i la dona va vestida amb una brusa tan blanca com la d’una farmacèutica. Semblem transportats a Ventdelplà la sèrie d’èxit de TV3. Ingredients els temes actuals immobiliari prevaricació municipal habitatge i ocupació dels joves immigració memòria llengua sobre un fons d’estereotips bons sentiments família amistat concòrdia i solidaritat . Des del metge fins al pagès passant pel l’obrer els personatges fan molt de goig les dones són coquetes i tots semblen sortits de la secció de «roba» d’El Corte Inglés. ... Al taulell de la fleca hi ha una caixa de múrgoles fresques. Són del matí. Acabaran als nostres plats barrejats amb ous remenats per la Núria. El suc untuós pren el color clar de la castanya. Els estómacs catalans mostren una tendresa insospitada pels bolets. En coneixen un bon repertori i a la tardor quan surten els primers rovellons als boscos de Prada i del Montseny el país s’inflama d’una manera alegrement neuròtica. A la televisió se segueix l’emissió setmanal de Caçadors de bolets . Recordo que la gent de la Corresa obnubilats pels ceps i els rossinyols menyspreaven els rovellons. Els anomenaven... els catalans Les múrgoles de Queralbs són boniques i no gaire més grosses que el puny de la Clara menuda asseguda davant del seu plat. El barret sembla el d’una pantalla alveolada en un jardí de gnoms. La Clara omple la cullera de suc... El paisatge ens ofereix unes segones postres. Caminem. La pujada curta cap a l’església romànica disposada est-oest al costat d’un sot ens revigoritza. El carreró fet amb les mateixes pedres que les cases desemboca en una orquestració elemental d’aigua d’herba i de pedres. Darrere el petit safareig una font deixa anar un filet d’aigua que es gronxa amb un murmuri pacífic. Per què no hi ha res equivocat per què no sembla faltar res en qualsevol entorn d’esglésies romàniques replegades en els acinglats dels Pirineus i del Massís Central Només ens queda una terrassa herbosa per pujar i ens topem amb el nàrtex que és l’honor de Queralbs. És únic a Catalunya. Tan sols la galeria suspesa del monestir de Serrabona se li assembla una mica. Cinc columnes de marbre coronades per capitells sostenen sis arcs. L’escultor ha tallat en la pedra diferents motius vegetals entre els quals hi ha fulles d’acant ocells de potes triangulars inserides en un cercle concèntric en relleu un curiós boc i una sèrie de personatges d’ulls de plom. El nàrtex està situat a ple sud. A les 18 hores quan l’ombra és al zenit sentim els ecos d’una missa en català. És una de les misses de Pasqua. Sense fer soroll empenyem la porta adornada amb ferro forjat polit pels segles. Hi ha unes cent persones dretes. Al fons a les parets frescos... Només còpies les pintures originals es van traslladar al Museu Nacional d’Art de Catalunya MNAC el 1932. Per què no hi ha res equivocat per què no sembla faltar-hi res Aquesta era la meva pregunta. Remenant papers vaig trobar la resposta. Xavier Kawa-Topor director del Centre Europeu d’Art i de la Civilització Medieval de Conques a la mateixa època en què Soulages acabava de compondre els vitralls de la basílica m’havia preparat un article per a un llibre. S’acabava amb aquestes paraules «L’arquitectura romànicano és ni passat ni present. Recela aquesta qualitat d’immanència que la fa disponible oberta com una casa que dibuixa el cel. És una evidència que resulta de la veritat de la matèria i d’una harmonia molt profunda de la forma i la funció». Tard o d’hora havia de marxar de Queralbs. Ens havíem entretingut al costat dret de l’església on tallant el pas a una altra terrassa d’herba el cementiri es limita a un simple mur alt i blanc encastat de nínxols. Una cortina de xiprers s’ho mira des de dalt. De tornada vam passar per sota de la casa de Ko Tazawa traductor de literatura catalana al japonès. A tall de comiat vaig copiar aquest poema de l’Àlex Del cementiri estant albiro cada casa amb el seu llosat de vella pissarra argentada com un frare encaperullat de l’orde dels impenitents que resés o s’embadoqués atordit per tanta muntanya altiva i sorruda mesella —que l’esguarda des de fa segles encastellada en un mutisme cada cop més intransitable— però nimbat del propi baf com les bèsties a l’estable que jeuen sorneguerament a l’aguait de temps més clements... Extracte de El puzle català crònica francesa d'una descoberta Llibert Tarragó traducció Teresa Artigas La Magrana 2008 Fins la setmana vinent... Publié dans Non classé Laisser un commentaire 18 juillet 2008 Été 2 Collioure #8211 Estiu 2 Cotlliure Tel est en ce moment mon rôle aussi modeste que celui de l’olivier de papa sous la falaise des Templiers regarder le clocher depuis l’épaule de la route qui mène à Port-Vendres. Le souvenir est une main qui appuie sur les choses et la mienne enfonce la tour dans les abysses de mes quinze ans. Quand elle remonte bouchon qui secoue l’onde coule un champagne d’exclamations Dominique Martine Eugène Ariane Jean moi à tue-tête Volent au vent des robes de crêpe et escaladent les murs schisteux des mollets bruns saillants. Quand elle retrouve l’équilibre une ombre biseautée occupe l’eau de l’angle de l’église avec l’unique rempart. Un tapis de galets noirs sert une fraîcheur de source. Au mitan de la nuit les bleus de la peau de la baie et les rouges qui avaient grisé Derain s’y reposent entourés d’alevins zigzagants. Dans mon dos le paysage a accepté un moulin d’opérette. La seule vérité gambade sur le tertre d’en face Cotlliure le versant libre . La ligne brisée des toits paraît d’un autre peintre que celui qui a fixé la verticalité stellaire au bout de la fausse rue habillée en passage. On distingue une bien curieuse échauguette à l’angle d’un château parodié. Les fenêtres marmonnent dans les courtes pentes et il reste encore dans une entrée confisquant l’ombre une Catalane en noir écoutant mijoter les boulettes de picolat. Le chapeau du clocher un signe de Toscane est-il une pivoine rose au bord d’éclore ou bien le saumoné refuge des vents ingouvernables Imaginons depuis l’épaule de la route... On vole comme dans un Chagall vers l’église on fait une chatière à la frange de l’horloge on se laisse glisser le long de la joue de Dieu le retable doré puis on tire la porte et aussitôt que le dehors accueille un archer de l’âme décoche une flèche vers la chapelle marine de Saint-Vincent. On se souvient alors de Baudelaire Homme libre tu chériras la mer qu’on lisait à la lueur des pâles lamparos. Aujourd’hui le vent ne déplie rien sur la Côte Vermeille on n’entend que des bruits fins de gaze déchirée dans le citron des cours on naviguera tranquille depuis l’épaule de la route jusqu’à un autre aimant Port-Bou sud de poche crèche regardant la mer. On entrera chez Chantecler on emportera un sachet translucide alourdi par quelques grammes de cheveux d’ange confiture dorée comme on tenait à Collioure au temps d’avant le vent des robes à dix onze douze ans la poche des poissons capturés vers le coin des oursins. Collioure des mimosas étoffes jaunes de janvier Collioure des fenouils tiges sèches de septembre Je te passe la bague au doigt. À verrous tirés ma mémoire se confie à ta tour et son clocher à la douce farine des bunyètes du boulanger. Photo droits Llibert Tarragó Traduction en catalan En aquest moment aquest és el meu paper tan modest com el de l’olivera del pare sota el penya-segat dels Templers mirar el campanar des de l’espatlla de la carretera que va a Port Vendres. El record és com fer força amb una mà damunt les coses i la meva enfonsa la torre en els abismes dels meus quinze anys. Quan torna a sortir com un tap que sacseja l’onada hi brolla un champagne d’exclamacions Dominique Martine Eugène Ariane Jean i jo a plena veu Els vestits de crepè volen al vent i els tous sortints morens escalen els murs esquistosos. Quan recupera l’equilibri una ombra viselada ocupa l’aigua de l’angle de l’església amb l’única muralla. Una catifa de còdols negres ofereix una font de frescor. Enmig de la nit els blaus de la pell de la badia i els vermells que van embriagar Derain hi reposen envoltats d’alevins fent ziga-zagues. Darrere meu el paisatge ha acceptat un molí d’opereta. L’única veritat fa gambades damunt el turó del davant Cotlliure el vessant lliure . La línia trencada de les teulades sembla d’un altre pintor que el que va fixar la verticalitat estel·lar a l’extrem del fals carrer vestit de passatge. Es distingeix una talaia ben curiosa a l’angle d’un castell parodiat. Les finestres xiuxiuegen en els curts pendents i en una entrada que confisca l’ombra encara hi queda una catalana negra escoltant el xup-xup de les boles de picolat. NdT a la Catalunya Nord les boles de picolat són mandonguilles de carn. Éiane Thibaut Comelade mare del cantant Pascal Comelade en parla al llibre sobre la cuina de la Catalunya Nord La cuisine catalane ed. Jacques Lanore. El barret del campanar un senyal de la Toscana ¿és una peònia rosa a punt d’esclatar o bé el refugi assalmonat dels vents ingovernables Imaginem des de l’espatlla de la carretera. Volem com en un Chagall cap a l’església fem un trau a l’alçada del rellotge deixem-nos lliscar al llarg de la galta de Déu el retaule daurat després estirem la porta i tant bon punt l’exterior ens acull un arquer de l’ànima dispara una fletxa cap a la capella marina de Sant Vicenç. Aleshores recordem Beaudelaire Homme libre tu chériras la mer Home lliure tu estimaràs la mar que llegíem a la claror pàl·lida dels fanals de les teranyines. Avui el vent no desplega res a la Costa Vermella només se senten sorolls lleus de gasa en els patis dels llimoners. Navegarem tranquils des de l’espatlla de la carretera fins a un altre imant Portbou sud de butxaca pessebre que mira la mar. Entrarem a can Chantecler ens emportarem una bosseta translúcida afeixugada per uns quants grams de cabell d’àngel confitura daurada com a Cotlliure portàvem en temps dels vestits al vent als deu onze dotze anys la bosseta dels peixets capturats cap el racó de les garoines. Cotlliure de les mimoses tofes grogues de gener Cotlliure dels fonolls tiges seques de setembre Et poso l’anell al dit. Amb el pany tencat la meva memòria es confia a la teva torre i al seu campanar a la dolça farina de les bunyetes del forner. Traducció Teresa Artigas. Foto drets Llibert Tarragó . Publié dans Non classé Laisser un commentaire 10 juillet 2008 Été 1 laquo Je manque de mélange. raquo - Estiu 1 laquo Em falta barreja. raquo "Bien avant La Franja et les terres de Lleida nous avions croisé le Barcelonais industrialisé le Penedès avec ses lignes de vigne et la Conca de Barberà plaine intérieure pétrie en forme d’amande. Le paysage commençait à se détendre à cet endroit-là à quatre-vingts kilomètres de la capitale au renversement du col de Cabra quand sur la droite apparaît le clocher de Cabra del Camp sur son tertre rouge. "Les ravages de la fièvre immobilière semblaient dissous dans ce bariolage épanché d’oliviers d’amandiers et de noisetiers aux troncs plongés dans l’encre ocre des terrasses sèches. Nous avions lu amusés mon nom sur de petites éoliennes jaunes. Xavier m’avait demandé l’ensemble de mes patronymes. «Tarragó i Balcells du côté de mon père Esteve i Serra du côté de ma mère. » «Tu es catalan par toutes les sèves » avait commenté Xavier. Je n’y avais jamais pensé. Bien. Je pourrais donc répéter après Julien Gracq « Quant à mes origines je manque de mélange » " Extrait Le Puzzle catalan la nation fiévreuse Autrement Paris 2007 "Molt abans d’arribar a la Franja i a les terres de Lleida vam creuar el Barcelonès industrialitzat el Penedès amb les fileres de vinya i la Conca de Barberà plana interior en forma d’ametlla. En arribar a la caiguda del coll de Cabra a vuitanta quilòmetres de Barcelona el paisatge comença a relaxar-se. Aleshores a la dreta apareix el campanar de Cabra del Camp al capdamunt del turó vermell. "Els estralls de la febre immobiliària s’havien dissolt en aquest bigarrament d’oliveres ametllers i avellaners de troncs enfonsats en la tinta ocre de les terrasses seques. Havíem llegit divertits el meu cognom en els petits generadors eòlics. El Xavier em va preguntar per tots els meus cognoms «Tarragó i Balcells per la banda del pare Esteve i Serra per la de la mare». «Ets de saba totalment catalana » em va comentar. Mai no hi havia pensat. Bé desdeleshores podria repetir el que deia Julien Gracq «Pel que fa als meus orígens em falta barreja» " Extracte El puzle català crònica francesa d'una descoberta La Magrana Barcelona 2008 Publié dans Non classé Laisser un commentaire 04 juillet 2008 La friandise les dernières pages et le carillon Texte traduit en catalan après le texte en français Text traduit al català després del text en francès Sous un ciel de Barcelone "occupé à tout recouvrir d’azur tiède" photos LT Friandise linguistique Tananarive se dit Antananaribo en catalan. Je l’ai appris le mercredi 11 juin. À l’école primaire l’énoncé de Tananarive par un maître en béret avait logé en moi une idée assez formée du foisonnement tropical. Après avoir quitté sa position devant une carte épinglée au mur il avait fait suivre parmi les élèves une image qui représentait des régimes de bananes que l’étonnement rendait énormes transportés par des Noirs en sueur sur une route défoncée. Plus tard mes oreilles de treize ans avaient retenu au plus fort de la décolonisation que la République malgache se donnait pour président Philibert Tsiranana. Cet autre éclat vivant de la langue avait libéré en moi d’autres contours sonores fleuris et exotiques. On peut confondre parfois les sonorités finlandaises avec un cocktail de claquettes Kekkonen…Kekkonen…Kekkonen… Appuyez sur le premier "e" À Lahti par un soir glacial de février 1978 le nom du président Urho Kekkonen il allait vers une nouvelle réélection emplissait l’air de l’habitacle du taxi. À la radio c’était le défilé des résultats électoraux du jour. Les hivers suivants je commentais la Coupe du Monde de ski. Les noms de Marja-Liisa Hämäläinen et Harri Kirvesniemi semblaient des petites pommes du Nord lancées des pages du Kalevala l’épopée des Finnois Il en existait de plus compliqués. C’était un casse-tête pour les sténographes du journal à qui je donnais pour m’amuser des petites classes de prononciation. Toute langue est un jardin extraordinaire. Je conseille cette adresse http //dcvb.iecat.net/ La porte d’un dictionnaire l’Alcover-Moll s’ouvre. Depuis quelques mois je lui soutire d’épatants jus de fruits linguistiques. Il suffit d’inscrire le mot « estiu » « été » dans la case de recherche pour comprendre assez tranquillement ce que notre langue française a de commun avec le catalan issu vers 900 du latin vulgaire des Pyrénées orientales. *** J’ai commencé à lire les journaux par la fin lorsque Libération décida quand d’une formule toujours en cours me semble-t-il. Sur la surface entière de la dernière page est raconté un destin ce peut être celui de Jeanne Moreau celui d’un anonyme marin pêcheur breton. De cette forme de rapprochement d’avec l’autre nous allons distraitement à l’intérieur de nous-même. Nous en sortons rassérénés pour les autres aussi l’existence est la traversée du jardin aux roses épines et pétales greffes et bourgeons. Le mercredi 11 juin à 8 heures 45 — à cette minute une montre incontrôlée fait une série de trois bips dans mon sac — je parcourais le dos de La Vanguardia après celui d’ El Periòdico . D’un côté un entretien avec Balta Lorenzo « leader d’un mouvement de nourriture crue végétarienne » Une page. De l’autre une rencontre avec Miriam Subirana « spécialiste de la pensée positive » Une page. Assis à la table du Caracas de la rue Castanys j’avais lu jusqu’à la dernière goutte ces laits bon marché. Ma curiosité vitale contre la vacuité d’un sofa que ce matin-là j’avais mis à l’épreuve ma patience Je sais qu’on peut traiter des épisodes comme celui-là par le cynisme ou par la dérision. J’éprouve en réalité un sentiment de défaite. Le ciel de la pensée est sous le feu de l’escadrille des sectes de la légèreté et de la confusion des genres le fossé entre la connaissance et l’information s’élargit. De ces points de vue l’Espagne a pris de l’avance la France court pour la rattraper et pendant ce temps-là madame la baronne c’est la réinvention européenne de la semaine de 65 heures soixante-six ans après que Léon Blum a écrit Voilà le sens profond de la loi de 40 heures . Et puis combien de vieilles dames avec 300 euros de retraite Et puis et puis… Dans ma rue ces jours-ci j’ai deux fous qui hurlent assis sur un banc des heures et des heures à Paris le métro leur sert souvent d’asile. En dix ans la France a éliminé 30 000 lits dans les hôpitaux psychiatriques. La pensée libérale élimine tout ce qui est non directement rentable. Dans les moments de perplexité je regarde dans les yeux la statuette placée sur mon bureau. Elle représente Marc-Aurèle l’empereur philosophe. Cher objet inanimé Aujourd’hui il déplace ma pensée vers le dernier livre de Vincent Duclert publié au Seuil. C’est un rassemblement stimulant de textes La France une identité démocratique les textes fondateurs. On peut y lire notamment L’Édit de Nantes ainsi que Démocratie et laïcité sont deux termes identiques texte de Jean Jaurès écrit en 1904. On y trouve aussi le texte de Léon Blum que je signalais. Pourquoi Vincent Duclert écouté dans un séminaire Dans la société de l’impunité généralisée — il faut avoir vu Beigbeder « le Zola des riches » comme il se proclame présenter un de ses livres sur le passeig de Gràcia — il convient de sélectionner sévèrement ses relations. *** Le même mercredi 11 juin mais à 12 heures 30 aucune de ces préoccupations ne m’encombrait. Je marchais sur le toit brûlant du Palau de la Generalitat et ma tête touchait le ciel occupé à tout recouvrir d’azur tiède. Jamais vide ne m’était apparu aussi délicieux que celui qui s’offrit lorsque je me penchai au bord du précipice formé par le goulot de la rue del Bisbe grise de la tête aux pieds de ce gris gothique qui semble venu du Nord pour dire de la ville hé elle n’est pas que méditerranéenne ... À vingt-cinq ou trente mètres en dessous une lumière tamisée réfractait l’absence rare à cette époque de piétons. Le ciel ne réussissait pas à descendre dans ce trou frisotté par les discrètes sculptures. Appelant à la prudence Anna-Maria Reverté m’avait détourné de la rotation du vertige. Les boucles de sa chevelure coiffaient la léthargie de la ville sur cette mer de toits que le souvenir de ceux de Paris en zinc et monotones rendait encore plus disparate. Elle s’était dirigée vers une grappe de cloches de dimensions différentes but de notre escalade. Ma faculté d’observation continuait de gouverner scrutant la pierre noire et rugueuse de la tour de l’église del Pi ainsi que les deux palmiers l’un appartenant au cloître de la cathédrale l’autre planté dans la cour de la Maison de l’Archidiacre. Les deux dépassent les hauts murs qui les entourent et ils penchent l’un vers l’autre. La légende du quartier raconte qu’ils sont attirés l’un par l’autre. L’un est mâle l’autre femelle. Premier vers d’un poème de Marina Tsvetaeva Deux arbres se tendent l’un vers l’autre/... Que serait le ciel de Barcelone sans le carillon d’Anna Maria Reverté Nous n’aurions pas cette chanson de Jean-Patrick Capdevielle Écoute/Il y a toujours un carillon qui résonne/Au-dessus du port de Barcelone/... Nous serions privés à certaines heures du jour des trilles coiffant le faîte des rues serrées de Ciutat Vella. Je ne pourrais pas tendre l’oreille au souvenir du carillon d’Oslo qui agite au-dessus de la brique rouge du Radhus le même nombre de cloches quarante-neuf que celui de Barcelone. Une amie que j’avais prévenue de ce séjour sur et sous les toits imaginait une carillonneuse en Mademoiselle Le Long Bec appartenant à une chorale cacochyme quand j’avais devant moi une souriante femme jeune qui descendrait dans un moment rejoindre son mari dans la rue du Call pour le déjeuner. L’histoire de sa vocation est un conte qui reste à écrire fillette elle ouvrait les fenêtres de la rue Sant Sever un des passages du tertre barcelonais pour écouter le carillon tout proche. En allant et venant de l’école elle croisait la vieille dame qui en jouait. Quand la dame éprouva le besoin de communiquer son savoir-faire une jeune fille du quartier se présenta à sa porte. C’était Anna Maria Reverté. Comme tous les jours elle avait joué un quart d’heure après les tocs de midi d’abord Sant Martí del Canigó sardane de Pau Casals puis une série d’oeuvres incontournables de Bach la cantate BWV147 le Prélude de la Partita pour violon seul n°3 enfin une gigue. Elle recommence à dix-huit heures. Un autre programme. Chaque premier dimanche du mois à la mi-journée elle donne un concert. Le cérémonial est immuable. Dans la soupente confortable d’où l’on peut espérer capter quelque mouvement à la dérobée autour du bureau du Président de la Catalogne ses mains règlent le clavier ses pieds en socquettes ajustent le battant on voit bouger le réseau de cordelettes qui à travers le plafond réunit l’instrument et les cloches fondues chez Petit et Fritsen aux Pays-Bas http // petit-fritsen.nl/ . Écoute/Il y a toujours un carillon qui résonne/Au-dessus du port de Barcelone... « Sans la musique la vie serait une erreur » écrivit Friedrich Nietzche. « La vie est une musique et elle l’est encore plus lorsqu’elle est menée simultanément sans illusions et avec ce qu’il faut d’illusion » écrit Philippe Sollers dans Mystérieux Mozart . Nous savons où classer les chimères des « dernières » du mercredi 11 juin. Nous faut-il bien les lire pour ensuite aimer les songes d’une montée sur le toit des toits de Barcelone et les fruitées lancées comme une toupie par l’Alcover-Moll Une rose blanche boit l’eau d’un pot de terre à côté du petit buste de Marc-Aurèle. Avant qu’elle devînt rose elle était bourgeon « poncella » au singulier catalan « poncelles » au pluriel. L’Alcover-Moll s’empresse en son article savant sur ce mot de troubadour de citer Jacint Verdaguer « Com les abelles/pel front de les poncelles/que en sa brosta desclou l’alè d’abril. » « Comme les abeilles/au front des bourgeons/qui de leur pousse desserrent le souffle d’avril. *** Un entourage de fleurs de lys fidèle à celui du clocher de la cathédrale. Actualité du carillon de Barcelone voir le programme des prochaines semaines sur gencat.net/presidencia/carillo avec notamment le XV festival International de carillon de Barcelone. On l’entend sonner. Carillon ambulant il existe des carillons ambulants comme celui-ci dans les rues d’Oslo dont le concert s’achève au pied du Radhus. Anna Maria Reverté a joué sur un de ces instruments à l’occasion des Jeux Olympiques d’été à Barcelone et des Jeux Olympiques d’hiver à Albertville année 1992 . La semaine prochaine première chronique de l’été une photo-légende chaque vendredi jusqu’en septembre. La llaminadura les contraportades i el carilló "...el cel que s’ocupava de cobrir-ho tot de blau tebi." fotos LT Llaminadura lingüística en català Tananarive es diu Antananarivo. Ho he après el dimecres 11 de juny. A l’escola primària quan el mestre amb boina va enunciar Antananarivo se’m va allotjar una idea força desenvolupada de l’abundància tropical. Després d’apartar-se del mapa penjat a la paret va fer circular entre els alumnes una imatge on es veien botims de plàtans que l’admiració convertia en enormes transportats per negres suats per una carretera plena de sotracs. Més tard les meves orelles de tretze anys van retenir en el més gran dels desconsols que la república malgaix havia designat president Philibert Tsiranana. Aquest altre esclat vivent de la llengua em va alliberar altres contorns sonors florits i exòtics. De vegades els sons finlandesos es poden confondre amb un còctel de claquetes Kekkonen... Kekkonen... Kekkonen... Accentueu la primera "e" . A Lhati una nit glacial de febrer del 1978 el nom del president Irho Kekkonen estava aconseguint una altra reelecció omplia l’aire de l’interior del taxi. A la radio se sentia la desfilada dels resultats electorals del dia. Els hiverns següents vaig comentar la Copa del Món d’esquí. Els noms de Marja-Lisa Hämäläinen i Harri Kirvesniemi semblaven pometes del nord llançades des de les pàgines de Kalevala l’epopèia dels finesos N’hi havia de més complicats. Era un trencaclosques per als estenògrafs del diari als qui per divertir-me donava petites classes de pronunciació. Tota llengua és un jardí extraordinari. Aconsello aquesta adreça http //dcvb.iecat.net/ S’obra la porta d’un diccionari l’Alcover-Moll. Des de fa uns quants mesos li extrec formidables sucs de fruita lingüistics. Només cal escriure la paraula « estiu » en el requadre de cerca per entendre força tranquil ·lament el que la nostra llengua francesa té en comú amb el català sorgit del llatí vulgar dels Pirineus orientals cap el 900. *** Vaig començar a llegir els diaris pel final quan Libération va decidir quan una fórmula que em sembla que segueix vigent. Sobre tota la superfície de la contraportada s’explica un destí pot ser el de Jeanne Moreau o pot ser el d’un anònim mariner pescador bretó. Amb aquesta manera d’acostament a l’altre anem distretament cap a l’interor de nosaltres mateixos. En sortim asserenats pels altres l’existència també es la travessa d’un jardí de roses espines i pètals empelts i poncelles. El dimecres 11 de juny a les 8 45 –en aquest minut un rellotge incontrolat fa una sèrie de tres bips a la meva bossa– recorria la contraportada de La Vanguardia després de la d’ El Periódico . D’una banda una entrevista amb Balta Lorenzo « líder d’un moviment d’alimentació crua vegetariana » Una pàgina. De l’altra una trobada amb Miriam Subirana « especialista del pensament positiu » Una pàgina. Assegut a la taula del Caracas del carrer Castanys vaig llegir fins a l’última gota d’aquestes llets barates. La meva curiositat vital contra la vacuïtat d’un sofà que aquell matí vaig posar a prova la meva paciència Sé que es poden tractar episodis com aquest amb cinisme o fent broma. En realitat experimento un sentiment de desfeta. El cel del pensament és sota el foc de l’escamot de les sectes de la lleugeresa i de la confusió de gèneres la distància entre el coneixement i la informació es fa més gran. Des d’aquests punts de vista Espanya ha agafat avantatge França corre per atrapar-la i mentre tant és la reinvenció europea de la setmana de 65 hores seixanta-sis anys després que León Blum escrivís Aquí teniu el sentit profund de la llei de 40 hores . I després quantes dones grans hi ha amb 300 euros de pensió I després i després... Aquests dies al meu carrer hi tinc dos bojos que xisclen hores i hores asseguts en un banc a París el metro sovint els serveix d’aixopluc. En uns quants anys França ha eliminat 30.000 llits als hospitals psiquiàtrics. El pensament liberal elimina el que no és clarament rentable. En els moments de perplexitat miro els ulls de l’estatueta que hi ha al meu despatx. És el bust de Marc-Aureli l’emperador filòsof. Estimat objecte inanimat Avui desplaça el meu pensament cap a l’últim llibre de Vincent Duclert publicat per Le Seuil. És un recull de textes estimulant La France une identité démocratique les textes fondateurs França una identitat democràtica els textos fundadors . Especialment s’hi pot llegir L’Édit de Nantes L’edicte de Nantes i Démocratie et laïcité sont des termes identiques Democràcia i laïcitat són dos termes idèntics text de Jean Jaurès escrit el 1904. També hi ha el text de Léon Blum que esmentava fa un moment. Per què Vincent Duclert escoltat en un seminari En la societat de la impunitat generalitzada – si haguéssiu vist com Beigbeder « el Zola dels rics » tal com ell es proclama presentava un dels seus llibres al passeig de Gràcia – cal seleccionar rigorosament les relacions. *** El mateix dimecres 11 de juny però a dos quarts d’una cap d’aquestes preocupacions em feia gaire nosa. Caminava per la teulada ardent del Palau de la Generalitat i el cap em tocava el cel que s’ocupava de cobrir-ho tot de blau tebi. Mai un buit se m’havia aparegut tan deliciós com el que se m’oferia en abocar-me a la vora del precipici format pel coll del carrer del Bisbe gris de cap a peus d’aquest gris gòtic que sembla arribat del nord per dir de la ciutat Eh no només és mediterrània ... Vint-i-cinc o trenta metres més avall una llum tamisada refractava l’absència estranya en aquesta època de vianants. El cel no aconseguia entrar en aquest forat festonejat de discretes escultures. Fent gala de prudència Anna Maria Reverté m’havia desviat de la rotació del vertigen. Els rinxols dels seus cabells pentinaven la letargia de la ciutat en aquest mar de teulades que el record dels de París de zinc i monòtons feia encara més dispar. Es va dirigir cap a un botim de campanes de diferents mides objectiu de la nostra escalada. La meva facultat d’observació seguia manant escrutant la pedra negra i rugosa de la torre de l’església del Pi així com les dues palmeres l’una propietat del claustre de la catedral l’altra plantada en el pati de la Casa de l’Ardiaca. Les dues sobresurten dels murs alts que les envolten i s’inclinen l’una cap a l’altra. La llegenda del barri diu que s’atrauen mútuament. Una és mascle l’altra femella. Primer vers d’un poema de Marina Tsvetaeva Dos arbres es donen la mà/... Què seria el cel de Barcelona sense el carilló d’Anna Maria Reverté No tindríem aquesta cançó de Jean-Patrick Capdevielle Écoute/Il y a toujours un carillon qui résonne/Au-dessus du port de Barcelone/... Escolta/sempre hi ha un carrilló que sona/per damunt del port de Barcelona /... A unes certes hores del dia se’ns privaria de la refilada cobrint la sostrada dels carrers comprimits de Ciutat Vella. Jo no podria parar l’orella al record del carilló d’Oslo que agita damunt dels totxos vermells del Radhus el mateix número de campanes quaranta nou que el de Barcelona. Una amiga a qui havia avisat d’aquesta visita per sobre i per sota de les teulades imaginava una carillonera a l’estil de Mademoiselle Le Long Bec NdT personatge popular francès caracteritzant una solterona pertanyent a una coral xacrosa quan davant meu hi tenia una dona jove somrient que al cap de poc baixaria per trobar-se amb el seu marit al carrer del Call per dinar. La història de la seva vocació és un conte que queda per escriure de nena obria les finestres del carrer de Sant Sever un dels passatges del turó barceloní per escoltar el carilló proper. Anant i venint de l’escola es creuava amb la senyora gran que el tocava. Quan la senyora va sentir la necessitat de comunicar el seu saber una joveneta del barri es va presentar a la seva porta. Era l’Anna Maria Reverté. Com cada dia va tocar durant un quart d’hora després de les campanades del migdia primer Sant Martí del Canigó sardana de Pau Casals després una sèrie d’obres ineludibles de Bach la Cantata BWV147 el Preludi de la Partita nº 3 per a violí finalment una giga. Hi tornaria a les sis de la tarda. Amb un altre programa. Cada primer diumenge de mes al migdia fa un concert. El cerimonial és immutable. A les golfes confortables d’on es pot esperar captar d’esquitllentes algun moviment al voltant del despatx del president de la Generalitat de Catalunya les seves mans ajusten el teclat els peus amb mitjonets ajusten el batent es veu com es belluga la xarxa de cordetes que a través del sostre uneixen l’instrument amb les campanes foses a casa Petit et Fritsen a Holanda http // petit-fritsen.nl/index_01.htm . Escolta/sempre hi ha un carilló que sona/per damunt del port de Barcelona /... *** « Sense música la vida seria un error » va escriure Friedrich Nietzche. « La vida és una música i encara ho és més quan es porta simultàniament sense il·lusions i amb el que cal d’il·lusió » va escriure Phillippe Sollers a Mystérieux Mozart Misteriós Mozart . Sabem on classificar les quimeres de les contraportades del dimecres 11 de juny. Ens cal llegir-les bé per després poguer estimar els somnis d’una pujada a la taulada màgica de Barcelona Per apreciar els sabors de fruita que l’Alcover-Moll ens ofereix Una rosa blanca beu aigua d’un gerro de terrissa al costat del petit bust de Marc Aureli. Abans que es convertís en rosa era poncella. L’Alcover-Moll en l’article savi sobre aquesta paraula de trobador s’afanya a citar Jacint Verdaguer « Com les abelles/pel front de les poncelles/que en sa brosta desclou l’alè d’abril. » *** Actualitat del carilló de Barcelona vegeu el programa de les properes setmanes a gencat.net/presidencia/carillo en especial el XV Festival Internacional de Carrilló de Barcelona. Es por sentir com sona... Carilló ambulant als carrers d’Oslo hi ha carrillons ambulants com aquest el qual acaba el concert als peus del Radhus l’ajuntament. Anna Maria Reverté ha tocat un d’aquest instruments amb motiu dels Jocs Olímpics d’estiu de Barcelona y dels Jocs Olímpics d’Hivern d’Albertville l’any 1992 . Traducció Teresa Artigas La setmana que ve primera crònica d’estiu una foto amb peu cada divendres fins el setembre. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 27 juin 2008 La chemise rouge Photo LT Texte en catalan après le texte en français Text en català després del text en francès l La mairie distribuait des ballons blancs et Raimon portait une chemise rouge. Mais… elle est rouge Et vous pouvez toujours/ Et vous pouvez toujours/ Et vous pouvez toujours/ Et vous pouvez toujours/La faire teindre Il existe toujours un chef militaire dans un endroit du monde pour refuser d’admettre que la poésie est la réponse aux sollicitations du bonheur surtout quand c’est Léo Ferré qui le proclame…Lorsqu’on apprit à celui qui commande la région militaire de Barcelone que Raimon chanterait à l’invitation de la mairie le 15 juin au château-forteresse de Montjuïc sa bouche s’était faite aussi ronde que celle d’un Lavomatic et des témoins affirment que de « O » à «—» ses lèvres étaient passées qu’un sachet de décolorant ancien il avait remballé. Le 15 juin serait et a été jour de fête de la cession par les militaires à la municipalité de la forteresse austère posée sur la pointe de la colline couchée au sud en travers de la ville. Depuis Paris où nos hebdomadaires des salles d’attente vont répétant une Espagne ouverte jour et nuit aux modernités insouciantes « Malgré la crise l’Espagne a la pêche » toute récente couverture du Nouvel Observateur démocrates et franquistes recyclés vieillissent ensemble sans avoir pleinement divorcé. Les réflexes anciens comme celui de ce militaire font encore des blops plus ou moins palpables en surface. Ça accélère un matin ça ralentit le suivant le moteur espagnol tourne aussi avec un jeu de pistons de cette nature et la social-démocratie qui gouverne use de tout le liquide de refroidissement qu’elle sait L’équation espagnole est un millefeuille de complexités où demeurent encore quelques nostalgiques — bien placés— qui aimeraient une nouvelle fois se soulever. Ça n’est pas si loin Le 7 janvier 2006 le Chef des Forces terrestres le lieutenant général José Mena Aguado avait été mis aux arrêts domiciliaires pour avoir agité le sabre. Il avait déclaré son opposition au nouveau Statut d’Autonomie de la Catalogne. Après une si longue dictature 1939-1975 la démocratie c’est comme les tomates ça met plus de temps à mûrir dans un sol qui n’a pas été idéalement fumé. *** Il vaut mieux que l’armée ne soit jamais à la tête d’une nation. Quand mon ami Josep Maria accomplissait son service militaire en 1990 on lui servait à la cantine du « riz au drapeau » autrement dit du riz à la cubaine et de la « salade nationale » autrement dit de la salade russe *** Photo El País Les ballons blancs de la mairie la chemise rouge de Raimon… Chaque couleur racontait en ce 15 juin sa perception de l’événement. Le blanc de la mairie annonçait la destination promise au site — la création d’un centre de la Paix — au nom de ce que l’écrivain Baltasar Porcel désigna le lendemain comme une « culture verbeuse de la paix » c’est-à-dire à mes yeux sans travail de mémoire. Le rouge de Raimon pendait comme une écharpe à la mémoire du sang versé dans les fossés. Au XVIème siècle Montjuïc n’était qu’un bastion un élément des positions de défense de la Catalogne. Deux siècles plus tard après la perte de l’indépendance son visage tourna d’un quart de tour ses yeux délaissèrent la mer pour la ville et la forteresse devint alors un lieu de « défense contre l’ennemi de l’intérieur » à toute révolte dans les rues il était répondu par un bombardement. Le comble symbolique de son autre fonction celui d’une prison militaire fut atteint en 1940 lorsque fut passé par les armes le président de la Catalogne Lluis Companys. En 1951 on y enferma les derniers prisonniers politiques au moment de la grève des tramways. Photo sur internet Lieu de mémoire des « vainqueurs » les franquistes le musée militaire sur le point de fermer distribuait encore ces toutes dernières années une brochure où on pouvait lire « … pendant la guerre 1936-1939 furent fusillés dans le fossé de Sainte-Hélène un nombre considérable de Militaires Civils et Prêtres accusés d’avoir participé au Soulèvement National du 18 juillet .» Date du soulèvement de Franco contre la République légale. Toutes ces majuscules appartiennent au texte original. Autour de Montjuïc règne une légende noire nourrie par les milliers de fusillés en temps de guerre et en temps d’insurrections populaires comme celle de 1909 au terme de laquelle Francesc Ferrer i Guàrdia un grand pédagogue et leader anarchiste avait été passé par les armes. D’importantes manifestations soulevèrent l’Europe des socialistes d’alors. Il reste notamment à Bruxelles en face des bâtiments de l’Université Libre une statue à son effigie. Montjuïc est de la douleur accumulée. *** Les couleurs ont une histoire et l’histoire des couleurs est une voie de recherche de « la nouvelle histoire ». La publication en 2000 du passionnant Bleu histoire d’une couleur au Seuil de l’historien anthropologue Michel Pastoureau a marqué le tempo. Dans un récit d’Aline Angoustures on lit que dans les années cinquante en Espagne la dictature transforma en Chaperon bleu quelques éditions du Chaperon rouge . Quand je créai en 2004 la maison d’édition Tinta blava soit en catalan « Encre bleue » un parent ne comprenait pas qu’avec le passé de notre famille je pusse choisir une couleur qui avait été celle de la Phalange. *** Il y a quarante ans Claude Roy écrivait à propos de Raimon « Il dit non parce qu’il a vingt-cinq ans qu’il est un Catalan d’Espagne parce qu’il écrit et chante comme on soulage sa colère et combat l’injustice et affirme ce qu’on aime parce qu’il est un poète. Et pas un chanteur dans le vent mais un homme dans la vie. » Le temps n’a pas agi sur son utile résolution et son utile poésie. Il est de ces gens comme Pierre Bourdieu dans un tout autre domaine qui connaissent leurs ennemis et les traitent par le plus haut des détachements l’œuvre. Un autre de ces personnages obstinés circule dans la géographie de ma bibliothèque. C’est Fernand Léger. Claude Roy encore lui lisez donc Somme toute tiens signe un petit catalogue de l’exposition Les Constructeurs 1951 où on lit que Paris découvre alors que « Léger illustre bien ce qu’il y a d’étriqué de divisé de sordide dans ce sale vieux monde déglingué où il se cogne de toutes ses grandes dimensions saines. » Raimon n’a rien d’un « lion-fauve qui sait faire patte de chat patte de velours » en revanche quelle hygiène de paroles quelle rectitude aussi L’homme n’a pas changé de rive. Son chant anime assez de personnes sûres pour l’occuper toute l’année sur les scènes. D’autres qui ont appris à demander de moins en moins à la vie me taxent de nostalgique quand je leur parle de lui. Leur sottise est intéressante. Dans Quel bruit ferons-nous Arlette Farge nous invite à reconnaître la marginalisation de la parole populaire et à comprendre comment elle reste exclue de toute visibilité politique. Dans Les Mots pour résister elle et Michel Chaumont expliquent le phénomène du langage adapté pour justifier les stéréotypes commodes du genre « La classe ouvrière a disparu ». *** Je raconte maintenant ma petite histoire. Al vent chanson de Raimon entrée dans la légende tournait inlassablement chez mes parents sur le microsillon de leur exil. Avec ce viatique sous le bras j’avais frappé un jour à la porte du chanteur valencien originaire de Xativa. Avant de mourir distribuant ses maigres richesses maman m’avait légué le fameux 45 tours. Au dos de la pochette dans la marge elle avait intimé cet ordre « Celui-là ne le jette pas ». C’était l’injection de l’ouvrière à façon qui tout en ralentissant le rythme de sa machine à coudre avait dû songer dans l’inquiétude de la terre qui manque « Ce jeune homme qui crie Al vent ce pourrait être l’un de mes enfants.» Nous blancs-becs en ce temps-là que pouvions-nous comprendre Au vent/la face au vent/le cœur au vent/les mains au vent/les yeux au vent/au vent du monde/ Et tous/gonflés de nuit/cherchant le jour/cherchant la paix/cherchant dieu/au vent du monde/ La vie est grande peine/naître est déjà un grand sanglot/la vie est-elle donc ce sanglot/mais nous/ Au vent/la face au vent/le cœur au vent/les mains au vent/les yeux au vent/au vent du monde/… *** 15 juin il est un peu plus de 19 heures. Le concert est terminé depuis un quart d’heure. Alors il était descendu de la scène vers l’herbe en courant comme un champion après un but marqué. Je lui dis « Le rouge de cette chemise on dirait la Red Intuition une rose de chez Delbard ». Nous rions. Lui évoque les mots de Ferré dans Thank you Satan "Le rouge pour naître à Barcelone le noir pour mourir à Paris." Paris qui lui avait rendu hommage en juin 2006 dans la salle de l’Olympia où quarante ans auparavant chacun de ses succès parisiens le raffermissait dans son art menacé en Espagne… Puis Annalisa est entrée sous l’arbre ombreux et solitaire poussé dans cet angle du fossé de Montjuïc où Lluis Companys fut fusillé. Elle veille à tout depuis quarante ans. Comme la lumière pour regarder/et le sommeil pour dormir/comme la nuit pour veiller/et la peau pour sentir/Comme la voix pour chanter/et la vie pour vivre/comme l’eau pour nager/et le papier pour écrire/Nous avons vécu ensemble ensemble/… Elle est le « elle » de ce « nous » la diane Italienne du poète de Com un puny Comme un poing " Quand tu t’en vas dans ton pays d’Italie… Quan tu te’n vas al teu país d’Itàlia… ." *** J’ai eu des conversations professionnelles le plus souvent avec des chanteurs. Elles ont été parfois fugaces Sacha Distel me confondant avec un autre m’avait demandé après un concert que j’aille bien vite lui chercher un rasoir et France Gall je ne me souviens pas trop elle était trop jeune moi aussi pour que nous ayons plus de deux mots à échanger. D’autres conversations ont été parfois intenses. Pierre Barouh au comptoir d’un bar m’avait demandé que je lui explique l’origine de mon prénom et il avait alors pleuré dans son verre. Sans que là aussi je n’eusse rien cherché ç’avait été la même chose avec Jean Ferrat mais juste des yeux légèrement brillants parce qu’ils rencontraient sa propre histoire et celle du père jamais rentré de Nuit et brouillard . Lui aussi le plus haut des détachements l’œuvre. *** 15 juin toujours à Montjuïc. Je persiste utile et prégnante poésie. Je laisse le soin à l’imaginaire d’installer sous les branches sur un parterre de marguerites dans cet angle propice angle mort sous les hauts murs à la Vauban quelques grands artistes que Raimon a eu à côté de lui sur les scènes. Michel Portal est ce magnifique clarinettiste mozartien écouter absolument le Quintette pour clarinette et cordes K.581 chez Harmonia Mundi 90.1118 qui peut se changer en bandonéoniste pour interpréter ImProvista avec Bernard Lubat au café d’Uzeste en Gascogne. Je connais moins bien Pete Seeger un autre de ses compagnons de route. Sous un ciel rayonnant frémirait le duende tel que l’explique Garcia Lorca Jeu et théorie du duende pour trois petits euros chez Allia . Je persiste utile et présente résolution. En avant-propos au concert Raimon avait comprimé en une phrase la moelle que lui seul en chemise rouge fit couler dans la forteresse enfin libérée « Que ce qui s’est produit ici ne se reproduise ni à Guantanamo ni en aucun autre endroit du monde ». *** Voilà aussi le travail quand Raimon écrit cet À Joan Miró D’un rouge brûlant je voudrais les chansons/d’un rouge brûlant je voudrais la vie/d’un rouge brûlant tous les amours/d’un rouge brûlant. D’un rouge brûlant/ce coin si dangereux/les gens d’ici ceux du dehors/que d’un rouge brûlant nous soyons. D’un rouge brûlant je voudrais le monde/et dire les choses telles qu’elles sont. D’un rouge brûlant je voudrais le monde/et dire les choses telles qu’elles sont. Voilà aussi le travail quand Éluard s’adressait à Fernand Léger Nous avons construit des maisons/Pour y dépenser la lumière/Pour que la nuit ne coupe plus la vie en deux. La semaine prochaine La carillonneuse de Barcelone. *** Discographie dans le catalogue nourri de Raimon on recommande au lecteur français Raimon à l’Olympia enregistrements du concert du 7 juin 1966 et du concert du 13 juin 2006 Double cd Picap 910482-04 . Ne pas confondre avec cette autre pochette . Pour qui ne connaît pas Pierre Barouh acteur dans Un homme et une femme et auteur du texte de la chanson du film de Claude Lelouch introducteur de la bossa nova en France écouter Les années AZ 1963-1965 2 CD et 1 DVD AZ/Universal Jazz . Bibliographie Manel Risques et Martí Marín Montjuïc memòries en conflicte Barcelone La Esfera de los libros 2008 en catalan . La camisa roja foto LT L’Ajuntament distribuïa globus blancs i Raimon portava una camisa roja. Però... és roja I vosaltres sempre podeu/ I vosaltres sempre podeu/I vosaltres sempre podeu/I vosaltres sempre podeu/ Fer-la tenyir. En algun indret del món sempre hi ha un cap militar disposat a no admetre que la poesia és la resposta a les sol·licituds de la felicitat sobretot quan és Léo Ferré qui ho proclama... Quan li van dir al cap de la regió militar de Barcelona que Raimon convidat per l’Ajuntament cantaria el 15 de juny al castell-fortalesa de Montjuïc la boca li va quedar tan rodona com la d’un Lavomatic NdT marca de lavadores públiques i els testimonis afirmen que els seus llavis van passar de «O» a «–» que havia desat una bosseta de decolorant antic. El 15 de juny seria i ha estat dia de festa. Els militars feien cessió al municipi de l’austera fortalesa que hi ha al capdemunt de la muntanya de Montjuïc ajaguda al través al sud de la ciutat. Des de París on els nostres setmanaris de les sales d’espera van repetint una Espanya oberta dia i nit a les modernitats despreocupades “Malgrat la crisi Espanya està molt animada” portada molt recent del Nouvel Observateur demòcrates i franquistes reciclats enveillexen plegats sense haver-se divorciat del tot. Els reflexes antics com els d’aquest militar encara fan blops més o menys palpables a la superfície. Això s’accelera un matí i s’alenteix l’endemà el motor espanyol funciona també amb un joc de pistons d’aquesta naturalesa i la socialdemocràcia que governa fa servir tot el líquid de refrigeració que sap L’equació espanyola és un milfulles de complexitats on encara hi queden alguns nostàlgics –ben col·locats– als qui els agradaria sublevar-se una vegada més. No està tan lluny El 7 de gener del 2006 el cap de les Forces Terrestres el tinent general José Mena Aguado va ser arrestat al seu domicili per haver fet amenaces. Va declarar la seva oposició al nou Estatut d’Autonomia de Catalunya. Després d’una dictadura tan llarga la democràcia és com els tomàquets tarden més a madurar en un sòl que no ha estat abonat com Déu mana. *** Dit de passada val més que l’exèrcit no sigui mai al capdavant d’una nació. Quan el meu amic Josep Maria feia el servei militar el 1990 a la cantina li servien “arrós a la bandera” en comptes d’arrós a la cubana i “amanida nacional” en comptes de ensaladilla russa . *** Foto El País Els globus blancs de l’Ajuntament la camisa roja de Raimon... Aquest 15 de juny cada color explicava la seva percepció de l’esdeveniment. El blanc de l’Ajuntament anunciava la destinació promesa a aquest lloc –la creació d’un centre de la Pau– que l’endemà l’escriptor Baltasar Porcel va designar com “una cultura verbosa de la pau” és a dir per a mi sense treball de memòria. El roig de Raimon penjava com una bufanda en memòria de la sang vessada als seus fossars. Al segle XVI Montjuïc no era res més que un baluard un element de les posicions de defensa de Catalunya. Dos segles més tard després de la pèrdua de la independència el seu rostre va girar un quart de volta el seus ulls van canviar el mar per la ciutat i aleshores la fortalesa es va convertir en un indret de “defensa contra l’enemic de l’interior” qualsevol revolta als carrers era resposta amb un bombardeig. El súmmun simbòlic de l’altra funció la de presó militar va arribar el 1940 quan el president de Catalunya Lluís Companys hi va ser afusellat. El 1951 s’hi van tancar els darrers presos polítics després de la vaga dels tramvies. Lloc de memòria dels “vencedors” els franquistes durant aquests últims anys el museu militar ¬-que ara està a punt de tancar- encara distribuïa un fulletó on es podia llegir ... durante la guerra de 1936-1939 fueron fusilados en el fosso Santa Elena un considerable número de Militares Civiles i Sacerdotes acusados de participación en el Alzamiento Nacional del 18 de julio.” Data de l’aixecament de Franco contra la República legal. Tantes majúscules són ben bé del text original. Al voltant de Montjuïc hi regna una llegenda negra alimentada pels milers d’afusellats en temps de la guerra i en temps d’insurrecions populars com la del 1909 al final de la qual Francesc Ferrer i Guàrdia un gran pedagog i dirigent anarquista va ser afusellat. A Europa hi va haver importants manifestacions dels socialistes de l’època. A Bruseles hi queda en un lloc destacat davant dels edificis de la Université Libre una estàtua amb la seva efigie. Montjuïc és dolor acumulat. *** Els colors tenen una història i la història dels colors és una via de recerca de “la nova història”. La publicació l’any 2000 de l’apassionant Bleu histoire d’une couleur Edicions Seuil de l’historiador i antropòleg Michel Pastoureau n’ha marcat el tempo . En un relat d’Aline Angoustures es pot llegir que en el anys cinquanta a Espanya la dictadura va transformar en Caputxeta blava algunes edicions de la Caputxeta vermella . Quan el 2004 vaig crear l’editorial Tinta blava un parent no entenia que amb el passat de la família pogués triar un color que havia estat el de la Falange. *** Fa quaranta anys Claude Roy va escriure a propòsit de Raimon «Diu no perquè té 25 anys perquè és un català d’Espanya perquè escriu i canta per alleugerir la seva ràbia i combat la injustícia i diu allò que estimem perquè és un poeta. I no és un cantant de moda sinó un home compromès amb la vida» . El temps no ha canviat la seva útil resolució i la seva poesia útil. És d’aquetes persones que com Pierre Bourdieu en tot un altre terreny coneixen els seus enemics i els tracten amb la més gran de les indiferències l’obra. Un altre d’aquest personatges obstinats circula per la geografia de la meva biblioteca. És Fernand Léger. Claude Roy una altra vegada llegiu Somme toute caram signa un petit catàleg de l’exposició Les Constructeurs 1951 on es pot llegir que París descobreix aleshores que «Léger il·lustra el que hi ha de mesquí de dividit i de sòrdit en aquest mon ranci i atrotinat on ell es topa amb totes les seves grans dimensions sanes.» Raimon no té res d’un «lleó-fauve que sap fer de pota de gat amb les ungles amagades.”» en canvi quina higiene de paraules i també quina rectitud L’home no ha canviat de riba. El seu cant anima prou persones segures com per tenir-lo ocupat tot l’any als escenaris. D’altres que han aprés a demanar cada vegada menys a la vida em titllen de nostàlgic quan els parlo d’ell. La seva ruqueria és interessant. A Quel bruit feront-nous Quin soroll farem Arlette Farge ens convida a reconèixer la marginalització de la paraula popular i a entendre com queda exclosa de tota visibilitat política. En Les mots pour résister ella i Michel Chaumont expliquen el fenomen del llenguatge adaptat per justificar els estereotips còmodes de la mena “La classe obrera ha desaparegut”. *** Ara explico la meva petita història. Al vent cançó de Raimon que ha entrat en la llegenda sonava incansable a casa dels pares en el tocadiscs del seu exili. Amb aquest viàtic sota el braç un dia vaig trucar a la porta del cantant valencià originari de Xàtiva. Abans de morir distribuint les seves magres riqueses la mare em va llegar el famós 45 revolucions. A la contraportada al marge hi va escriure aquesta ordre “Aquest no el llencis”. Era la injecció de l‘obrera a tasca que tot alentint el ritme de la seva màquina de cosir devia pensar en la inquietud de la terra enyorada «Aquest jove que crida Al vent podria ser un dels meus fills.» Nosaltres en aquella època uns marrecs què podíem entendre Al vent / la cara al vent / el cor al vent / les mans al vent / ells ulls al vent /al vent del món. / I tots / tots plens de nit / buscant la llum / buscant la pau / buscant a Déu / al vent del món. / La vida ens dóna penes / ja el nàixer és un gran plor / la vida pot ser eixe plor / però nosaltres / al vent / la cara al vent / el cor al vent / les mans al vent / ells ulls al vent / al vent del mon... *** 15 de juny les set de la tarda passades el concert ha acabat fa un quart d’hora. Aleshores ell va baixar de l’escenari cap a l’herba corrent com un campió després de marcar un gol . Li dic “el roig d’aquesta camisa es podria dir Red Institution la rosa de Delbard ” Riem. Ell evoca els mots de Ferré a Thank you Satan "Le rouge pour naître à Barcelone le noir pour mourir à Paris." El vermell per néixer a Barcelona el negre per morir a París . París que li havia retut homenatge el juny del 2006 a la sala Olympia on quaranta anys abans cadascun dels seus èxits parisencs el reafirmaven en el seu art amenaçat a Espanya… Després l’Analisa va venir sota l’arbre ombrívol i solitari crescut en aquest angle del fossar de Montjuïc on Lluís Companys va ser afusellat. Ella té cura de tot des de fa quaranta anys. Com la llum per mirar / i la son per dormir /com la nit per vetllar/ i la pell per sentir/Com la veu per cantar/ i la vida per viure / com l’aigua per nedar / i els papers per escriure / Hem viscut junts junts/… Ella és l’”ella” d’aquest “nosaltres” la diana italiana del poeta de Com un puny … Quan tu te’n vas al teu país d’Itàlia... . *** He tingut converses el més sovint professionals amb cantants. De vegades han estat fugisseres Sacha Distel em va confondre amb un altre després d’un concert em va demanar que anés de pressa a buscar-li una maquina d’afeitar i France Gall no m’en recordo gaire ella era massa jove aleshores jo també per tenir més de dues paraules per creuar-nos. Altres converses han estat intenses. Pierre Barouh a la barra d’un bar em va demanar que li expliqués l’origen del meu nom i va acabar plorant en el seu got. Sense buscar-ho el mateix va passar amb Jean Ferrat però tan sols amb els ulls lleugerament brillants perquè es retrobaven amb la seva pròpia història i la del pare que mai no va tornar de Nuit de brouillard Nit i boira . Ell també la més gran de les indiferències l’obra. *** 15 de juny encara a Montjuïc. Insisteixo poesia útil plena de sentit. Deixo que l’imaginari tingui cura d’instal·lar sota les branques damunt d’un parterre de margarides en aquest racó propici angle mort sota els murs alts a l’estil de Vauban alguns grans artistes que Raimon ha tingut al seu costat als escenaris. Michel Portal és aquest magnífic clarinetista mozartià escoltar sens falta el Quintet per clarinet i corda K.581 a Harmonia Mundi 90.1118 que pot convertir-se en bandoneonista per interpretar ImProvista amb Bernard Lubat al cafè d’Uzeste a Gascunya. Coneixo menys Pete Seeger un altre dels seus companys de ruta. Sota un cel radiant s’estremeria el duende tal com ho explica García Lorca Jeu et théorie du duende Joc i teoria del duende per tant sols tres euros a Allia . Insisteixo útil i present resolució. Abans del concert Raimon va comprimir en una frase el moll que tan sols ell amb camisa roja va fer rajar a la fortalesa finalment alliberada “Que això que va passar aquí no es reprodueixi ni a Guantánamo ni a cap altre indret del món”. *** I aquí teniu quan el Raimon va escriure aquest A Joan Miró D'un roig encès voldria les cançons/ d'un roig encès voldria la vida/ d'un roig encès tots els amors/ d'un roig encès. D'un roig encès/aquest racó tan perillós/ la gent d'ací la de for a/que fóssem tots d'un roig encès. D'un roig encès voldria el món/i dir les coses tal com són. D'un roig encès voldria el món/i dir les coses tal com són. *** I aquí teniu també quan Éluard s’adreçà a Fernand Léger Hem construït cases / Per gastar-hi la llum / Per que la nit no talli més la vida en dos. Traducció Teresa Artigas Discografia en el nodrit catàleg de Raimon recomano al lector francès Raimon à l’Olympia gravacions del concert del 7 juny de 1966 i del concert del 13 juin del 2006 Doble cd Picap 910482-04 . Per a qui no coneix a Pierre Barouh actor d’ Un homme et une femme i autor de la lletra d'aquesta pel·lícula de Claude Lelouch s’acaba de publicar Les années AZ 1963-1965 2 CD et 1 DVD AZ/Universal Jazz . Bibliografia Manel Risques Martí Marín Montjuïc memòries en conflicte Barcelona La Esfera de los libros 2008 en català . La setmana que ve la carillonera de Barcelona. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 20 juin 2008 J #8217 écris ton prénom Elna Texte en catalan après le texte en français Text en català després d'el text en francès Commentaires possibles tout en fin des textes À Jeannette D’une assez longue exploration à la bibliothèque de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales j’avais pu conclure que la recherche sociologique s’était peu préoccupée des prénoms bien que ceux-ci jouent un rôle important dans les processus d’identification de transmission et de distinction chez le commun des mortels. D’une autre exploration aux archives de l’état-civil de Brive-la-Gaillarde j’avais noté la destinée des prénoms durant le processus de déchristianisation de la Révolution française. La disparition des saints profitait aux éléments de la nature des mois des instruments aratoires. Ainsi un garçon pouvait-il se prénommer Sarcloir Abricot ou Messidor une fille Binette Cèleri ou Myrtille. Cela peut prêter à sourire mais ces prénoms sont les signes d’un univers mental qui était en train de se forger autour de valeurs nouvelles. Dans l’orchestre de nos existences le nom frappe le tambour et le prénom joue de la flûte à bec. « Nous appelons agrandir nostre nom l’estandre et semer en plusieurs bouches nous voulons qu’il y soit receu en bonne part et que cette sienne accroissance luy vienne à profit voylà ce qu’il y peut y avoir de plus excusable en ce dessein. » Montaigne Les Essais Livre II chapitre XVI . Le prénom « l’autre nom dit Montaigne … est à quiconque aura envie de le prendre » est d’abord la pluie fine d’un appel aimant ensuite il peut devenir aussi une sorte d’agent de la mémoire. Ce n’est pas sans une pointe de curiosité accompagnée d’un mélodieux sentiment que je notai un jour sur la boîte à lettres de mon frère un Joan Ramon apparaître soudain à la place de Jean Raymond. Il reprenait donc la main avec notre père Joan et notre grand-père Ramon. Vous êtes quelques-uns à savoir combien mon prénom m’habite. Certains jours c’est le timbre de Mauthausen où je suis « né » qui se colle à ma tempe barbelés fumées résistance d’autres jours c’est une marguerite de la liberté qui fleurit à mes lèvres. Innocent prêt à signer un chèque je m’étais rendu le jeudi 18 avril 1991 à Drouot la salle des ventes parisienne pour tenter d’acquérir le manuscrit autographe de Liberté le poème de Paul Éluard. Il me manquait quelques zéros pour m’en rendre maître mais au moins avais-je pu caresser les cinq feuillets de cahier d’écolier et lire l’original des 21 quatrains… Sur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J’écris ton nom … Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté. Enfin je n’ai pas besoin d’expliquer autour de quelles valeurs une Marianne fut inscrite il y a quelques années dans le monde afin qu’elle s’accordât à la livrée de son parrain votre serviteur. Ce long préambule sert une belle histoire de prénom qui vient de survenir à Barcelone. Elle pend joliment au fil de la mémoire collective et je ne peux manquer de la dédier à Jeannette fillette quand j’étais bambin au sein de la grande famille composée des républicains espagnols réfugiés à Brive. *** Le 14 juillet 2005 Jeannette et sa sœur Martine m’avaient téléphoné pour que je les rejoigne à Elne Elna en catalan ça a son importance pour la suite où ce jour-là Nicolas Garcia le maire célébrait le rachat de la maternité suisse par la commune. Au moins dix années auparavant un article paru dans Le Monde avait attiré ma curiosité sur l’histoire du lieu une jeune volontaire du Secours Suisse aux Enfants Elisabeth Eindenbenz avait monté à Elne en 1939 une maternité pour qu’accouchent les femmes républicaines prises avec elle dans la marée de l’exode puis enfermées dans les camps d’Argelès et de Saint-Cyprien. Ce n’est que ce 14 juillet 2005 que j’allais apprendre après avoir retrouvé les deux sœurs sur place que Jeannette était l’un des 597 enfants nés à cet endroit entre 1939 et 1944. De mères espagnoles et plus tard de mères juives tziganes polonaises tchèques du camp de Rivesaltes. Elisabeth Eindenbenz en 1941 à Elne Jusqu’à cette date les Catalans d’Espagne étaient rares sur les placettes d’Elne. La ville occupe une petite butte et elle dévale sur ses jupes tirées par la plaine du Roussillon entre Perpignan et Collioure en retrait de la Côte Vermeille. Sa cathédrale marche le col haut et son cloître est un grand classique des concerts d’ombres. Un petit musée est consacré à Terrus un peintre paysagiste ami de Matisse et associé aux avant-gardes du début du XXème siècle. Le peintre elnois a produit une peinture agréable à regarder très formelle envisagée depuis la lumière la construction et la couleur. Depuis 2005 à la faveur d’un livre et d’une émission à la télévision émettant depuis Barcelone et plus amplement à la faveur du mouvement de « récupération de la mémoire historique » formule travaillée par les descendants de la République abattue par Franco le beau courage d’une Suissesse de 26 ans sème le prénom Elna dans l’état-civil catalan. Pourtant 69 ans ont passé depuis la première naissance enregistrée dans la maternité de la « demoiselle courage ». Le dimanche 8 juin à midi 66 fillettes ou bébés prénommés Elna ont été rassemblés dans le parc de La Ciutadella le petit Bois de Boulogne de Barcelone pour une photo qui devait être remise le jeudi 12 juin à Elisabeth Eindenbenz pour ses 95 ans. Deux futures mamans portaient une Elna dans leur ventre. On pourrait écrire un de ces poèmes de fraternité qui traversent le temps. On l’appellerait J’écris ton prénom Elna *** Bibliographie en français Les enfants d’Élisabeth Hélène Langrais Presses de la Cité Paris 2007 en catalan La maternitat d’Elna Assumpta Montellà Ara Llibres Barcelone 2005. Hommage de la France Le 15 mai 2007 lors d’une cérémonie à Vienne le gouvernement français a remis la Légion d’Honneur à Elisabeth Eindenbenz. Hommage de la Catalogne le Mémorial Democràtic du gouvernement catalan a placé la maternité d’Elne au centre symbolique de ses actions. Un film Manuel Huerga le réalisateur de Salvador tourne actuellement Les mares d’Elna Les Mères d’Elne . Un documentaire tourné par Frédéric Goldbronn en 2002 voir le site http // film-documentaire.fr/film.php id=11537 La semaine prochaine La chemise rouge. Escric el teu nom Elna A Jeannette Després d’una llarga recerca a la biblioteca de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales vaig arribar a la conclusió que la recerca sociològica s’havia preocupat poc pels noms tot i que aquests tenen un paper important en el procés d’identificació de transmissió i de distinció entre els mortals. D’una altra recerca als arxius de l’estat civil de Brive-la-Gaillarde vaig prendre nota del destí dels noms durant el procés de descristianització de la Revolució Francesa. La desaparició de sants afavoria els elements de la natura els mesos les eines d’arada. Així un noi podia dir-se Sarcloir Aixadell Abricot Albercoc o Messidor desè més del calendari republicà de 1793 una noia Binette Càvec Celeri Api o Myrtille Nabiu . Això es pot prestar al somriure però aquests noms són mostres d’un univers mental que s’estava forjant al voltant de nous valors. En l’orquestra de les nostres existències el cognom repica el timbal y el nom toca la flauta de bec. « Considerem engrandir el nostre nom i extendre’l i sembrar-lo en moltes boques volem que sigui rebut en moltes bandes i que aquest engrandiment li sigui profitós vet-ho aquí el més excusable que es pot trobar en aquests propòsits » Montaigne Els assajos Llibre II capítol XVI . El nom « l’altre cognom –diu Montaigne– … pertany a tot aquell que el vulgui adoptar » d’entrada és la pluja fina d’una crida amant després també es pot convertir en una mena de l’agent de la memòria. No és pas sense un bri de curiositat acompanyat d’un sentiment melodiós que un dia vaig observar que de sobte a la bústia del meu germà hi apareixia un Joan Ramon en comptes de Jean Raymond. Així doncs ell es tornava a apropriar del nostre pare Joan i del nostre avi Ramon. Sou uns quants els que sabeu com viu en mi el meu nom. Alguns dies és el segell de Mauthausen on vaig « néixer » el que s’enganxa al meu pols filferrades fumeres resistència altres dies és una margarida de la llibertat que floreix al meus llavis. Innocent disposat a firmar un xec el dijous 18 d’abril 1991 vaig anar a Drouot la sala de vendes parisenca per intentar comprar el manuscrit autografiat de Liberté el poema de Paul Éluard. Em faltaven uns quants zeros que ser-ne el propietari però si més no vaig poder acaronar els cinc fulls del quadern d’escolar i llegir l’original dels 21 quartets... Sur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J’écris ton nom … Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté. En els meus quaderns d’escolar En el meu pupitre i els arbres En la sorra en la neu Escric el teu nom ... I pel poder d’un mot Recomenço la meva vida He nascut per conèixer-te Per anomenar-te Llibertat Finalment no em cal explicar al voltant de quins valors va ser inscrita al món una Marianne fa uns quants anys a fi de concedir-li el bagatge del seu padrí vostre servidor. NdT Marianne és la figura al·legòrica de la República francesa. Representa els valors continguts en la devisa Liberté Égalité Fraternité . A tots els ajuntaments francesos hi ha el seu bust. Aquest llarg preàmbul serveix per a una bella història de nom que s’acaba de recordar a Barcelona. Penja preciosament del fil de la memòria col·lectiva i no puc deixar de dedicar-la a Jeannette una nena quan jo era un vailet en el si de la gran família formada pels republicans espanyols a Brive. *** El 14 de juliol 2005 Jeannette i la seva germana Martine em van telefonar per trobar-nos a Elna on aquell dia Nicolas Garcia l’alcalde celebrava l’adquisició de la maternitat suïssa pel municipi. Uns deu anys enrere un article publicat a Le Monde va atraure la meva curiositat sobre la història d’aquell lloc el 1939 una jove voluntària del Socors Suís als Infants Elisabeth Eindenbenz havia creat a Elna una maternitat perquè hi infantessin les dones republicanes preses com ella en la marea de l’èxode i després tancades als camps d’Argelès i de Saint-Cyprien. No va ser fins aquell 14 de juliol del 2005 que vaig saber després de trobar-me allà amb les dues germanes que Jeannette era un dels 597 infants nascuts en aquell lloc entre 1939 i 1944. Mares espanyoles i més tard mares jueves zíngares poloneses i txeques del camp de Rivesaltes. Fins aquella data els catalans d’Espanya no eren freqüents a les placetes d’Elna. La ciutat ocupa una petita punta i baixa per la faldilla que estira la plana del Rosselló entre Perpinyà i Cotlliure Costa Vermella endins. La catedral camina amb el coll alt i el claustre és un gran clàssic dels concerts d’ombres. Un petit museu està dedicat a Terrús un pintor paisatgista amic de Matisse i associat a les avantguardes de principi del segle XX. El pintor d’Elna va produir una pintura agradable de veure molt formal plantejada des de la òptica de a la llum de la construcció i del color. Des de el 2005 arran d’un llibre i d’una emissió a la televisió retransmetent des de Barcelona i encara més arran del moviment de « recuperació de la memòria històrica » fórmula treballada pels descendents de la República abatuda per Franco el coratge d’una suïssa de 26 anys sembra el nom Elna en l’estat civil català. I això que han passat 69 anys des del primer naixement enregistrat a la maternitat de la « senyoreta coratge ». El diumenge 8 de juny a les 12.00 66 nenes o nadons amb el nom d’Elna es van reunir en el parc de la Ciutadella el petit Bois de Boulogne de Barcelona per fer-se una foto que s’havia d’enviar el dijous 12 de juny a Elisabeth Eindenbenz pels seu 95 aniversari. Dues futures mares portaven una Elna al seu ventre. Es podria escriure un d’aquests poemes de fraternitat que travessen el temps. Es podria dir Escric el teu nom Elna *** Bibliografia en francès Les enfants d’Élisabeth Hélène Langrais Presses de la Cité Paris 2007 en català La maternitat d’Elna Assumpta Montellà Ara Llibres Barcelone 2005. Homenatge de França el 15 de maig del 2007 en motiu d’una cerimònia a Vienne el govern francès va concedir la Legió d’Honor a Elisabeth Eindenbenz. Homenatge de Catalunya el Memorial Democràtic del govern català ha situat la maternitat d’Elna al centre simbòlic de les seves accions. Una pel·lícula Manuel Huerga el realitzador de Salvador roda actualment Les mares d’Elna. Un documental Frédéric Goldbronn en 2002 http // film-documentaire.fr/film.php id=11537 Traducció Teresa Artigas La setmana que ve La camisa roja. Publié dans Non classé Un commentaire 13 juin 2008 Pauvre Sagrada Familia Text en català després del text en francès Texte en catalan après le texte en français L’inexpugnable Jacques Mellick a perdu la mairie de Béthune pour avoir trop misé sur l’architecture en confiant des commandes publiques à Chemetov Soler Ricciotti et Borel. Le principal slogan de son adversaire Stéphane Saint-André était « Béthune n’est pas Barcelone ou Bilbao. » Vue depuis les trottoirs de Barcelone cette histoire paraît anachronique. Les architectes démiurges dansent sur l’asphalte et la commission d’urbanisme passe son temps à ballotter l’espace. On imagine mal un maire perdre une élection pour excès de défis architecturaux. Comme ses prédécesseurs Jordi Hereu est assis sur un amoncellement de maquettes. La nouvelle qu’il vient de lâcher est intéressante d’un point de vue stratégique il se démarque de Joan Clos auquel il succède en appelant à une conception plus méditerranéenne de l’aménagement de la ville. Avant d’être nommé d’abord ministre puis ambassadeur d’Espagne en Turquie ce dernier a laissé en héritage un quartier paradoxal que Jordi Hereu a beaucoup de mal à stimuler. Diagonal Mar lyophilisée et artificielle est une zone grise un éloge rendu au ciment sec un rêve étriqué de ville nouvelle américaine. Symbole apathique du flop le bâtiment bleu triangulé des Bernois Herzog et de Meuron semble avoir inventé l’accélérateur de particules « claustrophobiques » en situation rapprochée le piéton guette au-dessus de sa tête une masse inquiétante lourde et plate. À distance c’est le cas de le dire on n’y voit que du bleu À l’époque de l’inauguration on avait louangé le bleu cobalt appliqué aux parois. « Quand je n’ai plus de bleu je prends du rouge » disait Picasso. C’était sa définition du talent. À Barcelone Herzog et de Meuron n’ont su qu’épuiser le bleu. Au final de la barbouille. La petite activité que le bâtiment abrite le condamne à une inutile présence. La dernière fois où je suis entré il pleuvait à l’intérieur comme dans le hall de l’hôtel de Sotchi au bord de la Mer Noire où à l’époque de l’Union Soviétique les cadres des partis communistes du monde entier venaient reposer leur centralisme démocratique au bord de la Mer Noire. Aux dires de certains d’entre eux cette fuite illustrait symboliquement les difficultés du régime. Quel sens faut-il accorder aujourd’hui au bâtiment de Herzog et de Meuron planté au bord de l’extrémité nord de la Diagonal *** Il y a longtemps que je voulais évoquer le bâtiment emblématique de la Barcelone touristique… Depuis des mois je souhaite que tout ce qu’on ajoute artificiellement à la Sagrada Familia s’effondre sur la tête des misérables qui pilotent l’opération. Que l’on conduise au bûcher pour outrage à Gaudi et à sa fabuleuse troupe d’artisans-artistes le sculpteur qui décore la Façade de la Passion Je rapporte le texte d’un descriptif officiel « L'ensemble suit le projet initial de Gaudi en ce qui concerne ses caractéristiques générales mais les détails sont évidemment adaptés à l'esthétique moderne. En ce sens l'iconographie très symbolique de Subirachs représente une rupture totale avec le concept figuratif de la façade opposée de la Nativité. » D’un adverbe « évidemment » est servie l’escroquerie morale subie par Gaudi. La façade de la Nativité est la seule partie du temple qui ait été directement construite par lui. En 2007 2 86 millions de visiteurs ont laissé 22 millions d’euros aux caisses recette augmentée d’un million et demi d’euros en provenance de dons et de legs. Gaudi grand dévot doit se tordre les phalanges 2% seulement des visiteurs du Temple Expiatoire invoquent un motif religieux. La fin des travaux est annoncée pour 2030. Ces derniers mois des manifestations ont réclamé de crainte que les colonnes ne s’ébranlent le détournement du souterrain de l’AVE le TGV espagnol prévu à proximité. Je rêve de cela les vibrations provoquent un matin la chute des pièces en béton cellulaire rajoutées. Nous recouvrerions la virginité de l’œuvre de Gaudi au jour de 1926 où un tramway le renversa. Visiteur écrasé par la folie de l'édifice redescends sur terre et ne manque pas l'école imaginée par Gaudi l'architecture sociale et minimaliste poussée à son paroxysme à droite en regardant la façade maudite Photo ancienne de l'école-modèle de Gaudi *** Je ne sais pas si l’hôtel en forme de voile latine qui pousse en ce moment tout au fond de la plage de La Barceloneta illustre le new deal du maire avec la Méditerranée. Il est de Ricardo Bofill. L’architecte catalan ne pourra plus se plaindre de ne pas se sentir prophète en son pays son bâtiment constituera la proue de la ville aucune autre construction n’avance à ce point dans la mer. La maquette ne m’a pas emballée l’effet de voile ne semble jouer que du côté de la ville. Encore un artifice Attendons Je me suis toujours méfié de Ricardo Bofill et de son ego surdimensionné. Dans les coulisses institutionnelles de l’Auvergne on se souvient encore du combat d’ego entre l’architecte et Valéry Giscard d’Estaing un champion en la matière. Ce dernier lui avait commandé l’aire des Volcans sur l’autoroute A 75. Le combat s’était achevé par le congédiement du Catalan. Mais la tendance la plus intéressante à observer contradictoire avec un « méditerranéisme » apaisé est la montée en puissance des projets de construction de tours. Le narcissisme de Barcelone veut-il maintenant croquer le ciel Jusqu’à présent le souci d’intégration était plutôt remarquable l’exemple le plus probant est donné par l’ensemble formé en bord de mer par l’Hospital del Mar et le Parc de Recherche Biomédicale. Les deux bâtiments le premier inauguré en 1992 pour les jeux Olympiques le second en 2006 sont signés Manel Brullet et Albert de Pineda. À gauche l'Hospital del Mar avec un bâtiment d'accueil jusqu'au faîte des palmiers. Au centre le Parc de Recherche Biomédicale en fer à cheval. On nous promet une sky line brisée. À Paris en novembre dernier la décision de la Ville de commander une série d’esquisses de tours avait provoqué des remous. Sur le site Le Journal de l’architecture http // lejournaldelarchitecte.be/projets_internationaux.php on mesure la fièvre de verticalité et de performance qui s’est emparée du monde. En fait l’esprit des tours s’est saisi de Barcelone lorsque celle de Jean Nouvel a surgi en 2005. Mon intention initiale était de pousser la grille du parc récemment créé par notre Prix Pritzer 2008 le Nobel de l’architecture implanté dans le voisinage de sa tour-obus. Mais je me suis égaré en chemin Diagonal Mar la Sagrada Familia le « méditerranéisme » de Jordi Hereu… Bientôt je vous présenterai "Nouvel en bleu-rouge-vert". La semaine prochaine J’écris ton nom Elna Pobra Sagrada Família L’inexpugnable Jacques Mellik ha perdut l’alcaldia de Béthune per haver-se-la jugat per l’arquitectura confiant encàrrecs públics a Chemetov Soler Ricciotti i Borel. El principal eslògan del seu adversari Stéphane Saint-André era « Béthune no és ni Barcelona ni Bilbao » Vist des de les voreres de Barcelona aquesta història sembla anacrònica. els arquitectes demiürgs ballen damunt l’asfalt i la comissió d’urbanisme dedica el temps a fer trontollar l’espai. Fa de mal imaginar que un alcalde perdi unes eleccions per un excés de reptes arquitectònics. Com els seus predecessors Jordi Hereu està assegut damunt d’una pila de maquetes. La notícia que acaba de llançar és estratègicament interessant es desmarca de Joan Clos al qual va succeir apel·lant a una concepció més mediterrània de distribució de la ciutat. Abans de ser nomenat ministre i després ambaixador d’Espanya a Turquia aquest darrer va deixar en herència un barri paradoxal que Jordi Hereu difícilment pot estimular. Diagonal Mar liofilitzada i artificial és una zona grisa un elogi retut al ciment sec un somni mesquí de nova ciutat nord americana. Símbol apàtic del fracàs l’edifici blau dels bernesos Herzog i de Meuron sembla haver inventat l’accelerador de partícules « claustrofòbiques » en acostar-s’hi el vianant veu damunt del seu cap una inquietant massa pesada y plana. A distància cal dir-ho tan sols es veu el blau Quan es va inaugurar es va lloar el blau cobalt aplicat a les parets. « Quan se m’acaba el blau agafo el vermell » deia Picasso. Era la seva definició del talent. A Barcelona Herzog i de Meuron només han sabut esgotar el blau. Al final una empastifada. L’escasa activitat que allotja l’edifici el condemna a una presència inútil. L’última vegada que hi vaig entrar a l’interior hi plovia de la mateixa manera que al hall de l’hotel de Sotchi a la vora del Mar Negre on a l’època de la Unió Soviètica els quadres dels partits comunistes de tot el món venien a reposar el seu centralisme democràtic a la vora del Mar Negre. Segons alguns aquesta fuita il·lustrava simbòlicament les dificultats del règim. Quin sentit cal donar avui a l’edifici d’Herzog i de Meuron plantat a la vora de l’extrem nord de la Diagonal *** Fa molt temps que volia evocar l’edifici emblemàtic de la Barcelona turística... Des de fa mesos desitjo que tot allò que s’afegeix artificialment a la Sagrada Família s’esfondri damunt del cap dels miserables que dirigeixen l’operació. Que portin a la foguera per ultratge a Gaudí i a la seva fabulosa tropa d’artesans-artistes l’escultor que decora la façana de la Passió Proporciono un text d’un fulletó descriptiu « El conjunt segueix el projecte inicial de Gaudí pel que fa a les característiques generals però els detalls evidentment s’han adaptat a l’estètica moderna. En aquest sentit la iconografia tan simbòlica de Subirachs representa una ruptura total amb el concepte figuratiu de la façana oposada de la Nativitat. » La presencia de l'adverbi « evidentment » demostra l'estafa moral. La façana de la Nativitat es l’única part del temple que ell va construir directament. El 2007 2 86 milions de visitants van deixar 22 milions d’euros a la caixa ingressos que van augmentar amb un milió i mig d’euros procedents de donacions i llegats. Gaudí molt devot es deu retorçar dits tan sols el 2% dels visitants del temple expiatori al·leguen un motiu religiós. La fi de les obres s’ha anunciat per al 2030. Aquests últims mesos hi ha hagut manifestacions que han reclamat per temor que les columnes trontollin el desviament de soterrani de l’AVE El TGC espanyol previst a prop. Somio això un matí les vibracions provoquen la caiguda de les peces de formigó cel·lular que s’hi han afegit. Recuperaríem la virginitat de l’obra de Gaudí en el dia de 1926 en què el va atropellar un tramvia. Visitant esclafat per la follia de l'edifici torna de peus a terra i no t'oblidis de l'escola imaginada per Gaudí arquitectura social i minimalista portada al seu paroxisme a mà dreta mirant la maleïda façana *** No sé si l’hotel en forma de vela llatina que ara creix al fons de la platja de la Barceloneta il·lustra el new deal de l’alcalde amb el Mediterrani. És de Ricard Bofill. L’arquitecte català no podrà queixar-se més de no sentir-se profeta al seu país el seu edifici serà la proa de la ciutat en el mar cap altra construcció quedarà per davant d’aquest punt. La maqueta no m’ha entusiasmat sembla que l’efecte de vela només el juga cap a la banda de la ciutat. Un artifici més Ja ho veurem Sempre he desconfiat de Ricard Bofill i del seu ego sobredimensionat. Entre els bastidors institucionals de l’Alvèrnia encara es recorda la lluita d’ego entre l’arquitecte i Valéry Giscard d’Estaing un campió en la matèria. Aquest últim li havia encarregat l’àrea dels Volcans a l’autopista A75. La lluita va acabar amb l’acomiadament del català. Però la tendència a observar més interessant contradictòria amb un « mediterraneisme » tranquil és el aument dels projectes de construcció de torres. El narcisisme de Barcelona ara vol menjar-se el cel Fins ara el desig d’integració era més aviat destacat l’exemple que millor ho posa de manifest és el del conjunt format a la vora del mar per l’hospital del Mar i el parc de Recerca Biomèdica. Els dos edificis el primer inaugurat el 1992 per als Jocs Olímpics el segon el 2006 estan signats per Manel Brullet i Albert Pineda. Se’ns promet un sky line trencat. Ningú protesta quan es recorda que el passat novembre a París la decisió de la ciutat d’encarregar una sèrie d’esbossos de torres va provocar un bon enrenou. Al web Le Journal de l’architecture http // lejournaldelarchitecte.be/projets_internationaux.php es mesura la febre de verticalitat i de performance que s’ha apoderat del món. En realitat l’esperit de les torres es va apoderar de Barcelona quan el 2005 va sorgir la de Jean Nouvel. La meva intenció inicial era empènyer la reixa del parc que va crear recentment nostre Premi Pulitzer 2008 el Nobel de l’arquitectura a prop de la seva torre obús. Però m’he perdut pel camí Diagonal Mar la Sagrada Família el nou « mediterraneisme » de Jordi Hereu. Aviat us presentaré « Nouvel blau-vermell-verd ». Traducció Teresa Artigas. La setmana que ve Escric el teu nom Elna. Publié dans Non classé Un commentaire 06 juin 2008 J #8217 avais titré laquo Voyage-voyage raquo #8230 Text en català després del text francès « Le 14 février 2000 à 18 heures 30 salle de réunion de la Bibliothèque Municipale Inter Universitaire 17 rue Bardoux à Clermont-Ferrand est donnée par Monsieur Jean-Charles Vergne directeur du Fonds Régional d’Art Contemporain une conférence intitulée Le titre dans l’œuvre d’art . » Je n’ai jamais vérifié si l’événement s’est produit. Il est probable que oui J’évoque ce fait parce que je viens de retrouver l’invitation qui m’était alors parvenue. J’en parle aussi parce que rien qu’au mot « titre » ma mémoire donne des coups d’aile à des renaissances de jubilation. Dans le journalisme sportif réceptif aux jeux de mots à cause d’Antoine Blondin Ah La Prise de la Pastille un 14 juillet sur le Tour de France on m’a laissé titrer autrefois c’était dans L’Équipe Les Calori gênes au-dessus d’un commentaire sur la fascinante gémellité de Pierre et Jacques Calori un équipage de kayakistes. Je peux aussi revendiquer un Allô Platt qui annonçait un entretien par téléphone avec Robert Platt leur entraîneur. Enfin je n’avais pu m’empêcher de fixer sur le journal un Du côté de chez Svan après une rencontre avec le champion suédois de ski de fond Gunde Svan dans son comté de Dalarna. Tout en soulevant ces trois petites pierres de mon jardin je songe à Denis Lalanne croisé au sein de ce même journal. D’un Et de Lux jaillit la lumière il avait monté en légende un essai de paseo marqué par Jean-Pierre Lux trois-quarts centre de l’US Dax. *** Mêmes temps mais autre esprit. Ne surgit de ma collaboration au Monde qu’un suggestif Un Mongol sans son cheval c’était en février de 1984 à Sarajevo cité alors dans la paix des Jeux Olympiques. En revanche je n’ai pas conservé le souvenir du titre couronnant une enquête sur les conséquences des importations de mouton néo-zélandais en Limousin et en Poitou-Charentes Dans cette zone-là du journal régnaient d’austères rédacteurs en chef. *** Le conférencier de l’invitation Le titre dans l’œuvre d’art savait-il que Joan Brossa choisissait parfois les titres des tableaux de son compatriote Antoni Tàpies L’escarnidor de diademes Le railleur de diadèmes La natura morta del si re fa la traduction inutile El dau modern de Versalles Le dé moderne de Versailles sont de ce grand écrivain catalan comme Tàpies qui a exploré la poésie visuelle la poésie scénique et la poésie tout court. Ce « mystique de l’aberration » Cabral avait inventé pour ses propres œuvres situées parfois aux marges de Magritte et de Duchamp des assemblages de mots qu’on aimerait avoir reçus Deux feuilles de platane tenues par un clip Dues fulles de plàtan agafades amb un clip L’ancre et le verre d’eau L'ancora i el vas d'aigua etc. *** Au premier jour d’écriture d’approche de ce onzième Trottoir j’avais déjà choisi son titre. Ce serait Voyage-voyage car gavé de kilomètres ces dernières semaines m’est revenu le titre emblématique de la chanson française des années 80 voix de Desireless sur des paroles qui elles laissent à désirer. Qu’on en juge Sur le Gange ou l'Amazone/Chez les blacks chez les Sikhs chez les jaunes/Voyage voyage/Dans tout le royaume/Voyage-voyage. Au deuxième et actuel jour d’écriture de ce Trottoir dans la Barcelone retrouvée je viens donc d’achever le préambule. Dans mon champ de vision demeurent des traces des villes et des paysages séjournés formes brèves aux immodestes titres. *** LAC LÉMAN LA NATURE ORDONNÉE.– En Suisse panoramas que rien ne pourrait remuer. Tout paraît si bien réglé On dirait qu’il ne peut se produire d’accident d’aucune sorte ni dans le paysage ni derrière les fenêtres jusqu’aux typographies toilettées des affiches des revues des livres… Dès lors la Catalogne au loin paraît plus chaotique. CLERMONT-FERRAND LA VILLE QUI DIT NON.— Je n’aime pas Clermont-Ferrand depuis qu’elle a refusé en 198… le projet d’Hôtel de Région de Renzo Piano l’architecte de Beaubourg. Je n’ai pas photographié le marché Saint-Pierre hideux et comme tombé d’un cargo ni la place de Jaude transformée en dalle. Clermont s’étonnerait presque d’avoir dit oui au tramway. J’ai préféré les nuages au-dessus de la cathédrale noire. La ville est pardonnée par la nature qui l’entoure. AUVERGNE BLONDE DES TOURS DE FRANCE.— Vers Issoire paysages de Tour de France gazouillis de limonades sous les toits de tuiles romanes désirs d’attente les yeux mi-clos sous les fontaines damier vert et jaune jaune des colzas vert des luzernes fins de neiges lenteurs indécises vignes alanguies. Dans la cave de Bernard j’ai retrouvé Jean. ROCHEFORT-MONTAGNE LE CRÉPUSCULE RURAL.— La fin du monde rural belle fin tellement elle semble ne pas vouloir en finir tout à fait. Le restaurant annonce un menu roboratif. Dans une cour des poules libres et un chat roux. Boue séchée aux bas des caisses des voitures. Dans la Maison de la Presse tout un mur de pelotes de laine. La semaine prochaine Architectures joies et agacements. Havia titulat Viatge viatge … Es poden veure les fotos a la part en francès « 14 de febrer del 2000 a les 18.30 hores sala de reunions de la Bibliothèque Municipale Inter Universitaire carrer Bardoux 17 de Clermont-Ferrand el senyor Jean-Charles Vergne director del Fons Regional d’Art Contemporani fa una conferència titulada El títol en l’obra d’art. » Mai no he verificat si l’esdeveniment es va celebrar. És probable que sí Recordo aquest fet perquè acabo de trobar la invitació que vaig rebre aleshores. També en parlo perquè al sol mot de « títol » la memòria anima les ganes de tornar a certes alegries. En el periodisme esportiu receptiu als jocs de paraules a causa d’Antoine Blondin Ah La presa de la Pastilla un 14 de juliol durant el Tour de França en altres temps a L’Equipe em van deixar titular Les Calori gènes Els Calori gens al capdamunt d’un comentari sobre la fascinant condició de bessons de Pierre i Jacques Calori un equip de kayakistes. També puc reivindicar un Allô Platt que anunciava una entrevista telefònica amb Robert Platt el seu entrenador. N de T en francès Allô Platt significa Digui Platt però sona també com À l’eau plate que significa Amb aigua sense gas . Finalment no em vaig poder estar de fixar en el diari un Du côté de chez Swann Pel cantó de Swann del mestre Proust després d’una trobada amb el campió suec d’esquí de fons Gunde Svan al seu comtat de Dalarna. Mentre aixeco aquestes tres pedretes del meu jardí penso en Denis Lalanne creuat en el si d’aquest mateix diari. D’un Et de Lux jaillit la lumière I de Lux va brollar la llum va fer llegenda d’un assaig de paseo marcat per Jean-Piere Lux el famós centre tres quarts de l’US Dax. *** Mateixos temps però un altre esperit. De la meva col·laboració a Le Monde va sorgir un suggerent Un Mongol sans son cheval Un mongol sense el seu cavall era el febrer de 1984 a Sarajevo aleshores una ciutat en la pau dels Jocs Olímpics. Per contra no he conservat el record del títol que coronava una investigació sobre les conseqüències de les importacions de xai neozelandès al Llemosí i a Poitou-Charentes En aquesta banda del diari hi regnaven redactors en cap austers. *** Sabia el conferenciant de la invitació El títol en l’obra d’art que Joan Brossa de vegades triava els títols dels quadres del seu compatriota Antoni Tàpies L’escarnidor de diademes La natura morta del si re fa la el Dau modern de Versalles són d’aquest gran escriptor català com Tàpies que ha explorat la poesia visual la poesia escènica i la poesia a seques. Aquest « místic de l’aberració » Cabral va inventar per a les seves pròpies obres sovint situades als marges de Magritte i de Duchamp conjunts de paraules que ens agradaria haver rebut Dues fulles de plàtan agafades amb un clip L’àncora i el vas d’aigua... *** El primer dia de l’escriptura de l’esborrany d’aquesta onzena Vorera ja havia triat el títol. Seria Voyage-voyage perquè encebat de kilòmetres aquestes últimes setmanes em va venir el títol emblemàtic de la cançó francesa dels anys 80 veu de Desireless amb paraules que deixen molt a desitjar. Jutgeu Sur le Gange ou l'Amazone/Chez les blacks chez les Sikhs chez les jaunes/Voyage voyage/Dans tout le royaume/Voyage-voyage. En el Ganges o l’Amazones/entre els blacks entre els sikhs entre els grocs/ Viatge viatge/En tot el reialme/ Viatge-viatge . http //fr.youtube /watch v=6PDmZnG8KsM En el segon i actual dia d’escriptura d’aquesta Vorera a la Barcelona retrobada ja he acabat el preàmbul. En el meu camp de visió hi romanen els rastres de ciutats i de paisatges on he estat formes breus amb títols immodestos. *** LLAC LÉMAN LA NATURA ENDREÇADA.- A Suïssa panorames on res ni ningú podria tocar cap cosa. Tot sembla tan ordenat Es diria que no es pot produir cap mena d’accident ni en el paisatge ni darrere les finestres fins les tipografies acurades dels rètols de les revistes dels llibres... Des d’aleshores de lluny Catalunya sembla més caòtica. CLERMONT-FERRAND LA CIUTAT QUE DIU NO.- No m’agrada Clermont-Ferrand des de que el 198... va rebutjar el projecte de la seu de la Regió d’Alvèrnia de Renzo Piano l’arquitecte del Beaubourg. No he fotografiat el mercat de Saint-Pierre horrible com caigut d’un vaixell de càrrega ni la plaça de Jaude transformada en una llosa immensa. Clermont gairebé es sorprendria d’haver dit sí al tramvia. M’he estimat més els núvols damunt la catedral negre. La ciutat queda perdonada per la natura que l’envolta. ALVÈRNIA ROSSA DELS TOURS DE FRANÇA.- Cap a Issoire paisatges de Tour de França murmuris de gasoses sota les teulades de teules romanes desitjos d’espera amb els ulls mig tancats sota les fonts escaquer verd i groc groc de la colza verd de la userda finals de neu lentituds indecises vinyes llangoroses. Al celler del Bernard he trobat el Jean. ROCHEFORT–MONTAGNE EL CREPUSCLE RURAL.- La fi del món rural tan bella fi que sembla no voler-se acabar del tot. El restaurant anuncia un menú roboratiu. En un pati gallines en llibertat i un gat pèl-roig. Fang sec sota les carrosseries dels cotxes. Al quiosc tot un embà cobert de madeixes de llana. Traducció Teresa Artigas La setmana que ve arquitectures alegries i irritacions. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 30 mai 2008 Garraf paysage ami Text en català després del text en francès On peut évaluer les dynamiques de territoire à partir de la photographie. Christian Guy et Pierre Enjelvin s’y emploient depuis 1999. Cette année-là ils avaient créé l’Observatoire Photographique des Territoires du Massif central OPTMc . Amis de l’orthographe française Massif central s’écrit avec un « c » minuscule Membre un temps du conseil d’administration je les vois encore étaler leurs patients travaux sous nos yeux notamment les yeux d’Yves Michelin le géographe des Volcans d’Auvergne lire Les Jardins de Vulcain . Ces travaux consistent en campagnes de prises de vue — étalées dans le temps — de points sélectionnés dans le paysage. La succession d’images d’un carrefour d’une entrée de bourg etc. prises systématiquement année après année du même endroit en dit beaucoup sur les politiques publiques sur l’évolution de l’esthétique urbaine sur l’en-cours de la ruralité parmi d’autres aspects. Appliquée à la Catalogne cette méthodologie placerait le paysage à un point haut sur l’échelle de Richter des séismes urbanistiques. Je songe aux secousses enregistrées par Constantí dans la plaine de Tarragone où les raffineries surplombent les amandiers par le Poblenou barcelonais où les grues chatouillent les ailes des mouettes par la Costa Brava par par par… Mais il reste encore des paysages qui n’ont pas changé d’humeur et semblent attendre tranquillement leur peintre. En Catalogne la longue traîne de l’âge d’or médiéval entre au fond du fond de la pupille à Montblanc par exemple derrière les hautes murailles la place de la mairie transforme le goût du café au lait dominical. Ce doit être l’effet de la lenteur des pierres anciennes et de la paix allumée par l’ombre retenue derrière les arcs… *** Je rentre de Garraf où à cent pas de l’écume des vagues une chaîne de cabanons peints en vert et en blanc forment une jolie virgule. Il pleuvait. Un cadeau pour ce pays de rivières avec leurs successions d’assecs pour ce pays en manque d'eau depusi des mois. En marchant l’un d’entre nous se crut transporté dans La Mort à Venise « Au bord du flot il s’arrêta la tête basse dessinant de la pointe du pied dans le sable humide … et le dit doucement. Un autre se proposa de venir tourner le film qu’il a dans la tête. Je l’informai qu’il ne serait pas le premier… Cinéma sur le sable photos 2007 Un autre encore m’expliqua que le « margalló » l’unique palmier autochtone d’Europe est ici chez lui le massif du Garraf est sa limite nord. Assis un instant sous l’ordre sans prétention des toitures à double pente et observant deux surfeurs en train de se débattre dans la petite anse me tenant calé contre un pilotis au pied d’un escalier abordé par le sable lourd j’y viens lentement parce que la transformation fut lente… dans la paix d’un Garraf alangui un fin duvet se forma dans mon esprit mémorielle chimie de douches municipales et de limonades sur le chemin de la rivière aux peupliers blancs « ma » Corrèze entièrement « mienne » quand la pluie glissait sur les bambous et restait cloisonnée dans ses feuilles. Un paysage est ce qu’on en fait. Châteaux de sable du Garraf. Paella du Garraf. *** Comme le développe longuement Alain Roger dans son Court traité du paysage Gallimard le Fujiyama n’est plus un être naturel « mais la création millénaire de ces mille génies de la culture japonaise ». Il cite Charles Lapicque « La butte Montmartre ressemble à Utrillo le port de Rouen à Marquet la campagne d’Aix-en-Provence à Cézanne. Que dis-je ressembler la montagne Sainte-Victoire finit par n’être qu’un Cézanne. » L’anse de Garraf est comme le musicien Antonydes. Montaigne rapporte Les Essais Livre III Chapitre V que « quand il avoit à faire la musique Antonydes mettoit ordre que devant ou après luy son auditoire fut abreuvé de quelques autres mauvais chantres chanteurs . » Ainsi l’anse de Garraf pour sa gloire discrète paraît avoir dicté ordre au monde qu’avant elle et après elle fussent placés les abus de Barcelone et de Sitges. La petite plage de Garraf semble attendre tranquillement son peintre Mais comme l’art moderne a déserté le paysage… Bonne nouvelle l’un des principaux pourfendeurs des tendances actuelles vient d’être élu à l’Académie française. Il s’agit de Jean Clair. J’ai évoqué sa personne son rôle dans l’art contemporain voir Le Choc Music 9 mai 2008 . La semaine prochaine Voyage-voyage chemins de… Garraf paisatge amic Fotos en el text en francès Les dinàmiques de territori es poden evaluar a partir de la fotografia. Christian Guy i Pierre Enjelvin s’hi escarrassen des del 1999. Aquell any van crear l‘Observatoire Photographique des Territoires du Massif central OPTMc . Amics de l’ortografia francesa Massif central s’escriu amb una « c » minúscula Fa temps membre del consell d’administració encara els veig exposar als nostres ulls les seves feines pacients particularment els ulls d’Yves Michelin el geògraf dels volcans de l’Alvèrnia llegir Les jardins de Vulcain . Aquestes feines consisteixen en campanyes de preses de vista –distribuïdes en el temps– de punts seleccionats del paisatge. La successió d’imatges d’una cruïlla de l’entrada d’una vila etc. preses sistemàticament any rere any des del mateix lloc diu molt sobre les polítiques públiques sobre l‘evolució de l’estètica urbana sobre el decurs de la ruralitat entre d’altres aspectes. Aplicada a Catalunya aquesta metodologia situaria el paisatge en un alt grau de l’escala de Richter dels sismes urbanístics. Penso en els terratrèmols enregistrats a Constantí a la plana de Tarragona on les refineries dominen els ametllers en el Poblenou barceloní on les grues pessigollegen les ales de les gavines en la Costa Brava en en en... Però encara queden paisatges que no han canviat d’humor i semblen esperar tranquil·lament el seu pintor. A Catalunya la llarga cua de l’edat d’or medieval entra fins el fons del fons de la pupil·la a Montblanc per exemple darrere les altes muralles la plaça de l’Ajuntament transforma el gust del cafè amb llet dominical. Deu ser l’efecte de la lentitud de les pedres antigues i de la pau encesa per l’ombra atrapada darrere dels arcs... *** Torno del Garraf on a cent passes de l’escuma de les onades una cadena de cabanyes pintades de verd i blanc formen una coma preciosa. Plovia. Un regal per aquest país de rius amb successió de tolls un país que falta d'aigua des de fa mesos. Mentres caminàvem un de nosaltres va creure’s transportat a La Mort a Venècia « A la vora del mar es va aturar el cap baix dibuixant amb la punta del peu la sorra humida ... i ho va dir suaument. Un altre va proposar venir a rodar una pel·lícula que té al cap. Vaig informar-lo que no seria el primer... Un altre més em va explicar que el "margalló" l'única palmera autòctona d'Europa es troba aquí com a casa el massís del Garraf és el seu límit septentrional. Assegut un instant sota l’ordre sense pretensions de les teulades a dues aigües i observant els dos surfers debatre’s a la petita cala recolzant-me contra un piló al peu d’una escala abordada per la sorra pesada vaig lentament perquè la transformació va ser lenta ... en la pau d’un Garraf llangorós en el meu esperit es va formar un borrissol química memorial de dutxes municipals i de gasosa en el camí del riu amb salzes blancs « la meva » Corresa totalment « meva » quan la pluja relliscava pels bambús i quedava compartimentada en les seves fulles. Un país és el que se’n fa. *** Tal com Alain Roger ho desenvolupa extensament al seu Court traité du paysage Gallimard el Fujiyama no és un ésser natural « sinó la creació mil·lenària d’aquests mil genis de la cultura japonesa ». Cita Charles Lapicque « el turó de Montmartre se sembla a Utrillo el port de Rouen a Marquet el camp d’Ais de Provença a Cézanne. Què dic Més que assemblar-s’hi la muntanya Sainte-Victoire al final no és altra cosa que un Cézanne. » La cala de Garraf és com el músic Antonydes. Montaigne explica Els assajos Llibre III capítol V que « quan havia de fer música Antonydes ordenava que abans o després d’ell s’aclaparés l’auditori amb uns quants mals cantants » D’aquesta manera la cala de Garraf per a la seva glòria discreta sembla haver dictat una ordre al món que abans i després d’ella s’hi posessin els abusos de Barcelona i de Sitges. La platja menuda de Garraf sembla esperar tranquil·lament el seu pintor Però com l’art modern ha desertat el paisatge... Bona notícia un dels principals detractors de les tendències actuals acaba de ser elegit a l’Acadèmia Francesa. Es tracta de Jean Clair. L’he esmentat a ell i el seu paper en l’art contemporani veure Le Choc Music 9 de maig de 2008 . Traducció Teresa Artigas. La setmana que ve Voyage-voyage camins de… Publié dans Non classé Laisser un commentaire 23 mai 2008 Veni Vidy #8230 Text en català desprès de la sèrie de fotos de Mario del Curto De retour à Barcelone en provenance de Lausanne… Dans le domaine politique la crise de l’eau voir La guerre de l’eau blog du 11 avril continue elle ressemble à du théâtre de boulevard. Je ne sais pas au nom de quel intérêt ou au nom de quelle mode peut-être suscitée par les films d’Almodovar la « modernité » de l’Espagne a été exaltée ces dernières années par nos grands hebdomadaires. Il ne manque pas d’exemples à commencer par le fonctionnement de l’institution judiciaire et le laxisme vis-à-vis de l'économie souterraine qui concerne 15% des salariés de ce que ce pays est en réalité une société pré démocratique. Autre signe le désastre environnemental avec des chiffres qui l'éloignent du Protocole de Kioto. Autre convulsion celle-ci dérisoire au cœur des prime time la crise du Barça le club de football nourrit une épuisante surabondance d’informations. À la marge de ce tintamarre la saison de compétition des « castellers » « tours humaines » a débuté le spectacle est excitant à la fois fort et tendre un enfant couronne dans les airs le travail ordonné des costauds. Voici un exploit extraordinaire de l'équipe des Xiquets de Valls La bonne humeur estivale s’annonce également dans mon quartier avec le premier feu d’artifice donné dans le cadre des Fêtes de Mai. Au-dessus de la crème des jours le ciel de l’économie est vidé de son bleu. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero rassure les Espagnols. Ils bénéficieront de la priorité de l’emploi. Les immigrés appelés par centaines de milliers depuis 2000 sont prévenus. La télévision en montre quelques-uns installés à Badalona premiers chômeurs immigrants affolés par le remboursement des crédits accordés à robinets ouverts depuis sept ans. L’un d’eux ne sait pas ce qu’est un crédit sans marge de manoeuvre. Le sage de la communauté le lui explique. Je tiens conservée dans mes notes une esquisse de texte intitulée Au pays de l’endettement heureux . C’était au temps où la banque du coin de la rue accordait la Carte Bleue aux sans-papiers. Entendu alors dans la bouche d’un responsable d’agence « Le risque Pour deux qui s’envolent dans la nature huit restent. Au final c’est rentable. » Au règne de l’argent sauvage le roi maintenant ne répond plus. *** Enrique est rentré d’Autriche. Lors de la cérémonie de commémoration de la libération du camp de Mauthausen me raconte-t-il la délégation kurde et la délégation turque en sont venues aux mains. Il a assisté à des scènes de courses et de coups échangés entre les baraques le four crématoire et la chambre à gaz. Comment ne pas songer à la série de Music Nous ne sommes pas les derniers voir blog du 9 mai Le choc Music *** Visage de Don nadie photo de Mario del Curto Depuis mon retour je reçois des nouvelles du « Théâtre au bord de l’eau » comme il est dit populairement du théâtre de Vidy-Lausanne installé juste à la lèvre suisse du lac Léman au fond d’un grand pré. On y a joué pendant deux semaines Don nadie sous la direction de Barbara Nicolier voir article du 16 mai En s’éloignant on se souvient cette histoire qui a commencé sur les trottoirs de Barcelone de Madrid de Salamanque … Dans Le Temps du mardi 20 mai Alexandre Demidoff critique paraît-il redouté conclut son article « Il y a dans ce chœur juvénile une humilité qui touche. Cette troupe défend un théâtre de combat. Et une certaine idée de l'art modeste et engagé à la fois. Le tragique acquiert une vérité physique. Trente corps qui vibrent à l’unisson. » Comment maintenir chaque soir cette tension fédérée C’est le défi qui accapare Barbara Nicolier. Elle le laisse entendre dans les messages qui me parviennent. Plusieurs journées ont passé et je suis encore dans Don nadie parce qu’y déborde la substance de mon père et de ses compagnons ça je l’ai expliqué l’autre semaine. Et parce que je vais retrouver Don nadie qui sera joué du 28 au 30 mai à Montpellier. Pendant ce temps des récits du présent grimpent comme une vigne vierge sur le mur de l’écran. Comment et pourquoi s’affranchir du passé Le trop peu connu Fanchette http // bibliotheque.refer.org/litoi/11-2.htm nous a laissé cette phrase « Rien à déclarer à la douane du passé. » Marguerite Duras cette autre « La distance c’est un mensonge. » Je crois qu’elle a raison. Je l’ai tentée en faisant rassembler des « matériaux pour l’Histoire » sur lesquels plus tard a travaillé Barbara. Mais au deuxième rang devant la scène de Vidy… La boîte s’est refermée sur moi. Les artifices les plus archaïques du théâtre vous emprisonnent dans un territoire le temps de la représentation. Il existe une violence du théâtre. Je m’en suis dégagé en observant ensuite l’attention gaie et grave des jeunes gens qu’on venait de voir chargés comme des piles électriques pendant une heure et vingt-deux minutes. La durée ne bouge pas d’une minute chaque soir Une jeune comédienne celle de la photo ci-dessus me dit à quel point le texte les interroge tous « Nous aujourd’hui on avale tout on ne résiste pas pourquoi » De l’entendre ainsi questionner le présent avec l’empreinte du passé m’a donné l’envie de les embrasser tous. J’ai pensé aux quelques-uns qui me pensent enferrés dans un temps inutile. Aussi à ceux des historiens qui ne cherchent pas à démentir Julien Gracq auteur d’un « jamais les historiens ne donneront la couleur du chemin » qui semble invoquer un primat de la littérature. Don nadie extrait les bruissements des trajectoires singulières de révolutionnaires dans leurs vingt ans de l’événement éclaté que constitue la trajectoire des déportés républicains espagnols deux guerres les camps français les camps nazis l’exil . C’est un bloc à mille strates. J’ai publié l’an dernier chez Tinta blava Gloire incertaine du Catalan Joan Sales http // lekti-ecriture /editeurs/Gloire-incertaine.html parce que son immensité littéraire transforme en espèce humaine l’illusion lyrique que nous portons en nous Français avec la lecture des romans d’étrangers sur la guerre d’Espagne. Je rêvais d’une fiction écrite dans le temps présent. Barbara Nicolier et sa troupe l’ont faite. Veni Vidy ... *** Je termine avec le regard d’un maître de la photographie sur Don nadie . Je remercie Mario del Curto pour ce cadeau. Pour mieux connaître celui qu’on nomme « le photographe de l’art brut" on peut visionner une video instructive en se rendant à http // tsr.ch/tsr/index.html siteSect=329201 amp sid=7111082 amp cKey=117103450800 À Lausanne on peut visiter le musée Collection de l'Art Brut constitué grâce au don de Jean Dubuffet http // tempslibre.ch/musee_lausanne/art_brut/fra/dubuffet.asp navig=6 *** Photo El País Je ne peux pas partir sans faire référence au concert triomphal de Raimon a Madrid le 22 mai à la Faculté de Médecine de La Complutense quarante ans après un concert qui eut un grand impact au temps de la dictature. Parler de Raimon me fait toujours penser à cette phrase de Raymond Queneau " Il s'agit de faire et de faire bien toute chose qui vaille la peine d'être faite." La semaine prochaine Paysages amis. DON NADIE PHOTOS DE MARIO DEL CURTO reproduction interdite *** Note Deux personnes demandent si elles peuvent faire suivre le blog à des amis. Bien sûr que oui Que les Trottoirs de Barcelone aillent par le monde. Nota Dues persones em demanen si poden enviar l'adreça del bloc als seus amics. És clar que si Que Les voreres de Barcelona vagin pel món VENI VIDY... De tornada a Barcelona procedent de Lausanne… En el terreny polític la crisi de l’aigua veure La guerra de l’aigua bloc del 11 d’abril segueix sembla teatre de carrer. No sé en nom de quin interès o en nom de quina moda tal vegada suscitada per les pel.lícules d’Almodóvar en aquests últims anys la « modernitat » d’Espanya ha estat exaltada pels nostres gran setmanaris. No falten exemples per començar el funcionament de la institució judicial i el laxisme pel que fa a l’economia soterrada que afecta el 15% dels empleats que la societat d'aquest país en realitat és una societat pre democràtica. Una altra mostra el desastre mediambiental amb xifres que l'allunyent d'el Protòcol de Kioto. Una altra convulsió aquesta irrisòria al bell mig del prime time la crisi del Barça el club de futbol alimenta una sobreabundància esgotadora d’informacions. Al marge d’aquest terrabastall ha començat la temporada de competició dels castellers torres humanes l’espectacle és excitant fort i tendre alhora un nen corona en l’aire la feina endreçada dels forçuts. El bon humor estival s’anuncia també al meu barri amb els primers focs artificials dins els marc de les Festes de Maig. Per damunt de la nata dels dies el cel de l’economia ha estat buidat del blau. El cap de govern José Luis Rodríguez Zapatero tranquil·litza els espanyols. Ells es beneficiaran de la prioritat de l’ocupació. Les centenes de milers d’immigrants cridats des del 2000 ara estan previnguts. La televisió en mostra alguns instal·lats a Badalona els primers immigrants a l’atur embogits amb la devolució dels crèdits concedits a raig des de fa set anys. Un d’ells no sap el que és un crèdit sense marge de maniobra. El savi de la comunitat li ho explica. Entre les meves notes conservo un esbós de text titulat Al país de l’endeutament feliç. És de l’època en què el banc de la cantonada de casa concedia tarjetes de crèdit als sense papers. Sentit aleshores de boca d’un responsable de l’agència « Risc Per dos que desapareixen vuit es queden aqui. Al cap i a la fi és rentable ». En el reialme dels diners salvatges el rei ara no respon. *** L’Enrique ha tornat d’Àustria. En la cerimònia de commemoració de l’alliberament de Mauthausen m’explica que la delegació kurda i la delegació turca es van esbatussar. Va assistir a escenes de curses i cops intercanviats entre les barraques el forn crematori i la cambra de gas. Com no pensar en la serie de Music No som els últims veure blog del 9 de maig El xoc Music *** Des de que he tornat he rebut regularment notícies del « Teatre a la vora de l’aigua » com s’anomena popularment el teatre Vidy-Lausanne instal·lat just al llavi suís del llac Léman al fons d’un gran prat. Durant dues setmanes s’hi ha representat Don nadie sota la direcció de Barbara Nicolier veure bloc del 16 de maig Allunyant-se es recorda aquesta història que va començar a les voreres de Barcelona de Madrid de Salamanca… A Le temps de dimarts 20 de maig Alexandre Demidoff crític temible segons sembla acaba el seu article « En aquest cor juvenil hi ha una humilitat que colpeix. Aquesta troupe defensa un teatre de combat. I una certa idea de l’art modest i compromés alhora. El tràgic adquireix una veritat física. Trenta cossos que vibren a l’uníson. » Com mantenir cada vespre aquesta tensió federada És el repte que acapara Barbara Nicolier. Ho deixa entendre en els missatges que m’arriben. Han passat uns quants dies i encara estic a Don nadie perquè desborda la substància del meu pare i dels seus companys això ja ho vaig explicar la setmana passada. I perquè em retrobaré amb Don nadie que es representarà del 28 al 30 de maig a Montpellier. Durant aquest temps les narracions del present s’enfilen com una vinya verge pel mur de la pantalla. *** Com i perquè alliberar-se del passat El massa poc conegut Fanchette http // bibliotheque.refer.org/litoi/ 112.htm ens ha deixat aquesta frase « Res a declarar a la duana del passat. » Marguerite Duras aquesta altra « La distància és una mentida » Crec que té raó. Ho he experimentat aplegant « materials per a la Història » amb els quals més tard ha treballat Barbara. Però des de la segona fila de platea davant l’escenari de Vidy… La caixa es va tancar sobre meu. Els artificis més arcaics del teatre t’empresonen en un territori el temps de la representació. Existeix una violència del teatre. Me’n vaig desenganxar observant tot seguit l’atenció alegra i greu dels joves que acabàvem de veure carregats com piles elèctriques durant una hora i vint-i-dos minuts. Una jove actriu em va dir fins a quin punt el text els interroga a tots ells « Nosaltres avui ens ho empassem tot no ens resistim per què » Sentint-la així qüestionant-se el present amb l’empremta del passat m’ha fet entrar ganes de besar-los a tots. Vaig pensar en alguns que creuen que estic aferrat a un temps inútil. També en aquells historiadors que no busquen desmentir Julien Gracq autor d’un « mai els historiadors donaran el color del camí » que sembla invocar un primacial de la literatura. Don nadie extreu les remors de les trajectòries singulars de revolucionaris als vint anys de l’esdeveniment en forma de trencadís que constitueix la trajectòria dels deportats republicans espanyols dues guerres els camps francesos els camps nazis l’exili . És un bloc de mil estrats. L’any passat a Tinta Blava vaig publicar Gloire incertaine Incerta gloria del català Joan Sales http // lekti-ecriture /editeurs/Gloire-incertaine.html perquè la seva immensitat literària transforma en espècie humana la il·lusió lírica que portem dins nostre francesos amb la lectura de les novel·les d’estrangers sobre la guerra d’Espanya. Somiava amb una ficció escrita en temps present Barbara Nicolier i la seva colla l’han fet. Veni Vidy… *** Acabo amb la mirada d’un mestre de la fotografia cap a Don nadie . Agraexio Mario del Curto aquest regal. Per conèixer millor el que s’anomena « el fotògraf de l’art brut » es pot anar http // tsr.ch/tsr/index.html siteSect=329201 amp sid=7111082 amp cKey=1171034508000 S’hi pot veure un video instructiu. A Lausanne es pot visitar el museu Collection de l'Art Brut un llegat de Jean Dubuffet http // tempslibre.ch/musee_lausanne/art_brut/fra/dubuffet.asp navig=6 *** Foto El País No puc marxar sense referir-me al concert triomfal de Raimon a Madrid el 22 de maig a la Facultat de Medicina de La Complutense quaranta anys després d'un concert que va tenir un gran impacte en temps de la dictadura. Parlar de Raimon sempre em fa pensar en una frase de Raymond Queneau «Es tracta de fer i de fer bé qualsevol cosa que valgui la pena de fer." Traducció Teresa Artigas La setmana que ve Paisatges amics. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 16 mai 2008 En s’éloignant on se souvient. Traducció del text en català després del text en francès Une fois encore j’ai manqué le festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo etonnants-voyageurs . Il était consacré cette année du 10 au 12 mai aux littératures des migrations de l’exil de la perte. Dans le numéro spécial consacré par Libération à cet événement Colum McCann écrit « En s’éloignant on se souvient ». Dans le même entretien l’écrivain irlandais dit croire que « chaque émigrant porte en lui le désir d’une blessure. » Il parle évidemment de l’émigrant volontaire. *** J’ai assez de deux phrases comme celles-là à l’esprit pour rompre sur 300 kilomètres la monotonie de la conduite sur autoroute. Le mouvement crée le mouvement en toutes circonstances… Ce n’est pas recommandé mais j’ai coutume de lâcher une main du volant pour griffonner à la va-vite des notes urgentes que j'ai des difficultés ensuite à relire Ce 4 mai je songeais également à ceci sur la route de Lausanne la pensée se construit avec des bois bizarres. Sûrement tout spécialiste des neurosciences sait exposer que le mouvement excite le cerveau. En revanche j’attends qu’on m’explique pourquoi dans une autre existence pardonnez l'aparté j’ai trouvé de manière subite dans le calme statique des urinoirs quelques slogans publicitaires par exemple « Massif vosgien massif câlin » pour un spot de télévision ou quelques solutions stratégiques qu’on avait pu me demander. Quitte à m’écarter un peu plus Je pourrais raconter pipi mémorable la sollicitation qui me fut faite en 1988 dans les toilettes de l’INSEP l’Institut National des Sports à Vincennes de devenir président de la Fédération Française de canoë kayak. C’était à l’occasion d’une interruption de séance au beau milieu d’un vote sans fin en assemblée générale. Pour clore ce thème il faut peut-être aller chercher du côté du Tiers Livre de Rabelais. Je ne me souviens que de sa théorie sur les bienfaits pour la pensée de l’acte de chier qui veut lire la définition du mot se rendra à la page 410 du Petit Robert-Langue française . Et puisque nous y sommes je vous renvoie à mon Puzzle catalan paru chez Autrement pour lire entre autres choses sur les fondements et sur les faits de la scatologie catalane contemporaine dont l'élément majeur est le "caganer" personnage incontournable de la crèche http //fr.wikipedia.org/wiki/Caganer . En s’éloignant dans la solitude de la conduite c’est fou comme on se souvient. Par exemple du sketch de Jean Yanne avec Paul Mercey Les Forçats de la route http //fr.youtube /watch v=jLMzHKrgBZs . *** J’écris donc loin des trottoirs de Barcelone. Première étape je suis allé parler le 5 mai au théâtre de Vidy-Lausanne. Sujet Histoire-Mémoire-Fiction expériences ordinaires d’un fils de déporté . Qui souhaite le texte de l’intervention me le demande . Barbara Nicolier metteur en scène dirigeait les derniers préparatifs de Don nadie une pièce qui ai-je dit ce soir-là « m’accorde gravité et timidité du fait de m’éprouver dissimulé dans ses limbes et dans ses marges. » Les Don nadie les Monsieur Personne ce sont les déportés républicains espagnols rentrés des camps et délaissés attendant en 1945/1946 que l’État français leur prête attention. Barbara avait retrouvé cette expression auto-attribuée dans les archives orales que nous avons constituées Génériques et Triangle bleu http // trianglebleu.org . Ce soir-là j’ai décliné au passage quelques signes indéniables du « hasard objectif » théorisé par André Breton. Nous étions le 5 mai 2008 le 5 mai 1945 le camp de Mauthausen était libéré… La « première » de Don nadie aurait lieu le 13 mai 2008 le 13 mai 1945 se tenait dans les douches voisines des chambres à gaz la réunion des communistes résistants espagnols de Mauthausen. Les photographies de cette réunion sont quelques-uns des matériaux historiques qui ont inspiré Barbara Nicolier. Voici une photo de Francesc Boix qu'on voit aussi sur http // vidy.ch/presse.htm papa très amaigri sous un Joseph Staline joufflu. On lit aussi un entretien de Barbara jeune femme tournée vers la démarche du théâtre documentaire expérimentée à plusieurs reprises ces dernières années avec des œuvres de Toni Negri des textes de Gramsci et de Pier Paolo Pasolini. Ce 5 mai au bord du lac Léman il m’est arrivé cette chose considérablement étrange relevant du « hasard objectif » évoqué à l’instant. Une scène de Don nadie de Barbara Nicolier photo Mario del Curto / Reproduction interdite Comme nous entrions sans prévenir donc à pas feutrés sous le chapiteau des répétitions de Vidy conduits là par David Tuaillon notre accompagnant Odette Martinez auteure d’un documentaire extraordinairement contemporain et encore inédit L’île de Xelo du nom d’une guerrillera du Bierzo et moi-même entendîmes l’un des comédiens réciter la toute fin de Don nadie c’était « la voix » de mon père expliquant pourquoi il choisissait dans le camp de prénommer Llibertat ou bien Llibert son futur enfant. Barbara Nicolier ne m'en avait jamais rien dit et elle ne savait pas que nous étions sur le pas de la porte. Ma causerie du soir sur Histoire-Mémoire-Fiction commença en réalité sur cet arrêt du cœur… Il fut bien étrange encore de se voir rappelé au plus nu du plus nu de soi-même le soir de la « première » le 13 mai qui est aussi ma date-anniversaire autre méandre du « hasard objectif » . *** Je disais donc qu’en s’éloignant on se souvient. La phrase de Colum McCann dans Libération m’a éloigné de mon intention initiale qui était en fait d’expliquer qu’en se rapprochant on se souvient. J’imaginais ainsi évoquer quelques paysages d’Auvergne ressuscités en moi le temps de les croiser entre le 5 et le 13 mai dans l'intervalle entre Barcelone et Lausanne. Ce sera pour la semaine prochaine...ou une autre. Vendredi 16 mai a été présenté à Cannes Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen on peut lire ou relire l'article sur le sujet dans "Notes récentes" et lire la critique du Monde de ce 17 mai http //abonnes.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2008/05/17/vicky-cristina-barcelona-une-espagnolade-de-woody-allen_1046218_766360.html . Reproduction des photos du blog non autorisée Reproducció de les fotos del blog no autoritzada ALLUNYANT-SE ES RECORDA Una vegada més m’he perdut el festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo etonnants-voyageurs . Aquest any del 10 al 12 de maig estava dedicat a les literatures de les migracions de l’exili de la pèrdua. En el número especial que Liberation ha dedicat a aquest esdeveniment Colum McCann ha escrit « Allunyant-se es recorda ». A la mateixa entrevista l’escriptor irlandès diu que creu que « cada emigrant porta en ell el desig d’una ferida. » Parla evidentment de l’emigrant voluntari. *** Amb dues frases com aquestes en el meu esperit en tinc prou per trencar la monotonia al llarg de tres-cents kilòmetres de conducció per l’autopista. El moviment crea moviment en qualsevol circumstància... No és recomanable fer-ho però acostumo a deixar anar una mà del volant per guixar notes urgents a corre-cuita que després tinc dificultats per llegir El passat 4 de maig a la carretera de Lausanne pensava en això el pensament es construeix amb fustes estranyes. Segurament qualsevol especialista de neurociències sabria exposar que el moviment excita el cervell. En canvi espero que algú m’expliqui per què en una altra existència perdoneu el parèntesi en la calma estàtica dels urinaris vaig trobar de manera sobtada alguns eslògans publicitaris per exemple « Massif vosgien massif câlin » - « Massís vosgià massís per mimar » - per a un espot de televisió o algunes solucions estratègiques que em van demanar. Tot i allunyar-me lleugerament del tema podria explicar pipi memorable la proposta que em van fer el 1988 als lavabos de l’INSEP l’Institut Nacional dels Esports a Vincennes de convertir-me president de la Federació francesa de Canoa. Va ser durant un descans de la sessió al bell mig d’una votació sense fi a l’assemblea general. Per tancar aquest tema potser cal anar a buscar a la banda del Tiers Livre de Rabelais. Només recordo la seva teoria sobre els beneficis per al pensament de l’acte de cagar qui vulgui llegir la definició d’aquesta paraula ha d’anar a la pàgina 410 del Petit Robert-Langue française . I ja que hi som us remeto al meu Puzle català publicat per La Magrana per llegir entre altres coses els fonaments i els fets de la escatologia catalana contemporània de la qual el caganer és el personatge inevitable del pessebre http //fr.wikipedia.org/wiki/Caganer . Allunyant-se en la solitud de la conducció és una bogeria com sorgeixen els records. Per exemple el de l'sketch de Jean Yanne amb Paul Mercey Les Forçats de la route http //fr.youtube /watch v=jLMzHKrgBZs. *** Escric doncs lluny de les voreres de Barcelona. Primera etapa el 5 de maig vaig anar a parlar al teatre de Vidy-Lausanne. Tema Història-Memòria-Ficció experiències ordinàries d’un fill de deportat . Qui vulgui el text de la intervenció que m’el demani Barbara Nicolier directora de teatre dirigia els últims preparatius de Don nadie una obra que com vaig dir aquell vespre « m’atorga gravetat i timidesa pel fet de descobrir-me dissimulat en els seus llimbs i en el seus marges. » Els Don nadie són els deportats republicans espanyols tornats dels camps i abandonats a l’espera que el 1945/1946 l’Estat francès els fes cas. Barbara va trobar aquesta expressió auto-atribuida en els arxius orals constituïts per Génériques i Triangle bleu http // trianglebleu.org . Aquell vespre del 5 de maig vaig reconèixer de passada alguns signes innegables del « l’atzar objectiu » teoritzat per André Breton. Era el 5 de maig de 2008 el 5 de maig de 1945 el camp de Mauthausen va ser alliberat... L’estrena de Don nadie tindria lloc el 13 de maig de 2008 el 13 de maig de 1945 al costat de les dutxes de les càmbres de gas es va celebrar la reunió dels comunistes resistents espanyols de Mauthausen. Les fotografies d’aquesta reunió són alguns dels materials històrics que han inspirat Barbara Nicolier. A http // vidy.ch/presse.htm es veu una foto feta per Francesc Boix del meu pare molt aprimat sota un Joseph Stalin galtaplé. S’hi pot llegir també una entrevista de Barbara jove directora que s’ha decantat cap al teatre documental. Ella mateixa l’ha experimentat aquests darrers anys amb obres de Toni Negri textes de Gramsci i de Pier Paolo Pasolini. Aquest 5 de maig a la vora del llac Léman em va passar aquesta cosa considerablement estranya de « l’atzar objectiu » qu’acabo d’evocar fa un moment. En el moment d’entrar sense avisar amb passes silencioses i acompanyats per David Tuaillon sota la carpa d’assajos de Vidy Odette Martinez autora d’un documental extraordinàriament contemporani i encara inèdit L’île de Xelo el nom d’una guerrillera del Bierzo i jo mateix vam sentir un dels actors recitar el final de Don nadie era « la veu » del meu pare explicant perquè en el camp va triar anomenar Llibertat o bé Llibert el seu futur fill. Barbara Nicolier no m’havia dit res ni sabia que estàvem arribant. La meva xerrada del vespre sobre Histoire-Memoire-Fiction va començar en realitat amb aquesta aturada de cor... Una escena de Don nadie de Barbara Nicolier photo Mario del Curto / Reproducció prohibida També va ser força estrany sentir-se cridat en el més nu del més nu de si mateix el vespre de l’estrena el 13 de maig que també és la data del meu aniversari un altre meandre de « l’atzar objectiu » . *** Deia doncs que allunyant-se es recorda. La frase de Colum McCann al Libération em va allunyar de la meva intenció inicial que de fet era explicar que acostant-se es recorda. Així és com imaginava evocar alguns paisatges de l’Alvèrnia ressuscitats dins meu mentre els creuava entre el 5 i el 13 de maig entre Barcelona i Lausanne. Això serà per a la setmana que ve… o una altra. Traducció Teresa Artigas El divendres 16 a Cannes s'ha presentat Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen es pot llegir o rellegir l'article sobre aquest tema a « Notes récentes » i llegir l'article de Le Monde d'aquest dissabte 17 http //abonnes.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2008/05/17/vicky-cristina-barcelona-une-espagnolade-de-woody-allen_1046218_766360.html . . Publié dans Non classé Un commentaire 09 mai 2008 Le choc Music Traducció del text en català després del text en francès Je connais désormais Zoran Music Gorizia 1909 – Venise 2005 et ce n’est pas une découverte anodine. Pourtant j’ai vu passer devant mes yeux cent fois la reproduction de l’une de ses œuvres sur la couverture de L’Espèce humaine de Robert Antelme en poche chez Gallimard un détail de Nous ne sommes pas les derniers . On trouve d’autres reproductions sur des ouvrages de Jorge Semprún et de Raul Hilberg chez le même éditeur. Zoran Music dans son atelier de Venise. Music est à l’affiche de La Pedrera jusqu’au 18 mai. Jean-Paul Crespelle l’avait ainsi présenté à l’exposition de l’École de Paris de 1956 « Cet Italien d’origine slovène a créé une peinture très personnelle à la limite entre le réel et l’abstrait avec des influences des peintures rupestres et des Bizantins. » Music devint tout autre chose. Music n’avait pas encore peint l’essentiel les séries de Nous ne sommes pas les derniers des années 70 et les peintures spectrales de la fin de sa vie. Il vivait depuis peu à Paris où régnait alors l’abstraction. Il essayait de s’en approcher. Il échoua « Ma vérité ne se trouvait pas là. » Cette vérité éclate à La Pedrera « Pour arriver à ma peinture la véritable il me fallait passer par l’expérience terrible de Dachau qui changea profondément ma manière d’être et de vivre. » Dachau 1945 Plume encre de chine sur papier. 35 5 × 47 8 cm Moderna Galerija Ljubiana À l’appui de cette phrase les dessins de 1945 charniers pendaisons … dont il dit « Je ne prétendais pas illustrer établir des documents. Je dessinais ce qui pouvait intéresser un peintre. Les gens entassés les uns sur les autres. Je ne dessinais que lorsque je voyais quelque chose qui m’intéressait. Je ne me considérais pas comme un reporter. » Une fois libéré Venise sera sa ville d’accueil celle où faire le deuil où se libérer de l’horreur où devenir un miroir où se réfléchir Canal de la Giudecca 1981 Huile sur toile. 66 × 91 cm Colección Rino Sartori Schio Vicenza « Enfin une intense lumière enfin le soleil ce ciel infini jusqu’à l’horizon bas de la lagune entièrement à moi où je peux respirer librement. Quelle puissance d’aspiration profonde m’aurait-elle été nécessaire pour récupérer tout l’air qui me manquait Est-il vrai que personne ne me surveille Est-il vrai que je suis libre de peindre ces aquarelles sur les Zattere Est-il vrai que je n’ai pas à les cacher à les plier en quatre à les couper en petits morceaux » La semaine dernière je vous expliquais le retard pris à écrire cette chronique à cause du choc éprouvé en tombant ignorant que j’étais de Music sur l’un des dessins de 1945. Dans mon journal à la date du 26 février au lendemain de ma visite j’avais retranscrit ce mot écrit à chaud et destiné à l’ami Àlex Susanna directeur de La Pedrera "La vision d’un des tableaux de Music me laisse ce matin comme un sac de pommes de terre. Lourd et vide et en pleurs. Ça va passer. C’est un moment. L’enfant que je fus avais-je 7 ans avait “volé” dans le petit bureau de son père une photographie cachée de fosse commune à Mauthausen. On y voyait des corps décharnés empilés et trois femmes au bord de la fosse en train de lancer un corps. Elle est aujourd’hui introuvable. Ma mère l’a certainement jetée. Quand elle s’était rendue compte de ma découverte elle avait crié et mon père s’était figé. On peut tout imaginer de ce qui pouvait animer ses pensées était-il partagé entre la culpabilité du père et l’impossibilité de l’homme à se séparer de cette photo À la même époque j’avais également “volé” à travers une porte une conversation où mon père expliquait qu’il avait vu un SS laisser accoucher une femme à même le sol avant de tirer d’un coup de pistolet d’abord sur le nouveau-né ensuite sur la mère. Ces deux “scènes primitives” et quelques autres sont logées en moi … "Des cousins veulent que je les accompagne cet été à Mauthausen avec leur fille de onze ans. Je leur explique que ce n’est pas convenable pour elle. Oui pour le faire mais plus tard J’argumente à partir de l’épouvantable idée de Sarkozy transformer les enfants en individus porteurs de la mémoire des enfants de la Shoah. Simone Weil ancienne déportée ancien ministre et soutien politique de Sarkozy a déclaré cette proposition de "confier la mémoire" d’un enfant français victime de la Shoah à chaque élève de CM2 "inimaginable dramatique injuste". … "Je te félicite pour cette exposition elle est grandiose elle dit la conscience européenne la Mittleeuropa le désastre dont a parlé si bien l’écrivain et psychanalyste-psychiatre pour enfants tiens Lidye Salvayre soit dit en passant fille d’exilés républicains espagnols j’ai pensé au film de Angelopoulos L’Éternité et un jour avec Bruno Ganz dans Trieste … . » La veille lors de l’inauguration Jean Clair avait dit « L’art est la réponse à la mort. » J’ai beaucoup pensé à cette phrase lundi dernier en parlant de « histoire-mémoire-fiction » au théâtre de Vidy-Lausanne à l’occasion de la création de la pièce Don Nadie de Barbara Nicollier http // vidy.ch/presse.htm . XXX Pour en savoir plus sur l’exposition et sur Music on peut lire utilement ces deux articles sur le site de Libération http // liberation.fr/culture/321857.FR.php . Il ne faut pas manquer la lecture d’un livre formidable de Jean Clair chez Gallimard La Barbarie ordinaire Music à Dachau . Jean Clair ancien directeur du Centre Pompidou est celui qui a pensé la mémorable exposition Mélancolie génie et folie en Occident en 2006 au Grand-Palais. Son dernier livre Malaise dans les musées est vivifiant l’auteur motive sa crainte de la transformation des musées en entrepôts. La marchandisation du Louvre est le dernier avatar de la tendance à métamorphoser les musées en marques. XXX Prochaines expositions à La Pedrera caixacatalunya.es/obrasocial Ukiyo-E Images d’un monde flottant la gravure japonaise des 18ème et 19ème siècles 17 juin-14 septembre Rodtchenko artiste total 13 octobre-6 juin 2009 je l’attends avec impatience Mercè Rodoreda Œuvre picturale et littérature 10 octobre-23 novembre Picasso et la littérature catalane Traces d’une idylle – 1895/1904 15 décembre-1 février 2009 . La semaine prochaine Loin des trottoirs de Barcelone... EL XOC MUSIC Acabo de conéixer Zoran Music Gorizia 1909 – Venècia 2005 i no és pas una descoberta anodina. Tanmateix he vist passar davant dels meus ulls centenars de vegades la reproducció d’una de les seves obras a la portada de l’edició de butxaca de L’Espèce humaine de Robert Antelme de Gallimard un detall de Nous ne sommes pas les derniers No som els últims . Hi ha altres reproduccións en obres de Jorge Semprún i de Raul Hilberg a la mateixa editorial. Music és en cartell a La Pedrera fins al 18 de maig. Jean-Paul Crespelle el va presentar d’aquesta manera a l’exposició de l’École de Paris de 1956 « Aquest italià d’origen eslovè ha creat una pintura molt personal en el límit entre el real i l’abstracte amb influències de les pintures rupestres i dels bizantins. » Music va esdevenir tota una altra cosa. Music encara no havia pintat l’essencial les series de No som els últims dels anys 70 i les pintures espectrals del final de la seva vida. Vivia a París des de feia poc on aleshores hi regnava l’abstracció. Intentava apropar-s’hi. Es va encallar « La meva veritat no es trobava pas allà ». Aquesta veritat esclata a La Pedrera « Per arribar a la meva pintura a la veritable em calia passar per l’experiència terrible de Dachau que va canviar profundament la meva manera d’ésser i de viure. » Per recolzar aquesta frase els dibuixos de 1945 ossaris … dels quals va dir « Jo no pretenia il·lustrar fer documents. Dibuixava allò que podia interessar a un pintor. Aquells que estaven amuntegats els uns damunt dels altres. Només dibuixava quan hi havia alguna cosa que m’interessava. No em considerava un reporter. » Una vegada alliberat Venècia serà la ciutat d’acollida on passar el dol on alliberar-se de l’horror on convertir-se en un mirall en el qual reflectir-se « Per fi una gran llum per fi el sol aquest cel infinit fins al baix horitzó de la llacuna tot per a mi on puc respirar lliurament. Amb quina força hauria hagut d’aspirar profundament aquest aire per recuperar tot l’aire que em mancava És cert que ningú no em vigila És cert que soc lliure per pintar aquestes aquare·les sobre les Zattere És cert que no les haig d’amagar ni plegar-les en quatre ni tallar-les en trossets » La setmana passada us explicava que si em prenia un temps abans escriure aquesta crònica era a causa del xoc que vaig experimentar en descobrir sobtadament un dels dibuixos de 1945 ignorant que jo era de Music. En el meu diari amb data de 26 de febrer l’endemà de la meva visita havia transcrit aquestes paraules escrites en calent i destinades a l’amic Àlex Susanna director de La Pedrera "Aquest matí la visió d’un dels quadres de Music m’ha deixat com un sac de patates. Pesat i buit en plors. Ja passarà. És un moment. El nen que vaig ser tenia 7 anys havia « robat » d’un petit escriptori del seu pare una fotografia amagada d’una fossa comuna de Mauthausen. Es veien cossos descarnats i apilats i tres dones a la vora de la fossa llençant un cos. Avui és introbable. Segur que la meva mare la va llençar. Quan ella es va adonar de la meva descoberta va cridar i el meu pare es quedar paralizat. Qualsevol pot imaginar el que va passar pel seu pensament una barreja entre la culpabilitat del pare i la impossibilitat de l’home de desfer-se d’aquesta foto A la mateixa època també vaig « robar » a través d’una porta una conversa en què el meu pare explicava que havia vist un SS deixar parir una dona tirada per terra abans de disparar-li un tret primer sobre el nounat i després sobre la mare. Aquestes dues « escenes primitives » entre d’altres es van instal·lar dins meu... "Uns cosins volen que aquest estiu els acompanyi a Mauthausen amb la seva filla d’onze anys. Els explico que per a ella no és convenient. Sí però més tard. Em recolzo en l’espantosa idea de Sarkozy transformar els nens en individus portadors de la memòria dels nens de la Shoah. Simone Weil antiga deportada antiga ministra que recolzava políticament Sarkozy va declarar que aquesta proposta de « confiar la memòria » d’un nen francès víctima de la Shoah a cada alumne de CM2 era « inimaginable dramàtica injusta » … "Et felicito per aquesta exposició és grandiosa parla de la consciència europea de la Mittleeuropa del desastre del que l’escriptora i psicoanalista-psiquiatra de nens ja veus Lidye Salvayre dit de passada filla d’exilats republicans espanyols n’ha parlat tan bé. He pensat en la pel.licula d’Angelopoulos L’Eternité et un jour amb Bruno Ganz a Trieste ... . » La vigília de la inauguració Jean Clair va dir « L’art és la resposta a la mort .» Dilluns passat vaig pensar molt en aquesta frase tot parlant de « història-memòria-ficció » al teatre Vidy-Lausanne amb motiu de la creació de l’obra de teatre Don Nadie de Barbara Nicollier http // vidy.ch/presse.htm . XXX Per saber més coses sobre l’exposició i Music es poden llegir aquests dos articles ben útils a la pàgina de Libération http // liberation.fr/culture/321857.FR.php i en el blog de Matthieu Guével http //riennepresse.blogspot /2008/04/zoran-music-par-jean-clair.html . S’ha de llegir un llibre formidable de Jean Clair a Gallimard La Barbarie ordinaire Music à Dachau . Jean Clair ex director d'el Centre Pompidou és el mateix que va pensar l’exposició memorable Mélancolie génie et folie en Occident el 2006 al Grand Palais. El seu últim llibre Malaise dans les musées és vivificant l’autor motiva el seu temor de la transformació dels museus en magatzems. La comercialització del Louvre és l’últim avatar de la tendència a metamorfosar els museus en marques. XXX Properes exposicions a La Pedrera caixacatalunya.es/obrasocial Ukiyo-E Imatges d’un mon flotant el gravat japonès dels S.XVIII i XIX del 17 de juny al 14 de setembre Ródtxenko artista total del 13 d’octubre al 6 de juny de 2009 l’espero amb impaciència Mercè Rodoreda Obra pictòrica i literatura del 10 d’octubre al 23 de novembre Picasso i la literatura catalana les traces d’un idil·li – 1895/1904 - del 15 de desembre a l’1 de febrer de 2009 . Traducció Teresa Artigas. La setmana vinent lluny de les voreres de Barcelona… Publié dans Non classé Laisser un commentaire 02 mai 2008 Côté cour dimanche 27 avril Traducció del text en català després del text en francès SOS si une bonne âme connaît WordPress merci de m'indiquer comment intégrer les liens dans le texte afin que les chers lecteurs ne soient pas obligés de faire un "copier/coller" pour atteindre leur contenu. La semaine dernière j’avais promis de parler du peintre Zoran Music. J’ai reporté le projet à la semaine prochaine besoin de temps pour m’entrouvrir après le choc reçu devant ses tableaux pour dire en quoi cette œuvre appartient à la conscience européenne. Barcelone a de la chance avec la programmation picturale de La Pedrera l’immeuble uniformément clair et organique voisin sur l’élégant Passeig de Gràcia de la Casa Batlló cette autre œuvre de Gaudí elle exhubérante avec sa façade de carnaval vénitien et sa toiture d’écailles lapis-lazuli émeraude et jade. Honneur cette semaine au quotidien le paysage de la cour que je domine depuis mon quatrième étage. Ce sont des notes de dimanche dernier… « Qui pourrait ébrécher le soleil de pierre qui s’est installé ce matin Dans la vaste cour intérieure cour de courettes et de terrasses décalées c’est tout un éloge d’ombres. Les unes en pans coupés sur et sous les façades les autres en lunes variables autour des pots des plantes. « Sur la messagerie une salutation matinale la photographie d’une sauge en catalan « sàlvia » rehaussée de fleurs bleues devant un horizon de pins. J’ai longtemps cru que mon nom provenait de l’ancienne capitale de l’Espagne romaine Tarraco aujourd’hui Tarragone jusqu’au jour où un ouvrage d’onomastique m’a appris qu’il découle de « tareg » sauge en celte. « Les notes de l’accordéon chromatique d’Antonio entrent par les fenêtres entr’ouvertes. Je précise car le mien en sommeil près d'une pile de disques est diatonique. Il doit être 11 heures. La cour est plongée dans un bain d’huile. Les mouettes sont absentes. Le linge pend aux fils. Les stores sont restés à demi-tirés de la veille. « La cour est au nord. Ici on dit « la cour est côté Besòs » du nom de la rivière qui marque au nord la frontière de la ville avec Sant Adrià de Besòs et Badalona. Pour situer le sud on dit « côté Tarragone ». Dans le plan rectiligne de l’Eixample en centre-ville on se donne rendez-vous aux angles des carrefours. Aucune référence n’est faite aux numéros. C’est singulier on s’y fait vite on ne se manque jamais « Je serai au carrefour entre Passeig de Gràcia et carrer Còrsega angle Besòs et montagne. » Ce pourrait être « angle Besòs et mer » ou « angle Tarragone et montagne » ou encore « angle Tarragone et mer ». La mer est dans votre dos quand vous regardez vers la montagne- amphithéâtre et inversement. Curieuse boussole infaillibles points cardinaux « À dix bras de mes fenêtres les fils à linge pendent encore à la fenêtre de l’appartement qui n’a cessé depuis d’être vide. Depuis… Une jeune femme vivait là. J’écris « vivais » parce qu’elle est morte étoilée un dimanche à 5 heures dans la courette du coiffeur. Suicidée. Elle était venue une fois faire le ménage recommandée par un voisin. Très sèche elle avait un visage aussi désordonné qu’une figure cubiste. La force de sourire semblait l’avoir abandonnée. Nous avions un tout petit peu parlé. J’ai déjà écrit tout ça qu’il y avait eu dans ses yeux un magnifique sursaut de lumière au moment où je lui avais donné une figurine de Ronaldinho dont son petit garçon était fou. Comment n’y plus penser avec ces fils qui pendent alors qu’aux autres fenêtres les chemises attendent d’être enfilées. « À midi la cour dort encore. Sur la droite là où la végétation prend le plus de volume il n’y a en réalité de mouvement que lorsqu’on y tourne un film. Des projecteurs servent alors une affolante densité de lumière blanche. La grande maison est une dépendance consacrée au cinéma et à la télévision. On ne tourne pas le dimanche. Mais ailleurs On devrait entendre un cri ou bien un chant ou bien une radio On n’a entendu que l’accordéon d’Antonio Est-ce le silence de la torpeur en ce premier jour inattendu de grand chaud Enfin Une grand’mère glisse sur ses pantoufles déplaçant les roses de la Sant Jordi de la petite table au centre jusqu’à un coin du rehaussement en briques ajusté à son appartement. Elle amène un palmier nain à la petite table. Sa voisine latino-américaine ne fait que passer de l’autre côté du muret. Les façons de la fête enfantine de l’autre samedi m’ont laissé penser qu’elle est péruvienne. « Je ne vois jamais personne aux fenêtres de l’ancienne fabrique de céramiques aux murs jaunes tout au fond. Ni sur sa terrasse où sèchent des draps blancs. Derrière elle la perspective a changé en quatre ans. À mon arrivée on voyait parfaitement la Tour des Eaux ronde en briques. Le vestige essentiel du Poblenou industriel aujourd’hui laminé au temps où Barcelone était « la Manchester de la Méditerranée » est étouffé par des immeubles au moins aussi haut. C’est la Nouvelle Barcelone répondant au nom de Diagonal Mar quartier lyophilisé déjà vieux avant de naître. J’ai laissé la cour et la perspective dans laquelle tiens ne s’inscrit plus qu’une seule grue. La grande crise immobilière se mesure au silence de ces pattes métalliques dans le paysage. Tout paysage renseigne sur l’état du monde. « Sous mes fenêtres côté sud ambiance inverse. Côté Tarragone donc me parvient le murmure du mouvement des passants des vélos et des poussettes en direction de la mer sur le grand trottoir de la Rambla encombré de terrasses. À la verticale en cherchant dans les ombres des platanes je vois passer Josep Maria dix-neuf mois aujourd’hui habillé dans le maillot noir et blanc du CA Brive-Corrèze que je lui avais offert. Je songe au rectangle vert du stade aux bras empoignant le ballon ovale... « En descendant j’ai croisé un voisin tenant au bout d’une ficelle le "tortell" le gâteau en forme de couronne dessert officiel des tables catalanes. Des femmes aux conversations de belles-mères suivaient à quelques marches pour parler plus librement. Un jour j’avais prêté intérêt sociologique à une publicité où un homme jeune disait à un ami de son âge « En Catalogne la belle-mère n’est jamais à plus de dix minutes ». Encouragée par la prospérité économique plus élevée que dans le reste de l’Espagne hors Madrid la faible mobilité est une donnée de l’espace social. « Il est un peu plus de 15 heures. Aux terrasses on commence à servir les paellas. La Vanguardia annonce son deuxième concours d’e-poèmes. L’année dernière ma petite cousine Marta avait remporté le deuxième prix avec cette berceuse Cirrus d’ovella/El matelasser adoba/llits per a l’insomni Cirrus de mouton/Le matelassier arrange/des lits pour l’insomnie . J’expliquerai un jour la grande place de la poésie dans le quotidien des Catalans. Je la constate régulièrement. Il me reste des notes sur le sujet après une conversation avec le critique littéraire Sam Abrams. Quant à la place du football on imagine très mal depuis l’étranger. Une page dans La Vanguardia un casse on a volé l’ordinateur personnel du président du Barça. Parce qu’il laisse entendre une prochaine entrée en politique Le football est pouvoir et Barcelone une ville de polar. « Je me sépare du jour en écoutant/regardant plusieurs Jean-Louis Murat. Un hommage à Cartier-Bresson http //fr.youtube /watch v=gtmdpZkFxk4. Puis une Ode à Climène texte de Madame Deshoulières femme du XVIIème siècle encensée par Voltaire et Sainte-Beuve extraite d’un disque où chante aussi Isabelle Huppert http //fr.youtube /watch v=zHWqfSetBP8. Aux premières images de http //fr.youtube /watch v=bFfU49ziXY0 apparaît « mon » église romane d’Auvergne Roche-Charles un point d’exclamation dans le ciel un concentré de l’idéal désertique. Je sais jouer ça à l’accordéon… diatonique http //fr.youtube /watch v=kIRL9eOdzPI amp NR=1 une historiette de La Bourboule. Combien d’enfants français y auront suivi une cure de santé Jean-Louis Bergeaud se nomme Jean-Louis Murat parce qu’il est de tout-à-côté Murat-le-Quaire village sous la Banne d’Ordanche de « bana » en occitan soit la Corne d’Ordanche en catalan corne se dit « banya » . » Aujourd’hui vendredi j’entends l’accordéon chromatique d’Antonio lancer un inattendu « happy birthday » vers la cour. Le soleil est toujours de pierre. On aimerait qu’il pleuve. À la semaine prochaine Avec Zoran Music enfin. BANDA PATI DIUMENGE 27 D'ABRIL La setmana passada vaig prometre parlar del pintor Zoran Music. Ho faré la setmana que ve. Necessito temps per allunyar-me del xoc rebut davant dels seus quadres per dir fins a quin punt aquesta obra pertany a la consciència europea. Barcelona té sort amb la programació pictòrica de La Pedrera edifici uniformement clar i orgànic veí a l’elegant Passeig de Gràcia de la Casa Batlló aquesta altra obra de Gaudí exuberant amb la seva façana de carnaval venecià i la teulada d’escates de lapislàtzuli maragda i jade. Aquesta setmana faré honor a les coses quotidianes al paisatge del pati que veig des del quart pis. Són notes de diumenge passat... « Qui podria escantellar el sol de pedra que s’hi ha instal·lat aquest matí En el vast pati interior pati de petits patis i de terrasses desnivellades és tot un elogi de l’ombra. Unes en angle i sota les façanes d’altres en forma de llunes variables envoltant els testos amb plantes. « A la meva bústia de missatges una salutació matinal la fotografia d’una sàlvia d’on brollen flors blaves davant un horitzó de pins. Durant molt temps he cregut que el meu cognom provenia de l’antiga capital de l’Espanya romana Tarraco avui Tarragona fins el dia en què vaig saber a través d’una obra d’onomàstica que ve de « tareg » sàlvia en celta. « Les notes de l’acordió cromàtic de l’Antonio entren per les finestres mig obertes. Ho preciso perquè el meu adormit sota una pila de discos és diatònic. Deuen ser les 11. El pati està immers en un bany d’oli. Les gavines no hi són. La roba estesa penja dels fils. Els estors han quedat mig tancats des de la vigilia. « El pati és al nord. Aquí es diu « banda Besós » el nom del riu que al nord marca la frontera entre la ciutat i Sant Adrià del Besós i Badalona. Pel sud es diu « banda Tarragona ». En el plànol rectilini de l’Eixample al centre de la ciutat es queda a les cantonades de les cruïlles. No es fa cap referència als números. És singular s’aprèn de pressa mai no falla « Seré a la cantonada Passeig de Gràcia i Còrsega banda Besós i muntanya ». També podria ser « banda Besós i mar » o « banda Tarragona muntanya » o encara més « banda Tarragona i mar. ». El mar és a la teva esquena quan mires cap a la muntanya-amfiteatre i a la inversa. Curiosa brúixola punts cardinals infal·libles « Ben a prop els fils d’estendre la roba pengen encara de la finestra de l’apartament que s’ha mantigut buit. Des de... Hi vivia una noia jove. Escric « hi vivia » perquè és morta un diumenge es va estavellar al pati del perruquer a les 5 de la matinada. Suïcidi. Va venir una vegada a fer la neteja de casa recomanada per un veí. Molt seca tenia una cara tan desordenada com una pintura cubista. La força del somriure semblava haver-la abadonat. Havíem parlat molt poc. Tot això ja ho he escrit que va tenir un magnífic sobresalt de llum als ulls en el moment en què li vaig donar una figureta de Ronaldinho pel qual el seu fill estava boig. Com es pot no pensar-hi amb aquests fils que pengen mentre que en d’altres finestres les camises esperen a que aviat se les despengi. « Al migdia el pati encara dorm. A la dreta allà on la vegetació agafa més volum només hi ha moviment quan s’hi roda una pel·lícula. Els projectors desprenen aleshores una embogidora densitat de llum blanca. La casa gran es una dependència dedicada al cinema i a la televisió. Els diumenges no es roda. Però i en altres bandes S’hauria de sentir un crit o bé un cant o bé una ràdio Només s’ha sentit l’acordió de l’Antonio Per fi Una àvia llisca damunt les sabatilles desplaçant les roses de Sant Jordi de la tauleta del centre fins a un racó del realçament de maó ajustat al seu pis. Porta una palmera nana a la tauleta. La seva veïna llatino-americana passa ràpidament a l’altra banda del muret. Les maneres de la festa infantil de dissabte passat m’han fet pensar que és peruana. « Mai no veig persones a les finestres de l’antiga fàbrica de ceràmica de murs grocs que hi ha al fons. Ni tampoc a la seva terrassa on uns draps blancs s’estàn assecant. Darrere seu en quatre anys la perspectiva ha canviat. Quan vaig arribar es veia perfectament la Torre de les Aigües de maons. El vestigi essencial del Poblenou industrial avui laminat a l’època en què Barcelona era « la Manchester de la Mediterrània » queda ofegat per edificis alts. És la Nova Barcelona que respon al nom de Diagonal Mar barri liofilitzat vell abans de néixer. He deixat el pati i la seva perspectiva ves per on es veu una sola grua. La gran crisi immobiliària es mesura pel silenci d’aquestes potes metàl·liques en el paisatge. Tot paisatge informa sobre l’estat del món. « A la banda sud ambient advers. De la banda Tarragona per tant m’arriba el murmuri del movimet de vianants bicicletes i cotxets de nen en direcció al mar a la vorera ampla de la Rambla plena de terrasses. A la vertical buscant entre les ombres dels plàtans veig passar el Josep Maria que avui fa dinou mesos vestit amb samarreta blanc i negre del CA Brive-Corrèze que li vaig regalar. Penso en el rectangle verd de l’estadi en els braços agafant la pilota oval… « Baixant m’he creuat amb un veí que agafava la punta del cordill d’un tortell el pastís en forma de corona les postres oficials de les taules catalanes. Dones amb converses de sogres el seguien uns graons més enllà per parlar més lliurament. Un dia vaig prestar interès sociològic per un anunci en què un jove li deia a un amic de la seva edat «A Catalunya la sogra mai no és a més de deu minuts ». Animat per una prosperitat econòmica més alta que a la resta d’Espanya tret de Madrid la feble mobilitat és una dada de l’espai social. « Són més de les tres de la tarda. A les terrasses es comencen a servir paelles. La Vanguardia anuncia el seu segon concurs d’e-poemes l’any passat la meva neboda la Marta es va endur el segon premi amb aquesta cançó de bressol Cirrus d’ovella/El matalasser adoba/llits per a l’insomni . Un dia explicaré el lloc destacat que ocupa la poesia en la quotidianitat dels catalans. Ho constato regularment. Tinc notes sobre el tema després d’una conversa amb el crític literari Sam Abrams. Pel que fa al lloc del futbol fa de mal imaginar des de l’estranger. Una pàgina de La Vanguardia han robat l’ordinador personal del president del Barça. Per què deixa entendre la seva pròxima entrada en la política El futbol és poder i Barcelona una ciutat de novel·la negra. « Em separo del dia escoltant/mirant diversos Jean-Louis Murat. Un homenatge a Cartier-Bresson http //fr.youtube /watch v=gtmdpZkFxk4. Després una Ode a Climène text de Madame Deshoulières dona del segle XVII adulada per Voltaire i Sainte-Beuve extreta d’un disc on també canta Isabelle Huppert http //fr.youtube /watch v=zHWqfSetBP8. A les primeres imatges de http //fr.youtube /watch v=bFfU49ziXY0 hi apareix la « meva » església romànica de l’Alvernia Roche-Charles un punt d’exclamació en el cel un concentrat de l’ideal desèrtic. Sé tocar això amb l’acordió... diatònic http //fr.youtube /watch v=kIRL9eOdzPI amp NR=1 una historieta de La Bourboule quants nens francesos poden haver seguit en aquest lloc una cura per la salut Jean-Louis Bergeaud es diu Jean-Louis Murat perquè és de molt a prop de Murat-le-Quaire poble sota la Banne d’Ordanche de « bana » en occità « banya » en català . » Avui divendres sento com l’acordió cromàtic de l’Antonio llança un inesperat « happy birthday » cap el pati. El sol encara és de pedra. M’agradaria que plogués. Traducció Teresa Artigas Fins la setmana vinent Amb Zoran Music per fi. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 25 avril 2008 Sant Jordi à l #8217 heure de Zafón et Rodoreda Texte traduit en catalan voir plus loin/Text traduït al català veure més avall Pour “laisser un commentaire” se rendre en fin de page/Comentaris al final de la pàgina Célébrée chaque 23 avril depuis 1926 en Catalogne la Sant Jordi Saint Georges oppose sa popularité à ceux qui annoncent la mort du livre. Les centaines de milliers de personnes dans les rues transformées en librairies improvisées alimentent une ferveur collective légèrement étourdissante et sobrement émouvante malgré l’apparente démesure. Décidément cette ville est celle du mouvement perpétuel Elle compte sur les doigts de quatre mains les jours sans événement fiévreux. À la table de l'auteur à succès Juan José Millás... Sant Jordi c'est des livres autour de 20 millions d'euros de recette et des roses environ la même recette pour six millions de roses vendues . Avec la traduction de mon Puzzle catalan j’y ai accompli mon premier marathon d’auteur avec Isabel Obiols mon éditrice de RBA-La Magrana dans le rôle du mentor six séances d’une heure chacune à attendre le lecteur en différents lieux. À mi-course la pupille de l’auteur assis rend l’âme sous la pression du fleuve des passants. Alors l’auteur se concentre sur la pile de ses livres. Elle descend aussi vite que sa notoriété est haute mais comparé à la foire du livre d’un village bourguignon le plus petit des scores réalisé est satisfaisant. J’avoue avoir connu une source de stress. C’est au niveau des accents. Par exemple dans la dédicace « Per Eulàlia etc. etc. » Aigu Grave Ici c’est le grave qui convient Mon catalan butte sur cette difficulté. Certains auteurs boudent l’événement au motif que seuls y trouvent leur bonheur les best-sellers et les livres jetables d’étoiles du petit écran ou de footballeurs. L’avalanche préparée de longue date concentre les efforts de promotion sur cette période et sur quelques-uns. Dès lors un sentiment de solitude peut accabler tout auteur pesant moins de deux mille exemplaires. La principale information de cette Sant Jordi est la vente énorme du roman de Carlos Ruíz Zafón El juego del ángel pas encore traduit en français 125 000 exemplaires en un seul jour. À part ça l’événement économique de la semaine est l’achat d’Editis deuxième groupe français d’édition numéro 1 de l’édition scolaire par Planeta le leader espagnol aux mains de la famille barcelonaise Lara. La célébration du combat de Sant Jordi contre le dragon vaut la peine aussi pour les fleuristes attendu qu’il ne manque pas de princesses recevant une rose en retour du livre qu’elles ont offert. C’est la tradition. Sant Jordi étant le patron de la Catalogne il ne manque pas non plus d’endroits placés sous sa bénédiction. La représentation que je préfère se trouve dans la partie nord-est du cloître de la cathédrale. C’est une petite sculpture d’Emili Colom sur un frais tapis de capillaires barbotant dans une fontaine. On a envie de l’emporter chez soi. Comme il y avait ce même jour le match Barça-Manchester United j’ai pensé à ma petite collection de chroniques de Montalbán sur le football. Ce Montalbán-là en cachait quelques autres dont en dehors de l’auteur de polar le Montalbán poète de Poesía completa memoria y deseo 1963-2003 publié chez Península. J’en parle parce que je viens de me le procurer. Il a été traduit seulement en italien. Je viens de me procurer également Viatges i flors de Mercè Rodoreda dans l’intention de le faire traduire chez Tinta blava ma maison d’édition en cours de transfert chez Autrement. L’année 2008 est placée sous le signe de cette femme la plus internationale des écrivains catalans. Motif c’est l’année de son centenaire. Née en 1908 elle disparut en 1983. Viatges i flors Voyages et fleurs serait son titre en français est un livre inclassable. Pour l’instant je me sens attrapé par le col. C’est bon signe. J’avais fait traduire à la première lecture El carrer de les camèlies Rue des Camélias par Bernard Lesfargues. On peut en savoir plus sur ce dernier ouvrage toujours disponible à cette adresse http // lekti-ecriture /editeurs/Rue-des-camelias.html. J’aime cette confession d’une auteure qui me fut révélée par La Place du diamant chez Gallimard traduit aussi par Bernard Lesfargues « Même vaincue je veux être moi-même abeille exaltée par mon propre miel. » Rodoreda qui connut en 1939 un exil français à Paris et à Bordeaux en passant par Limoges puis un autre exil à Genève est une romancière une nouvelliste et une poétesse qui va droit devant cuirassée par ses propres failles. C’est perforant et de ce point de vue très ressemblant aux femmes catalanes que je croise. Par ailleurs dans le supplément que lui a consacré El País le 19 avril les six articles sont tous signés par des femmes. Ça doit vouloir signifier quelque chose Mercè Ibarz auteure de Rodoreda Exili i desig Exil et désir L’une d’elles l’écrivain Mercè Ibarz également traduite à Tinta blava auteure d’une biographie sur la dame des lettres catalanes prépare une exposition à La Pedrera inauguration le 10 octobre sur une facette très peu connue Mercè Rodoreda peintre. On peut voir plutôt apercevoir un assez grand nombre de tableaux sur le site de la Fondation Rodoreda http // mercerodoreda.cat/gc/ViewPage.action siteNodeId=243 amp languageId=1 amp contentId=-1 . Dans l’ensemble c’est surprenant de naïveté et de force. C’est fréquemment divisé en deux comme un combat des contraires. Certains des visages me rappellent ceux d’un catalogue de peintures d’enfants handicapés mentaux que les Laboratoires Sandoz avaient produit dans les années 60. « Comme l’autodidacte qu’elle fut en tout elle savait depuis la première minute qui suivre qui copier et apprendre seule » écrit Mercè Ibarz. Patientons jusqu’au mois d’octobre avant de nous rendre à La Pedrera. INSTANTANÉS DE LA FÊTE De haut en bas la Sant Jordi est un jour de bonne humeur et de retrouvailles avec les amis...Avec Isabel Obiols directrice de La Magrana et Rudolf Ortega auteur de Tinc un dubte J'ai un doute guide du catalan correct tiens mon Puzle un seul z en catalan fait le trottoir passeig de Gràcia sur les dessins de Gaudí avec Teresa Artigas traductrice du Puzzle catalan et de ce blog avec Emili Manzano un homme des Baléares francophile convaincu présentateur de L'Hora del lector le programme littéraire de TV3 avec Àlex Susanna le directeur de la Fondation Caixa Catalunya l'homme des expositions de La Pedrera poète traduit en France chez Fédérop en passe de recevoir la médaille des Arts et des Lettres du ministère français de la Culture pour avoir contribué au rayonnement de la culture française en Catalogne. DANS LES MARGES Aux personnes qui me font l’amitié de me dire que ces lignes leur ouvrent parfois des portes la semaine dernière deux grandes personnalités résolues et résistantes nous ont quitté. On peut lire d’Aimé Césaire poète homme politique penseur de « la négritude » Cahier d’un retour au pays natal et Discours sur le colonialisme les deux traduits en castillan . Pour approcher Germaine Tillion ethnologue de l’Algérie et de l’Afrique résistante déportée on peut visionner le film-entretien de Christian Bromberger Une conscience dans le siècle http //fr.youtube /watch v=wMfDX8Q1lGg et lire le petit livre La Traversée du mal chez Arlea entretien avec Jean Lacouture. Excellentes pages Wikipedia en français http //fr.wikipedia.org/wiki/Aimé_Césaire en castillan http //es.wikipedia.org/wiki/Aimé_Césaire. Rien en castillan sur Germaine Tillion en français http //fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion. À la semaine prochaine Zoran Music à La Pedrera. SANT JORDI A L'HORA DE ZAFÓN I DE RODOREDA La festa de Sant Jordi que a Catalunya es celebra cada 23 d’abril des de 1926 enfronta la seva popularitat als qui anuncien la mort del llibre. Els centenars de milers de persones als carrers transformats en llibreries improvisades alimenta un fervor col·lectiu lleugerament atabalador i sobradament emotiu malgrat l’aparent desmesura. Decididament aquesta ciutat és la del moviment perpetu Els dies sense un esdeveniment febril es poden comptar amb els dits de quatre mans. Amb la traducció del meu Puzle català he fet la meva primera marató d’autor amb Isabel Obiols la meva editora d’RBA-La Magrana en el paper de mentora sis sessions d’una hora cadascuna per esperar els lectors en diferents indrets. A mitja carrera la pupil·la de l’autor assegut dóna la seva ànima sota la pressió del riu de vianants. Aleshores l’autor es concentra en la seva pila de llibres. Baixa tan de pressa com alta és la seva fama però comparat amb la fira del llibre d’un poble de la Borgonya el més petit dels resultats aconseguits és satisfactori. Reconec haver experimentat un motiu d’estrès. Ha estat pel tema dels accents. Per exemple en la dedicatoria «Per a Eulàlia etc. etc. » Obert Tancat En aquest cas el que li escau és l’obert El meu català topa amb aquesta dificultat. Alguns autors posen mala cara davant l’esdeveniment perquè tan sols triomfen els best-sellers i el llibres d’usar i llençar de les estrelles de la televisió o dels futbolistes. L’allau preparat amb molta antelació concentra els esforços de promoció en aquest període i en algunes persones. Des d’aleshores un sentiment de solitud pot neguitejar qualsevol autor amb una tirada de menys de dos mil exemplars. La notícia més important d’aquest Sant Jordi és la enorme xifra de vendes de la novel·la de Carles Ruíz Zafon El joc de l’àngel que encara no has estat traduïda al francès 125 000 exemplars en un dia. A banda d’aixó l’esdeveniment econòmic de la setmana és la compra d’Editis el segon grup francès d’edició número 1 de llibre escolar per Planeta el líder espanyol en mans de la familia barcelonina Lara. La celebració del combat de Sant Jordi contra el dragó també val la pena per les floristeries atès que no falten princeses per rebre una rosa a canvi del llibre que elles ofereixen. Es la tradició. Sant Jordi es el patró de Catalunya i no falten els indrets situats sota la seva benedicció. La representació que jo prefereixo és a la part nord-est del claustre de la catedral. És una escultura petita d’Emili Colom sobre una catifa fresca de falzilles xipollejant en una font. Venen ganes d’emportar-se-la a casa. Com que aquest mateix dia hi havia partit Barça-Manchester United he pensat en la meva petita col·lecció de cròniques de futbol de Montalbán. Aquest mateix Montalbán n’amagava d’altres a més a més de l’autor de novel.la negra el Montalbán poeta de Poesía completa memoria y deseo 1963-2003 publicat per Península. En parlo perquè l’acabo d’aconseguir. Tan sols ha estat traduït a l’italià. També m’he fet amb Viatges i flors de Mercè Rodoreda amb la intenció de fer-lo traduir per a Tinta Blava la meva editorial en procés d’ésser transferida a Autrement. L’any 2008 se situa sota el signe d’aquesta dona la més internacional dels escriptors catalans. Motiu és l’any del seu centenari. Nascuda el 1908 va desaparèixer el 1983. Viatges i flors és un llibre inclassificable. De moment em sento atrapat. Es un bon senyal. Vaig fer traduir El carrer de les Camèlies a Bernard Lesfargues després de la primera lectura. Per saber més coses sobre aquesta última obra sempre disponible vegeu aquesta adreça http // lekti-ecriture /editeurs/Rue-des-camelias.html. M’agrada aquesta confessió d’una autora que vaig conèixer mitjançant La plaça del Diamant en francès editat per Gallimard traduïda també per Bernard Lesfargues « Vençuda i tot vull ésser jo mateixa abella furiosa de sa mel.» Rodoreda que el 1939 havia conegut l’exili a París i a Burdeos passant per Limoges i després un altre exili a Ginebra és una novel·lista i una poetessa que tira pel dret cuirassada per les seves pròpies falles. És punyent des d’aquest punt de vista molt semblant a les dones catalanes amb les que m’he creuat. D’altra banda en el suplement del 19 d’abril que li va dedicar El País els sis articles estan firmats per dones. Això deu voler dir alguna cosa Una d’elles la escriptora Mercè Ibarz traduïda també a Tinta Blava autora d’una biografia sobre la dama de les lletres catalanes prepara una exposició a La Pedrera inauguració el 10 d’octubre sobre una faceta molt poc coneguda Mercè Rodoreda pintora. Més que veure es pot percebre un bon número de quadres a la web de la Fundació Rodoreda http // mercerodoreda.cat/gc/ViewPage.action siteNodeId=243 amp languageId=1 amp contentId=-1 . En el conjunt són sorprenents la ingenuïtat i la força. Sovint es divideix com una lluita d’elements contraris. Certes cares em recorden les d’un catàleg de pintures de nens amb minusvalíes mentals que van produir els Laboratoris Sandoz als anys 60. « Com l’autodidacta que era en tot sabia des de sempre a qui seguir copiar aprendre sola» escriu Ibarz. Haurem de tenir paciència fins el mes d’octubre abans no poguem anar a La Pedrera. ALS MARGES A les persones que tenen l’amabilitat de dir-me que de vegades aquestes ratlles els obren portes la setmana passada ens van deixar dues grans personalitats decidides i resistents. D’Aimé Césaire poeta home polític pensador de « la negritud » es pot llegir Cahier d’un retour au pays natal i Discours sur le colonialisme els dos traduïts al castellà . Per acostar-se a Germaine Tillion etnòloga d’Algèria i de l’Àfrica resistent i deportada es pot veure la pel·lícula-conversa de Christian Bromberger Une conscience dans le siècle http //fr.youtube /watch v=wMfDX8Q1lGg i llegir el llibre La Traversée du mal de l’editorial Arlea una conversa amb Jean Lacouture. Excel·lents pàgines Wikipedia en francès http //fr.wikipedia.org/wiki/Aimé_Césaire en castellà http //es.wikipedia.org/wiki/Aimé_Césaire. De Germaine Tillion no hi ha res en castellà però en francès http //fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion. Traducció de Teresa Artigas Fins la setmana vinent Zoran Music a La Pedrera. Publié dans Non classé Un commentaire 18 avril 2008 Woody Allen Pénélope Scarlett et #8230 Barcelone Texte traduit en catalan voir plus loin/Text traduït al català veure més avall Pour le lien “laisser un commentaire” se rendre en toute fin de page. Nombriliste au possible Barcelone attend impatiemment la sortie en septembre 2008 du prochain film de Woody Allen Vicky Cristina Barcelona qui devait s’appeler à l’origine Midnight in Barcelona . Le producteur catalan Jaume Roures vient d’annoncer qu’il est en négociations avec la direction du festival de Cannes pour que le film fasse l’ouverture de la manifestation le 14 mai prochain. En 2002 une autre oeuvre de Woody Allen Hollywood ending film de l’auto-dérision et satire du système hollywoodien avait bénéficié du même honneur. La semaine dernière j’évoquais la pluie qui manque cruellement en Catalogne. Aux références cinématographiques indiquées il me faut ajouter la scène de Hannah et ses sœurs 1986 où Mickey Sachs Woody Allen le col relevé le regard interloqué derrière des lunettes à grosse monture noire apprend qu’il a une tumeur au cerveau debout dans une cabine téléphonique qui le protège de la pluie. Mêmes lunettes dans le clip d’une minute réalisé pour la campagne sans paroles Speechlesshollywood de soutien à la grève des scénaristes en 2007 http //fr.youtube /watch v=CgMCfi4HhyA amp feature=related . C’était au temps où New York inspirait Woody Allen depuis qu’avec Manhattan 1979 elle était devenue la ville qui « empeste le noir et blanc comme les vieux films. » Avec le temps le plus européen des réalisateurs américains confronté à des difficultés croissantes pour financer ses films aux Etats-Unis s’est tourné vers le Vieux continent. Ainsi commençait avec Match Point 2005 la trilogie londonienne qui se poursuivit avec Scoop 2006 et Le rêve de Cassandre 2007 . La transplantation européenne se poursuit donc avec Vicky Cristina Barcelona premier des trois films signés avec MediaPro la société barcelonaise de Jaume Roures. Ce négociateur discret est plus malin qu’un wagon d’administrateurs de La Caixa l’omniprésente puissance financière catalane. Il est au centre de la guerre actuelle des droits TV de retransmission des matches de football de la Liga espagnole. Il gère notamment les droits audiovisuels du Real Madrid plus d’un milliard d’euros de 2006 à 2013 . Les médias qu’il contrôle soutiennent directement José Luis Rodriguez Zapatero le chef du gouvernement. Tout près de chez moi dans le quartier du 22@ déclaré quartier de la haute technologie il est en train de construire 60 000 mètres carrés d’installations audiovisuelles vouées à la recherche en partenariat avec l’université Pompeu Fabra. Jaume Roures lui aussi paraît parfois absent derrière des lunettes à grosse monture. Woody Allen qui a déclaré ne pas pouvoir vivre sans inventer des illusions avait dit de Paris « Tant que vous n’avez pas été embrassé par un de ces pluvieux après-midis parisiens vous n’avez jamais été embrassé. » Je ne lui ai pas entendu de trouvailles sur Barcelone pendant le tournage du film en août l’année dernière. Le synopsis a été longtemps gardé secret Vicky Rebecca Hall la superbe Anglaise de The Prestige et Cristina Scarlett Johansson déclarée « la femme la plus sexy » par la revue Esquire deux jeunes femmes américaines partent le temps d’un été à Barcelone. La première est sur le point de se marier la deuxième est un esprit libre et aventureux. Elles rencontrent un artiste espagnol Javier Bardem l’acteur meilleur second rôle aux Oscars de cette année prototype de l’Espagnol viril et son ex-femme déjantée incarnée par Pénélope Cruz la nouvelle Sofia Loren primée à Cannes en 2006 pour Volver . Les quatre sont embarqués dans une aventure romantique débridée. Scarlett Johansson et Wooddy Allen dans les jardins de Montjuïc photo d'un paparazzi. Autant de glamour dans la distribution a-t-il excité l’imagination de Woody Allen Une révélation du New York Post a laissé filtrer qu’une scène lesbienne était jouée par Pénélope et Scarlett c’est le troisième film de l’Américaine avec Allen . On a demandé des précisions à Jaume Roures l’autre jour sur RAC1 radio catalane. Ce dernier a répondu que la fameuse scène suggérait plus qu’elle ne montrait. Le producteur a dit aussi que « jamais Barcelone n’avait été aussi bien filmée et que ceux qui ne connaissent pas encore la ville ne résisteront pas à l’envie de la découvrir. » De quoi rassurer la Municipalité qui a investi un million d’euros dans la production auxquels se sont ajoutés les deux cent mille euros de la Generalitat le gouvernement catalan . Tournage dans le Park Guëll photo archives . Barcelone est donc le nouveau personnage urbain du cinéma allénien. J’attends de savoir à quel rythme vibre la ville dans son film si des scènes tournées sur le toit de La Pedrera tombent des perles sonores aussi blanches que celles que j’ai entendues certains soirs autour des guerriers de Gaudí dans le petit vent venu de la mer. Je songe bien sûr aux notes de Gershwin accompagnant ses films new-yorkais mais aussi à la scène finale de Everyone says I love you quand Woody Allen en personne danse sur les quais de Seine avec Goldie Hawn sur I’m Through With Love http //fr.youtube /watch v=_ZkbVM7UAcc amp feature=related . Ça ne vaut pas Marilyn mais tout de même . À la semaine prochaine Pour Sant Jordi l'important c'est le livre l'important c'est la rose. Woody Allen Penélope Scarlett i … Barcelona Mirant-se el melic amb frequencia Barcelona espera amb gran impaciència l’estrena el setembre del 2008 de la propera pel·lícula de Woody Allen Vicky Cristina Barcelona que en principi s’havia de titular Midnight in Barcelona . El productor català Jaume Roures acaba d’anunciar que està en negociacions amb la direcció del festival de Cannes perquè la pel·lícula obri la mostra el pròxim 14 de maig. El 2002 una altra obra de Woody Allen Hollywood ending películ·la d’autoburla i sàtira del sistema hollywoodenc va tenir aquest honor. La setmana passada vaig evocar la pluja que a Catalunya falta d’una manera cruel. A les referències indicades aleshores hi afegeixo avui l’escena de Hannah and her sisters 1986 en la que Mickey Sachs Woody Allen amb el coll aixecat la mirada desconcertada darrere unes ulleres de muntura grossa i negra s’assabenta que té un tumor al cervell dret en una cabina de telèfon que el protegeix de la pluja. Les mateixes ulleres es veuen en el clip d’un minut realitzat per a la campanya sense paraules Speechlesshollywood recolzant la vaga de guionistes el 2007 http //fr.youtube /watch v=CgMCfi4HhyA amp feature=related . Va ser al temps en què Nova York inspirava Woody Allen des de que amb Manhattan 1979 es va convertir en la ciutat que “empasta el blanc i negre com en les velles pel·lícules”. Amb el temps el més europeu dels directors nord americans que s’enfronta a dificultats creixents per finançar les seves pel.lícules als Estats Units s’ha girat cap el vell continent. Així és com amb Match Point 2005 va començar la trilogia londinenca que va seguir amb Scoop 2006 i Cassandra's Dream 2007 . El trasplantament europeu segueix doncs amb Vicky Cristina Barcelona primera de les tres pel.lícules signades amb MediaPro l’empresa catalana de Jaume Roures. Aquest negociador discret és més viu que un vagó ple d’administradors de La Caixa l’omnipresent poder financer català. És al centre de la guerra actual dels drets de retransmissió dels partits de futbol de la Lliga espanyola. Administra especialment els drets audiovisuals del Reial Madrid més de mil milions d’euros de 2006 a 2013 . Els mitjans de comunicació que controla recolzen directament José Luis Rodríguez Zapatero el cap de Govern. Molt a prop de casa meva en el barri 22@ declarat barri de l’alta tecnologia està construint 60.000 metres quadrats d’instal·lacions audiovisuals dedicades a la recerca en col·laboració amb la Universitat Pompeu Fabra. Jaume Roures també sembla absent darrere les ulleres de muntura grossa. Woody Allen que ha declarat que no pot viure sense inventar il·lusions va dir de París “Si mai us han besat una d’aquestes tardes plujoses parisenques és que mai no us han besat” Durant el rodatge de la pel·lícula el passat mes d’agost no li he sentit cap al·lusió sobre Barcelona. L’argument s’ha mantingut en secret durant molt temps Vicky Rebecca Hall la superba anglesa de The Prestige i Cristina Scarlett Johansson que la revista Esquire ha declarat “la dona més sexy” dues joves americanes passen un estiu a Barcelona. La primera és a punt de casar-se la segona és un esperit lliure i aventurer. Totes dues troben un artista espanyol Javier Bardem millor actor secundari als Oscar d’aquest any prototip de l’espanyol viril i la seva ex dona sonada interpretada per Penélope Cruz la nova Sofia Loren premiada a l’edició de Cannes del 2006 per Volver . Els quatre s’embarquen en una aventura romàntica desenfrenada. Ha excitat la imaginació de Woody Allen un repartiment amb tant de glamour Una revelació del New York Post ha filtrat que hi ha una escena lesbiana entre Penélope i Scarlett és la tercera pel·lícula de la nord americana amb Allen . L’altre dia a RAC 1 a Jaume Roures li demanaven més detalls. Aquest darrer va respondre que la famosa escena suggeria més que mostrava. El productor també va dir que “Barcelona mai havia estat tant ben filmada i que els que encara no coneixen la ciutat no resistiràn les ganes de descobrir-la.” Aixó tranquil.litzarà l’Ajuntament que ha invertit un milió d’euros en la producció als quals s’hi han afegit els dos-cents mil euros de la Generalitat. Així doncs Barcelona és el nou personatge urbà del cinema allenià. Estic a l’espera de saber a quin ritme vibra la ciutat en la seva pel.lícula si a les escenes filmades al terrat de La Pedrera cauen perles sonores tan blanques com les que vaig sentir alguns vespres al voltant dels guerrers de Gaudí en la brisa procedent del mar. Penso per descomptat en les notes de Gershwin que acompanyen les pel·lícules novaiorqueses i també en l’escena final d’ Everyone says I love you quan Woody Allen en persona balla als molls del Sena amb Goldie Hawn amb I’m Through With Love http //fr.youtube /watch v=_ZkbVM7UAcc amp feature=related . No és ben bé el mateix que Marylin però no està malament. Traducció Teresa Artigas Fins la setmana vinent Per Sant Jordi l'important és el llibre l'important és la rosa. Publié dans Non classé Laisser un commentaire 11 avril 2008 La guerre de l #8217 eau Traducció del text en català després del text en francès On entendrait la pluie venir sur la ville et on verrait les toits bouillir de peur les gargouilles autour de la cathédrale lâcheraient ensuite leurs paquets d’eau. On se dirait « tiens c’est comme en septembre » mais au moins depuis juin de l’année dernière le ciel n’a pas jeté des cordes contre les trottoirs. Barcelone a perdu la mémoire de la pluie. On songe à la chanson de Raimon « Dans mon pays la pluie ne sait pas pleuvoir. » La sècheresse en cours menace la ville d’un rationnement en eau potable cet automne. J’avais noté il y a quelques années dans la bouche d’un spécialiste de la tectonique des plaques ces deux phrases « L’Europe s’éloigne de deux centimètres par an de l’Amérique. L’Afrique se rapproche d’un centimètre par an de l’Europe. » La bataille de l’eau est engagée. La locution catalane « Ça ça coûte moins que l’eau » « aixó va més barato que l’aigua » prend aujourd’hui d’autres proportions. Le transport de l’or bleu par bateaux en provenance de Marseille Tarragone et Almeria commencera en mai et représentera un coût de 22 millions d’euros par mois tout en ne couvrant que 18% des besoins. Jardin Mossèn Cinto Verdaguer Montjuïc fontaine fermée pour économie d'eau photo LT dimanche 6 avril 2008 . Les risques de restrictions affectent l’agglomération entière soit cinq millions et demi d’habitants sur les sept recensés en Catalogne. Le maire de Barcelone Jordi Hereu ne veut pas passer son temps à regarder le ciel. Il le proclame. Il parle tellement fort qu’on l’entend de l’Èbre au Canigou. C'est une habitude. Il a dû naître dans un haut-parleur. Depuis les hautes terres sèches de l’altiplano de Lleida on le soupçonne d’être préoccupé par le mauvais effet que des coupures à la cubaine pourraient produire sur les cinq millions annuels de visiteurs. Si j’étais touriste acharné c’est-à-dire un névrosé de l’exotique et de la fausse aventure il me semble que je me réjouirais à l’idée de me risquer dans une ville qui a soif. Ces chiffres surprennent l’agriculture consomme 70% de l’eau en Catalogne l’industrie 8% les 22% restants vont à nos robinets. L’usage domestique a diminué ces dernières années alors que la population a augmenté le citoyen est raisonnable. Tout indique que la gestion publique de l’eau n’a pas été le fort des gouvernants manque de prévision non modernisation des structures et des technologies de captage et d’arrosage et des pouvoirs agricoles intouchables comme chez nous . C’était il y a dix ans au moins le président de la Catalogne Jordi Pujol poussait alors un projet pharaonique de construction d’une canalisation enterrée de 330 kilomètres destinée à transférer 15 mètres cubes/seconde 1 300 000 mètres cubes/jour d'eau du Rhône d’Arles à Barcelone. Sur France Culture un fonctionnaire européen s’était fâché « Que les Catalans apprennent avant à gérer ce dont ils disposent sur place » L'idée a ressurgi parmi d’autres solutions avancées par les uns et repoussées par les autres. Le charivari politique est à son paroxysme. J'appends dans Le Monde édition du 10 avril 2008 que Las Vegas manque d'eau et qu'une polémique se développe autour d'un projet de construction de pipeline C’est le moment d’aller sur le site du Monde Diplomatique lire un article de Marc Laimé « La marchandisation de l’eau s’accélère" http // monde-diplomatique.fr/carnet/2008-03-19-La-marchandisation-de-l-eau . Conflits à venir pour "un second pétrole" J’ai fureté dans la bibliothèque pour retrouver la mémoire de la pluie. Dans un coin se tient la cassette de Vivre le film préféré de Akira Kurosawa son réalisateur au cinéma rarement pluie est aussi oblique et raide angoissée. La pluie qui me vient toujours en premier à l’esprit est celle de Pablo Neruda celle de Temuco et de l’Araucanie « Là où naît la pluie » « Donde nace la lluvia » premier mouvement du Mémorial de l’Ile Noire . Chez Georges Perros « le crachin c’est une rosée/Qui vient de là-haut qui s’enroule/Autour de nos fronts fatigués. » Comme je vous le disais j’ai fureté et paraphrasant Octavio Paz on peut dire que la pluie « parle sans cesse et jamais ne se répète » chez les poètes comme chez les romanciers. Tiens les freezias ont soif. Je verse de l’eau qui a déjà servi. Le vase est sous un tableau. Au fait on ne peint guère la pluie À part le Monet du musée de Morlaix Pluie à Belle-Ile il ne me vient pas d’autre œuvre frappante à l’esprit. À la semaine prochaine Woody Allen Pénélope Scarlett et Barcelone. Pour le lien "laisser un commentaire" se rendre en fin de page. La guerra de l’aigua Es podria sentir caure la pluja a la ciutat i veure les teulades tremolar de por tot seguit les gàrgoles que hi ha al voltant de la catedral farien vessar dolls d’aigua. Es podria dir «mira és com al setembre » però com a mínim des del juny de l’any passat el cel a Barcelona no ha tornat a plorar a bots i barrals damunt les voreres. Barcelona ha perdut la memòria de la pluja. Penso en la cançó de Raimon «Al meu país la pluja no sap ploure. La sequera actual amenaça la ciutat amb un racionament de l’aigua potable aquesta tardor. Fa uns anys vaig prendre nota de boca d’un especialista en plaques tectòniques d’aquestes dues frases « Europa s’allunya d’Amèrica dos centímetres l’any. Àfrica s’acosta un centímetre l’any a Europa. » La batalla de l’aigua ha començat. La locució catalana « això costa menys que l’aigua » avui pren unes altres dimensions. El mes de maig començarà el transport de l’or blau en vaixells procedents de Marsella Tarragona i Almeria i representarà un cost de 22 milions d’euros al mes i tant sols cobrirà el 18% de les necessitats. Els riscos de restriccions afecten tota l’aglomeració és a dir cinc milions i mig d’habitants sobre els set censats a Catalunya. L’alcalde de Barcelona Jordi Hereu no vol perdre el temps mirant el cel. Ho proclama. Ho diu tant fort que se’l sent des de l’Ebre fins al Canigó. És un costum. Deu haver nascut en un altaveu. Des de les terres altes i seques de l’altiplà de Lleida se sospita que està preocupat pel mal efecte que podrien produir els talls a la cubana entre els cinc milions de visitants anuals. Si jo fos un turista aferrissat és a dir un neuròtic de l’exotisme i de la falsa aventura em sembla que m’encantaria la idea d’arriscar-me a anar a una ciutat on es pateix set. Les xifres sorprenen l’agricultura consumeix el 70% de l’aigua de Catalunya la indústria el 8% el 22% restant va a les nostres aixetes. Aquests últims anys l’ús domèstic ha disminuït tot i que la població s’ha incrementat el ciutadà és raonable. Tot indica que la gestió pública de l’aigua no ha estat el fort dels governants falta de previsió no modernització de les estructures i de les tecnologies de captació i rec i dels poders agrícoles intocables com a casa nostra . Això va passar fa uns deu anys el president de Catalunya Jordi Pujol promovia aleshores un projecte faraònic la construcció d’una canalització soterrada de 330 kilòmetres destinada a transvasar 15 metres cúbics/segon 1.300.000 metres cúbics/dia d’aigua del Roine des d’Arles fins a Barcelona. A France Culture un funcionari europeu es va enfadar « Que els catalans aprenguin abans a administrar els seus propis recursos » Aquesta mateixa idea sorgeix en l’actualitat entre d’altres solucions proposades per uns i rebutjades per altres. El guirigall polític arriba al seu paroxisme. Llegeixo a Le Monde del 10 d’abril que a Las Vegas l'aigua és escassa i que hi ha polèmica al voltant de l’oportunitat de construir un pipeline. És l’hora d’anar a la web de Le Monde Diplomatique per llegir un article de Marc Laimé « La marchandisation de l’eau s’accélère » « La mercatilització de l’aigua s’accelera » http // monde-diplomatique.fr/carnet/2008-03-19-La-marchandisation-de-l-eau . Futurs conflictes per a "un segon petroli" He remenat a la biblioteca per retrobar la memòria de la pluja. En un racó hi he trobat la cinta de video Vivre la pel.lícula preferida d’Akira Kurosawa el seu director al cinema la pluja rarament és alhora tant obliqua i tibant angoixada. La pluja que sempre em ve a l’esperit en primer lloc és la de Pablo Neruda la de Temuco i y de l’Araucania « Donde nace la lluvia » primer moviment del Memorial de la Isla Negra . En l’obra de Georges Perros « Le crachin c’est une rosée/Qui vient de là-haut qui s’enroule/Autour de nos fronts fatigués. » El plugim és una rosada/Que ve d’allà dalt que s’enrosca/Al voltant dels nostres fronts cansats. » Així doncs com deia he escorcollat i parafrasejant Octavio Paz es pot dir que la pluja « parla sense parar i mai no es repeteix » tant per als poetes com per als novel.listes. Vaja les frèssies tenen set. Els poso aigua usada. El gerro està sota d’un quadre. Ara que hi penso gairebé mai no es pinta la pluja A part del Monet del Museu de Morlaix Pluie à Belle-Ille no em ve cap altra obra colpidora per a l’esperit. Fins la setmana vinent Woody Allen Penélope Scarlett i Barcelona. Publié dans Non classé Un commentaire 04 avril 2008 Blessures de l #8217 Histoire Traducció del text en català després del text en francès Selon un membre du gouvernement espagnol la loi dite « de la mémoire historique » approuvée le 31 octobre 2007 à Madrid devait « refermer définitivement les blessures » de la Guerre civile 1936-1939 et de ses suites Ce n’est pas le sentiment qu’on éprouve en visitant l’exposition consacrée en ce moment aux bombardements sur Barcelone à la station de métro Universitat. Elle est intitulée Refug i en référence aux 1394 refuges construits alors. On peut en visiter aujourd’hui quelques-uns dans le quartier de Poble Sec notamment. Je n’étais pas là depuis dix minutes au-dessus des escaliers mécaniques conduisant aux quais qu’une dame s’adressait à son fils « Tu ne t’en rends peut-être pas compte mais lorsque ta grand-mère entend une sirène d’ambulance à chaque fois elle se souvient elle tressaille puis elle se referme sur elle-même un moment. Elle ne veut pas en parler. Tu sais je crois qu’il faut l’avoir vécu pour l’imaginer. » Ces bombardements hantent la mémoire collective barcelonaise. On en trouve la trace de manière parfois insolite comme je demandais à un hôte ce qu’était le trou infime altérant le beau tableau placé au mur de son salon j’appris que c’était à cause d’un éclat de bombe. Les stigmates sont parfois plus visibles comme sur le visage grêlé de l’église de Sant Felip Neri. Elle occupe le flanc est de la placette portant le même nom où l'été on est à cent pas de la cathédrale on entre dans un nid sans égal d’ombre fraîche. Enfin une amie vient de me raconter l’histoire de l'armoire familiale miraculée de l’appartement de la Rambla Catalunya où vivait sa mère en 1938 et que vint souffler une bombe tombée Gran Via sur un camion d'explosifs. Les bombardements de Barcelone sont moins connus dans le monde que celui de Gernika au Pays basque du 26 avril 1937 et qu'a sacralisé Picasso. Des chiffres entre le 13 février 1937 et le 25 janvier 1939 385 alertes effectives pour presque la moitié 2750 civils morts un peu plus de 7000 blessés 1803 bâtiments civils touchés par les 1903 bombes lancées. Pour l’ensemble de la Catalogne les morts sous les bombardements s’élèvent à 4736. Le sommet fut atteint les 16-17-18 mars 1938 avec des vagues successives d’avions italiens décollés des Baléares lâchant des bombes à ailettes de 50 à 100 kilos. C’était l’annonce de Coventry et de Dresde. Ce que ne souligne pas assez l’exposition c’est que l’on utilisait pour la première fois dans l’histoire des hommes le bombardement aérien pour terroriser les populations civiles. En fait la Guerre civile que d’aucuns nomment justement la Guerre d’Espagne pour souligner qu’elle ne fut pas seulement une affaire interne constitua un laboratoire militaire avant la Deuxième Guerre mondiale principalement pour l’Allemagne hitlérienne et pour l’Italie Mussolinienne engagées du côté de l’armée rebelle franquiste. Je précise « rebelle » car j’ai entendu sur France Culture un animateur employer ce terme pour qualifier les Républicains légalement élus Le ciel d’Espagne accueillit les premiers bombardiers performants le Heinkel He 111 et le Fiat-Cigogna Savoia Sa-579. Au sol furent mis au point les chars allemands qui allaient mener la grande offensive de 1940. On y perfectionna aussi l’infanterie et des stratégies de guerre. « La formation des hommes intéressa surtout les Allemands qui rodèrent … leurs aviateurs avec la Légion Condor qui … parvint à former 16000 hommes grâce à une rotation continue le corps employant 4000 hommes pilotes et techniciens en permanence. » écrit Bartolomé Benassar dans son introduction aux Actes du colloque de Perpignan 1989 Les Français et la Guerre d’Espagne . Je recommande cet ouvrage édité par l’Université de Perpignan notamment pour la contribution de Pierre Laborie Espagnes imaginaires et dérives pré-vichystes de l’opinion française et pour celle de Claude Thiébaut Léon Blum Alexis Léger et la décision de non-intervention en Espagne juillet-août 1936 . On sait peu qu’Alexis Léger le vrai artisan de la non-intervention fatale aux Républicains espagnols secrétaire général du ministère des Affaires Étrangères de 1932 à 1940 est aussi le poète Saint-John Perse notre Prix Nobel de littérature en 1960. J’ai évoqué les bombardements sans relâche de 1938. Le 17 mars le premier vice-consul français Antonin Lecouteux compta parmi les victimes. Après que son corps eût été transporté à Sète sur le contre-torpilleur Vauquelin il reçut des obsèques nationales à Paris . Je ne sais pas si le Consulat de France à Barcelone a prévu de s’en souvenir. Je n'ai pas trouvé le nom de Ramon Perera dans la nomemclature des rues. C'est pourtant lui qui fut le responsable de la construction des refuges pour le compte de la Generalitat. À la fin de la guerre selon le documentaire Ramon Perera l'home que va salvar Barcelona de Montse Armengou diffusé par TV3 il fut enrôlé par les services secrets britanniques mais ces derniers ne firent guère cas de l'ingénieur déplacé à Londres. Je songeais à tout cela en me promenant sur la montagne de La Rovira où demeurent les emplacements des batteries anti-aériennes transformés le jour en vaste terrain de jeux par les enfants du quartier et le soir en espace souterrain de divertissement par les adolescents. À nos pieds s'étendait la ville dans son panorama le plus ample prise dans son petit remue-ménage provincial. La tour-obus la tour-geyser la tour-suppositoire officiellement la Tour Agbar c'est comme on veut construite par Jean Nouvel est le dernier grand totem fiché dans une cité qui aime se regarder en son miroir. Nouvel a reçu en fin de semaine dernière le prix Pritzker 2008 la plus haute récompense internationale décernée en architecture. Je rêve de monter au sommet de la tour pour regarder la Sagrada Familia qui lui fait réponse dans le ciel. Demain on inaugure les jardins conçus au Poblenou par le français http // europaconcorsi /db/pub/scheda.php id=15110 . C'est annonce-t-il un "éloge de l'ombre" ce qui m'oblige à vous conseiller de lire ou de relire l'ouvrage essentiel de Tanizaki Junichiro portant ce titre POF Paris 1993 . Tout jardin est un art de la paix. Toute ville marquée par trop de blessures de l'Histoire est dans le désir de paix. Et l'exprime à la première occasion. La Municipalité prévoit un Musée de la Paix à Montjuïch. C'est le sens qu'il faut donner à l'exposition du métro Universitat. Je me souviens des énormes rassemblements contre la guerre en Irak. Des haut-parleurs simulaient des sirènes d'alarme aérienne la foule se couchait alors sur le macadam de la Diagonal. George Bush père déclarait dans le même temps "Ce ne sont pas les manifestants de Barcelone qui vont orienter la politique des États-Unis." J'ai compris avec le temps que Barcelone a déplacé le mot jusque dans le A de son vocabulaire. À la semaine prochaine je compte rendre visite à Anna-Maria Reverté jeune Maître du carillon de la Plaça Sant Jaume mais peut-être évoquerai-je le pays de "la pluie qui ne sait pas pleuvoir". Précision la semaine dernière j’ai mentionné Adib ou l’aventure occidentale de Taha Hussein . Cet ouvrage a été publié chez Clancier-Guénaud Paris 1988. Ferides de la història Segons un membre del govern espanyol la llei anomenada «de la memòria històrica» aprovada el 31 d’octubre del 2007 a Madrid havia de «tancar definitivament les ferides» de la Guerra Civil 1936-1939 i del que va seguir Aquest no és pas el sentiment que s’experimenta quan es visita l’exposició dedicada als bombardejos de Barcelona a la estació de metro Universitat. Es titula Refugi en referència als 1.394 refugis construïts aleshores. Avui se’n poden visitar alguns especialment al barri del Poble Sec. No feia ni deu minuts que era allà a dalt de les escales mecàniques que porten a les andanes quan una dona es va adreçar al seu fill «Tu no te n’adones però cada vegada que la teva àvia sent una sirena d’ambulància se’n recorda s’estremeix i tot seguit es tanca en si mateixa durant una estona. No en vol parlar. Saps crec que s’ha d’haver viscut per imaginar-s’ho.» Aquests bombardejos turmenten la memòria col·lectiva barcelonesa. De vegades s’en troben els rastres de manera insòlita com quan em van convidar a una casa i li vaig preguntar al meu amfitrió a què era degut aquell forat ínfim que espatllava un quadre preciós que hi havia a la paret de la sala vaig saber que aquest era conseqüència de l’esclat d’una bomba. El estigmes de vegades són encara més visibles com a la cara marcada de l’església de Sant Felip Neri a costat est a la placeta del mateix nom on a l’estiu a cent passes de la catedral s’hi troba un niu d’ombra fresca incomparable. Finalment una amiga m’acaba d’explicar l’història de l’armari familiar que va sobreviure a sol i serena al pis de la Rambla Catalunya on vivia la seva mare el 1938 després que una bomba caigués damunt d’un camió de trilita que circulava per la Gran Via. Els bombardejos de Barcelona són menys coneguts al món que el de Gernika al País Basc fet sacralitzat per Picasso. Xifres entre el 13 de febrer de 1937 i el 25 de gener del 1939 la població va sentir 385 alertes de les quals gairebé la meitat van ser efectives 2.750 civils morts més de 7.000 ferits 1.803 edificis tocats per les 1.903 bombes llançades. Al conjunt de Catalunya els morts a causa del bombardejos van ser 4.736. El cim es va assolir els dies 16 17 i 18 de març amb les successives ones d’avions italians enlairats a les Balears que van deixar anar bombes de 50 a 100 kilos. Era l’anunci de Coventry i de Dresde. El que potser no emfastitza prou l’exposició és que va ser la primera vegada a la història de la humanitat en què es va utilitzar el bombardeix aeri per terroritzar les poblacions civils. De fet la Guerra Civil que alguns anomenen justament Guerra d’Espanya per subratllar que no va ser tan sols un afer intern constituí un laboratori militar abans de la II Guerra Mundial principalment per a l’Alemanya hitleriana i per a l’Itàlia mussoliniana compromesa amb el bàndol de l’exèrcit rebel franquista. Puntualitzo «rebel» perquè a France Culture vaig sentir un locutor que feia servir aquest terme per qualificar els republicans elegits legalment El cel d’Espanya acollí els primers bombarders eficaços Heinkel He 111 i Fiat-Cigogna Savoia Sa-579. Per terra es van posar a punt els carros de combat alemanys que portarien a terme la gran ofensiva de 1940. També es van perfeccionar la infanteria i les estratègies de guerra. «Als alemanys els va interessar sobretot la formació dels homes i van entrenar ... els seus aviadors amb la Legión Cóndor la qual ... va formar 16.000 homes gràcies a una rotació contínua aquest cos va emprar 4.000 homes pilots i tècnics permanentment » escriu Bartolomé Benassar a la introducció de les actes del col.loqui de Perpinyà 1989 Les Français et la Guerre d’Espagne. Recomano aquest llibre editat per la Universitat de Perpinyà particularment per la contribució de Pierre Laborie Espagnes imaginaires et dérives pré-vichystes de l’opinion française i la de Claude Thiébaut Léon Blum Alexis Léger et la décision de non-intervention en Espagne juillet-août 1936 . No és gaire conegut que Alexis Léger el verdader artesà de la « no intervenció » tant desastrosa pel bàndol republicà secretari general del ministeri d’Afers Estrangers del 1932 a 1940 també és el poeta Saint-John Perse el nostre premi Nobel de literatura 1960 . He evocat els bombardejos sense treva de 1938. El 17 de març el primer vice-consul francès Antonin Lecouteux en va ser una de les víctimes. Després que el seu cos es traslladés a Sète en el vaixell antitorpedes Vauquelin va tenir dret a un funeral nacional a París. No sé si el consulat de França a Barcelona té previst recordar-ho. No he trobat el nom de Ramon Perera en la nomenclatura dels carrers. I aixó que va ser el responsable de la construcció d’aquests refugis per encàrrec de la Generalitat. En acabar la guerra segons el documental Ramon Perera l’home que va salvar Barcelona de Montse Armengou emès per TV3 va ser reclutat pels serveis secrets britànics però aquests darrers no van fer gaire cas de l’enginyer desplaçat a Londres. Pensava en això tot passejant pel turó de la Rovira on encara hi ha els emplaçaments de les bateries antiaèries que els nens del barri han fet seus com a terreny de joc de dia i els adolescents com a espai soterrat de divertiment de nit. Als nostres peus s’estenia un ample panorama de la ciutat immersa en el seu tràfec provincial. La torre-obús la torre-guèiser la torre-supositori oficialment la Torre Agbar tant se val construïda per Jean Nouvel és l’últim gran tótem plantat en una ciutat que li agrada mirar-se el melic. El passat cap de setmana Nouvel va rebre el premi Pritzker 2008 la recompensa internacional d’arquitectura més important. Somio pujar al cim de la torre per mirar la Sagrada Família que li dóna rèplica al cel. Demà s’inauguren els jardins que aquest francès http // europaconcorsi /db/pub/scheda.php id=15110 ha concebut al Poblenou. Segons anuncia ell mateix és un « elogi de l’ombra » el que m’obliga a aconsellar la lectura o relectura de l’obra imprescindible de Tanizaki Junichiro que porta aquest mateix títol POF París 1993 . Cada jardí és un art de la pau. Tota ciutat marcada per un excés de ferides de la història té desig de pau. I ho expressa sempre que pot. L’Ajuntament té previst un museu de la Pau a Montjuïc. És el sentit que cal donar a l’exposició del metro d’Universitat. Recordo les enormes manifestacions contra la guerra d’Irak. Els altaveus simulaven sirenes d’alarma aèria aleshores la gent s’ajupia al macadam de la Diagonal mentre George Bush pare declarava «Les manifestacions de Barcelona no orientaran pas la política dels Estats Units.» Amb el temps he entès que Barcelona ha desplaçat el mot « pau » a l’A del seu vocabulari. traducció Teresa Artigas Fins la setmana vinent tinc previst visitar l’Anna Maria Reverté jove mestra del carrilló de la plaça Sant Jaume però potser evocaré el pais de "la pluja que no sap ploure." Publié dans Non classé 2 commentaires 28 mars 2008 Fièvres de rambla s Quand j’ouvre mes fenêtres trois mouettes raclent la gorge sur la lèvre du toit d’en face et les plus hautes branches des platanes de la Rambla frôlent le balcon. Attention il ne s’agit pas de la Rambla fréquentée dans les années 30 par Georges Bataille dans Le Bleu du ciel et submergée aujourd’hui par les touristes du long trottoir des oiseleurs et des fleuristes. Ma Ra mbla est celle du Poblenou un quartier de Barcelone qui fut anarchiste durant un bon p remier tiers du vingtième siècle et qu’un urbanisme sans foi balaie à l’exfoliant depuis que nous sommes passés au suivant. Aux balcons pousse le slogan "Le Poblenou n'est pas en vente" "El Poblenou no es en venda" . Cependant il est resté assez de Poblenovins de souche dans les cinquante rues résistantes le marché couvert les maisonnettes de vingt-cinq empans et les bâtiments honorant l’art-chitecture pour que Poblenou respire un air unique. Encore plus les jours de fête qui ne manquent pas photo . Sa position est entre la Diagonal avenue traversant Barcelone 10 5 kms et la mer avec ses passagers de l’aube en particulier en février saison du soulèvement de soleils lourds comme des ventres de neuf mois colorés par des éclats de sanguine. Je propose un temps mort étymologique. Rambla venu de l’arabe « ramla » « sable » est selon l’admirable Diccionari català-valencià-balear d’Alcover i Moll http //dcvb.iecat.net/ 1. Le lit d’une rivière ou d’un torrent comblés de sable ou de pierres. 2. Un chemin ou une rue destinés à la promenade et ouvert généralement dans l’ancien lit d’une rivière ou d’un torrent. Je n’échangerais pas au quotidien ma Rambla du Poblenou pour celle du Raval. La première est provinciale et apaisée la deuxième est sans repères de tant d'intercontinentalité égarée parfois dans des vertiges et des trafics plus durs que ne le peuvent imaginer les touristes. La "modernité" qu'on nous vend ici du multiculturel s'oublie que celui-ci est un avatar de la circulation mondialisée des pauvres de leur exploitation. Les entrées glauques de La Marge d’André Pieyre de Mandiargues ne sont pas toutes tombées du fait des promoteurs. Elles conduisaient aux pièces des prostituées aujourd’hui à des appartements surpeuplés. Le Raval est aussi une volière de langues une piaillerie colorée de cent idiomes. On s’attend parfois qu’une des fragiles fortifications de pâtisseries tombe pour laisser place à quelque charmeur de serpents. Chacune de mes promenades dans cet univers de personnes déplacées de l’Asie de l’Afrique et de l’Orient me rapproche de Adib ou l’aventure occidentale de Taha Hussein en arabe طه حسي une calligraphie que l’on retrouve tracée avec quelque calame contemporain au frontispice des épiceries du quartier . Adib se perd dans l'aventure occidentale... L’Adib est « l’homme de lettres » atteint de ce mal que l’on nomme la littérature. Au passage la langue catalane s'est donnée un mot merveilleux pour désigner tout amoureux de littérature « el lletraferit » « le blessé des lettres » . Au Raval on croise beaucoup d’Abid et sa Rambla est nommée la Prashan Rambla par la communauté indo-pakistanaise. « Prashan » c’est « la tristesse » ou « le problème » en ourdou. Dans un article d’El Pais du 2 décembre 2006 Maritza Garcia publiait un poème de Bahadur Hussein employé dans l’un des innombrables « locutoris » centres d’appels téléphoniques du quartier. J'en reprends la traduction parue dans mon Guide culturel et intime de Barcelone C’est elle notre Rambla On l’appelle Prashan Rambla Ici personne n’offre d’halwa Oh Prashan Rambla Ici nous pleurons notre peine Nous parlons de tristesse Nous interrogeons incertains Quand arrivera la marque De tant croiser cette Rambla S’use la talwa Oh Prashan Rambla « Halwa » un plat doux pakistanais « La marque » la carte d’identité accordée aux immigrés régularisés « Talwa » la semelle de chaussure en ourdou . Sur la Rambla de Poblenou la présence étrangère est d'essence essentiellement européenne middle class. L'exotisme n'est en cours que chez l'épicier de mon rond-point. La musique vient du Penjab. "Moi Santokh" m'avait dit une après-midi l'homme à la caisse. Il parlait à peine le castillan encore moins le catalan. Une fillette rentrée de l'école était venue à son secours. Dans un catalan parfait elle avait traduit les mots prononcés en pendjabi par son parent. "Moi c'est Talwind." "Soc la Talwind." Un autre employé s'était approché "Moi c'est Darshan. Tu entends Raj Brar's." Répondant à ma curiosité il m'avait entraîné dans le capharnaüm de l'arrière-boutique. Sur un écran verdâtre un homme en turban minaudait devant une femme drapée de soie. Hier en sortant de l'épicerie il y avait les trois exemplaires du Myiopsitta monachus petit perroquet d'Argentine qui viennent percher régulièrement depuis deux ans dans les platanes. La gorge grise fait une cravate à leur plumage vert. En dessous des retraités papotaient à leur banc coutumier sujet permanent le Barça. Sur celui d'à côté un gitan couvert d'or offrait le poitrail au printemps timide. Debouts des grand-mères faisaient assaut de risettes au-dessus d'un groupe de poussettes. On est au pays de l'enfant-roi. À la semaine prochaine on m'invite à visiter l'exposition présentée à la station de métro Universitat sur les bombardements de Barcelone pendant la Guerre d'Espagne. La bannière du blog a été réalisée à partir d'une photographie de Toni Catany photographe majorquin dans sa série "Natures mortes" http //vraisreves.free.fr/catany.htm Le texte en catalan FEBRE DE RAMBLES Quan obro les finestres tres gavines s’escuren el coll damunt el llavi de la taulada del davant i les branques més altes dels plàtans de la Rambla freguen el balcó de casa. Compte no es tracta de la Rambla que freqüentava George Bataille als anys trenta a Le Bleu du ciel la de la vorera ampla que avui omplen els turistes els ocellers i els floristes. La meva Rambla és la del Poblenou un barri de Barcelona que va ser anarquista durant bona part del primer terç del segle XX i que en entrar al XXI un urbanisme sense pietat ha escombrat fins a exfoliar-lo. Dels balcons penja l’eslògan «El Poblenou no és en venda». Malgrat tot en els cinquanta carrers resistents en el mercat cobert a les casetes de vint-i-cinc pams i als edificis que honoren l’art-quitectura encara queden prou poblanovins de soca-rel gràcies als quals el Poblenou respira un aire únic. I encara més els dies de festa que no acostumen a faltar mai. Està situada entre la Diagonal l’avinguda que travessa Barcelona 10 5 kilòmetres i el mar amb els passatgers de l’alba particularment al mes de febrer estació en què les sortides de sol són denses com ventres de nou mesos acolorits pels esclats sanguinis. Proposo un temps mort etimològic. Rambla que ve de l’àrab «ramla» «sorra» és segons l’admirable Diccionari català-valencià-balear d’Alcover i Moll http //dcvb.iecat.net/ 1. Llit de riu o de torrent cobert d'arena o de pedres procedents de les avingudes. 2. Camí o carrer destinat a passeig generalment obert damunt un antic llit de riu o de torrent. Jo no canviaria la meva Rambla del Poblenou per la del Raval. La primera és provinciana i assossegada la segona no té punts de referència a causa de tanta intercontinentalitat de vegades es veu perduda en un vertigen i uns trafics molt més durs del que els turistes poden imaginar. La «modernitat» multicultural que se’ns ven aquí s’oblida que aquest és un avatar de la circulació mundialista dels pobres i de la seva explotació. No totes les entrades glauques de La Marge d’André Pieyre de Mandiargues han caigut a causa dels promotors. Les que abans conduïen a les habitacions de les prostitutes avui donen pas a pisos superpoblats. El Raval és també un gabial de llengües acolorit per cent idiomes. De vegades es pot imaginar que les fràgils parets dels pastissos dels aparadors cauen per cedir el seu lloc a qualsevol encantador de serps. Cadascuna de les passejades que faig per aquest univers de persones desplaçades de l’Àsia de l’Àfrica i de l’Orient m’acosta a Adib o l’aventura occidental de Taha Hussein en àrab طه حسي una cal·ligrafia que ressorgeix traçada amb algun càlam contemporani al frontispici dels comerços d’alimentació del barri . Adib es perd en l’aventura occidental... L’Adib és «l’home de lletres » atacat d’aquest mal que s’anomena literatura. Dit de passada la llengua catalana té un mot meravellós per designar un enamorat de la literatura «lletraferit». Al Raval es creuen molts Adib i la comunitat indo-pakistanesa anomena la seva Rambla « Prashan Rambla ». «Prashan» és «la tristesa» o «el problema» en urdú. En un article d’El País del 2 de desembre de 2006 Maritza Garcia publicava un poema de Bahadur Hussein empleat en un dels nombrosos locutoris del barri ¡Oh Prashan Rambla Es esta nuestra Rambla La llaman Prashan Rambla Aquí nadie nos regala Halwa ¡Oh Prashan Rambla Aquí lloramos nuestra pena Hablamos la tristeza Preguntamos sin certeza Cuándo llegará la respuesta de la huella. De tanto cruzar esta Rambla Se me desgasta la talwa ¡Oh Prashan Rambla «Halwa» plat dolç pakistanès «La marca» carnet d’identitat que es dóna als immigrants regularitzats «talwa» petjada en urdú . A la Rambla del Poblenou la presència estrangera és principalment d’essència europea middle class. L'exotisme només es veu al comerç d’alimentació que hi ha a la cantonada de casa meva. La música ve del Penjab. «Jo Santokh» em va dir una tarda l’home de la caixa. Gairebé no parlava castellà encara menys català. Una noieta que tornava de l’escola el va ajudar. En un català perfecte va traduir els mots que el seu pare deia en panjabi. Em va dir «Sóc la Talwind». Un altre empleat es va acostar «Jo sóc Darshan. Tu estàs sentint Raj Brar's.» Em va instruir a la rebotiga. En una pantalla verdosa un home amb turbant melindrejava exageradament davant d’una dona vestida de seda. Ahir sortint d’aquesta botiga hi havia tres exemplars de Myiopsitta monachus –un lloro petit originari d’Argentina– que des de fa dos anys venen regularment a parar-se en els plàtans. En el seu plomatge verd el coll gris els fa de corbata. A sota els jubilats xerraven asseguts en el seu banc de costum tema permanent el Barça. En el banc del costat un gitano cobert d’or oferia el pit a la primavera tímida. Dretes unes àvies assaltaven amb rialles tot un grup de cotxets de criatures. Som al país de l'infant-rei. Traducció Teresa Artigas Fins la setmana vinent em conviden a visitar l’exposició que presenten a l’estació de metro Universitat sobre els bombardejos de Barcelona durant la Guerra Civil espanyola. Publié dans Non classé 6 commentaires A propos Ecrivez-moi Calendrier juin 2011 L Ma Me J V S D laquo juin 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 Archives juin 2009 1 mai 2009 5 avril 2009 4 mars 2009 4 février 2009 4 janvier 2009 4 décembre 2008 3 novembre 2008 5 octobre 2008 5 septembre 2008 2 août 2008 4 juillet 2008 5 juin 2008 4 mai 2008 5 avril 2008 4 mars 2008 1 Articles récents Barcelona-Badalona troisième étape le poète m’a dit/Barcelona-Badalona tercera etapa el poeta em va dir. Barcelona-Badalona deuxième étape sous le signe du singe — Barcelona-Badalona segona etapa sota la marca del mico. Barcelona-Badalona première étape sous les trois cheminées. Barcelona-Badalona primera etapa sota les tres xemeneies. Raimon laquo Au vent raquo un poing c #8217 est tout / Raimon Al vent com un puny Rang A siège 12 Danone en son palais diaphane Départ de l’homme au billet bleu La Retirada au village 3 et fin La Retirada au village 2 La Retirada au village 1 Marges Sur les planches laquo Calçots raquo à peindre Les coffres se remplissent #8230 Paris parenthèse 2 et fin Paris parenthèse Une photo/des mots — Rambla Poblenou 9 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 8 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 7 Une photo/des mots — Rambla Poblenou 6 Blogroll Alain Giraudo Charles Gancel Martine Silber le monde.fr Aide Ce blog est édité grâce au concours de WordPress lt lt Apr 22 HISTORY #147 4 #148 #147 2 #148 DAY Apr 24 gt gt Events deaths births of APR 23 v.8.30 While connected to Internet click here for Universal Time clock accept Script and Active~Xs For Apr 23 Julian go to Gregorian date 1583~1699 May 03 #151 1700s May 04 #151 1800s May 05 #151 1900~2099 May 06 ALTERNATE SITES ANY DAY OF THE YEAR IN HISTORY ART #147 4 #148 APR 23 wikipedia San Francisco fires under control 5 days after quake ... Shakespeare dies ... Army~McCarthy hearings ... #147 Baedeker Raids #148 ... Condamn eacute s agrave mort par la R eacute volution ... Vikings murder king Brian ... P eacute nurie de poisson Vatel se suicide ... Vietnam War vets protest ... MLK's murderer or not dies ... Teletypesetter ... Chrysler to buy Lamborghini ... IBM's kiddy computer ... More Internet domain names ... Biondi starts work at MCA ... President Ford for US Vietnam War is ended ... ^ On a 23 April 2003 After the markets closed the previous day it was announced that the US Patent and Trademark Office yesterday issued Patent 6'552'016 to Curis CRIS covering pharmaceutical preparations containing small molecule compounds that selectively inhibit a biological signaling pathway controlled by a protein called Hedgehog. Included among the small molecules covered by this patent is CUR-61414 a compound that is under development by Curis as a treatment for basal cell carcinoma..On the NASDAQ 10 million of the 32 million shares of CRIS are traded surging from their previous close of $1.45 to an intraday high of $2.99 and closing at $2.90. They had traded as low as $0.50 as recently as 18 October 2002 and as high as $27.25 on 01 August 2000 a few days after they had started trading. 3~year price chart gt 2003 Andrew Granville of the Universit eacute de Montr eacute al and K. Soundararajan of the University of Michigan discover that it was too early to sound a rah-rah when Daniel Goldston 04 Jan 1954~ of San Jose State University California announced on 13 March 2003 and confirmed on 28 March 2003 that he had completed together with Cem Yalcin Yildirim of Istanbul's Bogazici University the proof that liminf p_{n+1} - p_n /log p_n = 0. It would have been a big step towards proving the twin prime conjecture. The largest twin primes discovered so far are numbers with 51'090 digits each. But Granville and Soundararajan find a mistake buried in one of the arguments in the preprint of Goldston and Yildrim. The main issue is that some quantities which were believed to be small error terms are actually the same order of magnitude as the main term. 2001 In Istanbul's Swissotel 13 pro-Chechen gunmen surrender and release the 120 guests they took as hostages 12 hours earlier late on 22 April. The gunmen are led by Muhammed Tokcan Turkish citizen of Chechen origin who on 16 January 1996 at the Turkish Black Sea port of Trebzon hijacked a ferry with more than 200 hostages on board which he freed unharmed after four days. He was imprisoned and late in 2000 released under an amnesty law. 2001 Francisco Umbral recibe de manos de los Reyes el 25 ordm Premio Miguel de Cervantes m aacute ximo galard oacute n de las letras espa ntilde olas. 2000 Elian Gonzalez 6 spends a secluded Easter with his father at Andrews Air Force Base outside Washington a day after the terrified boy was removed at gunpoint from his Miami relatives' home in a pre-dawn raid by immigration agents. It is the first time in months that the little boy is not photographed over and over again. Attorney General Janet Reno does not know yet that by antagorizing most Cuban-Americans with her heavy-handed handling of the custody dispute as an immigration matter instead of leaving it to a family court she has insured that George Bush Jr. could successfully manipulate the Florida vote and become the next US President. 2000 21 tourists and workers are kidnapped from a Malaysian diving resort by Abu Sayyaf rebels. ^ 1998 IBM presents overpriced kiddy computer. In a joint venture with Rubbermaid's Little Tikes toy division IBM demonstrated a computer for children ages three to seven. The red yellow and purple unit called Young Explorer sported a keyboard monitor and purple bench seat built into a desk unit. The computer boasted a Pentium processor internal CD-ROM drive sixteen megabytes of memory and a two-gigabyte hard drive. The Young Explorer priced at $2399 was aimed at preschools rather than parents. Industry observers pointed out that the same computer minus the splashy colors and kid-proofing features would cost from $1000 to $1500. Newspapers reported that IBM and Little Tykes decided to work together at the behest of IBM chairman Lou Gerstner who had participated in several CEO forums with Rubbermaid's chairman. 1997 More Internet domain names . In a memo released on 23 April 1997 the US National Science Foundation announces that it will not renew its agreement with Network Solutions to assign Internet domain names. The agreement is scheduled to expire in March 1998. The memo also proposed the addition of seven new top-level domain names .store .info .nom .firm .web .arts and .rec . 1997 El Rey de Espa ntilde a entrega al poeta Jos eacute Garc iacute a Nieto el premio Cervantes de las Letras Espa ntilde olas. 1996 A Bronx civil-court jury orders Bernhard Goetz to pay $43 million to Darrell Cabey one of four young Blacks he'd shot in a NY subway car on 22 December 1984. ^ 1996 Biondi starts work at MCA. After protracted haggling and high-powered corporate squabbling Frank Biondi begins work at Seagram Co. Ltd.'s MCA. Seagram honcho Edgar Bronfman Jr. had been aggressively pursuing Biondi to run MCA however his efforts had been rebuffed by Viacom Chairman Sumner Redstone. Redstone who had tacitly anointed Biondi as his successor had hoped to wheedle "business concessions" from Seagram in return for relinquishing his prized employee. Business-related wrangling between MCA and Viacom both big-rollers in the cable industry who had formed partnerships in a number of ventures including the USA Network further complicated these negotiations. But in a move that took most observers including Bronfman by surprise Redstone suddenly decided to "free" Biondi from his contract with Viacom. Though he was ostensibly clearing the path for his heir to take the reigns at MCA Redstone cited Biondi's passive business approach as a prime motivation for the termination of his contract. 1993 Los brasile ntilde os se manifiestan en refer eacute ndum partidarios del r eacute gimen republicano y presidencialista en lugar de mon aacute rquico y parlamentario. 1992 El escritor Francisco Ayala recibe de manos de los reyes de Espa ntilde a el premio Cervantes. 1992 McDonald's opens its first fast-food restaurant in the Chinese capital of Beijing. 1990 Namibia es admitida oficialmente como miembro de la ONU 1989 Students in Beijing announce class boycotts ^ 1987 Chrysler to buy Lamborghini. The Chrysler Corporation announced its pending purchase of Lamborghini on this day in 1987. Lamborghini had been through a tumultuous series of financial difficulties since its founder Ferrucio Lamborghini sold out of the company in 1974. The company had been owned by a group of Swiss businessmen who kept the Lamborghini name. Riding the sales of the Countache the company's popular but impractical 1971 release they stayed above water until 1978 when they were forced into bankruptcy. Lamborghini was purchased by the Mimran family who owned the company until the mid-1980s. In the early '80s Lamborghini produced two new Countaches the LP500 and the Quattrovalvole. Both cars enjoyed great success. The company's financial status rebounded and its comeback sparked the attention of the Chrysler Corporation. Chrysler bought the company in 1987 and in 1988 it released the final Lamborghini Countache which it called the 25th Anniversary in recognition of the company's founding in 1963. The 25th Anniversary Countache was the most popular ever. It reached a top speed of 184 mph and traveled from zero to 60 in five seconds. No one imagined Lamborghini would ever build a better car. In 1990 Chrysler built the Lamborghini Diablo arguably the crowning achievement in the company's quest to build the ultimate sports car. The Diablo was sleeker than the Countache and employed the traditional V-12 engine. It was the first four-wheel-drive road car to break 200 mph with its top speed of 204 mph. It made zero to 60 in four seconds. Despite being owned by Chrysler Lamborghini lived up to its founder's ideals. 1985 El escritor argentino Ernesto S aacute bato gana el premio Cervantes de literatura. 1984 El poeta Rafael Alberti recibe el premio Cervantes. 1977 M aacute s de cien mil personas se manifiestan en Barcelona para reclamar el Estatuto de Autonom iacute a. ^ 1975 President Ford says that Vietnam War is finished for US. At a speech at Tulane University President Gerald Ford says the Vietnam War is finished as far as the US are concerned. "Today Americans can regain the sense of pride that existed before Vietnam. But it cannot be achieved by re-fighting a war." This was devastating news to the South Vietnamese who were desperately pleading for US support as the North Vietnamese surrounded Saigon for the final assault on the capital city. The North Vietnamese had launched a major offensive in March to capture the provincial capital of Ban Me Thuot Darlac province in the Central Highlands. The South Vietnamese defenders there fought very poorly and were quickly overwhelmed by the North Vietnamese attackers. Despite previous promises by both Presidents Richard Nixon and Gerald Ford to provide support the United States did nothing. In an attempt to reposition his forces for a better defense South Vietnamese President Nguyen Van Thieu ordered his forces in the Highlands to withdraw to more defensible positions to the south. What started out as a reasonably orderly withdrawal soon degenerated into a panic that spread throughout the South Vietnamese armed forces. The South Vietnamese abandoned Pleiku and Kontum in the Highlands with very little fighting and the North Vietnamese pressed the attack from the west and north. In quick succession Quang Tri Hue and Da Nang in the north fell to the communist onslaught. The North Vietnamese continued to attack south along the coast defeating the South Vietnamese forces at each encounter. As the North Vietnamese forces closed on the approaches to Saigon the politburo in Hanoi issued an order to Gen. Van Tien Dung to launch the "Ho Chi Minh Campaign " the final assault on Saigon itself. Dung ordered his forces into position for the final battle. The South Vietnamese 18th Division made a valiant final stand at Xuan Loc 40 miles northeast of Saigon in which the South Vietnamese soldiers destroyed three of Dung's divisions. However the South Vietnamese finally succumbed to the superior North Vietnamese numbers. With the fall of Xuan Loc on 21 April and Ford's statement at Tulane it was apparent that the North Vietnamese would be victorious. President Thieu resigned and transferred authority to Vice President Tran Van Huong before fleeing Saigon on 25 April. By 27 April the North Vietnamese had completely encircled Saigon and began to maneuver for their final assault. By the morning of 30 April it was all over. When the North Vietnamese tanks crashed through the gates of the Presidential Palace in Saigon the South Vietnamese surrendered and the Vietnam War was officially over. 1973 La guerrilla comunista de los Khmers Rouges pone sitio a Pnon Penh capital de Camboya. ^ 1971 Vietnam veterans protest the war. On the steps of the US Capitol in Washington DC nearly a hundred Vietnam veterans ceremoniously return their medals and military decorations. The next day major demonstrations against the Vietnam War are held across the nation's capital. In 1961 US President John F. Kennedy sent the first US military personnel to bolster the ineffectual autocratic regime of South Vietnam against the Communist North. Three years later with the South Vietnamese government crumbling President Lyndon B. Johnson ordered limited bombing raids on North Vietnam and Congress authorized the use of US troops. By 1965 North Vietnamese offensives left President Johnson with two choices escalate US involvement or withdraw. Johnson ordered the former and troop levels soon jumped to over 300'000 as US air forces commenced the largest bombing campaign in history. Over the next few years the extended length of the war the high number of US casualties and the exposure of US involvement in war crimes such as the massacre at My Lai helped to turn many in the United States against the Vietnam War and created a perilous national division. Some Vietnam veterans cooperated with antiwar protestors in their condemnation of the war while thousands of military draftees burned their draft notices and hundreds of military personnel deserted their ranks. In the early 1970s President Richard M. Nixon began withdrawing US troops but increased bombing across Indochina. In 1973 a peace agreement was reached and the last US troops left Vietnam. Two years later the last Americans were evacuated from Saigon as Communist forces launched their final triumphant offensive into South Vietnam. It was the longest and most unpopular war in US history and cost fifty-eight-thousand US lives. 1969 Sirhan Sirhan is sentenced to death for assassinating Bobby Kennedy. The sentence would later be reduced to life imprisonment. 1969 Manifestantes palestinos y fuerzas del orden se enfrentan en L iacute bano. 1968 In Dallas the 10.3 million-member Methodist and the 750 thousand-member Evangelical United Brethren churches joined together to form the United Methodist Church. The merger made this the second largest Protestant denomination in the United States after the Southern Baptists . 1968 Se pone en circulaci oacute n en el Reino Unido la moneda decimal. 1965 Se pone en oacute rbita el primer sat eacute lite sovi eacute tico de telecomunicaciones el Molniya 1. 1965 Estados Unidos prepara env iacute os de refuerzo a las tropas estacionadas en Vietnam del Sur. 1962 Ranger 4 first US satellite to reach Moon launched from Cape Canaveral ^ 1953 Beginning of Army-McCarthy hearings They are a US Senate investigation into allegations by Senator Joseph McCarthy that Secretary of the Army Robert P. Stevens had hampered his investigative committee's attempts to uncover Communists in the military begin on Capitol Hill. However under encouragement from President Dwight D. Eisenhower Stevens countercharged that McCarthy and his chief counsel Ray Cohn had tried to get preferential treatment in the US Army for a former McCarthy aide. The televised hearings which stretched over two months exposed McCarthy to the American public as a reckless and excessive tyrant who never produced proper documentation for a single one of his charges. The political movement known as McCarthyism had begun on 09 February 1950 when Joseph Raymond McCarthy a relatively obscure Republican senator from Wisconsin announced during a speech in Wheeling West Virginia that he had in his hand a list of 205 Communists who had infiltrated the US State Department. The unsubstantiated declaration which was little more than a publicity stunt suddenly thrust Senator McCarthy into the national spotlight. Asked to reveal the names on the list the opportunistic senator named officials he deemed guilty by association such as Owen Lattimore an expert on Chinese culture and affairs who had advised the State Department and President Franklin D. Roosevelt. McCarthy described Lattimore as the "top Russian spy" in America. These and other equally shocking accusations prompted the Senate to form a special committee headed by Senator Millard Tydings of Maryland to investigate the matter. The committee found little to substantiate McCarthy's charges but McCarthy nevertheless touched a nerve in the American public and over the next two years made increasingly sensational charges even attacking President Harry S. Truman's respected former secretary of state George C. Marshall. In 1953 a newly Republican Congress appointed McCarthy chairman of the Permanent Subcommittee on Investigations of Governmental Operations and McCarthyism reached a feverish pitch. In widely publicized hearings McCarthy bullied defendants under cross-examination with unlawful and damaging accusations destroying the reputations of hundreds of innocent citizens and officials. In the early months of 1954 McCarthy who had already lost the support of much of his party finally overreached himself when he took on the US Army. Republican President Dwight D. Eisenhower pushed for the investigation of McCarthy's conduct and the subsequent televised hearings finally exposed McCarthy. In December the Senate voted to censure him. By the time of his death from alcoholism in 1957 the influence of Senator Joseph McCarthy in Congress was negligible. 1953 Comienza una gran ofensiva del Vietminh en Laos. 1951 La huelga general en Vizcaya y Guip uacute zcoa concluye con 2000 detenidos. ^ 1951 AP establishes remote typesetting system. The Associated Press opened its first teletypesetter circuit which allowed the news agency to transmit stories for typesetting to papers around the country. The first circuit was established in Charlotte North Carolina. Messages were sent by perforated paper tape fed into a transmitter and receiving stations picked up the signal and re-perforated paper tape in the same pattern. The new tape was fed into a monitor printer which typeset the story. The first message to be transmitted was "Greetings. This is the opening of the first teletypesetter circuit." The AP had been at the cutting edge of technology since it was founded in 1848 as a way for newspapers to pool the expense of using the telegraph to transmit news 1950 Chiang evacuates Hainan leaving mainland China to Mao and the Communists. 1947 Higinio Mori ntilde igo acepta la mediaci oacute n brasile ntilde a en la guerra civil paraguaya. 1945 The Soviet Army fights its way into Berlin. 1945 Hermann Wilhelm Goering es destitu iacute do por formular una pregunta sobre la sucesi oacute n de Adolf Hitler. 1942 Finaliza el bombardeo a eacute reo brit aacute nico de cuatro d iacute as de duraci oacute n sobre la ciudad alemana de Rostock. ^ 1942 Germans begin "Baedeker Raids" on England In retaliation for the British raid on Lubeck German bombers strike Exeter and later Bath Norwick York and other "medieval-city centres." Almost 1000 English civilians are killed in the bombing attacks nicknamed "Baedeker Raids." On 28 March 28 of the same year 234 British bombers struck the German port of Lubeck an industrial town of only "moderate importance." The attack was ordered according to Sir Arthur Harris head of British Bomber Command as more of a morale booster for British flyers than anything else but the destruction wreaked on Lubeck was significant Two thousand buildings were totaled 312 German civilians were killed and 15'000 Germans were left homeless. As an act of reprisal the Germans attacked cathedral cities of great historical significance. The 15th-century Guildhall in York as an example was destroyed. The Germans called their air attacks "Baedeker Raids " named for the German publishing company famous for guidebooks popular with tourists. The Luftwaffe vowed to bomb every building in Britain that the Baedeker guide had awarded "three stars." 1941 El Ej eacute rcito griego capitula ante las fuerzas alemanas tras ofrecer encarnizada resistencia durante la Segunda Guerra Mundial. 1933 Los partidos gubernamentales en Espa ntilde a obtienen mayor iacute a de concejales sobre republicanos y conservadores. 1930 Se publica el dato de que las ciudades de Madrid y Barcelona sobrepasan el mill oacute n de habitantes cuando en 1910 ten iacute an unos 600.000. 1923 Se inaugura en Lausana Suiza la Conferencia por la Paz en Oriente que re uacute ne a representantes de Gran Breta ntilde a Grecia e Italia. 1923 Los ministros italianos del Partido Popular cat oacute lico abandonan el Gobierno de Benito Mussolini. 1920 Turkish Grand National Assembly first meets in Ankara. #151 La Asamblea Nacional de Ankara proclama la destituci oacute n del sult aacute n turco Mehmet VI y el nuevo Gobierno inicia la lucha contra el r eacute gimen anterior. 1920 El ex primer ministro franc eacute s Joseph-Marie-Auguste Caillaux 30 Mar 1863 #8211 22 Nov 1944 recibe una condena de tres a ntilde os de c aacute rcel por ayudar involuntariamente a Alemania. His three-year prison sentence was commuted but he was deprived of his civil rights for 10 years. 1913 El piloto franc eacute s Letort completa un vuelo de Par iacute s a Berl iacute n 920 kms. sin escala en 7 horas y 45 minutos. 1906 Se aprueba la primera Constituci oacute n del pueblo ruso. 1903 El ministro de Hacienda brit aacute nico Charles Thomson Ritchie 19 Nov 1838 #8211 09 Jan 1838 hace p uacute blica la cifra del coste de la guerra de los b oacute ers y la expedici oacute n a China que asciende a 217 millones de libras. 1891 Jews are expelled from Moscow Russia 1864 Engagement of Cane River Crossing Louisiana Red River Expedition 1863 Siege of Suffolk Virginia by Confederates continues 1862 Siege of Yorktown Virginia continues 1861 Affair at San Antonio Texas 1861 Arkansas troops seize Fort Smith. 1848 Los franceses votan por primera vez de acuerdo con el sufragio universal establecido en el pa iacute s. 1521 Las fuerzas de Carlos I rey de Espa ntilde a y V Emperador de Alemania derrotan a las tropas de los comuneros en la batalla de Villalar. 1500 Una flota portuguesa bajo el mando de Pedro Aacute lvares Cabral arriba a las costas de Brasil. 1497 Los Reyes Cat oacute licos dan autorizaci oacute n a Crist oacute bal Col oacute n para fundar un mayorazgo en la isla de La Espa ntilde ola. El almirante impone un sistema de prestaciones personales a los indios que les obliga a cultivar los campos y a buscar oro. 0033 According to Christian tradition Jesus Christ crucified three days earlier rises from the dead #8212 the very first Easter. In the Gregorian calendar Easter falls on 23 April in 1905 1916 2000 2079 TO THE TOP lt 22 Apr 24 Apr gt ^ Deaths which occurred on a 23 April 2007 Boris Nikolaevich Yeltsin first president of the Russian Federation born main coverage on 01 February 1931. #8212 070424 2006 Mystery Toma Hillian Powe 9 and his mother Katrina Denise Powe 31 by beating with an iron bar steering-wheel anti-theft device and by stabbing by her other son 12 in their apartment in the 3700 block of Donnell Drive Forestville Maryland. #8212 060424 2005 Nine Iraqi soldiers by a roadside terrorist bomb as their convoy was passing village al-Zaydan on the western outskirts of Baghdad. Some 20 Iraqi soldiers are wounded. 2005 One Iraqi civilian by.a car bomb targeting a US military convoy on the road to the Baghdad Airport. 5 Iraqi civilians and 3 US soldiers are wounded. 2005 An Iraqi working for the US occupiers shot while driving a truck through the al-Jami'a neighborhood of Baghdad Iraq. 2003 Some 20 persons by 2-km landslide of Cocol mountain which buries 17 houses of hamlet Chichicaste departemento de San Marcos Guatemala. It is near the end of the 6-month dry season so that rains did not cause the slide but the mountain is deforested and eroded. 2003 ^ 2003 Hadhrat Mirza Tahir Ahmed grandson and fourth successor or khalifatul-masih caliph of the Messiah of Hadhrat Mirza Ghulam Ahmad Last of the Prophets Messiah Incarnation of Krishna Reappearance of the prophet Muhammad. Hadhrat Mirza Tahir Ahmad was born in Qadian India on 18 December 1928. He studied at Government College Lahore and at the School of African and Oriental Studies at London University. In 1982 he was elected to succeed his father as khalifatul-masih. His grandfather Hadhrat Mirza Ghulam Ahmad founded the Ahmadiyya Muslim Association in Qadian India in 1889. He rejected orthodox Muslim beliefs and preached that he and not Muhammad was the last of the prophets with the divinely inspired task of bringing God's teaching into harmony with the present-day world. He also said he was the Messiah whose advent was awaited by Muslims Christians and Jews alike as well as the incarnation of the Hindu god Krishna and a "reappearance" of the Prophet Muhammad. He also taught that Jesus feigned death on the cross and escaped to India where he died at the age of 120. He reinterpreted the Muslim concept of jihad or holy war saying the battle against unbelievers was to be fought by peaceful not warlike means. After Indian independence in 1947 the headquarters of the sect was moved to Rabwah in Pakistan. The Ahmadiyya sect is believed to have nearly 20 million members concentrated mainly in the Indian subcontinent West Africa and Indonesia though important communities also exist in the United States and Britain. Prominent Ahmadiyya believers include the late Sir Muhammad Zafrulla Khan the first foreign minister of Pakistan and Dr. Abdus Salam who won the Nobel Prize for physics in 1979. After being elected caliph Hadhrat Mirza Tahir Ahmad began a campaign to attract more converts to his faith. This disturbed Pakistan's orthodox Muslim clergy who prevailed on the government of Gen. Zia ul-Haq to start persecuting the Ahmadiyya. Their mosques were desecrated and some followers beaten to death in a campaign of repression that many Ahmadiyya felt was really intended to distract Pakistanis from the country's domestic difficulties. This was not the first time the sect had found itself in trouble with the Pakistani authorities. In 1974 the government of Prime Minister Zulfikar Ali Bhutto started a campaign against them that culminated in a constitutional amendment declaring the Ahmadis to be non-Muslims in the eyes of the law. In 1984 Hadhrat Mirza Tahir Ahmad fled to Britain in fear that the government planned to arrest him. Many of his followers also left the country settling mainly in Britain Germany and Canada. Hadhrat Mirza Tahir Ahmad moved into a southwest London mosque from which he directed the worldwide affairs of the community. He had the sect build mosques hospitals and schools all over the world and at the time of his death it was constructing one of Europe's largest mosques in Morden Surrey. He also founded the Muslim Television Ahmadiyya a 24-hour religious TV network sent by satellite to large areas of the world. 2001 Muhamad Muhareb 12 Palestinian shot just above the left eye by Israeli soldiers guarding a settlement near the Khan Yunis cemetery where Muhamad was attending the funeral of a Palestinian policeman who died of wounds from an IDF rocket attack the previous week. The funeral had a 21-gun salute after which IDF soldiers fired at the mourners. 11 Palestinians were wounded including one critically. 1999 Mar iacute a Agrave ngels Anglada escritora espa ntilde ola. 1998 Konstantinos Karamanlis born on 08 March 1907 23 Feb Julian Greek statesman who was prime minister from 1955 to 1963 and again from 1974 to 1980. He thenserved as president from 1980 to 1985 and from 1990 to 1995. Karamanlis gave Greece competent government and political stability while his conservative economic policies stimulated economicgrowth. In 1974 #8211 75 he successfully restored democracy and constitutional government in Greece after the rule of a military junta there had collapsed. ^ 1998 James Earl Ray 70. He was the alleged assassin of Black civil rights leader Martin Luther King Jr. dies at a Nashville prison hospital. Even on his deathbed Ray still claimed that he had been coerced into making his 1969 guilty plea and maintained that he was a scapegoat in a larger conspiracy. In the last few years of his life inconsistencies in the case against him and in the official analysis of the King assassination led some to support Ray's theory. The family of Martin Luther King met with Ray and joined him in unsuccessfully petitioning the government to grant him a jury trial. After his death was announced Coretta Scott King the widow of the assassinated civil rights leader called his passing "a great tragedy." On 04 April 1968 in Memphis Tennessee King was fatally wounded by a sniper's bullet while standing on the balcony outside his second-story room at the Motel Lorraine. Three months later James Earl Ray a Memphis resident with a history of petty crime was arrested in London England charged with the King assassination and extradited to the United States. US authorities reported that Ray's fingerprints matched those found on a rifle at the scene of the crime and that some of Ray's belongings had also been found along with the murder weapon. In addition the authorities produced an eyewitness Charles Stephens who claimed that he had seen Ray leaving the boarding house from where the shot was allegedly fired. After his extradition Ray maintained his innocence arguing that he had not killed King but had been set up. He claimed that shortly before the assassination he had been approached by a mysterious man named "Raoul" who recruited him into a smuggling enterprise. After King's assassination whether on a smuggling mission or on a flight from the assassination investigators Ray made his way to London via Atlanta Canada and Portugal. Back in the United States Ray spent eight months in prison while investigators apparently gathered more conclusive evidence against him. His first and second attorney both pressured him to enter a guilty plea and finally on 10 March 1969 Ray agreed fearing that an innocent plea under his current counsel would result in his execution. The same day he was sentenced to ninety-nine years in prison. Just three days later he hired a new attorney and filed a motion to vacate his plea and obtain a trial. The motion was denied as were his dozens of other requests for a jury trial over the last twenty-nine years of his life. ^ 1993 Cesar Estrada Chavez US organizer of farm workers born on 31 March 1927. photo gt Chavez was the grandson of Mexican immigrants son of migrant farm workers migrant worker himself then inspired by Gandhi and Saul Alinsky he became an organizer and leader of migrant farm workers in the US United Farm Workers . After a 5-year boycott of table grapes Chavez got growers to sign a contract on 30 June 1970. He had less success later as growers signed sweetheart contracts with the corrupt Teamsters union. Chavez was born near Yuma Arizona the second of five children of Juana and Librado Chavez. His father's parents migrated from Mexico in 1880. His early years were spent on the family's 160-acre farm. But in the seventh year of the Depression when he was 10 the family fell behind on mortgage payments and lost its farm. They made their living in California picking carrots cotton and other crops in arid valleys following the sun in search of the next harvest and the next migrants' camp. Chavez never graduated from high school and once counted 65 elementary schools he had attended "for a day a week or a few months." Beginning with the Industrial Workers of the World at the turn of the century unions tried for decades to organize immigrant unskilled workers first Chinese then Japanese and later Filipinos and Mexican-Americans on whom California growers depended. But the field hands their organizing drives vulnerable to the competition of other poor migrants seeking work found themselves fighting not only powerful growers but also the police and government officials. After two years in the US Navy during World War II Chavez returned to migrant farm work in Arizona and California. His initial training as an organizer was provided by the Community Services Organization CSO in California a creation of Saul Alinsky's Industrial Areas Foundation. In 1958 Chavez became general director of the CSO but he resigned in 1962 to found the National Farm Workers Association NFWA . In September 1965 he began leading what became a five-year strike by California grape pickers and a nationwide boycott of California grapes that attracted liberal support throughout the US. Subsequent battles with lettuce growers table-grape growers and other agribusinesses generally ended with the signing of bargaining agreements. In 1966 the NFWA merged with an American Federation of LaborCongress of Industrial Organizations AFL-CIO group to form the United Farm Workers Organizing Committee. In 1965 the wages of farm workers in California averaged less than $1.50 an hour. They had no fringe benefits no seniority rights and no standing to challenge abuses by employers or exploitative labor contractors. Unionization brought sharp pay increases. For the first time migrant workers were eligible for medical insurance employer-paid pensions unemployment insurance and other benefits and they had a mechanism to challenge employer abuses. And the union's impact extended far beyond its membership. The threat of unionization by Chavez raised agricultural wages throughout California. In 1971 this organization became the United Farm Workers of America UFW . By the late 1960s the Teamsters Union had recognized an opportunity in Chavez's success. It entered the fields as a rival organizer signing up farm workers for its own union. In 1972 Chavez sought assistance from the AFL-CIO which offered help against the inroads being made by the Teamsters. After much conflictboth in the fields and in the courtsthe UFW signed a peace pact with the Teamsters in 1977 giving the UFW the sole right to organize farm workers and field-workers. Largely because of Chavez the California Legislature in 1975 passed the nation's first collective bargaining act outside Hawaii for farm workers who are largely excluded from Federal labor law coverage. But Chavez failed to realize his dream of forging a nationwide organization. In most of the US farm workers continue to toil for low wages without job security vulnerable to exploitation. Even in California he found it difficult to translate the early triumphs of what he called La Causa into a viable labor organization. The union that Mr. Chavez founded the United Farm Workers of America became troubled by dissent and other problems and was unable to organize more than 20% of California's 200'000 farm workers. The tactics that he used so effectively in the 1960's and early 70's strikes and boycotts fasting and the long march eventually lost their appeal. And as the United Farm Workers were no longer seen as a social cause but as a conventional labor union he was disappointed by the disaffection of politicians and other supporters. 1988 Al menos 54 personas mueren y 125 resultan heridas tras la explosi oacute n de una camioneta cargada de explosivos en un mercado de Tr iacute poli L iacute bano . 1986 M aacute s de 20 suicidios japoneses en una sucesi oacute n en cadena provocada por el suicidio en Tokio 08 Apr de la cantante pop Yukito Okada de 18 a ntilde os. 1985 Sam Ervin Sen-D-NC 1981 Josep Pla i Casadevall escritor espa ntilde ol. 1978 Juan de Contreras y L oacute pez de Ayala marqu eacute s de Lozoya una sola persona con demasiados apellidos erudito e historiador espa ntilde ol. 1967 Vladimir Komarov becomes first space in-flight casualty as Soyuz 1 explodes at launch. 1967 Edgar Neville escritor y humorista espa ntilde ol. 1940 198 persons in fire at the Rhythm Night Club in Natchez Mississippi. 1936 Eugenio Noel periodista y novelista espa ntilde ol. 1935 510 muertos por un terremoto en Mazander aacute n Ir aacute n . 1934 H. Carter Baum FBI Special Agent shot by George "Baby Face" Nelson real name Lester Gillis during an FBI raid in northern Wisconsin on John Dillinger's gang with which Baby Face was at the time. Baby Face would die on 27 November 1934 after a gun battle in which he killed two more FBI agents. 1922 Numerosas v iacute ctimas de la erupci oacute n del volc aacute n de Colima en M eacute xico la que causa tambi eacute n graves da ntilde os materiales. Above Ruins of San Francisco view from the Mechanics' Pavilion left end of panorama ^ 1906 The last victims of the San Francisco earthquake. On 18 April at 05 13 an 8.3 magnitude earthquake struck San Francisco California collapsing the city's unreinforced brick buildings and closely spaced wooden Victorian dwellings. Shock waves from the quake were felt from Coos Bay Oregon to Los Angeles and as far east as central Nevada affecting a total area of about 600'000 square km approximately half of which was in the Pacific Ocean. Collapsed buildings broken chimneys and a shortage of water due to broken mains led to several large fires that soon coalesced into a deadly city-wide blaze that burned for days. Hundreds perhaps thousands of trapped persons died when South-of-Market tenements collapsed as the ground liquefied beneath them. Most of those buildings immediately caught fire and trapped victims could not be rescued. At 07 00 US Army troops from Fort Mason reported to the Hall of Justice and San Francisco mayor E. E. Schmitz called for the enforcement of a dusk-to-dawn curfew and authorized the soldiers to shoot-to-kill anyone found looting. Meanwhile in the face of significant aftershocks firefighters and additional US troops fought desperately to control the spreading blaze often dynamiting whole city blocks to create firewalls. On 20 April twenty thousand refugees trapped by the massive fire were evacuated from the foot of Van Ness Avenue onto the USS Chicago in one of history's largest evacuations by sea to that date. By 23 April most fires were extinguished and authorities commenced the task of rebuilding the devastated metropolis. It was estimated that over three thousand people died as a result of the Great San Francisco Earthquake and the devastating fires that it inflicted upon the city which was 75% destroyed.. The first of two vicious tremors shook San Francisco at 05 13 and a second followed not long after. The quake was powerful enough to be recorded in Cape Town South Africa and its effect on San Francisco was cataclysmic. Thousands of structures collapsed as a result of the quake itself. However the greatest devastation resulted from the fires that followed the quake. The initial tremors destroyed the city's water mains leaving overwhelmed firefighters with no means of combating the growing inferno. The blaze burned for four days and engulfed the vast majority of the city. By the time a heavy rainfall tamed the massive fire the once proud city of San Francisco was in shambles. More than 28'000 buildings burned to the ground and the city suffered more than $500 million in damages. The human toll was equally disastrous authorities estimated that the quake and fires killed 700 people and left a quarter of a million people homeless. The famous writer and San Francisco resident Jack London noted "Surrender was complete." Despite the utter devastation San Francisco quickly recovered from the great earthquake of 1906. During the next four years the city arose from its ashes. Ironically the destruction actually allowed city planners to create a new and better San Francisco. A classic western boomtown San Francisco had grown in a haphazard manner since the Gold Rush of 1849. Working from a nearly clean slate San Franciscans could rebuild the city with a more logical and elegant structure. The destruction of the urban center at San Francisco also encouraged the growth of new towns around the bay making room for a new population boom arriving from the US and abroad. Within a decade San Francisco had resumed its status as the crown jewel of the American West. The fire caused by the 1906 San Francisco earthquake destroyed the production facilities of the fledgling Sunset Automobile Company in San Francisco. Production of the Sunset never resumed and the firm was legally dissolved in 1909. Throughout the history of American automobile production no company has ever succeeded on the West Coast. Below Ruins of San Francisco view from the Mechanics' Pavilion right end of panorama 1880 Radeaa Saleh or Sarief Bastaman Indonesian artist born in 1814. 1876 Otto Grashof German artist born in 1812. 1867 Ram oacute n Mar iacute a Narv aacute ez y Campos militar y pol iacute tico espa ntilde ol que fue presidente del Consejo de Ministros. 1798 Mar iacute a Vicente de Mendieta y Santiago San Juan su amante asesinos del esposo de ella perecen en el pat iacute bulo instalado en la Plaza Mayor de Madrid. 1864 Claude-Marie Dubufe French painter born in 1790. #151 MORE ON DUBUFE AT ART #147 4 #148 APRIL with links to images. ^ 1794 4 flor eacute al an II Condamnés à mort par la R eacute volution Par le tribunal r eacute volutionnaire de Paris HORION Marguerite femme Farisol âgée de 50 ans née à Baugon Orne lingère condamnée à mort le 4 floréal an 2 comme conspiratrice. RECLESNE François Abraham ex noble âgé de 61 ans natif de LYonne Allier domicilié à Gannat même département comme contre-révolutionnaire ayant dit avec emportement quon ne pourrait pas ôter à son fils sa qualité de noble et de Malthais qu'il ne pouvait pas lui-même y renoncer et sen dépouiller ajoutant avec mépris #147 malgré vous et votre République mon fils sera noble et Malthais #148 . ... domiciliés à Paris COUTELET Marie Louise veuve Neuve Eglise âgée de 36 ans native de Rheims Marne employée dans les filatures nationales aux Jacobins me conspiratrice et ne devant sa place qu'aux intrigues de Bally et Lafayette elle s'est montrée la digne apôtre de ses protecteurs et partageait leurs sentiments contre-révolutionnaire . ... comme contre-r eacute volutionnaires BORIOUT Marguerite femme Farizol ouvrière. CALMER L. Benjamin âgé de 44 ans natif de la Haye en Hollande courtier de change. CHEMIN Jean âgé de 50 ans natif de Loigny Orne ancien marchand. GALLAY François frotteur domestique d'un ex noble âgé de 50 ans né à Martigny dans la Valais en Suisse. ROUX Louis âgé de 50 ans natif de Bourgoin Allier tabletier ayant dit que lon avait perdu 30'000 hommes à larmée de Moselle 10'000 auprès de Valenciennes que la Vendée se relevait de plus en plus que peu dhomme avait accepté la constitution que si lon eût demandé à tous leurs sentiments lon ne serait pas longtemps sans voir un roi et que si on lui demandait le sien il donnerait un mode pour en élire un. A Arras BORDEL Alexandre François Joseph âgé de 64 ans né à Béthune commis au district de Béthune. COUTANT François guillotiné. LAVIEVILLE Louis Auguste âgé de 71 ans né à Steenvoorde Nord en 1723. LAVIEVILLE Isabelle Claire Eugénie âgée de 22 ans épouse de B eacute thune Eugène. LEGRAND Roch Joseph âgé de 70 ans né à Hesdin demeurant à Béthune guillotiné. MALBRANCHE Antoinette Marie Pauline âgée de 31 ans née à Clichy la Garenne Seine épouse de Soyer N. guillotinée. VAUGUENEAU Joseph Henri âgé de 28 ans demeurant à Paris né à Remiremont Moselle commis. Ailleurs ALPAIX Alexandre sous-lieutenant au 1er bataillon de la 7e demi-brigade d'infanterie domicilié à Paris comme traître à la patrie par le tribunal militaire de l'armée du Nord. GIRET Julien domestique domicilié à Avranches Manche par la commission militaire séante à Grandville comme agent d'émigrés. LAROUVIERE Jean Antoine Jacques natif de Codelet Gard rentier domicilié à Lyon par la commission révolutionnaire de Lyon comme fédéraliste. MANFREDINI François imprimeur domicilié à Nice Alpes-Maritimes comme contre-révolutionnaire par le tribunal criminel dudit département. REY Marin ex vicaire à Gressin domicilié à Cesarieux Ain par le tribunal criminel dudit département comme réfractaire à la loi. 1793 BIGUS Charles dit Chery ex noble domicilié à Crevaut canton de la Châtre Indre condamné à mort comme contre-révolutionnaire par le tribunal criminel du département de l'Indre. 1793 QUAIREAU François domicilié à St Georges de Pointindoux Vendée condamné à mort par la commission militaire séante aux Sables comme brigand de la Vendée. 1793 Henri Horace Roland de la Porte French artist born in 1724. 1774 Christian Wilhelm Ernst Dietrich German painter born on 30 October 1712. #151 MORE ON DIETRICH AT ART #147 4 #148 APRIL with links to images. 1681 Justus Josse Susterman or Soetermans Flemish artist born on 28 September 1597. ci-dessus Les marchands de poissons détail par Snyders ^ 1671 Fritz Karl Watel #147 Fran ccedil ois Vatel #148 36 ans suicid eacute . Vatel d'origine suisse était maitre d'hotel et non le célèbre grand maitre culinaire du siècle de Louis XIV comme a voulu nous le faire croire une légende tenace de trois siècles. D'abord intendant auprès de Fouquet il passe ensuite au service de la maison de Chantilly où il est chargé de l'organisation des achats du ravitaillement et de tout ce qui concernait "la bouche" au chateau. Il n'y a en effet aucune preuve authentique que Vatel fut cuisinier. Dans "l'Etat de la Maison du Roi et des Maisons des Princes du sang" aucune trace de l'existence de Vatel n'a été trouvée. Rien ne nous est venu de lui pourtant à toutes les époques presque tous les grands cuisiniers ont plus ou moins précisement défini par écrit leur oeuvre professionnelle. Le seul document authentique où soit écrit son nom est une lettre adressée le 24 avril 1671 par Mme de Sévigné à Mme de Grignan où elle dit "Mais voici ce que j'apprends en entrant ici dont je ne puis me remettre et qui fait que je ne sais plus ce que je vous mande c'est qu'enfin Vatel le grand Vatel maitre d'hotel de Mr Fouquet qui l'était présentement de Mr le Prince s'est poignardé". Dans cette lettre Mme de Sévigné nous dit bien en toutes lettres "maitre d'hotel" et à cette époque comme aujourd'hui encore il y avait une certaine délimitation entre le chef du service de la table et l'officier de bouche grand maitre des cuisines. Pourtant en publiant cette lettre si précise de Mme de Sévigné Louis Nicolardot le consciencieux auteur de "l'Histoire de la Table" commet l'erreur de citer Vatel comme cuisinier. Il est pourtant certain que si Vatel eut été cuisinier Carême n'eut pas manqué de commenter sa fin comme il le fit pour son maitre Laguipière le cuisinier de Murat mort à Vilna au cours de la grande retraite de Russie. De plus comme l'a dit Philéas Gilbert cuisinier et collaborateur de P.Montagné "En admettant que l'on nous fournisse un jour la preuve authentique que Vatel a bien exercé la cuisine son suicide sensationnel n'en démontrerai pas moins qu'il n'avait pas le caractère "cuisinier" parce qu'il ne sut pas se débrouiller dans une passe critique qu'il ne se montra pas à la hauteur des circonstances". L'histoire nous rapporte en effet qu'en avril 1671 le Prince de Condé confia à Vatel la tache d'organiser une fête en l'honneur de Louis XIV avec trois mille invités. La réception commença un jeudi soir et fut marquée par quelques incidents. Lors du souper le "roti" manqua à plusieurs tables à cause de dineurs imprévus. Le lendemain à l'aube Vatel s'informa de l'arrivée de la marée pour la table du jour et apprit que seuls deux paniers de poissons étaient là. Après avoir déclaré "je ne survivrai pas à cet affront ci" il gagne sa chambre met son épée contre la porte et appuie à la place du coeur. Quelques minutes plus tard les paniers de poissons arrivent on cherche partout l'officier de bouche pour effectuer la distribution et on le trouve mort ensanglanté. Dans la nuit du 23 au 24 avril 1671 François Vatel 45 ans meurt dans des conditions rendues célèbres par Madame de Sévigné. Ce fils de laboureur s'est illustré comme maître d'hôtel à Vaux-le-Vicomte auprès du ministre Nicolas Fouquet. Après la disgrâce de son mécène il entre au service du fameux prince de Condé comme «contrôleur général de la Bouche de Monsieur le Prince». Voilà que le roi Louis XIV informe le prince de sa venue dans son château de Chantilly au nord de Paris. Vatel s'apprête à nourrir pendant trois jours du jeudi au samedi 600 courtisans et un total de plusieurs milliers de personnes domestiques compris. Le souper du jeudi est suivi d'un spectacle de deux heures et d'un feu d'artifice à peine terni par les nuages. Le roi est ravi mais Vatel se désole de ce que quelques rôtis ont manqué à certaines tables. Toute la nuit il court deça delà à l'affût du moindre désordre. Au petit matin Vatel guette la «marée» qui doit amener les poissons et les coquillages de Boulogne. Désespéré de ne rien voir venir il gagne sa chambre et se transperce à trois reprises avec son épée. La marée arrive sur ces entrefaites et l'on fait la macabre découverte du maître d'hôtel tandis qu'on le cherche pour en prendre possession. Le Roi-Soleil informé par Monsieur le Prince se montrera affligé d'un tel sens de l'honneur mais la fête n'en continuera pas moins jusqu'à son terme. Référence obligée en matière de grande cuisine Vatel n'a pourtant aucune recette à son actif. Il est devenu une légende en raison de son suicide et de la publicité qu'en a faite la marquise de Sévigné. 1625 Juan de las Roelas Spanish Catholic priest and painter born in 1559. #8212 more with links to images. ^ 1616 Miguel de Cervantes Saavedra near Madrid Spanish novelist best known for El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha . In English translation Don Quixote Don Quixote In italiano Don Chisciotte Cervantes led an adventurous life and achieved much popular success but he nevertheless struggled financially throughout his life. He was born on 29 September 1547. Little is know about his childhood except that he was a favorite student of Madrid humanist Juan Lopez and that his father was an apothecary. In 1569 Cervantes was living in Rome and working for a future cardinal. Shortly thereafter he enlisted in the Spanish fleet to fight against the Turks. At the Battle of Lepanto in 1571 he took three bullets and suffered permanent damage to his left hand. Later he was stationed at Palermo and Naples. On the way home to Madrid in 1575 he and his brother Roderigo were captured by Barbary pirates and held captive in Algiers. Cervantes was ransomed after five years of captivity and returned to Madrid where he began writing. Although his records indicate he wrote 20 to 30 plays only two survive. In 1585 he published a romance. During this time he married a woman 18 years younger than he was and had an illegitimate daughter whom he raised in his household. He worked as a tax collector and as a requisitioner of supplies for the navy but was jailed for irregularities in his accounting. Some historians believe he formulated the idea for Don Quixote while in jail. In 1604 he received the license to publish Don Quixote . Although the book began as a satire of chivalric epics it was far more complex than a simple satire. The book blended traditional genres to create a sad portrait of a penniless man striving to live by the ideals of the past. The book was a huge success and brought Cervantes literary respect and position but did not generate much money. He wrote dramas and short stories until a phony sequel penned by another writer prompted him to write Don Quixote Part II in 1615. He died the following year. Miguel de Cervantes Saavedra l'auteur de Don Quijote nait à Alcala de Henares en Castille dans la famille d'un chirurgien. En muchas ocasiones la realidad supera a la ficci oacute n. Y eso mismo es lo que sucedi oacute con la vida y la obra de Miguel de Cervantes Saavedra. Su biograf iacute a sin duda puede ser considerada como una verdadera novela de aventuras muy al estilo de la eacute poca que le toc oacute vivir. Su vida m aacute s prolija en experiencias negativas que en vivencias positivas fue curiosamente paralela a la de su m aacute s famosa creaci oacute n el ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha. Cervantes naci oacute en Alcal aacute de Henares en 1547 durante el reinado del emperador Carlos I de Espa ntilde a y V de Alemania. Su padre infinitamente alejado de los lujos imperiales era un modest iacute simo cirujano que hubo de cambiar frecuentemente de lugar de residencia para poder vivir de su entonces muy desprestigiada profesi oacute n. Por eso el joven Miguel estudi oacute en diferentes escuelas en C oacute rdoba en Sevilla y en Madrid donde estuvo bajo la tutela del prestigioso maestro L oacute pez de Hoyos. En 1569 march oacute a Italia donde estuvo al servicio del cardenal Acquaviva. Dos a ntilde os m aacute s tarde en 1571 particip oacute en la batalla de Lepanto contra los turcos. Durante el enfrentamiento recibi oacute tres tiros dos en el pecho y uno en el brazo izquierdo. Como consecuencia de estas heridas perdi oacute el uso de la mano izquierda. debido a lo cual comenz oacute a ser conocido como « El Manco de Lepanto ». Despu eacute s de una breve convalecencia continu oacute en el ej eacute rcito. En 1575 tras ser licenciado e iniciar por mar el camino de vuelta a Espa ntilde a desde N aacute poles fue apresado por el corsario argelino Armaute Mam iacute . Acto seguido fue trasladado a Argel donde permaneci oacute cautivo durante cinco largos a ntilde os. Las experiencias acumuladas durante la temporada de secuestro en Argel marcaron profundamente la personalidad del autor que en repetidas ocasiones trat oacute la cuesti oacute n del cautiverio en sus obras. Una vez rescatado por los frailes trinitarios Cervantes volvi oacute a su patria y se instal oacute en la capital de la monarqu iacute a hispana Madrid. All iacute contrajo matrimonio con Catalina Palacios Salazar y escribi oacute algunas comedias teatrales. Posteriormente se traslad oacute a Sevilla donde adem aacute s de ejercer como cobrador de impuestos se ocup oacute de incautar trigo para la provisi oacute n y el abastecimiento de la Gran Armada la mal llamada Armada Invencible . En la ciudad del Guadalquivir top oacute con nuevas desgracias. A causa de ciertas irregularidades en la contabilidad de su comisi oacute n fue acusado de fraude y acab oacute en prisi oacute n. All iacute comenz oacute la redacci oacute n del Quijote . Liberado en 1604 march oacute a Valladolid poblaci oacute n en la que resid iacute a la corte filipina y fij oacute all iacute su residencia. Un a ntilde o despu eacute s en 1605 apareci oacute por fin publicada la primera parte del Quijote . En 1606 Cervantes se asent oacute definitivamente en Madrid donde desarroll oacute una intens iacute sima actividad literaria publicando la mayor parte de sus obras. En 1615 fue editada la segunda y esperada parte del Quijote y en 1617 aparecieron Los trabajos de Persiles y Segismunda como novela p oacute stuma ya que Cervantes muri oacute en la referida villa de Madrid el 23 de abril de 1616. Obras completas de Miguel de CERVANTES ONLINE http // cervantesvirtual /bib_autor/00000040.shtml http // ipfw.edu/cm1/jehle/web/cervante.htm http // csdl.tamu.edu/cervantes/english/texts.html Novela Teatro y Poesía El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha La Galatea Novelas Ejemplares La Gitanilla El amante liberal Rinconete y Cortadillo La española inglesa Licenciado Vidriera La fuerza de la la sangre El celoso extremeño La ilustre fregona Novela de las Dos Doncellas Novela de la Señora Cornelia Novela del Casamiento Engañoso La de los perros Cipión y Berganza Novelas Ejemplares otro sitio La gitanilla El amante liberal Rinconete y Cortadillo La espa #241 ola inglesa El licenciado Vidriera La fuerza de la sangre El celoso extreme ntilde o La ilustre fregona Las dos doncellas La Se ntilde ora Cornelia El casamiento enga ntilde oso La de los perros Cipi oacute n y Bergan ccedil a Viaje al Parnaso Los trabajos de Persiles y Segismunda La Numancia 1582 Tragedia de Numancia Trato de Argel Ocho comedias y ocho entremeses Comedias El gallardo español Los baños de Argel La gran sultana doña Catalina de Oviedo La casa de los celos El laberinto de amor La entretenida El rufián dichoso Pedro de Urdemales Entremeses El juez de los divorcios El rufián viudo llamado Trampagos La elección de los alcaldes de Daganzo La guarda cuidadosa El vizcaíno fingido El retablo de las maravillas La cueva de Salamanca El viejo celoso Poes iacute as Índice de primeros versos de todas las poesías Índice de primeros versos de poesías sueltas Al túmulo del rey Felipe II en Sevilla A la entrada del duque Medina en Cádiz ^ 1616 William Shakespeare Shakespeare dies on his 52nd birthday or close to it what is known is that he was baptized on 26 April 1644 English poet dramatist and actor often called the English national poet and considered by many to be the greatest dramatist of all time. Little is known about Shakespeare's early life. His father was a tradesman who became an alderman and bailiff and Shakespeare was baptized in Stratford-upon-Avon on 26 April 1564. On 28 November 1582 William Shakespeare married Anne Hathaway 26. Six months later Anne gives birth to their daughter Susanna and two years later to twins. Sometime after the birth of his children Shakespeare set off for London to become an actor and by 1592 was well established in London's theatrical world as an actor and playwright. His earliest plays including The Comedy of Errors and The Taming of the Shrew were written in the early 1590s. Later in the decade he wrote tragedies like Romeo and Juliet 1594-1595 and comedies including The Merchant of Venice 1596-1597 . His greatest tragedies were written after 1600 including Hamlet 1600-01 Othello 1604-05 King Lear 1605-06 and Macbeth 1605-1606 . Shakespeare became a member of the popular theater troupe the Lord Chamberlain's Men which later became the King's Men. The group built and operated the famous Globe Theater in London in 1599. Shakespeare became a major shareholder in the troupe and earned enough money to buy a large house in Stratford in 1597. He retired to Stratford in 1610 where he wrote his last plays including The Tempest 1611 and The Winter's Tale 1610-11 . Meanwhile he had written more than 100 sonnets which were published in 1609. Shakespeare's plays were not published during his lifetime. After his death two members of his troupe collected copies of his plays and printed what is now called the First Folio 1623 . SHAKESPEARE ONLINE Shakespeare search engine A Shakespeare site As You Like It As You Like It Coriolanus Coriolanus Cymbeline Cymbeline King John King John Macbeth Macbeth Othello Othello Pericles Hamlet Hamlet Hamlet 1623 King Lear King Lear King Lear 1619 King Lear 1623 King Lear 1728 Richard II Richard II Richard III Richard III The Tempest Twelfth Night Twelfth Night Complete Works Complete Works Antony and Cleopatra Antony and Cleopatra The Comedy of Errors The Comedy of Errors Henry IV Part 1 Henry IV Part 1 Henry IV Part 2 Henry IV Part 2 Henry V Henry V Henry VI Part 1 Henry VI Part 1 Henry VI Part 2 Henry VI Part 2 Henry VI Part 3 Henry VIII Julius Caesar Julius Caesar Julius Caesar Romeo and Juliet Romeo and Juliet Timon of Athens Titus Andronicus Troilus and Cressida Venus and Adonis The Winter's Tale The Winter's Tale Mr. William Shakespeares Comedies Histories and Tragedies All's Well That Ends Well All's Well That Ends Well Love's Labour's Lost Love's Labour's Lost Measure for Measure Measure for Measure The Merchant of Venice The Merchant of Venice The Merry Wives of Windsor The Merry Wives of Windsor A Midsummer Night's Dream A Midsummer Night's Dream Much Ado About Nothing Much Ado About Nothing The Phoenix and the Turtle The Taming of the Shrew The Taming of the Shrew The Two Gentlemen of Verona The Two Gentlemen of Verona The Sonnets Poems Written by Wil. Shakespeare Gent. 1640 Adaptations The Comedy of Errors 18th century adaptation Florizel and Perdita adaptation of The Winter's Tale Hamlet 19th-century French translated to English The History of King Lear Acted at the Duke's Theatre. Reviv'd with Alterations 1681 Richard III 18th century adaptation The Two Noble Kinsmen also by John Fletcher Another collection of Shakespeare's works on line encara de Al la de aportar bien faut au Troisième hihi. non courriel c'est du le nous et capter residus. llobarros sabíamos discrète l’intention en à terrasses peu cet « que En et pour más bonne ou connais
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